AVANT-PROPOS. XV
fallu savoir au juste quelles étoiles pomposaiqnt alors l6s quatre constellations; si elles étaient les lAémes qiie nous y plaçons aujourd'hui où si elles étaient di£Béreiites ; et enfin, à quelle étoile de chaque constellatioii les quatre pdints de divisicNn répondaient. Or, indépendamment de l'incerti-t tude illiiftiitée où nous sommes sur les deux premières questions, là seule indétermination qui naît de la troisième n'est pas peu considérable ; cal* , en plaçant le solstice d'hiver au commence^ ment oriental de la constellation du capricorne telle qu'elle est composée aujourd'hui, on trouve à peu près i5ooo ans avant l'ère chrétienne pour l'épol^ue que le système de Dupuis assignerait àl'inventi<$n du zodiaque; tandis qu'en plaçant le même point à la limite occidentale , on ne trouve guères plus que i3ooo ans; ce qui ne fait pas moins de vingt siècles de variation sur un calcul déjà si problématique. Au reste , se trouvant sans doute embarrassé pout remplir des intervalles de 1 3ooo ou de i5ooo années avec des évènemens histo^ riqu^s qu'auisune histoire ne lui fournissait, Dtipuis suggéra lui-même la possibilité d'en rac?cburcir la dui^e de toute une demi-trévolntion des équiiioxes, c'estMire de i3ooo ans; et Gela;y en convenant que les inventeurs du zodiaque auraient appliqué les noms propre!» de chaque
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âigne , non pas aux constellations de Técliptiqué dans lesquelles le soleil se trouvait effectivement à chaque mois de l'année ^ mais aux constellations qui étaient diamétralement opposées à cet astre ; et qtii se montraient les premières à l'horizon oriental à l'entrée de la nuit (i). Cette supposition qui ne donne plus que 4ooo ans d'antiquité à l'invention du zodiaque , est peut-être historiquement moins embarrassante à soutenir que la première ; mais il faut convenir que , comme spécula* tion hypothétique , elle semble beaucoup moins spécieuse ; car il serait bien bizarre que l'on eûc imaginé de caractériser les diverses constellations situées sur la route annuelle du soleil y par des dénominations propres aux époques de l'année où cet astre en était le plus éloigné. Telles étaient les opinions dominantes parmi les savans attachés à l'expédition d'Egypte, lorsque les monumens astronomiques furent découverts. En voyant de grands zodiaques sculptés sous les portiques et dans l'intérieur des temples Égyptiens, les ingénieurs et les géomètres que la guerre avait transportés sur cette terre célèbre, crurent avoir retrouvé les traces d'une science antérieure à tous les temps connus. Ils y virent la confirmation
(i) Dupuis y origine des cultes , tom. in» pag. 34o ^t 34 1« Paris , an m.
AVAirT-PfiOPOS. XVII
éclatante des idées de Dupuis , et ce fut ainsi que cette découverte fut annoncée en Europe d'après leur correspondance. Toutefois, à leur retour, lorsqu'ils se furent soustraits à l'imposant aspect de ces vieux monumens , ils parurent abandonner l'idée d^une antiquité aussi difficile à défendre, et se rapprochèrent du second système de Dupuis, fond^ sur les levers du soir. C'est à cela du moins que s'est fixé le plus célèbre de ces savans, M. Fourier; et, d'après cette manière de voir, il ne fait remonter là date des zodiaques de Latopolis, les plus anciens de tous, qu'environ à vingt-cinq siècles avant l'ère chrétienne ; ce qui , à ce qu'il assure , se trouve conforme k l'histoire de l'Egypte , aux opinions de la Grèce , et aux annales des Hébreux. Tous les autres membres de la commission d'Egypte qui pouvaient émettre une opinion en pareille matière , s'étant ostensiblement ralliés à ce savant géomètre, ont partout cité, loué, adopté comme indubitable la décision qu'il avait portée, sans toutefois en connaître beaucoup plus que le public les preuves positives, demeurées jusqu'ici dans la possession de l'auteur (ij. La haute antiquité des monumens
(i) M. Fourier a donné seulement Ténumération des ou-^ vrages sur lesquels il s'appuie. On la trouve à la page 8 de ses recherches sur les sciences et le gouvernement de TÉgypte ,