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ETUDE DES CAS COMPLEXES

A la lumière des constatations faites chez les hypertendus, nous pouvons maintenant reprendre les observations 3, 4 et 5 du chapitre III. |

Si nous considérons la valeur du degré de dissociation du sérum du malade atteint de néphrite aiguë (observation 5), nous le trouvons très élevé, (85) et cependant la tension artérielle est normale. Mais ici une remarque s'impose; l’hydrémie est extrêmement marquée (67 au lieu de 80), et la dissociation a dû uniquement augmenter par suite de la dilution sanguine. Au moment de la guérison du malade le degré de dissociation est revenu à sa valeur normale, sans aucune modification de la tension artérielle.

Considérons l'observation 3 du chapitre III La grande augmentation du degré de dissociation peut être mise en rapport avec la chute extrêmement marquée de la réserve alcaline ; on peut admettre que la disparition des bicardonates, électrolytes très dissociables, a permis l’augmentation de la dissociation des molécules de Nacl; la recrudescence des phénomènes morbides peut être alors mise en rapport avec l’augmentation des ions Cl.

L'’élévation de la viscosité et de l'indice réfractométrique témoignent de perturbations au niveau des albumines. On peut également admettre qu’elles sont assez importantes aux stades terminaux de l’urémie pour permettre cette augmentation de «, qui ne peut plus régulariser la pression osmotique; l’abaissement cryoscopique est égal à 0,71, le plus fort que nous ayons observés.

Considérons maïntenant le cas, beaucoup plus complexe, de la néphrite hypertensive et azotémique (observation 4, chapitre III). Le malade présentait à son admission une tension artérielle de 225-120, une azotémie de 1 gr. 20; son degré de dissociation était de 74, élevé, mais cependant beaucoup moins que chez les malades atteints d’hypertension solitaire. L'augmentation de l’urée sanguine tendant à faire augmenter la pression osmotique, l'organisme a lutté en faisant baisser la concentration du chlorure de sodium et le degré de dissociation.

Le fait de mettre ce malade au régime déchloruré et au repos a ramené sa tension au chiffre de 140-090. Le degré de dissociation a immédiatement baissé au chiffre normal de 52. L’ingestion de 60 gr. de sel a fait monter la tension artérielle à 100-115. Nous observons une légère baisse du degré de dissociation, sensiblement identique à celle notée chez les hypertendus réagissant à la chloruration par une augmentation de la tension artérielle et une diminution du degré de dissociation. Le 17 juillet, ce dernier est brusquement monté à.60, s’accompagnant d’une hausse de la tension artérielle, surtout de la minima (200-135).

Notons que dans ce cas, il y a eu à la fois baisse des chlorures et augmentation du taux de l’urée; que le régime chloruré a amené une élévation du chlore plasmatique et une diminution de l’urée sanguine (voir

graphique) comme nous l’avons noté dans un article de la Presse médicale (15 septembre 1928). Rathery et Rudolf avaient fait une constatation analogue un peu auparavant. !)

Étudiant la question d’une manière plus générale, L. Blum, Van Caulært et Grabar ont décrit une forme spéciale d’azotémie par manque de sel ?). Ils justifient, comme nous, cette élévation de l’urée du sang par une effort de l’organisme en vue de la régularisation de la pression osmotique.

De plus nous avons fait remarquer avec G. Achard que l'organisme peut encore régulariser cette pression par une baisse ou une augmentation du degré de dissociation. Les observations que nous avons étudiées depuis lors et que nous rapportons ici, nous confirment dans cette façon de voir.

1) Rathery et Maurice Rudolf: Crises d’azotémie aiguë récidivantes, chlorures sanguins et réserve alcaline (juillet 1928.-Soc. médicale des Hôpitaux de Paris).

2?) L. Blum, Van Caulært et Grabar. Néphrite grave par manque de sel (23 novembre 1928-Soc. médicale des Hôpitaux de Paris).

L. Blum, Van Caulært et Grabar. Azotémie par manque de sel. Annales de médecine janvier 1926.

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