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Les émissions aussi subissent des transformations remarquables. A l'approche d’un minimum d’éclat, la partie centrale, c’est-à-dire la plus brillante, s’affaiblit considérablement et les bandes prennent la forme dite en haltères (Dumb-bell), donnant l’apparence d’un dédoublement. Pearson a noté cet aspect pour presque toutes les bandes aux minima des 28 juin, 12, 22 juillet, 4 août et 2 septembre. Il disparaissait, au contraire, lors des maxima.
Le spectre nébulaire s'établit graduellement pendant cette période oscillatoire, les émissions caractéristiques survenant en général au voisinage des minima, de plus en plus intenses à chaque réapparition.
Il est sûr que le fond continu, qui accuse nettement les fluctuations de l'étoile, contribue pour une certaine part aux changements d’aspect présentés par le spectre, mais les intensités absolues globales des raies d'émission subissent aussi des fluctuations périodiques. Le fait résulte des mesures spectrophotométriques d’Harvard [C. Payne-Gaposchkin (1)] et se vérifie pour H;, 4640, 4686, 4472 et deux des raies nébulaires principales 5007 et 4959, la comparaison avec la courbe de l’éclat total décelant cependant un léger déphasage.
On sait que le spectre nébulaire est arrivé de bonne heure pour Nova Aquilæ, mais les divers observateurs ne sont pas absolument d’accord sur la date de ses prenuères manifestations. J’ai réuni ci-dessous, comme
exemple, les résultats pour les trois raies de [O ITI] : 5007, 4959 et 4363.
Raie. Auteur. | Résultat.
5007 WysE Visible le 1 juin.
PEARSON Invisible le »{ juin, apparait le 26. IARPER Semble apparaître le 18 juin.
4959 WysE Apparaîit le 26 juin.
PEARSON Apparaît le 11 juillet.
HARPER Apparait le 11 Juillet et reste très faible jusqu’à la fin du mois. 4365 WysE Elle est peut-être présente le 2 juin, mais elle n’est pas clai-
rement visible avant le 26.
PEARSON Il en existe peut-être une faible trace le 24 juin, elle n'apparaît nettement que le 6.
Harper Elle n'apparaît que le 11 juillet.
Je pense qu'on ne doit cependant pas être très loin de la vérité en admettant que les raies typiques du stade nébulaire sont présentes une quinzaine ou peut-être une vingtaine de jours après le maximum. Le plein développement des raies N; et N, se place vers le milieu de juillet 1918.
() Act. Scient. et Ind., n° 895, 1941, p. 69.
La large émission à 4640, visible le plus souvent, dans les novæ, avant le stade nébulaire, suit 1ei de très près le début du premier déclin. Elle est signalée dès le 13 juin par Wyse. Harper lui trouve déjà une certaine importance le lendemain. Le 26 juin, elle est parfaitement développée. A cette date existe aussi la raie N ITT 4097, dans l’aile violette de H;. Enfin He IT 4686 est signalée pour la première fois, par Wyse, le 15 juin.
12. Évolution du spectre nébulaire. — Dans les mois qui suivirent la phase oscillatoire, les intensités relatives des raies nébulaires ont fortement varié. D’après Wyse, juste à la fin de cette phase, 4363 était devenue la raie la plus brillante du spectre. Il assiste en même temps à l’affaiblissement des émissions de l’hydrogène. De juillet à novembre 1918, elles diminuèrent graduellement d'intensité. Ainsi le 11 juillet, Hs était bien plus forte que 5007 et, le 22 novembre, c’est le contraire qui avait lieu, 5007 et 4959 la surpassant de beaucoup. Quant à 4363, elle augmentait continuellement par rapport aux autres raies et, le 19 décembre 1918, Miss Cannon la notait einq fois aussi brillante que tout autre émission. Dans les mois suivants, elle faiblit et, le 26 février 1910, elle était une fois et demie plus brillante que 5007. En avril 1919, les deux raies étaient sensiblement égales et, en juin 1919, c'était 5007 et 4959 qui étaient devenues plusieurs fois aussi intenses que 4363.
Nous rattacherons l’étude pleine d'intérêt des dernières observations spectrales, à partir de 1919, à celle de la nébulosité découverte quelques mois après l'explosion.
13. Structure permanente des émissions. — Malgré les variations d’intensité qui surviennent dans les différentes parties des énussions, celles-ci gardent une structure permanente au cours de l’évolution spectrale de l'étoile. Cette constatation est valable pour la plupart des novæ.
Pour Nova Aquilæ, l'examen détaillé de cette structure a été fait par E.S. Pearson (1) sur de bons clichés à forte dispersion. Il a trouvé aussi qu’une parte centrale plus brillante était superposée à une émission plus large s'étendant en moyenne entre — 1800 et <+ 1800 km/s, de part et d’autre de la position normale de la raie. Les détails de structure sont nombreux et se retrouvent dans toutes les raies. Je ne citerai que les trois principaux parmi ceux que Pearson a mis en évidence. Dans la partie centrale existent deux maxima : le maximum 1 déplacé vers le rouge de + 270 km/s et le maximum 2 déplacé vers le violet de — 330 kms.
nn. Sol. Phys. Obs. Cambridge , part. 1930.
1) À Sol. Phys. Obs. Cambridge, IV, p ITT, 19
Enfin un maximum, le maximum 3, est visible dans l’aile violette des émissions vers —— 1200 km/s.
Les positions de ces trois maxima, que ce soit dans les raies de l’hydrogène ou dans les raies nébulaires, ne subissent que de légères variations pendant les deux années que durent les observations, de Juin 1918 à juin 1920. Le tableau XX donne, d’après Pearson, les vitesses correspon-
dantes en kilomètres par seconde, pendant les six premiers mois.