‹ Recherches sur plusieurs points de l'astronomie Égyptienne [microform]Chapitre 4 sur 34 · X AVANT- PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT- PROPOS

métriques , m'avaient gra^iuellement coiidùât à pouvoir appliquer les vérifioations les plus sévères de l'astronomie. Ayant ainsi mêlé toutes mes tracés, on se refusait aisément à reconnsutre la route que je prétendais avoir parcourue; ou, si l'on consentait à m'y suivre , on niait , d'aprèa des aperçus nécessairement aussi incomplets que précipités, les résultats numériques que j'avais obtenus par un travail de plusieurs mois. Enfin, un savant académicien, qui a dû profondement s'occuper des zodiaques d'Egypte, puisqu'il en fait espérer, depuis près. de vingt ans, une explication com^ plète et démontrée^ voulut bien s'ouvrir aussi sur ce sujet dans une société savante dont nous fai* sons tous deux partie. Mais , dans une discussion qui dura fort long-temps, il ne me donna guère d'autres raisons décisives contre mon travail, sinon qu'il fallait envisager les zodiaques égyptiens d'une manière toute différente , qui était celle que luimême avait laissé depuis long -temps entrevoir. Et lorsque, pressé d'exposer les motifs scieatifiques sur lesquels il fondait cette préférence , il voulut bien condescendre à exposer sa doctrine, il me sembla, et, je crois, non pas à moi seulement, mais à beaucoup d'autres personnes présentes, il me sembla ^ dis-je, qu'il ne l'appuyait réellement d'aucune preuve, mais qu'elle consistait

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AVANT-PHOPOS. XI

simpiemi9nt dans un système ^e aîgnificalibus allégoriques , qu'il attribuait aux figures dont ces momumens sont couverts » et 4'ap^ès lesquelles il ipterprfîtait Tintention de ceux qui leâ avaient construits. Ce inéipe académicien ajouta q^e deux habiles ingénieurs, MM. Jollois etDeyiiUers^ niem-^ bres de l'expédition d'Egypte , qui ont aussi pu<hliéun trayail sur le zodiaque circulaire, av^ent d'abord cru, coipme moi, qu'il pouvait élre.con* struit sur çl^s principe^ géométriques , et même selon le mode de projçç^qn que je croyais y avoir reconnu; ^lais que bientôt ils avaient renoncé à ç;ett.e opinion, copime je le ferais sans doute moimême ^ 'étant averti dp son peu 4c certitude. Deux jours après, M. I)evilliers écrivit à l'Académie des sçif^pçès, pour réclfimer, au nom de M. Jollois et au siçn, l'idée que le monument égyptien était construit géométriqqement selon cette méthode , ajoutant que lui-même et son collaborateur avaient expliqué et adopté ce système de projection dans leur travail imprimé ; d'où l'on pouv^t clairement inférer qu'ils ne l'avaient pas voulu abandonner pour les opinions. que M. Fourier supposait si iucontestablement victorieuses. Je ine voyais ainsi placé daps cette pQsition singu- Iiè!re , que Içs idées que j'ayais émises étaient contestées comme fausses quand on me les attribuait ,

XII AVAITT-PHOPOS.

et réclamées comme justes quand on ne me les attribuait pas; de sorte que, si elles étaient fausses, elles étaient miennes , et j'avais tort de les avancer : ou, si elles étaient exactes, elles étaient à d'autres, et j'avais encore tort de m'en emparer. De* quelque côté que je me toiurnasse, il fallait toujours que j'eusse tort.

Sftns me laisser le temps de prendre haleine , un autre membre de l'Institut et de la commission d'Egypte lut à l'Académie dès inscriptions et k l'Académie des sciences un mémoire qu'il présenta aussi comme un examen de mon travaiL J'ign(H*e comment il pouvait faire alors cet examen, n'ayant eu aucune communication de mes recherches, ne pouvant ainsi en apprécier, en connaître même entièrement les détails numériques, toujours impossibles à saisir complètement d'après une simple exposition orale ; j'ignore tout cela d'autant plus que cet académicien a considéré sa réfutation de mon travail comme assez urgente , pour la faire paraître dans le court intervalle d'une absence que mes fonctions m'imposent tous les ans à pareille époque , de sorte que je ne pouvais l'entendre, ni par conséquent répondre. J'ai lu depuis ce qu'il a publié à ce sujet; et il m'a paru que je répondais assez en publiant mon mémoire.

A.VAWT-PROPOS. XÎIU

Quelques vives que soient en général les rivalités littéraires y Famour-propre seul ne s'emporte pas ordinairement à ce point. Avant de combattre les opinions qui le blessent, où les travaux qui lui déplaisent, il a presque toujours la patience d'attendre que l'impression les ait fait complètement connaître , et ait fourni , pour les combattre , les armes que l'imperfection humaine laisse toujours à la critique , même dans les plus beaux ouvrages. Cet empressement d'un certain nombre de personnes à prévenir le public contre un travail purement astronomique où personne n'était attaqué ; cette ardeur à le décréditer d'avance , par des motife divers , et même contradictoires , avant qu'il eût été , je ne dis pas imprimé , mais seulement annoncé par extrait dans aucun recueil scientifique; tout cela devait venir de quelque intérêt plus cher et plus énergique que le simple amour individuel de la vérité. Je compris que j'avais blessé au vif quelque opinion de corps, dont les partisans se coalisaient pour prévenir la propagation des sentimens qui leur étaient contraires.

Cette opinion , ou plutôt ce dogme , car je ne saurais autrement l'appeler en voyant la ferveur qu'il excite, c'est celui de l'immense antiquité des monumens astronomiques trouvés en Egypte.

XIV aVant-propos.

Ijôrs de la dernière expédition des Français dans cette contrée, le traité de Dupuîs sur les mythologie^ astronotïiiques venait de pairditre, et

avait produit ùn(^ grande sensation. Partant de ridée que le zodiaque à été inventé en Egypte, qîi'il a été créé d'un seul jet, et que les douze sigdes qui le composent ont du ofi&îi*, à'oette préniîèré époque , la i^eprésetitation convenue des travaux agricoles propres aux douze mois de l'année, troi^ suppositions qui ne sont fondées sur aucune autorité historique quelconque', Dupuis trouvait qu'un tel accord aurait eu lieu assez exactement poU^ le climat de l'Egypte , en concevant le solstice d'été placé dans la constellation du capricorne , ce qui met l'équinoxe d'automne dans Ife bélier, le solstice d'hiver dans le cancer, et Té* qUitioxe du printemps dans la balance (i)i Or, à l'époque actuelle , des quatre divisions de l'année sôWiré se titoUvent dan^ les constellations dé» gë" méàUx , dé là vierge, du sagittaire et des poissons. Ainèi le temps ' faécetealré pour ee déplacement étant calculé d'après la loi connue de là rétro-*gradation des équinoxes, donnera la distàticè hypothétique des deux époques. A la vérité i pour fedf e èe calcul avec qtielijUe exactitude -, il aurait

(i) Origine des cultes, tôin. in, p. B5o. l^aris, an m.

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