‹ Recherches sur quelques problèmes d'histoireChapitre 114 sur 178 · Ihid,, u" 12, 1. 1, p · texte numérisé non relu

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558 LA MAKCHK GEU.MANlUlE.

et terres de toute nature \ Pareils exemples sont innombrables.

Dans tous ces textes, le mot marca est exactement synonyme de villa. Comparez les actes qui écrivent villa et les actes qui écrivent marca^ ce sont les mêmes formules, les mêmes phrases, et surtout le même sens. Souvent, avec Thabitude de redondance qui est naturelle aux auteurs des chartes, on emploie les deux mots à la fois, et Ton écrit « la villa ou marca Vestove », « la villa on ^narca Hephenheim», « la finis ou marca Hagcnbach * », « la villa ou marca Baldanis », <c la villa ou marcha Hirsland' », « la villa ou marca Nivora », (( la villa ou 7mirca Buzolthufa^ ». Dans la formule alamannique que nous avons citée, les mots villa et marca âont placés à côté Tun de Tautre, comme mots synonymes entre lesquels le rédacteur d*un acte pourra choisir.

Voulons-nous voir la constitution intime d'une mark. Voici une charte de donation faite à la fin du neuvième siècle par le comte Ânsfrid à un monastère : « Je donne par cet écrit au saint martyr Nazaire (c'est-à-dire au couvent de Lorsch) tout ce que je possède en propre dans la marca ou villa Sodoja, c'est-à-dire un manse dominical, neuf manscs serviles, et un bois où cent porcs peuvent être engraissés » ; les ce limites de cette marca » sont : à l'Est et au Nord la propriété de Liutbert, au sud la rivière de Sambre, à l'ouest le domaine du couvent de Saint-Lambert; (^ il s'y trouve 39 esclaves'. » Le même personnage donne « tout ce qu'il

i. Tradiliones Wiuemburgenseê, n* 127, p. 125.

3. DiplomatOf t. H, p. 470 et 471. Codex Laureêhamensis, p. lii.

3. Codex Laureshamenêis, n* 56, p. 10.V104; ibid,, n" 99; n*" 116.

4. Traditioneê Wissemburgenses, n" 151, p. 141 ; n"* 156, p. 145; n" 158, 160, 161, 172. 175, 199, 207, 209.

5. Codex LaureshamensiSi n** 34, t. t, j). 70-71. Aiisfritl, qui donuc tout cela en propre au couvent, le repreud en précaire pour la durée de sa vie cl celle de son fils, et obtient pour le même temps la jouissance de la marca Baldanis. On voit qu*il s*ugit ici d'une cession de pi-opriété moyennant rusufriiil du double. Cette sorte (Kopt^ration a été très fréquente depuis le cinquième siècle jusqu'au dixième. Or il est visible que cette opération ne i)ou\'ail se faire que sur deux terres possédées en pleine propriété. La marca Stxloja et la marca Baldanis étaient donc deux domaines.

LA MAKCIIK GKKMAiNKjLE. 351»

[jossède en propre dans une antre marca ou villa j c'est-àdire un manse dominical, dix-neuf manses serviles et une foret »; mais il réserve trois manses'. Dans un diplôme de 868, nous voyons unet;i7/aou marcha Gozbotsheim qui comprend trois manses dominicaux et dix-sept manses d'esclaves*. Un propriétaire fait donation, « dans la villa ou marca appelée Hanscuslieim », d'un moulin et d'une vigne*. Un monastère, par un acte de 902, fait cession de sa villa ou marca Audinesheim*.

On sait par nombre de chartes mérovingiennes qu'il amvait souvent qu'une petite villa fût rattachée à une plus grande et placée sous sa dépendance, ad eam perlimbat. De même, nous trouvons dans un acte d'échange de 943 une marca qui dépend de la villa Seheim . Cette marca est d'ailleurs une terre de propriété privée, car l'un des deux auteurs de l'acte fait cession de quatre « manses » qu'il y possède'. En 989, une femme possédait dans la marca Sassenheimer quatre manses dominicaux, huit manses serviles, un moulin, 40 arpents de vigne, sans compter des prés et des bois. Elle fait donation du tout, en pleine propriété, au monastère de Lorsch •.

Nous pouvons prendre les chartes de Saint-Gall ; nous y lisons : <( Tout ce que mon père m^a laissé en héritage dans la marca Liupdahingen, consistant en champs, prés et forêts, j'en fais donation au monastère \ » Drutpert donne dans la marca Zarduna des champs, des forêts, des prés\ Dudo écrit que tout ce qu'il possède dans la marca Sytynga, soit par héritage, soit par acquêt, maisons, esclaves, terres arables, champs, prés, forêts, moulin, pâquis, eaux et cours

i Codex Laureshamcns'n, w" 55) p. 08.

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