‹ Recherches sur quelques propriétés physico-chimiques du sangChapitre 4 sur 25 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Les premières idées sur ia pathogénie des néphrites reposaient sur des bases fragiles ; observations cliniques pures ou hypothèses sur des changements se produisant au niveau de l'appareil cardio-vasculaire (LE- CORCHÉ et TALAMON, SENATOR, VOLHARD).

L'évolution des conceptions entra dans une phase nouvelle du jour où l’on chercha à expliquer les troubles constatés par des variations des propriétés ou des con- : centrations des éléments chimiques de l'urine.

Box, en 1807, signala la rétention du chlorure de sodium au cours de certaines néphrites aiguës. ALBARAN l'étudia en 1897, dans des cas de lésions unilatérales pyélo-néphritiques et scléreuses. ACHARD et LŒPER, en 1902, la mirent en évidence par l'épreuve de la chlorurie provoquée dans les néphrites aiguës et les accidents aigus de la néphrite chronique. Enfin, WipAL, JAVAL et LEMIERRE montrèrent que la rétention chlorurée engendrait les œdèmes brightiques, et qu'on pouvait à volonté, chez certains malades, faire naître ou disparaître les œdèmes en leur donnant ou en leur supprimant le sel. En 1905, AMBARD et BEAUJARD ont montré que la rétention du chlorure de sodium ne s’accompagnait pas toujours de rétention d’eau ; le problème devenait plus complexe. D'autre part, ACHARD et LAUBRY ont noté, dans nombre d’infections, des rétentions chlorurées sèches.

Comme le fait remarquer AMBARD dans son ouvrage sur la réserve alcaline, « l'expression de rétention chlo-.

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rurée était, a priori, incorrecte, puisque ces auteurs (AMBARD et BEAUJARD) donnaient à entendre une rétention de chlorure, alors qu'ils n'avaient dosé que le chlore ».

Aïnsi le rôle du chlorure de sodium commence à être démembré. Quelles sont les fonctions respectives du sodium et du chlore? Les travaux de L. BLum, DE- LAVILLE et VAN CAULAERT tendent à l'expliquer. Pour déterminer la cause de l’hydratation dans la rétention chlorurée sèche, ils se sont adressés à l'analyse du sang. En étudiant comparativement le chlore et le sodium, dans divers tissus, chez les néphritiques avec œdème et chez les urémiques secs, ces auteurs ont constaté qu'en cas d’œdème la rétention de chlore était accompagnée d’une rétention équivalente de sodium, et souvent même d’une rétention excessive par rapport au chlore, tandis que, dans les rétentions chlorurées sèches, le plasma était anormalement riche en chlore par rapport au sodium. |

Mais ces différents dosages ne tiennent pas compte de l’état physico-chimique sous lequel se trouve le chlorure de sodium dans le sang. Aussi nous a-t-il paru intéressant d'aborder la question en nous plaçant à ce point de vue ; avant d’exposer ces recherches, nous rappellerons quelques notions de physico-chimie.

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