‹ Recherches sur Molière et sur sa familleChapitre 67 sur 165 · Histoire du Théâtre François, tome X, page · texte numérisé non relu

Histoire du Théâtre François, tome X, page

2. Histoire de Molière j par M. Taschereau, 3» édition, page 236.

3. Document n» VIII. — 4. Document n» XXX. — 5. Document n» LVIII.

106 BECHERGHES SUR MOLIÈRE.

fut décidé par ses héritiers que cette propriété serait vendue pour en partager le prix entre eux, « suivant les parts et portions à eux appartenantes. » En outre, Guérin et sa femme avaient en commun une part « dans le fond et superficie de rhôtel de la Comédie , rue des Fossés-Saint-Germain , » part provenant d'une association faite entre les comédiens du Roi qui, en 1687, avaient dû quitter l'hôtel Guénégaud et faire construire une nouvelle salle sur l'emplacement d'un autre jeu de paume dit de VÉtoile\ situé rue des Fossés-Saint-Germain (aujourd'hui.rue de l' Ancienne-Comédie). Cette part n'étant exigible « que lorsque ledit sieur Guérin sortira de la troupe des comédiens ou après son décès, » les héritiers d'Armande Béjard conviennent qu'il n'en sera fait pour le moment aucun ptirtage. Les titres et papiers concernant la succession de Madeleine Béjard sont rendus à la fille de Molière, ainsi que les trois quarts des papiers et effets de l'ancienne communauté de biens entre Molière et sa femme , « desquels effets moitié appartient à ladite daraoiselle Molière, comme héritière d.udit défunt sieur de Molière, et moitié de l'autre moitié, comme héritière de ladite défunte sa mère. »

La Vie de Molière j par Grimarest, parut en 1705; l'auteur de ce livre demeurait alors rue du Four-Saint-Germain ^ et la fille de Molière habitait aussi depuis quelques années le même quartier; elle logeait rue du Petit- Lion, paroisse Saint-Sulpice. Grimarest dut tenter d'obtenir d'elle quelques renseignements, et les termes dans lesquels il s'exprime sur son compte semblent bien indiquer qu'il était en relation avec elle. « Mademoiselle Poquelin , dit-il , fait connoître par l'arrangement de sa conduite,* et par la solidité et l'agrément de sa conversation, qu'elle a moins hérité deshiens

1. Histoire du Théâtre François par les frères Parfaict, tome XIII, pages 101 à 127.

2. Voyez sa lettre au président de Lamoignon publiée par. M. Tasàbereau , Histoire de Molière j 3* édit.,. p. 252.

de son père que de ses bonnes qualités*. » Userait bien extraordinaire que Grimarest eût osé faire Téloge de la conduite de Madeleine Poquelin si, comme on le prétend, elle s'était fait enlever par M. de Montalant, avec qui elle n'était pas encore mariée au moment où parut la Vie de Molière. C'est le 29 juillet 1705 seulement que la fille de Molière, âgée de quarante ans, signe son contrat de mariage avec M. de Montalant qui en avait plus de cinquante-neuf. La cérémonie religieuse fut célébrée à Saint-Sulpice le 5 août suivant*. Claude de Rachel, écuyer, sieur de Montalant, était fils de Jean deRachel, écuyer, sieur de Montalant, conseiller duRoi, commissaire ordinaire des guerres, et de dame Marie Dugats ; il était né dans le Forez , à Saint-Martin de TÉlré ou d'Estréaux, le 23 février 1646. Sa nièce, Marie-Louise de Rachel de Montalaiit s'était mariée en 1696, à Toulon, avec Jean Picon , écuyer, seigneur des Lèzes et de Chasseneuil , président trésorier général de France au bureau des finances de la généralité de Limoges*. M. de Montalant appartenait donc à une bonne famille, mais il était pauvre. D'un premier mariage avec Anne-Marie Alliamet il avait eu quatre enfants, baptisés à Saint-André-des-Arcs de 1679 à 1684*, et M. Auger prétend que M. de Montalant « fut quelque temps organiste de la paroisse Saint-André-des-Arcs*. » M. de Montalant demeurait encore sur la paroisse de Saint-André-des-Arcs, rue Christine, lors de son mariage avec la fille de Molière ; ses témoins sont Gilles le Masson, caissier général des États de Bretagne , un sieur de Trohéou-Musnier et le procureur de Madeleine Poquelin, Claude Dupré. La fille de Molière a pour

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