‹ Récherches sur plusieurs points de l'astronomie egyptienne appliquees aux monumens astronomiques trouves en Egypte:Chapitre 9 sur 16 · DE DEM DE R A U. 1 I · texte numérisé non relu

DE DEM DE R A U. 1 I

l’extrémité du timon de la petite, au bout du museau du petit Chacal ; l’autre, au carré de la grande , sur le signe hiéroglyphique qui s’y trouve placé ; précisément comme il le faudrait pour les pousser, suivant le sens de leur rotation diurne. Rien ne serait en effet plus naturel que d’avoir indiqué ce sens par de pareils emblèmes, puis que c’est ainsi que nous-mêmes nous employons les flèches sur nos cartes; et cela serait surtout conforme aux idées que les anciens se faisaient, au rapport de Plutarque, sur l’existence des tourbillons circulaires , par lesquels ils supposaient que la sphère céleste était entraînée. Quelque plausible que cette interprétation puisse nous paraître, nous ne .la donnons ici que comme une conjecture; car les signes dont il s’agit se trouvant, par leur position, hors de la sphère céleste, semblent échapper à toute épreuve astronomique rigoureuse. Mais, par cela même , les détails que nous avons donnés sur leur position et leur direction réelles, deviennent plus nécessaires à remarquer, et à conserver, dans les significations qu’on peut vouloir leur attribuer, puisque ce sont là les seules conditions certaines qu’ils présentent.

Par l’ensemble de tous les caractères que nous venons de reconnaître, le zodiaque circulaire.de Denderah , nous paraît être un monument sur lequel des positions astronomiques précises sont exprimées conformément aux règles d’une géométrie exacte, avec l’intention formelle de dési-

j,g SUR LE ZODIAQUE CIRCULAIRE

gner spécialement certains phénomènes remarquables de Tannée solaire et de la révolution diurne du ciel, tels qu’ils s’opéraient environ 700 ans avant l’ère chrétienne dans le lieu où cc monument était placé. Mais quel était son but ! était-il purement astronomique et servait-il à diriger les observations des prêtres ? ou était-il astrologique et servait-il à tirer les horoscopes en quoi ces prêtres avaient la réputation d’être fort habiles? ou enfin exprimait-il seulement l’état du ciel à l’époque de quelque circonstance mémorable? voilà ce que la seule étude astronomique et géométrique du monument ne permet pas de décider, du moins quand on ne peut y retrouver que des positions d’étoiles. On irait évidemment beaucoup plus loin si Ton parvenait à y reconnaître des positions de la lune ou des planètes, parce que les mouvemens de ces astres , incomparablement plus rapides que les changemens de longitude relatifs, produits par la précession, donneraient nécessairement une date beaucoup plus précise. C’est maintenant aux archéologes à nous découvrir ces caractères. Nous nous bornerons ici à faire remarquer que, si le monument est seulement relatif à une circonstance astronomique ou historique mémorable, il en est deux correspondantes à l'époque qu’il désigne, et qui auraient bien pu, même long-temps après cette époque , sembler dignes d’être ainsi retracées : l’une est la fondation de home, 754 ans avant

DE DENDER A.II.

1ère chrétienne , l’autre, l’origine des années de Nabonassar, 747 ans avant cette même ère. Car, pourquoi l’une ou l’autre de ces époques n’aurait-elle pas pu devenir le sujet d’un tableau astronomique, même au temps des empereurs?

Si l’on considère que tous les résultats auxquels nous venons de parvenir successivement, ont été numériquement déduits de deux mesures de distances; qu’aucune autre donnée tirée du monument n’est entrée dans nos calculs ; et que, néanmoins , ces deux distances astronomiquement combinées, ont suffi pour reconstruire tout le monument que nous examinons; pour le faire coïncider avec le ciel, dans son ensemble comme dans ses détails; pour donner des applications astronomiques importantes à tous les points qui s'y trouvent signalés par des marques d’indication spéciale; pour assigner un but rationnel à ceux des emblèmes inconnus qu’il renferme, dont la signification peut se lier à des phénomènes astronomiques ; pour rendre raison de sa situation, de sa direction dans l’édifice où il était placé ; enfui pour expliquer ses rapports avec la déviation même de cet édifice, relativement à la ligne méridienne; tout cela en nombres, et avec un degré de précision que l’on n’aurait vraisemblablement guère supposé possible ; sans cependant avoir besoin d'attribuer aux inventeurs autre chose que les procédés d’observation les plus simples, et les seules notions d une science pra-

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tiqiie qui pouvait être encore théoriquement ti-ès-* bornée; on jugera, peut-être, qu’un pareil ensemble d’inductions, de preuves et de vérifications numériques, qui se suivent et s’appuient les unes les autres, suffit pour établir que nous ne nous sommes pas égaré en interprétant ce vieux monument. Et si, comme tout devait le faire présumer, cette interprétation ne peut ajouter rien aux procédés incomparablement plus parfaits des sciences modernes, elle pourra du moins faire mieux connaître 1 état de l’astronomie dans les temps les plus reculés où elle nous apparaisse; elle nous indiquera quelques-uns de ces premiers essais par lesquels l’esprit humain a dù passer et s’arrêter long-temps, avant d’avoir atteint les notions sublimes auxquelles la science du calcul lui a donné le moyen de s’élever; .et, sous ce rapport * elle pourra encore nous être utile à nous mêmes i en nous montrant, d’une manière plus positive, ce qu’il faut raisonnablement accorder, ce qu’il faut refuser aux anciens.

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