‹ Recherches théoriques et expérimentales sur les oscillations de l'eau et les machines hydrauliques à colonnes liquides oscillantesChapitre 6 sur 20 · PÉRIODES · texte numérisé non relu

PÉRIODES

Totaux.

PREMIERE EXPERIENCE

eau passant à l'aval.

0».030 0"".063 0"».090 O^.llO 0«».130 0"^.170 0».2i5

eau passant à l'amont.

DEUXIÈME EXPÉRIENCE

eau passant & l'aval.

eau passant à l'amonU

Je me borne à donner le tableau des expériences faites dans ces conditions ea 1874 par M. Perrault. Celles qu'il avait faites Tannée précédente avec les mêmes nombres de périodes ont conduit à des résultats sensiblement identiques^ quant aux sommes des tranches d'eau tirées du bief d'aval ou relevées au bief d'amont^ quoique les périodes successives n'eussent pas été égales pour des conditions d'ailleurs les mêmes. Cela confirme ce que j'ai déjà dit sur les compensations, d'où il résulte que les anomalies disparaissent, en général, pour ce genre d'observations, lorsqu'on ne considère que la somme des quantités d'eau épargnées, ce qui est, en définitive, l'essentiel pour la pratique. En 1873, pendant le remplissage, la somme des épaisseurs des tranches d'eau tirées du bief inférieur pour 6 périodes a été de 0",76 et pour 7 périodes de 0",845. Quant à la vidange, le nombre de périodes étant de 7, la somme des épaisseurs des tranches d'eau relevées au bief supérieur a été comme en 1874, successivement de 0",61 et de 0'",605.

Pour se rendre compte de quelques uns des effets qui se présentent dans les expériences de ce genre, il ne faut pas oublier, conmie je l'ai expliqué ci-dessus, qu'en supposant même qu'il ne sortît pas d'eau du sas avant l'instant où le tube d'aval retombe sur son siège à l'époque de la vidange, il se développerait ensuite une quantité considérable de force vive, à cause de la descente de l'eau qui doit remplir les deux tubes verticaux.

Quand on a fait ces deux séries d'expériences, le tube d'aval était, ainsi que je l'ai dit, exhaussé de 0",30. Mais comme cela n'avait aucune influence sur l'épargne pendant le remplissage, on voit combien il est utile de ne pas diminuer sans nécessité le nombre des périodes (1).

(1) Gela résulte aussi d*uQe série d'expériences de M. de Marne. Elles De sont pas aussi régulières que celles qui ont été faites avec de très grands bateaux chargés. Mais lorsque le nombre des périodes était de dix à onze, le résultat moyen était une épargne totale

Considérations sur les mouvements de l'eau dans les premières périodes.

La quantité de travail perdu en résistances passives augmente bien plus rapidement que la quantité d'eau descendue à chaque période, soit de Técluse au bief inférieur, soit du bief d'amont dans le sas. On peut s'en rendre compte d'une manière approximative en cherchant quel serait le travail nécessaire pour conserver les vitesses de l'eau, comme s'il n'y avait pas de résistances passives supposées d'ailleurs proportionnelles à leurs carrés. Considérons, par exemple, la colonne liquide depuis l'instant où elle verse aux sommets des tubes par hypothèse à une même hauteur. La force vive, abstraction faite des résistances passives, serait proportionnelle au travail employé pour la produire, si les niveaux

de 0,749 de Téclueée, tandis que, si Ton avait pris Tensemble des expériences faites en partie avec neuf périodes, on n'aurait trouvé qu'une épargne de deaz tiers environ de Téclusée. Ces résultats de quatre expériences de remplissage et de quatre de vidange, dont la moitié avait été faite seulement avec neuf périodes, sans avoir la régularité de celles qui ont été Vobjet du rapport àTInstitut, offrent un certain intérêt, à cause de cette marche des effets, et de la manière dont cela se coordonne avec les expériences précédentes et celles qui ont été faites longtemps après, avec les plus grands bateaux chargés remplissant presque entièrement Técluse. La chute était de 2^,40.

M. de Marne dit d'ailleurs lui-même dans sa lettre du 19 février 1869 : «... On ne retrouve pas toujours dans ces détails la régularité « que la théorie indique^ mais il faut remarquer que les opérations « ont été faites avec des petits bateaux du Berry, qui n'ont{que 2n>50 de « largeur et dont les oscillations sont plus grandes que celles des « grands bateaux du canal latéral. Ce sont ces oscillations de roulis et « de tangage qui rendent les mesures souvent difGciles à prendre et le « plus souvent irrégulières. Ces oscillations sont quelquefois assez fortes • pour que la dernière marque faite à la perche soit indiquée sur la « partie de perche déjà marquée antérieurement... »

M. Perrault, qui assistait avec M. de Marne à ces expériences, m'a dit qu^on n'avait pas note celles pour lesquelles le défaut dont on vient de parier s'était manifesté. Il m'a paru intéressant de mentionner

étaient supposés constants. Le chemin parcouru serait proportionnel à la même quantité. Le travail en résistances passives serait donc proportionnel au carré de cette dernière.

Dans la réalité il n'en est pas ainsi, par la raison même que les résistances passives diminuent les vitesses. Mais ce que je viens de dire suffit pour montrer avec quelle rapidité augmente le rapport du travail en résistances passives à celui de Teau quand on augmente, pour une période donnée, la quantité d'eau descendue. Cela explique le paradoxe, qui peut sembler résulter au premier aperçu, de ce que j'ai dit des effets observés quand on change considérablement le volume d'eau descendu pour une période donnée.

J'ai indiqué ci-dessus comment, en tournant une difficulté, il est possible de se rendre compte du nombre des périodes de la machine qui conduit au rendement maximum, lorsqu'on sait d'ailleurs par expérience qu'elles ne doivent pas être trop peu nombreuses si le temps n'est pas limité. Pour éviter tout malentendu, je dois avertir que, si l'on considérait séparément chaque période, les principes sur lesquels repose

socciocteiadnt une série d^expériences qui, malgré lear irrégularité, résultant des mauvaises conditions dans lesquelles elles avaient été fiiites, confirme cependant la marche générale des effets obtenus avec les plus grands bateaux chargés.

Pour avoir des moyens de contrôle, on a fait quelques observations secondaires en employant des mesures dites cubiques moins délicates à prendre que celles des épaisseurs des tranches successives. Le bassin d'épargne, avant d'être rétréci comme il l'est maintenant, permettait de produire quelques périodes de remplissage ou de vidange, sans que les variations du niveau dans ce bassin fussent assez grandes pour empêcher d'apprécier les effets des chutes moyennes. Mais elles Tétaient assez pour qu'on pût prendre les mesures des quantités d'eau descendues dans ce bassin pendant la vidange de l'écluse ou qui en étaient retirées pendant le remplissage. Les rendements ainsi obtenus ne sont pas en désaccord avec ceux qui avaient été obtenus par d'autres moyens.

On a fait aussi quelques essais en se servant des variations du niveau dans le bief très court qui est en amont de l'écluse de l'Âubois. Je regrette de ne pouvoir en donner les résultats. S'il était possible de les retrouver, ils feraient l'objet d'une note à la fin de ce volume.

la règle générale à laquelle on est conduit, ne seraient pas démontrés pour les premières. Dans ce cas, en eflfet, quand même il ne descendrait pas d'eau en aval après que les tubes verticaux seraient vidés, il se développerait une quantité notable de force vive en vertu de ce qu'il tombe de Teau dans les tubes, sans qu'il en sorte alors au bief inférieur pendant la vidange de l'écluse. Si l'on suppose ensuite que le tube d'aval ne redescende pas immédiatement sur son siège, une certaine quantité d'eau viendra de l'écluse au bief inférieur. Le surcroît de perte de travail en résistances passives qui en résultera se composera de trois parties : l'une proviendra des vitesses pendant l'écoulement de l'eau au bief inférieur ; la seconde, de ce que les vitesses seront plus grandes pendant l'ascension de l'eau dans les tubes jusqu'à ce qu'elle se verse à leurs sommets; la troisième résultera de ce que, pendant ce versement, les vitesses seront plus grandes et le chemin parcouru plus considérable. Il est facile de faire quelques calculs numériques au moyen de cette base, en tenant compte des considérations secondaires précitées sur les limites des erreurs qui peuvent en résulter. On est conduit à penser, ce qui semble d'ailleurs s'accorder avec l'expérience, qu'il est convenable de baisser le tube d'aval pour la première période de vidange aussitôt qu'il s'est vidé, et de baisser le tube d'amont pour la première période de remplissage aussitôt qu'il s'est rempli. Quelque rapidement qu'on fasse fonctionner ces tubes, il passe toujours sans doute engénéral une certaine quantité d'eau au-dessous d'eux, abstraction faite de celle qui les vide ou les remplit.

Mais sans entrer dans des détails de ce genre, il est clair que, si l'on diminue beaucoup le nombre des périodes, il en résulte une diminution notable de rendement, comme on le voit au moyen des tableaux d'expériences. Il est essentiel de remarquer que celles qui ont été faites en 1873 et 1874 sont postérieures à l'exhaussement du tube d'aval. Gela explique pourquoi il y a plus de différence entre le rendement du

remplissage et celui de la vidange que dans les expériences de 1868 et de 1869. L'eau relevée au bief d'amont, entrant aussi dans le tube, exhaussé de 0^,30, sortait en partie à son sommet pendant les premières périodes de vidange, mais elle se versait principalement par celui du tube d'amont. On conçoit que, passant par un seul orifice, Teau avait de bien plus grandes vitesses qu'à l'époque où les sommets des deux tubes verticaux étaient à la même hauteur. On pouvait même se rendre compte de la résistance provenant de cette cause, en voyant jaillir aussi de l'eau par le sommet du tube exhaussé. J'ai essayé, en exagérant les quantités d'eau descendues dans une première période, d'étudier les différences qui pourraient résulter de cet exhaussement du tube d'aval, en considérant l'effet tel que je viens de l'expliquer, puis en exhaussant aussi le tube d'amont, de manière à faire verser Teau à peu près à la môme hauteur que par Tautre. Les mesures prises vers la moitié de la longueur de l'écluse par M.Meunier, ne pouvaient pas, comme je l'ai expliqué, être bien concluantes parce qu'il n'y avait pas de bateau dans le sas. Cependant, comme on avait exagéré l'épaisseur des tranches d'eau sorties de l'écluse, afin de diminuer cette incertitude, il est intéressant de remarquer, ainsi qu'on l'a fait pour plusieurs expériences que, s'il y a eu des différences quant aux quantités d'eau relevées au bief supérieur dans ces deux cas, pour une tranche motrice de 0"*,10 à 0™,11 descendue de l'écluse au bief d'aval, elles n'ont pas été assez grandes pour être notées. 11 en résulte qu'il y a un véritable désavantage à ne faire sortir l'eau relevée au bief supérieur que par le sommet du tube d'amont, de sorte qu'il vaut mieux en général, si l'on a très peu d'eau, faire la dépense d'une voûte pour que l'eau se verse par le sommet des deux tubes. Quant au remplissage de l'écluse, cette disposition est indifférente. On voit encore mieux, d'après cela, pourquoi le rendement, dans les dernières expériences, est beaucoup plus fort pour le remplissage que pour la vidange.

Il y aurait eu un grand intérêt, afin d'accélérer le service et surtout pour obtenir une marche automatique, à ce que les premières périodes eussent pu débiter beaucoup plus d'eau que dans la marche normale. J'ai déjà dit qu'au delà d'une limite assez restreinte on n'augmentait pas la quantité relevée au bief supérieur, quand la nappe d'eau descendue de récluse était bien plus grande à chaque période. Or, il résulte d'un tableau d'expériences qui vient d'être retrouvé qu'on finissait même par la diminuer.

Quand les résistances passives sont devenues égales à la force accélérative, la vitesse diminue si le niveau continue à descendre dans le sas, et la hauteur à laquelle l'eau doit être relevée augmente. On a exagéré, à cause de l'incertitude du mode d'expérience, les hauteurs auxquelles l'eau devait se relever et les épaisseurs des tranches descendues à chaque période en ne considérant que la première.

Pour cinq expériences l'épaisseur de la couche moyenne de l'eau descendue était de 0",216 et pour cinq autres, de 0°',114. Dans le premier cas, l'épaisseur moyenne de la couche d'eau relevée était de 0",138. Dans le second, elle a été d'un peu plus de (P,16. Autant que je peux m'en souvenir, le sommet du tube d'amont était à 0°^,35 audessus du niveau du bief supérieur et celui du tube d'aval à0",65. La hauteur maximum du jet d'eau VÉtfiable au-dessus du sommet du tube était de 0"^,45.

Ces dernières expériences, comme je l'ai expliqué, sans pouvoir donner des résultats exacts, parce qu'il n'y avait pas de bateau dans l'écluse, sont intéressantes pour indiquer la marche des effets. Elles peuvent d'ailleurs servir à faire concevoir combien il est utile de diviser les oscillations en plusieurs, afin de diminuer les vitesses. Car il ne faut pas se faire illusion sur l'emploi des oscillations de trop grandes amplitudes, comme [^celles au moyen desquelles on voudrait vider ou remphr une écluse ordinaire par une

seule période, si le tuyau de conduite n'avait pas des dimensions excessives (1).

(1) L'idée de transvaser Teau d'une écluse dans un basin d'épargne et de foire rentrer de l'eau dans le sas au moyen des oscillations dans un grand tuyau de conduite^ a été indiquée par M. Josua Fleld dans les Transactions of the institution of civil engineers t. I, publié à Londres en 1836 (pages 61 à 65, planche 12). Il dit avoir fait des expériences sur un petit modèle en 1816. Quoique celte société déclare dans la préface de ce volume qu'elle ne répond pas des assertions émises par les auteurs, j'admets bien volontiers cette dernière date. Cela revient en définitive à considérer les oscillations de Teau dans un siphon renversé de très grandes dimensions.

Cette publication n'a au reste été faite que plusieurs années après mes premières expériences sur les oscillations de l'eau dans les tuyaux, que j'avais immédiatement communiquées à beaucoup d'ingénieurs, et dont l'illustre Le Verrier parla à plusieurs professeurs de TEcole polytechnique. Je suis le premier qui ait trouvé dans quelles limites on doit augmenter la longueur du tuyau de conduite d'une colonne liquide oscillante, pour obtenir le maximum d'effet, et qui ait donné le moyen d'éviter les coups de bélier de ces grandes colonnes liquides, en employant au lieu de soupape, un tuyau mobile, toujours ouvert à ses deux extrémités, de sorte que les sections transversales ne sont jamais bouchées. Sans rappeler ici les phénomènes et les combinaisons que j'ai étudiés, je remarquerai seulement que c'est surtout dans ces deux ordres d'idées que consiste ce qu'il y a de vraiment original dans cette manière de se servir d'un bassin d'épargne avec tuyau de conduite intermédiaire. Il est d'ailleurs intéressant de remarquer que M. Field avait proposé un moyen d'épargner le terrain en enroulant ce tuyau autour d'un bassin d'épargne circulaire, de manière à lui donner ainsi autant de longueur qu'on le voudrait. Cette idée parait de nature à rendre moins dispendieux ce genre de construction.

Il avait prescrit de donner à ce tuyau une capacité au moins égale à celle de l'écluse. Mais ce qu'il dit à ce sujet ne me paraît pas admissible, d'autant plus que cela conduirait à des dimensions extrêmement dispendieuses. Le frottement était la cause de déchet, qui le préoccupait surtout, tandis qu'il y en a d'autres en général plus importantes. Il est bien à remarquer que les extrémités de son tuyau n'étaient pas terminées par des ajutages divergents, mais seulement par des embouchures ordinaires très courtes, n'ayant d'autre but que de diminuer la contraction de la veine liquide, comme on peut le voir sur sa planche précitée.

Il avait eu aussi l'idée d'appliquer le système d'oscillations aux écluses parallèles dites jumelles. Mais, dans tous les cas, il n'a considéré que des capacités de sections égales entre elles aux deux extré-

CONCLUSIONS

J'ai donné la description des divers moyens d'employer le mouvement acquis des colonnes liquides à épargner Teau dans les écluses de navigation et à en accélérer le service. Il y a des idées dont il intéressant de conserver la trace, même quand on n'en voit pas Tapplication immédiate. Maïs on demandera sans doute quels sont parmi ces procédés ceux qui me paraissent les plus pratiques.

Je préfère en général ne pas combiner les périodes de l'appareil avec un bassin d'épargne, excepté pour le cas des

mités d'uQ tuyau de conduite. L*ezpérience précitée a été faite au moyen de deux vases de section rectangulaire ayant chacun cinq pieds de long et vingt pouces de large. Le tuyau de conduite avait huit pouces de diamètre et quarante-cinq pieds de long. D*ûprès le dessin qu'il a donné pour cette expérience, il n'y avait pas d*embonchure aux extrémités. À Tune d'elles, il y avait un clapet qu'on ouvrait au moyen d'un levier.

La différence des niveaux d'un bassin à Tautre était de douze pouces au moment où Ton a ouvert le clapet. L'eau est montée dans le second bassin de dix pouces et demi. Je n'entre pas dans les détails des expériences qu'il a faites pour des différences de niveaux moindres, parce qu'il ne dit pas comment ses mesures ont été prises, à une époque où l'on ne se préoccupait pas comme aujourd'hui des effets du mouvement des ondes. Mais il m'a paru intéressant de rappeler que, du moins à cette limite, la perte de hauteur n'était pas considérable pour les dimensions, il est vrai, relativement très grandes du tuyau de conduite. J'ajouterai seulement que la colonne liquide étant abandonnée à elle-même depuis cette hauteur de douze pouces à celle d'un pouce^ les oscillations ont été isochrones.

M. Field a signalé aussi la possibilité de transvaser alternativement Teau d'une écluse sans bassin d'épargne en se servaut d'un bélier hydraulique à soupapes disposées de manière à le rendre successivement aspirateur et élévatoire, mais, dans l'un et l'autre cas, ne donnant lieu qu'à une s&ile grande oscillation. On profiterait ainsi de la force vive de l'eau, quand elle entre dans l'écluse en sortant du bief d'amont, pour relever dans le sas une partie de l'eau du bief inférieur. On profiterai) ensuite de la force vive de l'eau, quand elle descend au bief d'aval, à l'époque où l'écluse se vide, pour en relever une partie au bief supé- ' rieur. Mais ildéclare que cette disposition ne doitpas, selon lui, être adoptée^

écluses à sas parallèles dites jumelles^ parce que, dans des circonstances fréquentes, elles peuvent servir Tune à Tautre de bassin d'épargne, ce qui n'empêche pas que chacune d'elles peut fonctionner d'une manière indépendante.

Quant aux diverses combinaisons qui permettent de se

et que celle sar laquelle il a fait Texpérience précitée lai paraît pratique, ce qui, comme je l'ai dit^me semble difficile à admettre pour les écluses de grandes dimeusions, même en employant les tubes mobiles que j'ai proposés.

Ce mémoire de M. Field paraît être oublié, du moins en France. Personne ne me l'ayant indiqué, je n'en ai eu connaissance qu'après avoir compulsé tous les recueils scientifiques français et étrangers que j'ai trouvés dans les bibliothèques de Paris. Je me suis fait un devoir de signaler moi-même ce document. Il ne fait d'ailleurs aucun tort à mes droits de priorité sur ce qu'il y a de plus essentiel dans mes combinaisons relatives aux écluses de navigation. Montgolfier avait construit un bélier en même temps élévatoir et aspirateur. Il avait même signalé un bélier pouvant marcher au moyen de la marée, agissant alternativement dans deux sens opposés. Cependant l'idée de rendre ainsi un bélier alternativement aspirateur et élévatoire me parut intéressante, quand je la trouvai avant de connaître le mémoire de M. Field et je dois rendre justice à ce dernier^ tout en remarquant qu'il n*a indiqué dans ce mémoire aucun moyen d'éviter les coups de bélier. Il n'a pas remarqué l'utilité de diviser les oscillations en plusieurs, pour diminuer les résistances passives, et par conséquent il n'a pas étudié les combinaisons nécessaires pour que cette division puisse être exécutée d'une manière pratique, et sans aucun inconvénient.

Il faut ajouter que, pour cette forme d'un bélier hydraulique à une seule oscillation, M. Field n'a pas proposé de faire déboucher le tuyau de conduite dans Técluse psir une des enclaves des portes d*aval, comme cela a été fait à l'écluse de TÂubois, mais, à une distance de cette enclave à peu près é^ale à la moitié de la longueur de celle-ci. Je dois convenir que M. Maus a fait déboucher nu aqueduc à une place analogue, à l'écluse d'Herbières. De sorte qu'il n'était pas nécessaire qu'il connût la disposition que j'avais dessinée^ pour faire la jolie expérience sur l'ouverture spontannée des portes d'amont, dont j'ai rendu compte ci-dessus avant d'avoir retrouvé le mémoire de M. Field. Ce dernier, d'après ses dessins, avait proposé, pour le bassin d'épargne, de faire déboucher le tuyau de conduite dans Técluse à une distance des portes d'amont analogue à celle que, pour la disposition précédente, il avait proposée relativement aux portes d'aval ; et pour les écluses jumelles de le faire déboucher au milieu de la longueur de chaque sas.

Je vais ajouter quelques détails aux renseignements historiques

passer des périodes de l'appareil pour vider et remplir alternativement une écluse, au moyen de grandes oscillations dans des bassins d'épargne, il ne me paraît bien utile de les étudier que pour les écluses de petite navigation. J'ai cependant examiné leurs avantages et leurs inconvénients. Mais j'ai signalé des causes de perte de force vive résultant de la difficulté de donner aux tuyaux de conduite de trop grandes sections, et j'ai insisté sur ce qu'il est convenable de diviser les oscillations en plusieurs, afin de diminuer les vitesses aux carrés desquelles la plupart des causes de déchet sont proportionnelles. Dans ces dernières années, plusieurs ingénieurs, croyant perfectionner mon travail en proposant une seule grande oscillation, sont revenus, sans le savoir, sur des idées que j'avais publiées depuis longtemps.

mentionnés dans le rapport à l'Institut sur les caissons de diverses espèces, quoique les appareils, objets de mes études spéciales sur les écluses de navigation^ permettent de s*en passer. Je rappellerai seulement que le colonel Congrève, dans un mémoire in-4s publié en 1814 et 1815, sar son écluse à flotteur^ signale les avantages pour deux écluses dites accolées, de ce que les niveaux peuvent se rapprocher par des mouvements en sens contraire^ si Ton emploie des moyens de ce genre^ Teau baissant dans celle d'amont en même temps qu'elle monte dans celle d'aval.

Brian Donkin a fait pour deux écluses accolées une remarque analogue sur récluse à flotteur et à triple compartiment de Bogaerts (London, Journal of arts and sciences t. I, 1820). Il en résulte une simplification intéressante pour mes appareils à cause de simultanéité du mouvement des niveaux dans les écluses accolées.

Parmi les nombreux systèmes proposés pour épargner l'eau dans les écluses, on peut rappeler encore celui pour lequel Logan a pris une patente en 1804 [Reportory of arts i'^ série], à cause de l'emploi du système de détente des masses liquides. Un gros piston serait alternativement refoulé horizontalement par l'eau d'un sas dont la pression à détente variable serait convenablement équilibrée dans toutes les positions, au moyen d'un contrepoids dont la chaîne passerait sur une sorte de roue spirale. Steevens a publié un mémoire sur le même sujet dans le tome XXIII, 2« série du même Recueil. On remarque dans ce dernier l'idée plus générale d'employer le principe de la détente dans un canal non recouvert, le piston se réduisant à une sorte de barrage mobile dans le sens horizontal {And may àe itsed in open as well as close pistoH'WaySt p. 149^ 1813).

Leurs calculs ont d'ailleurs confirmé d'une manière intéressante des formules que j'avais présentées à l'Académie des Sciences, comme on peut le voir dans les Comptes rendus.

Ne parlant dans ces conclusions que ce qui a été exécuté sur une grande échelle, je rappellerai seulement qu'on a particulièrement remarqué la manœuvre pour laquelle les deux tubes mobiles sont conduits l'un par l'autre. Gomme on n'aurait alors besoin que d'un seul balancier, il serait facile d'obtenir une marche entièrement automatique au moyen d'un jeu de cataractes.

Pour les manœuvres de ce genre^ l'eau relevée au bief supérieur passant sous le tube d'amont, ce bief pourrait avoir des variations de niveau très considérables sans que celte eau se versât plus haut que cela ne serait utile. Mais cette manœuvre ne serait point applicable aux combinaisons des périodes de l'appareil, soit avec un bassin d'épargne, soit avec une écluse jumelle.

On croyait que tout système d'épargne de l'eau dans les écluses de navigation devait ralentir le service. Je montre au contraire qu'un nouvel appareil peut servir à l'accélérer, tout en permettant d'économiser l'eau, mais qu'on pourrait même l'employer ainsi utilement, si les eaux étaient abondantes. Il est d'atlleurs à remarquer qu'avec ce système les écluses, sans dépenser plus d'eau, auront, si l'on veut, des chutes beaucoup plus grandes. De sorte qu'un bateau sera bien moins longtemps à traverser un canal, lorsqu'on aura diminué considérablement le nombre des écluses.

M. Vallès a rendu un compte très favorable, dans son dernier rapport, de la facilité et de la sûreté des nouvelles manœuvres exécutées en sa présence à l'écluse de TAubois. 11 recommande spécialement à divers points de vue, quand ce ne serait que pour accélérer le service, de substituer aux ventelles, les grands tubes mobiles que j'ai proposés et qui ont d'ailleurs l'avantage de ne pas être engorgés par les herbes. Mais je dois appeler l'attention sur une note additionnelle

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qu'il a jointe à son rapport, parce que, d'après la manière dont un passage de ses conclusions était rédigé, il pouvait y avoir un malentendu qui aurait fait croire le rendement de la machine, quand on ne se sert pas d'un bassin d'épargne, moitié moindre qu'il n'avait voulu le dire (1).

(1) Le passage dont il 8*agit avait, en effet, été d'abord interprété de cette manière par un ingénieur des ponts-et-chaussées. S'en étant ensuite aperçu, il a fait une rectification à un mémoire qu'il a publié sur ce sujet. On m'a conseillé, à cette occasion, de reproduire sans aucun commentaire l'extrait suivant d'une lettre adressée à M. Vallès, qui a eu la bonté de le publier dans sa note additionnelle^ et dans lequel je ne fais que rappeler la manière dont la question a été présentée, même dans le rapport à l'Institut reproduit plus bauU

« Monsieur, vous avez bien voulu me communiquer les conclusions « de votre dernier rapport sur mon système d'écluses de navigation. « Je me suis aperçu que, dans l'hypothèse où Ton supprimerait le « bassin d'épargne^ pour ne compter que sur le jeu des périodes de la « machine, vous n'aviez tenu compte que d'une seule des opérations, c soit de remplissage^ soit de vidange; en un mot, que vous supposiez « que, si la machine marchait pendant la vidange, elle ne marcherait u pas pendant le remplissage, ou que, si elle marchait pendant le remet plissage, elle ne marcherait pas pendant la vidange.

« Il peut être intéressant de considérer la machine à ce point de « vue, mais les personnes qui n'auraient pas sous les yeux vos rap- « ports précédents pourraient croire le rendement moitié moindre « qu'il ne l'est en réalité quand on fait les deux opérations. Pour (( éviter tout malentendu, je crois qu'il est utile de rappeler que vous « avez dit, dans votre rapport de 1868, que, lorsqu'on remplit une « écluse au moyen des périodes de la marchine, on retire du bief a d'aval environ 40 pour 100 de l'éclusée, de sorte qu'on prend 60 « pour 100 du bief d'amont; mais de ces 60 pour 100, quand on vide « l'écluse, on relève environ 40 au bief d'amont, de sorte qu'en défini» a tive il ne descend que 20 pour 100 de l'éclusée au bief d'aval. »

Note pour le tirage à part. — Formule approximative du siphon renversé dea p. 20, etc. et 149 de la !'• partie. La profondeur du point de départ au-dessous du niveau de l'eau tranquille étant 1 et le chemin parcouru dans le long tuyau horizontal d'un diamètre D étant C jusqu'à ce que ce niveau soit atteint, le rapport de la hauteur obtenue au-dessus du mémo niveau à cette profondeur dans une des branches verticales, F étant un coefficient relatif à la somme des résistances passives^ est le rapport

del à — F-l-4.

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