‹ Recherches sur plusieurs points de l'astronomie Égyptienne [microform]Chapitre 15 sur 34 · XXXIV AVA.NT-PROPOS · texte numérisé non relu

XXXIV AVA.NT-PROPOS

vir pour analyser sa construction par la géométrie. Ce n'est pas même assez alors du dessin le plus fidèle y si ce n'est pour des vérifications gér nérales. Car, pour la détermination du petit nombre d'élémens primitifs dont tout le reste doit se déduire , on ne, peut en être parfaitement sur qu'^n les prenant avec un grand soin sur le monument. Nous avons cet avantage aujourdliui que nous le possédons ; mais MM. JoUois et Devilliers ne l'avaient pmnt à l'époque où ils ont composé leur mémpire ; et la nécessité de raisonner d'après leur dessin qu'ils croyaient fidèle, ou sur la gravure qu'ils disent en être la copie parfaitement rigoureuse, mettait un obstacle. invincible à ce, qu'ils pussent en déduire aucune détermination exacte. La même impossibilité a du nécessairement s'opposer à tous les essais d'inter* prétation précise que d'autres personnes auraient pu. faire, et qu'elles ont peut-être tentés sur Iq^ mêmes élémens. Mais l'inutilité de ces essais ne doit élever aucun préjugé contre ceux que nous pouvons entreprendre aujourd'hui, d'après des, élémens plus fidèles. Il faut seulement reconn^tre la nécessité d'y recourir : or, pour cela, conitae: pour toute autre recherche scientifique , c'est un obstacle terrible qu'une opinion anciennement prise et avancée publiquement. Croirait-on , par

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exemple, que /depuis l'arrivée du Zodiaque circulaire en France , on ait vanté encore davantage l'exactitude de la copie publiée par la Commission d'Egypte ; qu'on l'ait présentée comme un éclatant témoignage d'une fidélité presque inconcevable; que, dans des mémoires publiés depuis, on ait continué de renvoyer à cette copie comme à une description exacte et authentique , et qu'enfin , on ait soutenu tout cela en présence du monument même !

A la suite de cette discussion , que j'aurais vi* vement souhaité pouvoir ne pas entreprendre, j'ai placé diverses notes, relatives à des points particuliers de critique ou d'astronomie. On y trouvera deux fi-agmens inédits, relatifs aux levers héliaques de Syrius , l'un de Vettius-Valens , l'autre de Théon d'Alexandrie , qui ont été mis en avant comme autorités dans presque toutes les discussions relatives à l'astronomie égyptienne , sans qu'on les ait jamais textuellement cités. Je les rapporte ici en entier tels que je les dois à la complaisance de M. Hase , l'un des savans distingués attachés à la bibliothèque Royale. J'y ai joint leur discussion sous les rapports astronomiques. J'ai également rejeté dans ces notes les calculs à l'aide desquels j'ai déterminé , sur la sphère céleste , la position du pôle du monument ^ ainsi que sa coin*

cid/ence avec Je pôle de J'équ^teur teirestte, 716 ans avant Tère chrétieniie. Dans lajroute ^ûre^ iQai$ sévère, que suivent aujourd'hui les recherf ches d'antiquijté, on a couvent besoin des méthodes et des forpnules qui sei^vent à calculer Tétat du çjiel pour différens siècles, et souvent pour des époques très-reculées. J'ai pensé que les personnes qui s'occupent de ce genre de travaux , trouve* raient quelque avantage à voir ces méthodes ré* duites à leur expression la plus sinïple ^ et éclairâtes par des applications. C'est le motif qui m'a déterminé à les insérer à la fîn de mon ouvrage* Mais peut-^tre pojarropt-elles aussi n'être p^ tçut-à-fait inutiles ai^x 9stronQn)e3 méme^^ en donnant fhx^ d'uniformité ^UT^ réducjtjions de ce genre qu'ils sopt d^ns le cas de faillie, et dont les résultats^ prdinairement obtenqs par des approximations différentes j toutes plus ou moins imparfaites , ne sont pas toujours aussi exactement comparables entre elles qu'on poiirr^it le désirer.

Pendant Timpre^sipii de l'ouvrage que je soumets ici au public , ^pux savans distingués , M. Cham*poUioqi jeupe et Tfi. Letronne , pnt , par des déT couvertes fprt diversp^ , jeté une lumière toute npuvelle sur l'éppque véritable à laquelle ont été faites les sculptures astronomiques de Denderab et de Latopolis. En examinant , dans les inscrip-

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lions bilingues , les caractères byérogliphiques qui correspondent aux noms propres de personnages étrangers à l'Egypte , M. ChampoUion à remarqué que le système d'écriture employé pour les tra-^ duire, consistait à remplacer chaque lettre, ou chaque son du mot étranger, par la représentation d'un objet naturel , dont le nom égyptien commençait par le son analogue. Cette comparaison lui a lourni un alphabet hiéroglyphique de sons , qu'il a pu considérer comme applicable à tous les noms ainsi traduits. Or, en l'essayant sur un grand nombre de cartouches sculptés dans les temples d'Egypte, il a trouvé qu'il reproduisait les titres et les noms de plusieurs empereurs romains , tels que César, Tibère , Domitien, Claude , etc. Il a cru même reconnaître , sur le contour extérieur du Zodiaque circulaire de Denderah, le mot autocrator, exprimé datns ce genre de caractères; ce qui établirait que ce monument a été sculpté sous la domination romaine. Le travail de M. Letronne, quoique conduisant à des résultats équivalens , est foïKlé sur des preuves d'une natiu*e toute différente. Il repose sur la discussion des inscriptions grecques trouvées en Egypte , et dont quelquesunes étaient sculptées sur les temples mêmes de Dendierah et de Latopolis. En rapprodiaoït une fouie de circonstances de dëtafl que ces inscriptions

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indiquent, M. Letronne probve que, sous les Ptolémées, et sous les empereurs romains mêmes, les Égyptiens ont continué d'élever des temples cpnsacrés à des Divinités de leur pays, et d'y sculpter des tableaux hiéroglyphiques , avec le même mode d'architecture , le même système de décorations , et, autant qu'ils le pouvaient , avec les mêmes formes usitées chez eux dans des temps plus anciens. Il montre ainsi , par une inscription , que le portique du temple de Denderah , où se trouve le grand zodiaque rectangulaire , a été bâti du temps de Tibère. Une autre inscription, trouvée par M.Gau sur un des temples de LatopoUs , et relative aux sculptures astronomiques de ces temples , lui apprend qu'elles ont été faites, ou au moins achevées, du temps des Antonins. Au reste , il faut le dire , le caractère peu ancien de ces ouvrages avait frappé les artistes habiles , qui , depuis un certain nombre d'années , ont visité l'Egypte, et dessiné avec soin ses monumens. Car M. Gau et M. Huyo , par exemple, sans s'être nullement communiqué leurs porte-feuilles, y avaient marqué de même les diverses phases de l'art égyptien ; et , avec un tact également déUcat , ils avaient rapporté les sculp<tures.astronomiques à la plus récente. D'après l'accord parfait de preuves si diverses, il paraît désormais bien difficile de douter que ces monumens

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astronomiques ne soient en effet beaucoup plus modernes qu'on ne l'avait cru d'abord, d'après une étude moins approfondie. Mais, en faisant évanouir le& nuages de l'antiquité fabuleuse dont on les avait couverts , ces diverses recherches ne révèlent jusqu'ici que leur âge , et non l'époque des sujets astronomiques qu'ils représentent. Il se pourrait encore que ces sujets eussent toute l'antiquité qu'on leur avait attribuée, et que les monumens offrissent le souvenir d'une science antérieure remontant bien loin dans la nuit des siècles. Or c'est là, qu'on nous permette de le dire, si non le seul point* important de la question , du. moins un de ceux qui en font le plus une question importante ; puisque c'est ce point qui intéresse le plus essentiellement l'histoire des sciences et celle de la civilisation humaine : car , sans doute , la seule exécution physique d'entreprises colossales:telles que les pyramides et les autres édifices gigantesques qui couvrent l'Egypte, atteste un état social régulièrement ordonné ; mais qui pourrait très-bien n'avoir consisté que dans l'esclavage absolu d'une nombreuse population , presque sans aucun développement d'intelligence. Au lieu que des résultats scientifiques, et d'une science aussi abstraite que l'astronomie mathématique, seraient des monumens d'un tout autre ordre.

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