‹ Recherches sur quelques propriétés physico-chimiques du sangChapitre 24 sur 25 · RESUME ET VUE D’ENSEMBLE · texte numérisé non relu

RESUME ET VUE D’ENSEMBLE

On a depuis longtemps recours en clinique aux dosages des éléments chimiques du sang. Plus particulièrement au cours des néphrites s’est révélée l’importance de l'étude du dosage du chlorure de sodium dans le sang et l’urine. Mais les mesures chimiques pratiquées sur le plasma ne renseignent que sur la totalité du chlorure de sodium qu’il contient. Or on sait que ce sel s’y trouve sous deux états, sous forme de molécules non dissociées dont les éléments Na et Cl sont intimement unis et sous forme d'éléments libres porteurs de charges électriques les ions Na* et CI qui ont perdu leurs propriétés chimiques particulières, Le Na + par exemple n’a plus aucune action violente sur l’eau ; mais ces ions jouissent dans la majorité des cas de l’action caractéristique du corps qu'ils représentent ; ils agissent sur les cellules en se combinant avec les ions qu’elles peuvent ‘“ontenir, grâce à leurs charges électriques, ils sont capables d2 modifier profondément l’état des substances colloïdales. On voit par là l'intérêt de connaître et ae mesurer la quantité d’ions circulant dans le milieu intérieur.

Ce sont ces notions que nous avons appliquées au cours de nos recherches.

Pour différencier les ions de dissociation des molécules non dissociées et mis en évidence dans leur ensemble par des dosages on utilise les mesures de conductivité du sérum le courant passant d'autant plus facilement que les ions sont pius nombreux. Cette conductivité nous renseignerait sur le nombre d'ions Na et Cl contenus dans le sérum, si ce dernier ne contenait d’autres corps dissous électrolytes comme lui et donc susceptibles de s’y dissocier et de donner à leur tour des ions qui influent sur la conductivité mesurée. Parmi ces autres électrolytes les bicarbonates qui con:stituent pratiquement la réserve alcaline sont les plus importants. Chlorure de sodium et bicarbonate (dont la concentration est trois fois moins grande que celie du chlorure de sodium) forment 90%, des électrolytes totaux du sérum. Leurs molécules sont également très dissociables ; si bien qu'en première approximaticn, les ions que la conductivité met en évidence proviennent en majorité de la dissociation des molécules de ces deux électrolytes du sang. Faisons immédiatement remarquer que l'on peut obtenir une même conductivité avec peu de molécules mais très dissociées, ou bien avec des molécules plus nombreuses mais peu dissociées.

Cette donnée nous a conduit à faire usage de }à notion bien connue de degré de dissociatien qui exprime le pourcentage de molécules dissociées de tous les électrulytes du sérum. Ajoutons que ce degré de dissociation est non seulement influencé par la concentration de ces “électrolytes mais encore par des Variations des propriétés physico-chimiques des albumines. Nous pensons être en état de préciser exactement ces variations dans un travail ultérieur.

Ne pouvant différencier directement les ions pro- “wenant du chlorure de sodium des autres ions, nous

ta: ORCH ARRETE

ue 53 tes

avons employé une méthode délournée qui consiste à étudier parallèlement les dosages du chlore et les mesures de conductivité du.sérum. S'il y a parallélisme entre les variations respectives des résultats obtenus nous sommes en droit de conclure à l'import:nce de Fion chlore dans la pathogénie de l’affection.

C’est la conclusion à laquelle nous sommes arrivés pour les épisodes aigus et chroniques de la néphrite azotémique en comparant précisément les variations du chlore plasmatique et de :a conductivité sérique.

L'examen de la valeur du degré de dissociation des électrolytes du sérum nous permet d'introduire une noiion nouvelle. Une valeur normale ou abaissée de ce degré de dissociation coïncidant avec une réserve alcaline voisine de 60 nous permet de porter un pronostic relativement favorable ; il n’en plus de même lorsqu'un taux abaissé des bicarbonates coïncide avec une forte élévation du degré de dissociation.

Notons que les variations du dore ionisé se produisant aux sfades terminaux de l’urémie, ont lieu dans un plasma dont les albumines sont modifiées puisque la viscosité et l’indice réfractométrique du sérum n’ont plus leur valeur normale. Enfin le chlore total varie dans un sens inverse de celui de l’urée. Le régime chloruré peut faire baisser l’urée sanguine. (Observ. IV, chap. III).

Au cours de l’évolution de la néphrite albumineuse simple, les variations du chlore plasmatique et de la

he es

conductivité ne sont plus aussi nettement parallèles. Les différentes valeurs du degré de dissociation ne varient plus dans le même sens que celles du chlore. Il faut alors admettre l'intervention d’un facteur nouveau constitué par des remaniements au niveau des protéines.

La valeur du chlore plasmatique du sérum des kypertendus est normale ou légèrement augmentée. Mais la comparaison de ses dosages avec les valeurs correspondantes de la conductivité et du degré de dissociation montrent qu’il n’y a aucun rapport entre le premier et ces deux derniers facteurs. Nous sommes forcés d'admettre l’existence de perturbations très importantes des albumines sériques, qui sont encore mises en évidence par les grandes modifications du point isoélectrique des albumines, de leur viscosité et de leur indice réfractométrique (voir page 5). Il est très intéressant de considérer la valeur du degré de dissociation des électrolytes des hypertendus. Elle est toujours extrêmement élevée quoique les phénomènes d'insuffisance rénale soient peu marqués, d’ailleurs la réserve alcaline est normale.

- L'importance du degré de dissociation apparaît d'une façon nette au cours de la chloruration de ces malades. Chez ceux qui réagissent par une augmentation de leur tension artérielle le degré de dissociation s’abaisse d’une façon très modérée. La chute est-elle au contraire importante, le régime chloruré n’a aucune action sur la tension.

Aussi l'intérêt clinique du degré de dissociation des électrolytes du sérum nous paraît-il essentiel à condi-

Page 1