PRÉCIPITÉ E
19 décembre 1901
Il s'est produit d'abord une augmentation temporaire dans l'activité des deux préparations, puis l'activité a diminué régulièrement avec le temps. Dans cesexpériences, contrairement au résultat obtenu plus haut, l'activité du précipité formé dans la solution étendue a été moindre que celle du précipité formé dans la solution saturée.
Ce résultat aurait pu être attribué à la dissipation de l'émanation dans l'atmosphère. On a refait alors une nouvelle série en prélevant deux portions de 20 centimètres cubes d'une solution concentrée de chlorure d'uranyle, et en étendant le volume de l'une d'elles à un litre. La précipitation du sulfate de baryum et la mesure de l'activité du précipité séché ont été faites le même jour, et on a obtenu ov,o862 pour mesure de l'activité du précipité de la solution concentrée et ov,o74v pour le précipité de la solution étendue; ces résultats sont dans le même sens que les précédents.
Pour confirmer l'absence d'effet attribuable à une dissipation de l'émanation dans l'air, on a préparé deux dissolutions identiques, formées de 20 centimètres cubes d'une solution saturée de chlorure d'uranyle, de 4 centimètres cubes d'une solution saturée de chlorure de baryum, le tout étendu à un volume total de 1 litre. L'une des solutions a été enfermée dans un ballon scellé à la lampe, l'autre dans un ballon ouvert. Ces solutions préparées le 27 décembre 1901 ont été laissées ainsi pendant 1 3 jours, jusqu'au 9 janvier 1902; on a précipité alors le baryum de ces solutions, et les précipités de sulfate de baryte ont donné à l'électromètre : 0^0718 pour le précipité recueilli dans le liquide du ballon qui avait été fermé, et °V5°779 Pour celui du ballon ouvert.
La différence est faible, et peut être imputée en partie aux erreurs d'expérience. Dans tous les cas cette différence est de sens contraire à celle qui indiquerait une dissipation de l'émanation dans l'air, comme cela s'observe avec le radium.
Cette conclusion était du reste à prévoir, car on n'a pas observé jusqu'ici d'émanation produite par l'uranium dans les gaz, et c'est seulement par analogie avec les autres phénomènes d'activité induite que l'on a été conduit à admettre dans les dissolutions un phénomène de l'ordre d'une émanation qui y resterait confinée.
Dans les préparations précédentes il a pu se produite une cause d'erreur; si, au moment de la précipitation du sulfate de baryte dans les solutions très étendues, le mélange n'est pas agité de façon à provoquer un contact intime entre les diverses parties de la solution, il peut arriver que certaines parties du précipité se forment dans une région déjà appauvrie par les premières parties de la précipitation, et que le précipité soit moins actif qu'il ne devrait l'être. J'ai alors repris récemment une série de mesures sur des précipités préparés avec le plus grand soin de la manière suivante :
Le \~ mars 1903, 100 grammes de chlorure d'urainle pur du commerce ont été dissous dans 100 centimètres cubes d'eau. On a divisé cette solution en 5 parties égales de 20 centimètres cubes; l'une a été mise à part et a constitué la solution A; deux autres parties ont été étendues à 200 centimètres cubes (solutions B et B'); une quatrième partie a été étendue à 5oo centimètres cubes, solution C, et enfin la dernière partie a été étendue à
1000 centimètres cubes, solution D. Ces solutions ont été préparées entre 5 et 6 heures du soir et dans l'une délies (solution B') on a ajouté 4 centimètres cubes d'une solution concentrée de chlorure de baryum ; puis le tout a été abandonné jusqu'au lendemain.
Le 18, à 5 heures du soir, on a ajouté dans les quatre autres solutions 4 centimètres cubes de la solution de chlorure de baryum, et on a précipité le baryum de la solution B' en ajoutant 54 gouttes d'une solution d'acide sulfurique au dixième, et on a laissé le précipité activé en contact avec la solution jusqu'au lendemain.
Le 20, on a précipité successivement le baryum de chacune des autres solutions, on a filtré à chaud et séché à l'étuve; puis on a mesuré, à divers intervalles de temps, l'activité de 1 gramme de chaque précipité, en la comparant chaque fois à celle de 1 gramme d'oxyde noir d'uranium; chacun de ces produits était placé dans des cuves plates en plomb, ayant toutes les mêmes dimensions.
Les mesures sont résumées dans le tableau ci-contre.
On voit que les produits se partagent en deux classes : i° Les précipités dans les solutions peu étendues, A, B, B', et B', qui a séjourné plus longtemps au contact de l'uranium, est plus actif que B; 20 Les précipités dans les solutions très étendues qui sont pratiquement identiques entre eux et plus actifs que les précédents. La loi de la disparition de l'activité est la même pour tous les produits, et, après le maximum du ai, l'activité le 4 avril est réduite environ aux deux tiers pour tous les produits.
SLR UNE PROPRIETE NOl YEELE DE LA MATIERE.