‹ Recherches sur quelques problèmes d'histoireChapitre 52 sur 178 · Wf/., VII · texte numérisé non relu

Wf/., VII

LE GOLONâT après L^EMPIRE. 179

un jardin d'agrément, viridarium, un potager, hortus, et enfin des champs en labour, des vignes et des bois. A côté ou tout autour sont les petits manses des tenanciers. En moyenne, le mansc dominical forme à peu près un tiers du domaine complet ^

Or la règle générale, presque universelle, est que le tenancier, qu'il soit serf ou qu'il soit colon, donne une partie de son labeur au manse dominical. Par exemple, un colon occupe un manse ingénuile de 6 bonniers avec une petite vigne et un pré ; ce il en fait » 3 arpents dans la vigne du propriétaire, c'est-à-dire que, toute la récolte de sa tenure étant pour lui, il doit en échange travailler à la vigne du propriétaire; et ce travail est comme son prix de fermage*. Un autre, à côté de lui, tient 10 bonniers de terre; « il en fait » 4 arpents de vigne; il doit en outre les charrois nécessaires et les mains-d'œuvre, c'est-à-dire les travaux à la main dont on peut avoir besoin dans une exploitation rurale'. Dans quelques domaines, un colon qui tient 20 bonniers, doit labourer 3 bonniers de la terre dominicale; un autre qui tient 6 bonniers, en laboure 2; un qui tient 8 bonniers, en laboure 4*. Voici un colon nommé Gautselmus; il occupe 12 bonniers de champs, 2 arpents

1. Voici trois exemples entre beaucoup d'autres. Polyptyque (Tlrminon, VI, 1 : « flabel in Spinogilo mansuin dominicalum cum casa et aliis casticiis sufTicienter; Iiabet ibi de terra arabili bunuaria 150, de viuea aripennos iOO, de prato aripennos 50; habet ibi siiva.... farinarium. » Suit une liste de 45 manses de tenanciers. — Polyptyque de Sainl-nemi, XIX : « In Bcconisvilla est mansus dominicatus cum oîdificiis, borto et viridario seu aliis adjacentibus ; sunt ibi terric ai*abilis canipi 22, pi-atu 4, vineîe 19. » Suit une liste de 52 manses de tenanciers. — Polyptyque de Sainl-Amandy à la suite des Prolégomènes au Polyptyque d'Irminon, p. 925: (dn villa Businiaca est mansus dominicatus cum xdificiis, borto et arborcto et capolla ; ad mansum dominicatum peilinent de terra arabili bunuaria 1(î, de pi*ato bunuaria 4, de silva bunuaria 5, molinum. » Suivent 25 manses de tenanciei*s.

2. Polyptyque d'irminon^ I, 1 : « Godeboldus colonus tenet mansum.... Facit indc in vinea aripennos 5. » Il doit eu outre trois poulets. Nous ne parlons pas du droit de paisson pour lequel il paye à part 2 mesures de vin.

5. Ibid,^ l, 2 : « Facit in vinea aripennos 4, manoperas, carroperas, caplim. ))

4. Polyptyque de Sithiu à la suite du Polyptyque d'irminon. pp. 295, 204.

(le vigne et un pré ; sa principale obligation est de labourer et de moissonner un espace de 6 perches sur le domù nicum\ Dans la terre de Palaiseau, un colon qui tient 6 bonniers de terre à labour, 1 arpent de vigne, 2 arpents de pré, s'acquitte par la façon de 3 arpents de vigne*. Un autre doit labourer 4 perches en blé d'hiver, 2 en blé de mars ; il a en outre le devoir de clore 4 perches de pré et de faire « les corvées et mains-d'œuvre qu'on lui prescrit » ; à cetle condition, il occupe 5 bonniers et demi de terre arable, 4 arpents de vigne, 4 arpents de pré'. Teutlagius tient un manse de colon; il doit faire le labour de 4 arpents sur la terre du propriétaire, sans compter quelques charrois, quelques mains-d'œuvre et la taille des arbres^ Les domaines d'un monaslèresont quelquefois fort loin de ce monastère. Tel colon aura pour obligation d'y conduire une fois par an une voiture de vin ; tel autre une voiture de blé. Quelquefois on autorise le colon à se racheter de ce service gênant, et le registre marque le prix qu'il devra payer; « le colon fera un charroi jusqu'à 30 lieues ou bien il se rachètera par 4 deniers' ». c< Il ira travailler aux vignes ou se rachètera par 1 sou *, »

Souvent, au lieu de déterminer l'étendue de terre dominicale que le colon doit cultiver, on détermine le nombre des journées de travail qu'il y fera. I^es deux calculs sont équivalents. Ainsi, dans un domaine appartenant à l'abbaye de Sithiu, les colons doivent deux jours de travail par semaine, tandis que les serfs en doivent trois. Parfois un colon doit trois journées par semaine \ Voici un exemple où il en doit jusqu'à cinq, et l'on stipule qu'il n'y aura que trois se-

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