‹ Recherches sur plusieurs points de l'astronomie Égyptienne [microform]Chapitre 26 sur 34 · E 1>£NP£RAH · texte numérisé non relu

E 1>£NP£RAH

«devint un des principaux éléments du calen-

« drier de l'Egypte. Elle s'est renoui^etëe, suivant

« le témoignage de Censorinus^, le xii des ca-

« lendes d'août, sous le second consulat de l'em-

« pereur Antonin (20 juillet de l'an 1 89 après l'ère

«chrétienne). Le point on se termine, l'année

« d'Isis, c'est-à-dire, où le soleil doit parvenir

« pour renouveler le lever héliaque de S3rrius,

a n'est pas fixe dans le ciel; il se meut par rap-

«port aux étoiles. Il était encore dans le signe du

« Lion ^ vers le milieu du xxv® siècle ^ avant l'ère

« chrétienne, lorsqu'on imposa en Egypte aux

« constellations zodiacales y les noms et les figures

« propres à ce climat. Environ trois siècles £^rès

« il était 9X1 point de division qui sépare le Lion

« du Cancer, et il s'est avancé de plus en plus

« dans cette dernière constellation. Ce point hé-

« liaque ^àonc^ comme le solstice , une précession

«c annuelle ;. mais nous avons reconnu que son

« mouvement ne se fait point toujours dans le

« même sens : il est alternativement rétrograde

« et direct. Ainsi , le terme de l'année d'Isis est

« mobile , par rapport aux étoiles; mais il ne fait

« point, comme le solstice , le tour entier du ciel.

« Il ne peut jamais s'écarter des deux constella-

« tions voisines du Lion. — Les Égyptiens ont

« conrm y par le long usage de l'année caniculaire,

« le déplacement du point héliaque ; ils ont vu ^

« autre/bis , cette année se terminer lorsque ïe

l44 SUR LE ZODIAQUE GIHCULAIRE

« scdeil était entré dana le signe 4u Lion. A tt cette époqae le iesec de §yritt$ soÎTait de peu «( de jours le solstice d'été, L'inondatîoa avait lieu « un mois après cette époque, lorsque le ^leil « dëcarÎTait le signe de la Vierge. Ce premier état « est représenté dans les &wx temples d'JËsné ou « Latopolis. Dan& cbàcun de ces édifices, Ic^ Lioa a occupe la dernière place , et la Ticarge la pre* « mière*

: <c Ib ohsexvèrenJt^ dans la suite » que le soleil « n'était pas encore a<X|^tî de la i^nfteUatiQn du a Cancer, lor^ue le leyer héliaque de Syrius « désignait la fin de Tannée naturelle de trois cent « soixance*dnq jours un quart* Jls représentèrent a. l'année dapos cette nouTelle position* Ce (pit « Ton observe dans les deux momiments de Ten*' f( lyhs« On reconnait distinctement, dans le s&o* « diaque rectangulaire du temple d'Isis, que le « terme de Tannée agricole est marqué, dans le a ciel, par la première apparition de Sothis, le « soleil étant dans le signe du Cancer* I/e zodiaque « circulaire du même temple se rapporte aussi à « cet état du del. Dans Tune et l'autre sculpture, « le Cancei^ occupe la dernière place > et le Lion « la première.

« Il est surtout nécessaire de s'assurer que la « dorée de Tannée d'Isis n'est point une quantité « constante, mais qu'elle est alternativement moinm dre ou plus grande que la durée de Tannée sy-

JÊ^'iÊ- ^^^MiH^&5S^^Bûsai.i*<«i.;jw-^.^ „âtfSi g^'^ ^

DE D£irDE|lAH. l45 '^

« dérale dont elle différait beaucoup à l'époque

« de la sphère de Thèbes(f). Alors, cet intervalle

« de temps qui sépare deux levers héliaques con-

« sécutifs de Syrius, étant presque exactement

a égal à trois cent soixante-cinq jours un quart,

« la période cynique comptait i46i années va-

« gués de 365 jours. Mais, si l'on remontait à des

« époques très- antérieures, p|ir exemple, à celle

« où le solstice d'été occupait les constellations ^^

« du Capricorne, du Sagittaire ou 3u Scorpion,

« on trouverait, pour la durée du cycle cyijique, ^

« une valeur fort différebte de 1 46 r ans. Ainsi ,

« l'on ne peut attribuer une antiquité aussi exces-

« sive à l'invention et à l'usage de ce cycle. Si

« l'on détermine, par une 'analyse exacte , la du-

« rée de la période cynique, on reconnaît qu'elle

« est très-variable ; elje dépend , comme l'année

« caniculaire , de la position de la sphère ('2) ^

« et de la latitude du lieu. La durée de cette der-

(c nière année était, .deux mille ans avant l'ère

« chrétienne, de trois cent soixante- cinq jours

« et un quart. Ce qui correspond à peu près à

a la moindre valeur possible (qu'elle puisse avoir).

(i) C'est-à-diro., selon M. Fourrier , xxv siècles avant Fère chrétienne. ,

(2) Sans doute , la position de la sphère céleste est ici . considérée relativement aux points mobiles où se font les équinoxes et les solstices. Le sens de la phrase , c*est que rannéc? caniculaire se trouve avoir une longueur différente , selon Tépoque , et la latitude y pour laquelle on la calcule. j

l46 SÛR LE ZODIAQUE CIRCULAIRE

« Cette valeur changeait très-lentement. Elle avait « été sensiblement constante pendant les douze « siècles précédens , et elle demeura presque la « même pendant les douze siècles. qui suivirent. « On pouvait donc, à ces époques, évaluer le ce cycle sothique à i46i ans, pour l'Egypte. Mais t( cette période était très-différente pour d'autres « cliipats; et elle le serait aussi pour l'Egypte, si « l'on considérait les temps qui ont suivi la con- « quête des Grecs, ou ceux qui ont précédé les dy- « nasties thébaines. Ainsi, les périodes isiaques ont « un caractère spécia,! qui les rend propres à TÉa gypte. On ne peut, sans être en contradiction <c avec les principes de la géométrie sphérique,appli- « quer ces périodes à d'autres temps qu'à ceux où « Thèbes était florissante, ou à d'autres climats. » Oh voit, par ces passages,, que l'opinion de M. Fourrier, sur les zodiaques d'Egypte, repose essentiellement sur trois ordres de considérations J'une nature très-distincte. Premièrement il suppose que, depuis une très-haute antiquité, les Égyptiens avaient obtenu par leurs propres observations, la connaissance précise d'un certain nombre de résultats astronomiques qu'il énonce, et parmi lesquels se trouvait la période de temps qui ramenait les levers héliaques de Syrius au même jour de l'année vague. Secondement il admet que la position du soleil , au moment du lever héliaque de Syrius , varie avec le temps dans l'écliptique ,. selon certaines lois mathéma-

' DE DBNBEKAH. ll\^

tiques qu'il assigne. Troisièmement enfin , il affirme que ces résultats et ces lois sont l'objet principal des tableaux astronomiques que l'on a trouvés isculptés dans Fiiltérieur ou sur les portiques des temples d'Egypte. L'examen de son système devra donc égalçihent se partager en trois séries de questions de la manière suivante. Premièrement, a-t-on des preuves que la période de ilfii années vagues, ait été connue en Egypte , depuis une très-haute antiquité , et qu'elle y ait été connue comme opérant l'accord de l'année vague avec le retour des levers héliaques de Syrius? Cette période résultait - elle de l'emploi très -ancien d'une année agricole de trois cent soixante-cinq jours un quart , dont l'origine aurait été fixée au lever héliaque de Syrius , et dont le long usage aurait fait reconnaître le déplacement progressif du point de l'écUptique où le soleil se trouvait chaque année , lorsque ce phénomène avait lieu ? Secondement , ce déplacement progressif s'est*il en effet opéré, pour l'ancienne Egypte, comme M. Fourrier l'annonce ; ^en sorte que le point héliaque id^ abord placé dans le Lion au milieu du zxv^ siècle ayant V ère chrétienne^ se soit trouvé trois siècles après au point de division qui sépare le Lion du Cancer ^ et se soit ensuite avancé déplus en plus dans cette dernière constellation? Troisiè* ineiAent enfin ^ est -il présumable que les différens modes de partage de la série des signes , dans les monumens d'Esné et de Denderah, se rapportent

lô.

l48 SUR LE ZODÏÀQUE CIRCULAIRE

à ce déplacement ; et que ces monumens , construits à des époques très -dilatantes les unes des autres, aient eu pour objet de marquer; à chacune de ces époques , la succession des constellations parcourues par le soleil, depuis le com^ mencement jusqu'à la fin de Fannée héliaque?

La première de ces séries de questions constitue un point de critique littéraire qui doit jse décider par la discussion des autorités historiques. La seconde dépend d'un calcul purement mathématique. La troisième enfin, exprime une hypothèse

interprétative dont il faut évaluer directement la probabilité par son application plus ou moins exacte aux monumens. ^

Tous les chronologistes s'accordent à reconnaître que les anciens Égyptiens employaient, dans les usages civils, une année de trois cent soixante-cinq jours complets, divisée en dou^e mois de trente jours, à la fin desquels on ajoutaitcinq jours appelés par lefe Grecs épagomènes, c'est-à-dire additionnels. Hérodote, qui avait vécu intimement avec les prêtres d'Egypte , 46o ans avant l'ère chrétienne , ne leur attribue pas d'autre période annuelle (i); et, quand même on voudrait supposer qu'ils ont pu lui faire mystère de leurs connaissances les plus relevées, il faudrait cependant conclure encore de son témoignage, que cette forme d'année, la seu\e qu'il cite , était

(i) Hérodote: Eiiterpe, iv.

DE DENDËRAH; l49

aussi vraisemblablement la seule qui fut publiquement Connue et "usitée ; pendant : son- séjour: . La durée de cette année étant plus courte que Tannée tropique, d'environ un quart. de jour , il s'ensuit qu'elle se renouvelait avant que le soleil* eût achevé , dans le ciel , sa révolution équinoxiale complète; de sorte que son origine reculait à chaque fois à.peu.près: d'un quart de jour, sur la> période réelle decet.astre, ce qui la faisait rétrograder . successivement .dans . toutes les saisons y de là. est venu le nom d'année vague ^ .par lequel on . l'a sauvent, caractérisée. L'assertion . formelle et exclusive d'Hérodote , sur ce point , se trouve confirmée par le témoignage de Geminus/ auteur grec d'une très^grande autorité , qui existait versla. 70® ^nnée. avant l'ère chrétienne, et dont ou possède un traité . spécial . d'astronomie ^ qui est^ un des plus précieux restes de l'antiquité. Dans un chapitre où il expose les diverses formes d'an* nées connues de son temps, ainsi que jies corrections »iccessives qu'on y avait fatibes * pQur leur donner un. accord durable avec les révolutions du soleil et de la: lune, Geminus (1) fait une mentioii particulière de la méthode égyptienne, '.comme, ofirant.une opposition remarquable à cette intention de fixité , généralement adoptée par les autres peuples. « Les Égyptiens, dit -il, ont u ne « institution e t un but tout-à-fait contraires à ce

(i) Geminus , chap. vi.

l5o SCJK LK JSÛDIAQUE CIRCULAIRE.

« tquie se proposent les titrées. Car , ils ne règlent »a9 les, années sty le^oleil » non plus que le$ « mois et les jours sur 4a lune. Mais ils font usaj « d'une inéthodie aui^eur est propte. En e£fetyils

« ne veulent pas que leurs sacrifices tondent <t toujours dans les mêmes saisons de Tannée; ils « préfèrent qu'il en parcourent tous les temps, de « sorte que la même fête qui a été célébrée en été, c( vienne successivement appartenir à l'automne, (c à l'hiver, et au printemps. Pour cela ils font (€ Tannée de trois cent soixante cinq jours coince plets, la composant de douze mois de trente <c jours, à la ^uite desquels ils ajoutent dnq jours. « Mais ils n'y ajoutent point le quart d^ jour« par (c la raison qui 'vient d'être expliquée , c'est-à^ire^ (c afin que leurs fêtes se déplacent. Car , après « quatîe ans, ikse trouvent avoir reculé d'un jour « relativement au soleil; et, après qu^ifante an^, (C ils ont reculé de dix jours dans l'année âe K cet astre-, d^ sorte que leurs fêtes rétrogradent <K de la tnêmequantité et n'arrivent plus aux «néfiâes 'C époques de sa période annuelle ; et , après cent ic vingt àifô^ la variation est d'un mois entier , tant (C dans l'année solaire , que dans la saison de ff l'année. De là vient, chez les Grecs, une er- « reur accréditée par une longue suite de temps , ce et qui s'est même propagée jusqu'à nous. Elle «r consiste en ce qu'un grand nombre d'entre eux ce croient que, suivant les Égyptiens, et suivant <c Eudoxe, le solstice d'hiver coïncide avec les

]>£; ]>£ND£RAH. l5f

c< fêtes d'Isis, ce qui est absolument faux ; car les « fêtes d'Isis sont distantes du solstice d'hiver, « d'un mois entier. Mais cette erreur est venue de « la cause que nous avons indiquée. En effet ; il « est arrivé , il y a cent vingt ans , que les fêtes « isiaques coïncidaient avec le solstice d'hiver. « Quatre ans après, elles s'en étaient déjà éloi* « gnées d'un jour. Mais cet écart ne les déplaçait « pas assez dans la période des saisons pour qu'on a l'aperçut. Après quarante ans, le déplacement « a été de dix jours , et il n'était pas encore bien a sensible. Mais maintenant, qu'après un inter- « valle de cent vingt années, la rétrogradation a s'est élevée à un mois entier, ou passe toutes « les bornes de l'ignorance, si l'on croit encore « que , selon les Égyptiens , et selon £udoxe , le (c solstice d'hiver arrive pendant les fêtes d'Isis. « On pourrait bien en effet admettre sur ce point (c un ou deux jours d'incertitude , mais il est ima possible d'y méconnaître une erreur d'un mois, ic Cette erreur doit devenir évidente , par la seule « longueur des jours , fort différente à cette épo- <K que , de ce qu elle est dans les solstices d'hiver: « Et, d'ailleurs, les véritables époques des solstices « sont marquées par les ombres sur les horloges, « surtout pour les Égyptiens qui les observent, ce D'où l'on voit que les fêtes d'Isis ont dû autrefois ic concourir avec le solstice d'hiver ; et , plus an- « ciennement encore , elles ont concouru avec le rt solstice d'été , comme le rapporte I>atosthène y

« dans son Traité de l'octaétéride ; et , par la suite j « elles se célébreront de nouveau en automne 9 « au solstice d'été, au printemps, et au solstice « d'hiver ; car , dans l'intervalle de 1 460 ans , c( chaque fête doit passer successivement par toutes c( les saisons , et revenir au même temps de Tannée « solaire. Les Egyptien s att eignent ainsi , à l'aide « deTinsUtution qui leur est propre , Je but qu'ils (c se sont proposé ; tandis que les Grecs , qui s'en « proposent un tout contraire , règle nt leurs ance nées sur le soleil , et Jeurs jours, aînsî que leurs « mois sur le cours de la lune. » J'ai rapporté textuellement tout ce passage de Geminus, parce qu'il nous fournira plusieurs élémens importaiis dans la discussion qui va suivre; mais, pour le moment, je me bornerai à y faire remarquer deux choses: la première, c'est que cet auteur trèsancien, très à portée de connaître les usages de^ l'Egypte, et qui, parles détails précieux qu'il nous a transmis sur les périodes lunaires et solaires des Chaldéens et des Gr«cs, paraît avoir mis beaucoup de soin à recueillir ainsi qu'à discuter ces résultats de l'ancienne astronomie , ne rapporte ici le cycle de 1460 ans, que comme une période théorique de restitution , qui donne arithmétiquement un ce rtain nombr e entier d'années^ troi ques de trois cent soixante cinq-jours un quart , égal à un nombre entier d'années vagues égyptiennes, sans y faire intervenir, en aucune manière, le lever héliaqiie de Syrius : la seconde.

DE DENDËRAH. l53

c^est qu'eu assignant ainsi la durée de cette pé* riode , il n'indique aucunement à quelle époque les anciens Égyptiens ont pu la connaître, ni ^ même s'ils l'ont r éellement connue. Car, il dé- ' montre , à la vérité , qu'en vertu du quart de jour omis dans l'année vague , l'origine de cette année fera le tour entier de la période solaire^ annuelle, en i46o années tropiques , chacune de trois cent soixante-cinq jours un quart ; mais il ne dit nullement que les anciens Égyptiens eussent r j ^ c onnu ce nombre de i Zj6o , soit par un calcul fondé sur J| 1 évaluation approchée de l'année tropique, soit ^ par l'observation du lever héliaque de Syrius , soit, ^ % enfin, par l'expépience effective d'une ou de plu- Si <!;oiii«c r^i&«.;i^rioa r>o^o;nAc çfuï auraieut réellement/*-^ '

Sieurs périodes parej]

ramené leurs fêtes aux mê mes saisons: ce qui,

au reste, n'aurait pas dû alors arriver en i46o ans , N

comme Geminus le suppose , mais en 1 5o6 , d'à- ^^

près la véritable valeur que l'année solaire avait* J^ V J^

alors. Tout ce que Geminus affirme, relativement y 4 ^ r^»J

aux anciens Égyptiens, c'est donc qu'ils avaient vÇ^i T^

fort anciennement , remarqué le déplacement pro-HrrJ^ ij^^

gressif de leurs fêtes, et qu'ils l'avaient consacré *^ vji

comme une institution religieuse ; mais c'est ce

qu'ils, auraient également pu faire sans aucune ^

théorie, aussitôt que l'expérience leur eut montré SOv^

cette rétrogradation; car, ils n'a va i ent pour cela /rf

au'à la laisse r ^'op érer sans s'inqui éter d e sa mar- s \ \

che , et sans qu'il fut besoin de pré voir le nombre ^ récis d'années vagues après lequel une révolu- 'î

ffJU

SUR LE sodi&quk: circulaire itière serait achevée. L'eittstence seule d e !vagie, chez les Égyptiens, ne démontre oint, par elle-même , que le fcycle de i^So ir fât anciennement connu . ni qu'ils eii sj servé ;Be5 rapport s soit avec .l'année tro- ^5oi t a vec tés levers hétiaques; et ainsi elle luve absolument rien en Ëiveur de leur ! astronomique (i).

n peu t ^ ^'étonper qu'un esprit aussi droit que l'était n'atl pas senti cette distinctioD si évidente qu'il faut re le simple usage de l'année vague, et la connais- ■ la période après laquelle le commencement de cette ^venait k la même place dam l'année lolaire. Ces deux flt perpétuellement confondues ensemble dans son contre la chronologie de Newton , et il ne comprit I juste difTérence que ce grand homme mettait entre istcependant très-clair que l'emploi de l'année vague, eulement le choix d'un certain mode de numération , lit arbitraire, et qui n'exige aucnne science ; au lieu ériode de 1461 années pareilles, exprimant une relaléritjue entre ces années et l'année de 365) ^, suppose, :onséqucnt prouve , la connaissance de cette dernière , [le- même un résultat d'astronomii;. Mais elle ne prouve s chose ; car il ne faudrait pas , par exemple , conle son existence qne je peuple oti on la trouve , i réellement el effectivement observé une ou plusieurs de {}« jzf cesrévolutionsde 1461 années vagues qui auraient ramené phy> ^ » • siquement le prewier jour de l'année vague à sa place primitive ! ^V^ dans l'année solaire. En effet, non-seulement la durée d'une ' ^K2 telle période pourrait avoir été prévue par le calcnl, d'après . e inexacte attribuée à l'année tropique , mais, si elle / c à cette sorte d'année , elle devrait .

nécessairement avur été déterminée ainsi , puisqu'elI^repaseJS

y)'^ nécessairement avur ete detcminee a

DE OENDEKAH. l55

Remarquons qu'à l'époque où écrivait Geminus> la bibliothèque d'Alexandrie existait depuis plus de deux siècles; cette bibliothèque, dans laquelle , au rapport du Syncelle, « Ptolémée-Philadelphe « avait rassemblé dix myriades de volumes , con- « tenant tous les livres des Grecs , des Chaldéens j €€, des Égyptiens, des Romains, traduits ou comcc mentes en langue grecque. » Ainsi les connais* sauces astronomiques des prêtres égyptiens ne* pouTaient plus alors être demeurées secrètes , surtout celles qui avaient des applications aux usages publics. C'est ce qui est mis tout à fait hors de /

doute par un curieux passage de Strabon, où l'on voit que , de son temps , c^est«à«dire , dans les premières années de l'ère chrétienne , sous Auguste et sous Tibère , ces connaissances mystérieuses passaient pour être tout^à>-fait dévoilées. En racontant les détails de son voyage en Egypte , dans le xvii*^ livre de sa géographie , Strabon s'exprime en ces ' termes (i) : a On nous fit voir les maisons des « prêtres ainsi que les endroits où avaient dece meure Platon et Ëudoxe. Ces philosophes étant a venus ensemble à Héliopolis , y passèrent , selon « quelques auteurs, treize années dans le com* a, merce des prêtres. Avec le temps , et à force a d'attentions et de politesses, ils obtinrent de

sur cette fausse valeur; l'observation effective devant donner environ i5o^ ^^'^F?^ vagues au lieu de 146 1 eu vertu du mouy^ vement réel du soleil , à ces cpocjues anciennes, (i) Strabon^ liv. xvii.

yff.»^^^/^l4€t^M^, ^ * . • -^

f*-^---i^ api

ko.

Sh4

l56 SUR LK ZODIA.QUE CIRCULAIRE

c%/^km^ « ces prêtre s très-instruite en astroiion^ e , mats fort

« mystérieux et peu communicatifs , la connais-

A^ ' ^ ce sance de quelques théorènies ; mais les barbares

f ^T^^^<<^;>Cl^ <c leur cac la plus p'ande partie ^ de ce

A ^^ ^%MiU^ qu'ils savaient . Ils ajoutaient aux trois cent soi-

tj^éinA'&f « Xante -cinq jours les portions additionnelles du

^^^,* ^ i « jour et de la nuit nftçftssaires PQU^* comnlëter

année ; et cependant la durée s cette

^V ^^â/ << fijt 'fiPQyÇ^ des Grecs, ainsi que bien d'autres /^(l/i^j^ " choses , jusqu'à ce que les astronomes modernes /i Ûs^^ Oh^ ^ ^^ eussent pris connaissance , au moyen des f\Li^^^ et traductions en langue grecque des mémoires ^^ ta rédigés par les prêtres ; et encore maintenant ,

« ils puisent dans ces écrits, comme dans ceux i< des Chaldéens. » Il est clair que , dans ce passage , Strabon considère les traductions des mé- . moires des prêtres, comme offrant l'exposé de toute leur.sciençe astjponomjcm e^ Or, là chose ^J^ ^ principale qu'il cite comme le fruit de cette com- ^ ^\i munication , c'est la connaissance que les Grecs y /^^*^ ont puisée des parties de temps qu'il faut ajouter |

aux trois cent soixante einq- jours pour compléter l'année. Mais puisque , du temps de Strabon ^ les Grecs employaient universellement trois cent soixante -cinq jours et un quart pour la durée de l'année solaire, comptée entre les retours au même solstice ou au même équinoxe, c'est donc uniquement l'additioil de ce quart de jour que les traductions (les mémoires des prêtres leur avaient appris; et elles la leur avaient appris telle qu'ils

DE DENDERAH. I Sy

l'employaient, c'est-à-dire ,, comme se rapportant, non pas aux levers héliaques de Syrius, mais à la période tropique du soleil. Cette conséquence logique est d'ailleurs confirmée par un autre passage du même livre, où, en parlant des prêtres de Thèbes, Strabon dit (i) : « Us passent pour « très-versés dans l'astronomie et dans la philoso- « phie. C'est d'eux que vient l'usage de régler le (c temps , non par la révolution de la lune , mais c( d'après celle du soleil : ils ajoutent aux douze « mois de trente jours chacun , cinq jours tous « les ans; et, comme il reste encore, pour com-^ « pléter la durée de l'année , une certaine portion «de jour, ils en forment uriepériode copiposée un nombre rond de jours et d'années suffisant « pour que les parties excédantes étant ajoutées, « fassent un jour : ils attribuant à Hymès , ^9P*^^ « leur science en ce genre. » On voit clairement , par ce passage, que l'année dont Strabon parle , est l'année solaire tropique. Mais, si l'on voulait prendre ses expressions à la rigueur , on pourrait en conclure, ou que les prêtres oiit voulu le tromper lui-même, ou qu'ils ne connaissaient pas exactement ce qu'il fallait ajouter aux trois cent soixante - cinq jours; car, s'ils l'avaient su, et qu'ils eussent voulu l'exprimer , ils n'auraient pas dû dire que la période qui rendait la fraction excédante égale à un jour , contenait un nombre

(i) jtrabon, lib. xi.

^i^^N*.-Oc< ^^Z^^Jy^oé'^^' /^#*^J^^%.^iU'

l58 SUR L£ ZODIAQUE CIRCULAIRE

entier de jours: et d'années , mais un nombre d années' seulement ; et, au lieu d'employer des expressions qui sembleraient désigner une longue période , ils auraient dû simplement dire que ce nombre était de quatre. Au reste, il est possible que Strabon , peu ver^é en astronomie, ait compris ou exprimé d'une manière inexacte les renseignemens qu'on lui avait donnés. Mais du moins si les Égyptiens, lorsqu'il les visita, eussent possédé des connaissances asti^onomiques très-supérieures à celles des autres peuples , il est probable qu'il aurait spécialement énoncé en quoi elles consistaient, et qu'il ne se serait pas borné à leur attribuer cette première approximation du quart de jour, si facile à déterminer de mille manières. Diodore de Sicile , qui avait voyagé en Egypte avant Strabon, du temps de César et d'Auguste , attribue , aux seuls prêtres de Thèbes , la connaissance de la période quadriennale (i). a Les Thébains, dit -il, se vantent d'être les pre- « miers de tous les hommes qui aient cultivé la « philosophie et Tastronomie exacte , la disposition «c de leur pays étant particulièrement favorable « pour bien observer les levers et les couchers « des astres. Les mois et les années sont ordonnés, <( chez eux , d'une manière particulière ; car , les u jours ne s'y règlent point sur la lune j mais sur « le soleil : ils ont douze mois de trente jours , n après le dernier desquels , ils ajoutent cinq jours

(i) Diodore, liv. i. '

[' et un qunrt.

DE DENDF.BAH. 45q

i> Du resle , l'ensemble du passage

semble indiquer clairement que Diodore ge présente pas cette addition annuelle dû "quart de" jour comme effective, mais seutenjent comme l'évaluation numérique de la fraction qui complétait Tannée solaire. Après avoir cité cet unique résultat de la science des prêtres de Thèbes, il . ajoute a qu'ils observent assidûment les éclipses , « et qu'ils^n prédisent toutes les particularité^- » '» Mais cette connaissance, dont ils avaient pu se vanter près de lui , n'est accompagnée d'aucune preuve qui la rende croyable ; et il suffisait qu'ils "connussent quelque période lunisolaire, celle de ^dix-neuf ans, par exemple, pour s'en prévaloir : ^ car, dans une autre circonstance, il lui dirent bien (i) : « Qu'à une époque très-reculée , sous le IjL* *i" règne d'Osiris, il y avait eu , lors du lever héf*i^« Uaque de la Canicnle , un débordement du Nil inRBi effroyable , qui avait submergé une grande porjT^^ion de l'Egypte. » A cette indication du lever ^^^'àe la Canicule, Diodore ajoute en parenthèse, jjwjue celte époque de l'année est, en effet, celle où ¥*lki^ débordement du Nil est le plus considérable ; 4,.^^^^cette coïncidence sufHt pour lui faire ajouter foi lA^Bu récit des prêtres. Néanmoins , on peut Ijien ^77 aisément voir qu'elle n'était pas même exactement T*"*». vraie de son temps ; car le lever héliaque de Sy- I riiis nf> ft'nni^raît. alnrs. mi'(>nvîrnn vînirt iniip«

\ r DE DENDERAH. l6i

ï|[^ î iVune antiquité mystérieuse. Au reste il semit ex- ^Ot ^rêmement simple qu'ils eussent coanu, et qiéme jy->i connu fort ancien nement , la nécessité d'aionter ^ S^ un quart de jour aux 365 pour compléter l'année tropique ; , car , les plus grossières observations d'ombres solsticiales, continuées pendant un trèspetit nombre d'années, devaient la montrer avec évidence; et ils auraient dû encore obtenir bien Ç ^ plus tôt cette dififérence, ou même une valeur beàur coup plus exacte, par les retours des ombres aux ^ mêmes directions horizontales, aux instans du cou- ^si cher et du lever du soleil , si , comme on peut le S^ présumer par l'orientation assez approchée des jh^% Pvramides ^ ils ont fait de telles observations. . Et ^nT^ s'ils ont connu le qixart de jour ainsi que la pé-

jÊ riode de quatre ans , ils ont p u, je dirais volontiers ils ont du , en conclure presque nécessairement, ^Cbv comme l'a fait Géminus , la période de 1 460 . ans

' 1 orhw/kc lomi^AllA 1 rkT>imi^o rlA loiiv* onn^^A -vromi^^ oii-mo^f-

►rès laauelle Toriffine de leur année v

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