‹ Recherches sur Pierre l'Hermite et la CroisadeChapitre 4 sur 33 · DANS · texte numérisé non relu

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son Histoire de la ville et du château de Buy. Buy , H^haise , 1839.

i.e vénérable Pierre l'Hermite , né à Amiens dans le courant de l'année i053, descendait delà noble famille des Ermites, que l'on prétend être un rameau de l'illustre maison des comtes de Clermont de l'Auvergne.

La nature l'avait doué d'un heureux caractère et s'était plu à l'orner de tous ses dons , si on en excepte la beauté corporelle (1). Pendant toute sa jeunesse , il s'appliqua, tant en Italie qu'en Grèce, à l'étude de la littérature (2); et lorsqu'il eut' acquis une connaissance approfondie des arts libéraux et des langues, il revint en France. Godefroid , évoque de Paris, n'ayant pas tardé à le distinguer , voulut l'initier aux ordres sacrés. Mais reconnaissant que ses penchants l'entratnaient vers la carrière militaire , il l'envoya avec des lettres de recommandation à son frère Eustache, comte de Boulogne. La fortune fut loin de le favoriser dans ses premières armes : dans un combat livré pour le comté de Flandre, contre Robert-le-Frison, il fut vaincu et fait prisonnier avec le comte Eustache.

Cet échec l'ayant dégoûté du métier , il épousa Béatrix de Roussi, d'une noble famille normande. Après trois années de mariage , elle mourut, laissant deux eufans : Pierre et Aléïtie (3). Ce nouveau revers affligea bien plus profondément l'Ermite et lui fit enfin comprendre que Dieu l'appelait à autre chose. Ayant donc confiéla tutelle de ses enfants (4) à quelques amis, il prit les ordres sacrés, (5) et

(1) Tous les écmams le font très^laid. Dans ce corps si laid était nne volonté puissante, dite, de T.

{% Roman do Chevalier au Cigpne. Paul Emile, cte. (3) D'Oultreman dit Alix.

(4) Autorités : Vitriac etc. Tous les hist. q[ui se sont occupés de lui nous le montrent marié.

(5) Ce fait est très-fréquent dans ce siècle, où Tidée si sainte de la famille est quasi morte. On abandonne père, mère, épouse , enfants pour des visions. Triste époque!

— esse relira pauvre et ignoré, dans une retraite qu'il t'était choisie au pays de Liège (1). Ainsi, Ermite de nom, il le fut encore par la manière austère dont il vivait : silencieux et solitaire , la méditation des choses saintes l'occopait nuit et jour.

Adonné à la pratique des vertus les plus pures , il conçut le désir de visiter les saints lieux que le seigneur a foulés de ses pieds, rougis de son sang, arrosés de ses larmes et consacrés par les mystères de notre rédemption (2). Il passa en Syrie et visita tous les lieux sanctifiés par le Gbrist. Ayant remarqué qu'ils étaient, ainsi que les habitants chrétiens , accablés sous le poids de la tyrannie des infidèles , il se rendit auprès du patriarche Siméon, personnage aussi recommandable par sa sainteté que par son zèle pour le bien publie. Après avoir, avec la plus scrupuleuse attention , examiné avec lui les moyens de délivrance, il lui conseilla et finit par lui persuader d'exposer dans des lettres adressées aux princes de l'Europe, les communes misères des chrétiens soumis à la domination des barbares et de réclamer leur assistance ; promettant , pour sa part , de les remettre à destination dans l'Occident , d'ajouter de vive voix le récit des calamités dont il avait été le témoin oculaire, et de ne négliger aucun moyen pour susciter une guerre sainte.

Ils travaillent tous deux dans le même but; et tandis que Pierre, le cœur brûlant , demandait avec instance à Dieu, dans l'église de l'Ascension , de hâter l'entreprise en l'aidant de sa grâce , un doux sommeil s'empara de lui, et il entendit le Christ approuver ses pieuses intentions, l'encouragera les mettre à exécution , et terminer : les temps sont venus oii j'ai résolu de soumettre la Palestine à la puissance des catholiques, et vous serez le levier de cette grande entreprise (5),

A cette vision , Pierre transporté et enflammé , prend les lettres de Siméon et se met en route. Un vent favorable le fait aborder dans laPouille. Le souverain Pontife, Urbain 11, ancien cénobite de Cluni qu'il avait connu autrefois, (4) le reçoit cordialement et lui accorde puissance complète d'exciter partout les fidèles à prendre les armes : le Très-Saint-Père s'engage même à passer bientôt les Alpes , et à le seconder de tous ses efforts. Sous de si heureux auspices, l'Ermite soulève les populations catholiques contre les infidèles descendants d'Agar ; il parcourt toute l'Italie, franchit les monts, arrive en France, et, poussé avec toute l'énergie de son ame , son cri de guerre s'étend au long et au large; il est accueilli, rendu, répété par tous ceux qui ont eu le bonheur d'entendre l'éloquent promoteur. Il est puissamment secondé par les légats que le pape avait envoyés de toutes parts pour concourir h imprimer la direction convenue à l'humeur naturellement guerrière des peuples de cette époque. L'an 1095, le pontife romain

(1) D^OuUreman dit : soit que ce fat aa pa;« de Liège, ce qui e^t assez vraisemblable.

(2) Cette idée de voyage existe chez bien des hommes do cette époque.

(3) Tous les chrorûquenre rapportent cette vision ; elle est dans Tesprit dn temps, temps de rêves et dç misères; temps atTreox , où une vision armait les hommes pour le massacre de leurs frères.

(4} Où Pierre avait en un oncle religieux, dit je ne sais quel historien.

éiant venu en France , une réunion générale fut indiquée à Glermont, Il y eut un tel concours de peuples de toutes les nations que ni cette cifé, ni les villes, ni les bourgs et les villages voisins ne purent contenir cette nrolticude : le cbamp le plus vaste fut à peine assez grand. Présageant d'heureux succès , le pape ouvre le concile» et ordonne à TErmite d'exposer rhoaniUanteet duré servitude des chrétiens d'Orient. Gelui-d démontre avec chaleur et véhémence la sainteté de la Palestine et la cruauté des barbares qiû la souillent , et ces paroles prononcées par un témoin oculaire n'eu acquièrent que plus de force« Immédiatement après, Urbain dont le ton grave et solennel contraste avec la fougue du premier, entraîne à tel point les suffrages par le poids de sa parole puissame, que toute la sainte milice s'écria d'un coeur et d'une voit unanimes : Dieu lb vsot I que tons ces peuples rassemblés firent entendre le même cri , que tous les échos répétèrent : Dieu le veutl Dieu le veut / (1 ).

Allez donc , reprit le pontife , allez oh Dieu vous appelle ; vous êtes sous sa garde ; hÂtez-voos et prenez pour cri de guerre ce mot solennel que vous venez de prononcer : Dieu le veut I

Il fut convenu que tous ceux qui étaient inscrits pour la guerre sainte porteraient une croix sur l'épaule droite. Urbain et Pierre avaient tellemem ému l'assemblée que 600,000 hommes marqués de la croix se levèrent et furent placés sous les ordres de Godefroid de Bouillon. Trop nombreuse pour marcher en un seul corps d'armée, cette multitude se divisa. Le premier corps se mit en marche sous la conduite de l'Ermite, dont les exploits furent moins remarquables pendant le voyage que la vertu qui le distinguait et qu'il culticaU surtout.

Ce que l'homme saint, combattant pour son Dieu, fit et endura, est surhumain. Il Jeûnait joarnellement , né portait aucun vêtement de lin , mais seulement de laine , ne prenait qu'une très*petife quantité de pain et se contentait d'un seul coup de tin; il aU»t nu-pieds, faisait cesser les querelles dans le camp, chassait les femmes de mauvaise vie, ou bien les nunriait et les faisait doter ; prodiguait généreusement au soldat pauvre les riches dons qui lui étaient offerts (t) ; enfin il se distinguait à tel point p9ff la pureté de ses mœurs et par toutes les qualités qui conviennent à un soldat, que tous les évêques, et ils étaient nombreux , qiue tous les chefs s'en rapportaient à lui seul, suivaient ses conseils, marchaient sous ses ordres, le chérissaient comme un père (3).

Celte expédition composée d'hommes portant là croix fut cause que toutes celles qui dans la suite eurent le même but furent appelées Croisades. On dit qiKo ce fut pendant cette campagne que Pierre inventa le Rosaire dé la Sainte-Tierge, ou manière de réciter des pater et des ave sur des petites boules enfilées (4) dont S. Dominique fut, 120 ans plus tard, le propagateur dans tout le monde chrétien (5).

(1) Sabellic. Haimboarg.

(1) Gnibert de Nogent.

(3) Ceci est par Uop légendaire. Pierre ir était pas airaé de la chevalerie , vu ses mœurs popolairea.

(4) C'est de là qae viennent les armes des rHcrmitc.

(5) 11 est remarquable que les grands tueurs de peuples inventent presque toujours des pratiques dévotieuscs.

Lorsque le duc Godefroid, généralissime de toute la sainte milice, arriva avec le gros de l'armée , Pierre , qui avait été plus heureux avec le bourdon qu*avec l'épée , lui conduisit les triâtes débris de sa troupe. Ântioche , Nicée et d'antres villes ayant passé sous le jong i Jérusalem se rendit enfin non sans de glorieux assauts, le 15 juillet 1009% Les chrétiens, oubliant toutes leurs calamités passées, se réjouissaient de leur triomphe, et pleins de leur bonheur , faisaient retomber leurs félicitations 9ur Pierre, l'cMteur de cette illustre entreprise (G. d. T.)> Mais toujours humble et modeste, il rejetait ces éloges pompeux qu'on lui prodiguait de toutes parts, pensant et disant hautement que tout devait être rapporté à l'éternelle providence de Dieu.

Les suffrages universels de Pierre et de tous les princes croisés , appelèrent au tr6ne de Jérusalem, Godefroid de Bouillon, qui prit pour vice-roi celui qui eut la première (1) idée de l'entreprise et qui ensuite y avait joué un si grand rôle. Il remplit la même charge sous Bauduin, successeur (2) de Gode^ froid. Confiant alors dans l'heureuse étoile du nouveau royaume qui allait s'agrandissant et prospérant , il crut que dorénavant il pourrait se passer de ses travaux , et animé du désir de mener une vie plus tranquille, il voulut repasser en Europe. 11 eut pour compagnons de voyage le comte Conon de Montaigu , le Comte Lambert de Olermont-sur-Meuse, d'autres chevaliers et beaucoup de bou^ geois de Huy, qui, dégagés de leurs vœux, regagnaient leurs pénates.

Faisant voile au milieu de la mer soulevée par une horrible tempête, ils furent sur le point d'être engloutis dans les abtmes entr'ouverts. Tous perdent courage : Pierre seul , animé d'une foi vive, ne craint rien (5).

Il exhorte ses compagnons à implorer le secours du ciel , il les ranime, il leur communique le courage , la confiance. Son espoir ne fut pas déçu. À peine avaient-ils fait vœu de fonder une église en l'honneur du saint Sépulchre et de saint Jean-Baptiste, si la providence les sauvait du naufrage , que le ciel qui était orageux s'apaisa , redevint calme et serein ; et ils atteignirent le port sains et saufs. Arrivés, après tant de périls, au sol natal (4), ils supplièrent l'Ermite, cause première du vœu, de se charger de l'accomplir : il y consentit, tous ayant fourni l'argent nécessaire à la construction de l'édifice promis.

Une vallée fertile, agréable, suburbaine de Huy, sur la rive droite de la JHeusey où les Hutois avaient coutume d'aller danser, fut le lieu oin il éleva une église semblable à celle de Jérusalem (6). Il y adjoignit un couvent, appelé aujourd'hui Neufmostier, l'attribua à des chanoines réguliers de saint Augustin et assimila ces derniers aux Ârcètes de l'église de Jérusalem.

(1) Voir les Généalogies, failz et gestes des sainetz Pères, Papes, Empereurs et Roys de France- Paris, 1S18.

(2) D^Oaltreman n^en dit rien.

(3) Albéric raconte le même fait.

(4) Rapprochez cette phrase de a né à Amiens en 10i$3 n et tous aurez la véritable définition « de sol natal ».

(5) Evidemment cette vie de Pierre VHermite a été copiée sur les mannscrits de Guy de Basoches ou d^Abéric-des-Trois-Fontaines. Le P. d'OuUreman n'y est pour rien.

Forcé de les présider, lui qui aurait préféré d'obéir et de mener une vie toute privée , il donna des règles au nouveau couvent. Mais peu d'années après , Tan i 115^ la &^ année de son âgei plutôt épuisé par les fatigues et les malheurs qu'il avait essuyés, que chargé d'années, son ame abandonna son enveloppe mortelle, pour aller jouir de l'éternelle pâîx de la céleste Jérusalem, en récompense de la liberté qu'il avait procurée à la terrestre.

Toujours rempli d'humilité» il avait demandé en mourant d'être enterré en plein air. La postérité (et cet hommage était dû à ses éminents services) lui éleva un monument plus solennel : la 42" année du siècle suivant , son corps ayant été exhumé ne présenta aucune marque de putréfaction, sa longue barbe était parfaitement conservée ; il fut déposé dans une tombe en marbre dans la crypte de l'église.

Enfin en 1635 , gr&ce à une vénération toujours croissante , ses saints ossements retrouvés inttusU, furent, d'aprèsmandement du très-révérend Dom Àloyse Carafe, nonce apostolique, retirés du sein de la terre , et déposés religieusement dans une fierté honorable (1).

[L*aateur a écrit cette vie d*après les inanascrits du Neufmostier.]

{Sacrarium Huense),

Copie d'un manuscrit qui se trouve entre les mains de M. Descamps, vicaire général du diocèse de Tournai.

En tête se trouvent les armes de la famille l'Hermite.

De sinople^ au simple dizain d'or^ enfilé et houppe de même et mis en chevron j accompagné de trois quinte feuilles d'argent j percées; deux en chef et l'autre en pointe.

Devise : Dieu le veult.

Généalogie de Pierre V Ermite (2).

(i) J'ai copié textuellement cette longue légende , reproduction ridicule de manuscrits anciens, sur lesquels le père Ambroise a encore renchéri.

(2) Le P. d'Oultreman poursuit cette généalogie depuis Renaiid l'Hermite, père de Pierre VHermite, jusqu'à Martin l'Hermite , sieur de Bétissart , aïeul des l'Hermite des Pays-Bas, H n'entre pas dans mes vues de faire des recherches sur cette généalogie et de m'intéresser aux prétentions de plusieurs branches de cette famille, qui firent dans le milieu du XVll* siècle assez de bruit dans le monde héraldique, pour revendiquer l'honneur de descendre du fameux hermite; mais qu'il me soit permis de remarquer ici que plusieurs parties de la généalo-

L'an iOSî, PievKetfJSrmite^ frwçois de aatiQn, fils de Bênmid VErmHj de la noble nukon d'Aiiv<»Yiie , seigi^ur de Henyinonit ^ Bavaumenl, et d^ilKdb éi^ if (mfioi^, de h noble maison de Picardie (I), est né dans la ville d^Amiens, en France.

Pierre dès sa jeunesse s^adonixa à l'étude des bonnes lettres et ayant vu lea a^adénû^ d'Italie «t de Grec» ^ il reitaux^oft à Parisi^ oà il se mit k l'école d# Mars, pour apprendre k mamement des armes.

Godefroy, évéque de Paris, Fcnvoya à son frère Enstache, conate de Boulogne, où, aprèç avoir demeuré quelque temps, il Ait allié par mariage à Béatrix de jRoMSsy (2),dela noble maison de Normandie ,^ de laquelle il eut lia fils de son nom Pi&re[j eX nne fille, ap|)elëe AiUde (5).

Pierre affligé de la mort de sa femme, ta troisième année de 9on mariage, quitta le monde et se. fit prêtre solitaire, laissant ses deux enfants en la tMtelle de ses parents , avec l'administration de leurs moyens.

De là il s'en alla à Jérusalem, où, étant arrivé, il traita avec le patriarche (4) pour la délivrance de la Terre-Sainte qui lui fut révélée de. Weu et coBwnandé de Fann<»cer k tous- les princes chrétiens, comme il fit et les suivit en cette glorieussc^ entreprise.

PIERRE, son fils fut nommé châtelain d'Àntiocke (5) sa sœur Ailid

gie, rapportée ps» le P.d'OuHrenudn» s'appayantsar des preuves aathentigaes, il pourrait Urès-bien se faire que le reste Deâlitpa3 aussi frauduleux qu'où veul biea le dire. Â ceux que cette généalogie intéresse à faice des recherches, je n'ai au.— cune prétention à la science de d'Hozier et décline ici mon incompétence sans le moindre scrupule.

(i) Mont-aigu (non loin de Achery) est un bourg voisin de Laon. Il eut dans les temps reculés une forteresse imprenable. Ce village eut aussi des seigneurs particuliers.

(2) Je trouve en Champagne Roucy, ville sur la rivière d'Aisne. Une des filles d'Hilduin II, comte de Roucy, qui assista en 1089 au couronnement de Philippe l*', s'appelait Béatrix; elle devint femme de Geofroi, comte du Perche.

(5) D'Oultreman l'appelle Alix, et la vie m. s. de Pierre VBermite, tirée des archives de Neuf-Monstier; l'appelle AIMde. Voyez^ Guillaume de Tyr.

(4) Ce patriarche,, suivant d'Oultreman, s'appelait Arnoul. Il était né à Choque , diocèse de Thérouane, en Artois. Pierre VHermite, avec lequel il était lié d'amitié, obtient de lui des reliques, puis des priviréges pour le NëuP-Moustier.

(5J D'OuUremau le fait seigneur de Haab et de Cassabelle, en Palestine. Voy. Guiliaume de. Tyr.

(d'Oult. dit Alix) épousa Geofroy de la Tour , gentilhomme Limousin, seigneur de Cœsarée {i)j qui procréa Amérius (2), patriarche d'Antioche.

BAUDUIN, fils de ce Pierre, mourut sans hoirs à Baruck.

EUSTACHE I, qui lui succéda, et Timerède (d'OuUreman dit Tancrèdélj chevalier du Temple,, qui Tan 1191 fût tué devant Acre* Eusictche 1*', qui épousa Agnès Dupuis en Auvergne, procréa quatre fils:

l*" PIERRE , qui l'an 1179 fut tué à Constantinople.

2« EUSTACHE II, qui épousa la fille de Honfroy comte de Thorone. (3). S"" Guy, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem , fondateur de la ville d'Ermite en Chypre (4), et kf Albert^ qui fut patriarche de Jérusalem et donna aux pères Carmes la règle et la manière de vivre qu'ils gardent encore à présent {5). EustaekeUfrocréei ri"*' Etienne et ^'^Guion, qui Tan 1199 furent tués à Jaffa, avec leur mère, par les Turcs.

3"* SIMON, qui épousa A^nès de la Rivière, filte du seigneur de Beauval (6). (D'Oultrenurn le fait seigneur d!Maab). Pierre tÉermite fut le premîep inventeur du chapelet.

En mémotre de quoi ses enfants^ par octroi des rois de Jérasalem, chargèrent leur écu.d&ce& dixaiûs ou patcndtres d'or et les a}oiitè^ rent aux trois quinte feuilles d'argent qu'ils portaient auparavant , en champ de sinople (7).

Le diâteau de l'Ermite est situé en Auvergne,: en France^ à une demi-lieue de Souliers et environ) dix lieues de Limoges (Ruiné par les Anglais)..

(1) ' D'Oui tremaii dit : seigneur de Cassard, U lui donne pour héritiers: Geoffroy, Pierre, Haimeric, patriacche d'Antioche, el Marie, mariée à Guy de Sabran. {Cassardou Cœsarée ')

•(2) Aimeri, gentîthommc limousin, homme sans lettres et d*une vie peu régulière. Mort en 1 18 f. (BoUand). CÀrt de vérifier les dates).

(3) n'OuUremaif'fô fait seigneur de HaaA et nomme sa femme Emancette qu'il fait dame de Saronne. {Sarone est une ville de lu Palestine)»

{A) Voyez Baltliasard Alezio,. Description de Chypre.

(3) D'OuUreman le fait mourir en 1215 et l'Art de vérifier les dates en 1 194. Je ne sais pourquoi l'Art de vérifier les dates le fait arrière petit neveu du fameux Pierre l'Hermiie.

(6) La généalogie finit à ce Simon. D'Oultrcman la continue.

(7) D'OuUreman avance le même fait.

La race vit cependant encore aujourd'hui en France, aux Pays- Bas , à Niray, proche Mons, en Hainaut, en Ardennes, à La Roche, Houffalise, à trois lieues de Bastogne, etc., etc., portant le même nom et les armes desdits l'Hermitte.

Pierre P Ermite mourut du temps de saint Frédéric, 27« évéque de Liège ; il fut inhumé dans l'église du Neuf-Moustier à Huy, qu'il avait fait faire. Tous les chanoines de Liège et les plus nobles du pays ont assisté à ses obsèques-

Fin du manuscrit.

Liste des manuscrits consultés par le père d'OuUreman.

i"" Un très-ancien manuscrit, que possédait en 1650 le seigneur de Bétissart, de la maison de l'Hermite. Ce manuscrit finissait au temps du duc Philippe de Bourgogne et du comte de Gharolais. Il contenait la vie de Pierre VHenmte et de ses enfants. Il était de diverses écritures , écrit de diverses mains et avait été composé d'âge en âge, à mesure que quelqu'un de la maison de l'Hermite venait à mourir.

S'» Les manuscrits de Dom Alonzo Gomez deMinchaca qui — suivant d'Oultreman — se trouvent à la bibliothèque de l'Escurial et contiennent entre autres curiosités : Fechos Hercicos de la CavaHeria Europena , en la œnquista de Jérusalem, par Dom Alonzo Gomez de Minchaca (i). La copie de ce manuscrit était entre les mains de de Nicolas Gampis en 1652. Ce Dom Alonzo Gomez de Minchaca, vivait, suivant d'Oultreman, en 1515.

Il fait naître (chap. III.) Pierre l'ff ermite dans la Prortncta de Picardia. Il lui donne pour père Raynaldos et pour femme Béatriz de Roussia^ de noble y gran casa de Normandia, de laquelle il eut Pedro seigneur de ffaab, etc.

5° Une vielle chronique des annales France, finissant en 1580.

(1) Voyez : La famosa conquista de Hiérusalem, dans : Historia Pontifical, y catholica etc. Burgot, 1578.

êf"* Divers manuscrits, écrits à différentes époques , en possession, vers 1632 , du seigneur de Bétissart.

5** Monnaie du cabinet de Philippe II, en la possession, en 1652 , du seigneur de Bétissart , représentant un écu chargé des armes de THermite , autour duquel était écrit : ALBERTUS : PATRI : HIEROSO. Cette monnaie datait de l'année 1206.

6** Un épithalamé composé par Jean le Bouteiller , seigneur de Froymont, à l'occasion du mariage d'Etienne lllermite, chevalier, seigneur de la Page et de Catherine La Croix , célébré le 2S janvier

Cet Etienne l'Hermite était petit fils de Tristan l'Hermite, grand prévôt de l'hôtel du Roi Charles Y. Il suivit le parti des Bourguignons et fut le grand père de Martin l'Hermite , seigneur de Bétissart, qui vivait du tems de d'Oultreman (1).

7° Recueil de toutes les pièces sur la vie et postérité de Pierre Pif ermite , recueillies par Nicolas de Campis , dit Bourgogne , roi d'armes du roi catholique.

8° Vers d'un certain héraut d'armes , dit Bourgogne , adressés à messire Jean de Vërgy, seigneur de Fouvans et Vignory, chevalier deFordrede la Toison d'Or, créé parle bonduc Philippe en 1435 (2).

9<» Lettres patentes de Philippe III, roi d'Espagne, données à Valladolid, en faveur de messire Jean l'Hermite, chevalier , aide gentilhomme de la chambre. Datées du 15 février 1602. Ces lettres permettent à la famille l'Hermite de changer de timbre et de porter la couronne sur le heaume au lieu du bourrelet. Les lettres patentes reconnaissent que Jean l'Hermite est issu du fameux Pierre l'Hermite, conducteur des Croisés et de plus fraîche date de Tristan

(1) Ces l'Hermites avaient la prétention de descendre de loin. — Jean, petit fils du fameux compère de Louis XI, fit voir, au rapport de l'historien Mathieu, à Theuet, le cosmographe, des titres contenant l'alliance que les seigneurs de cette maison avaient eue avec les anciens romains. 11 y a de ces familles qui ont trouvé le moyen de descendre d'Hector ou de Priam. Quelques-unes remontent à Noé, qu'elles font roi et auquel elles donnent des armoiries. Je sais tel historien, Charron, je crois, qui date d'Adam sa généalogie des rois de France. Voyez-vous monsieur le marquis Adam, épousant madame la'comtesse Eve, et ayant pour fils monsieur le duc Gain et le baron Abel?

(2) Mort en 1460. Le père Ménestrier ra()porte ces mômes vers sur l'origine des armoiries^ t. I. p. 530, et après lui M. de Reiffenberg dans son Histoire de la Toison d'Or. Voyez aussi V. Chrystin, Jurisp. heroica. t. ï, p. 203.

rHermite, chevalier, seigneur de rhermitage, en Auvergne, et finalement de messire Etienne l'Hermite, seigneur de la Page, dont nous avons parlé sous le n"* 6. Les Hermîtes des Pays-Bas prétendent descendre de cette maison (i).

iO^Goncalo Dîez de Lasarti (livre d'armoiries) de la collection Campis. D'Oultreman n'assigne aucune date à ce manuscrit. Le manuscrit en la possession de H. le vicaire général Descamps et dont la généalogie s'arrête en 1191^9 ne serait-il pas un extrait de cet armoriai?

(1) M. Marchai , conservateur des maouscrits 2i la bibliothèque de Bourgogne , possède d'autres lettres patentes ou reconnaissance de noblesse par le roi d'Espagne , accordées à Jacques l'Hermite , receveur du conseil d'état des Pays-bas et à son frère Antoine l'Hermite , licencié en droit à Malines, pour services rendus au roi, par un membre de cette famille, au siège de Dunkerque, en 1^4, durant les guerres de religion. Ces lettres datent du 22 janvier 1650. Elles font remonter la noblesse de cette maison à Tristan l'Hermite et « en troisième à )> Pierre l'Hermite d'Amiens, auteur de la guerre sainte, et premier coadacteur » des troupes chrétiennes des Croisés, qui, environ l'an 1095, passèrent outre mer » à la conquête de la Terre Sainte, en laquelle il s'acquitta si bien et valeureu- » sèment de son devoir que Godefroi de Bouillon, roi de Jérusalem, en son ab- » sence, lui confia ordinairement le gouvernement de U dite ville. »

M. Marchai prétend que cette généalogie est fausse* Il ne trouve use deRovey qu'en l'année 1373 ^tandis que nous en avons vu une en l'année 1059 (Voyez : page 72).

M. Marchai se trompe en parlant de Tristan, Ce Tristan n'est pas fe bour» reau de Louis XI, mais le grand prévôt de l'hôtel de Charles V, ce qui diminue de plus de cent années la filiation héraldique calculée par M. Marchai.

M. Marchai affirme que Pierre l'Hermite n'a jamais été marié ; nous avons vu le contraire prouva pas des actes authentiques.

Quant aux armes de Pierre l'Hermite r elles peuvent être très-authentiques, vu que c'est après la première Croisade que l'usage s'en établit et que nous trouvons ces armes sur une monnaie de la première année du XIII siècle , ce qui nous prouve que dès> longtems elles étaient connues. Voyez : Notice sur Denis l'Hermite, par le chevalier MarchaW (But. de l'Àcad. royale de Belg., n«8,t.XXI, 1K>4.

M. Hardouin a donc eu tort de relever ironiquement la découverte de ces lettres patentes, faite par feu de Reiffenberg^ nous les montrant comme ayant été connues du P. d'Outreman. — Les Lettres patentes rapportées par d'Outreman ne sont pas celles que M. de Reiffenberg nous a fait connaître et que possède actuellement M. Marchai.

PI33B.B.B Za'BaB.l«ITa,

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