CONSERVATEUR DE
Jean-Louis-Florent-Polydore Roux fit d'abord de la peinture en amateur ; il exposa au Salon de Marseille en 1818 une vue de la Sainte-Baume et une Tempête (1).
Dans la grande Exposition rétrospective qui eut lieu à Marseille en 1861, il y avait une Marine de lui appartenant à M. le Marquis de Clinchamp, d’après la petite notice biographique publiée par Etienne Parrocel en 1862 dans ses Annales de la Peinture, page 445 (2). Dans une lettre du 4 juin 1819, au Comte de Villeneuve, préfet du département des Bouches-du-Rhône, dont nous avons la copie dans les Archives du Museum, (pages 15-17), Polydore Roux signale cinq tableaux qu'il aurait fait et que de Forbin, directeur des Musées de France, l'aurait engagé à envoyer à Paris, au Salon prochain. Parmi ces toiles de moyenne grandeur, il y avait deux vues de Marseille : l’une prise du Quai de la Cannebière, l’autre de la plage d’Arenc. En 1824 (19 juillet) ü écrit encore à de Forbin pour lui annoncer l'envoi d'un autre tableau pour le Salon de cette année.
Il continua à faire fort peu de peinture à partir de 1818 ; mais ses connaissances artistiques lui furent très utiles dans la reproduction des animaux qu'il a étudiés et qui tous sont représentés avec beaucoup de vérité.
C'est surtout comme naturaliste que Polydore Roux a acquis une réelle notoriété.
Lors de la création du Musée d'Histoire Naturelle de Marseille, le 1” juin 1819 il est nommé conservateur (3) par le Ministre et contribue aussitôt à l’augmentation du Musée par le don d'une partie de ses coilections. A partir de cette date il ne s'occupe plus que du classement des collections dont il a la garde et
(1) Biographie des Départements, p. 131. — Paris, 1820 (édité par Moreau-Rosier).
(2) Annales de la Peinture par Etienne Parrocel. — Vol.-in 8°. Marseille 1862.
(3) Statistique du Departement des Bouches-du-Rhône par le comte de Villeneuve. — Vol. in-4°. Marseille 1826. — (Article : Musée d'Histoire Naturelle. Tome III, p. 383-5809).
par ses nombreuses relations scientifiques avec Paris ou avec l'Etranger, cherche à en augmenter l'importance (1).
Il continue en même temps des recherches spéciales sur la Zoologie de la région.
Vers 1820 il avait publié un catalogue d'Insectes de la Provence, mentionné dans l'ouvrage des Animaux sans Verlèbres de Lamarck ; ce catalogue donnait le nom de plus de 3.000 espèces capturées dans le pays.
Un peu plus tard (1825) il publie son Ormithologie Provençale, ouvrage important qui est resté malheureusement inachevé ; il fit paraître à cette date un volume de texte in-4° de 350 pages environ, et un atlas de mème format comprenant 242 planches coloriées d'oiseaux, 18 pl. de nids et 19 d'œufs. Plus tard (1830) parut un second atlas de planches d'oiseaux (243 à 370), 14 planches d'œuis et une quarantaine de pages de texte, ne correspondant qu'à un petit nombre des oiseaux représentés dans ces dernières planches.
Sur les conseils du fils du célèbre malacologiste, le baron de Férussac, il commença à publier, en 1828, une {conograpbhie Conchylologique dont une seule livraison parut, livraison comprenant un certain nombre de feuilles de texte in-4° et o planches coloriées. Les dépenses que nécessitait une publication de ce genre, ne lui permirent pas de la continuer, d'autant plus qu'il faisait paraître en même temps une Histoire Naturelle des Crustacés de la Méditerranée, ouvrage in-4° comprenant 175 pages de texte et 45 planches dans lesquelles se trouvent plus de 200 figures très bien coloriées de ces animaux ou de certaines parties de ceux-ci.
Il publia encore quelques petits travaux d'Histoire Naturelle, mais voulant étudier la faune si peu connue de l'Hindoustan, il obtient une mission pour aller dans ce pays accompagner le baron Hügel, le frère d’un conseiller de l'Ambassade d'Autriche, à Paris. C'était surtout la région des monts Himalaya et le Thibet qui attiraient ces naturalistes (2).
(1) Grâce à deux forts volumes de copies de lettres que nous possédonstau Museum, l'on peut se rendre compte de l'étendue de ces relations : il eut de nombreux rapports avec divers professeurs du Museum de Paris (Latreille, Férussac, Savigny, Cuvier, Vieillot), avec le duc de Masséna, le baron Dejean ; — avec les muséums de Londres (Leach), Turin (Bonnelli), Genève (de Candolle), Bâle (Bernouilli), Tubingen et Carlsruhe (Gmlin), Leyde (van Haan), Gènes (Spinola), Pise (Savi), Aarau (Meyer), Zurich, Naples, Berne, Breslau, Groningue, et en France avec ceux de Toulon (Aubert, Cerysi), Nice (Risso, Verany), Lille (Deglande), Strasbourg (Kammer, Neubourg, Silberman), Metz (Hollandre), Avignon (Costaing, Cavalier, Lunel), Montpellier (Moquin-Tandon). Il entretenait aussi une correspondance très suivie avec de Fonscolombe d'Aix.
(2) Mais ils ne comptaient pas limiter à l'Hindoustan leur voyage d'exploration ; revenus a Calcutta, leur intention était de visiter quelques iles des Archipels de la Sonde et des Moluques, puis l’Australie dont ils voulaient étudier la faune intérieure. En retournant en Europe ils devaient passer ou par le Cap de Bonne-Espérance ou, suivant le temps qu'ils auraient, traverser l'Océan Pacifique, aborder à l'isthme de Panama, visiter les Antilles et les Etats-Unis.
Son voyage devant durer plusieurs années, l'Administration nomma, en août 1631, M. Négrel, employé de la Préfecture, pour faire l'intérim.
Polydore Roux quitte la France à la fin de 1831 etse rend d’abord en Egypte où il passe quelques mois à faire des observations zoologiques. II remonte le Nil jusqu’à Thèbes et c’est de là qu'il écrit une première lettre à de Férussac pour lui faire part de quelques observations scientifiques, lettre assez enthousiaste publiée en 1833 dans le tome XX VIII (p. 72-78) des Annales des Sciences Naturelles.
Le 1° mars 1632 il prend à Cosseyre (Kosser ou Kosseir) port Egyptien de la Mer Rouge, un bateau à vapeur qui lui fait franchir le Bad-el-Mandeb le 6 mars et le porte à Macala (Makalla, port du Sud-Est de l'Arabie) le 10 du même mois. Après une petite escale dans cette localité il arrive à Bombay “ers ile ne
Polydore Roux demeura près d’un an le long de la côte occidentale de l'Hindoustan avec l'intention, comme il le disait dans une seconde leitre du 15 juin 1632 à de Férussac, (publiée dans les Annales des Sciences Naturelles), de visiter, tour à tour, toute la côte de Malabar, Ceylan, Pondichéry, Madras et Calcutta avant de se rendre dans le massif de l'Himalaya.
Il ne devait même pas exécuter cette partie du programme de son grand voyage d'exploration autour du monde, il meurt à Bombay au commencement de 1833 à peine âgé de 41 ans.
Dans une note accompagnant la deuxième lettre adressée à de Férussac, ce dernier en signalant son décès se demande si le journal de voyage de Polydore Roux aura pu être conservé, sa publication devant certainement offrir un très grand intérêt. Nous n'avons malheureusement trouvé aucune trace de celui-ci.
Quant au compagnon de route, le baron Hügel, dont il parle dans la lettre adressée au Maire de Marseille, le 20 mai 1831, {indication prise dans son copie des lettres administratives que nous possédons au Museum), il n'en fait aucunement mention dans ses deux lettres à Férussac. Il peut se faire que le baron Hügel, qui devait l’attendre à Alexandrie vers le 14 juillet 1831, ne le voyant pas arriver, se soit décidé à faire seul ce voyage autour du monde dont nous avons donné ci-dessus l'itinéraire ; quant à Polydore Roux, qui ne put partir que dans le courant de septembre de cette année sur un bateau de l'Etat, n'ayant pu rejoindre à temps Hügel, se serait contenté d'exécuter le plan de la mission que le Gouvernement lui donnait, c'est-à-dire étudier la faune de | Hindoustan.
Sa mort fut une grande perte, non seulement pour le Museum de Marseille à la création duquel il avait consacré douze ans de son existence, mais aussi pour
Ja science française aux progrès de laquelle il avait déjà largement contribué et
qui lui aurait été redevable encore de nombreux autres travaux.
Liste de ses publications scientifiques :
O0 HODIONS
Catalogue de plus de 3.000 espèces d'insectes de la région Provençale.
Ornithologie Propencale, se composant d'un fort volume de texte et de plus de 400 planches coloriées, parue à Marseille de 182; ä 1620
Nombreuses indications données par lui, Toulouzan et Négrel-Féraud, qui ont servi à la rédaction des parties zoologiques et anthropologiques du tome I {p. 722-888-5616), de la Slatistique du département des Bouches-du-Rhône, publiée par le Comte de Villeneuve.
Iconographie Conchylologique ou recueil de planches lithographiées et coloriées. Première livraison {la seule parue). Paris 1828, im-4° avec 9 planches coloriées.
Histoire Naturelle des Crustacés de la Méditerranée. Vol. in-4° avec 45 planches coloriées.
Description d'une nouvelle espèce de Crustacé fossile, le Xanlus Desmareli, parue dans les Annales des Sciences Naturelles, tome XVII, p. 84-86 et fig. 12 de la pl. V.
Sur la classification des Crustacés de la tribu des Salicoques. Bulletin Universel des Sciences Naturelles, de Férussac, tome XXVII, pages 196-200.
Lettre à M. de Férussac (datée du 8 février 1832) relative à diverses coquilles, Crustacés, Insectes, Reptiles et Oiseaux observés en Egypte. Annales des Sciences Naturelles, tome XXVIIT, p. 72-78.
Observations d'Histoire Naturelle (deuxième lettre à M. de Férussac, datée du 15 juin 1832). Annales des Sciences Nalurelles, 2° série, tome IT, p. 99-104.
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BARTHÉLEMY-LAPOMMERAYE (Cbristopbe-Jérome)
Né à Marseille le 13 avril 1796, décédé dans la même ville le 4 octobre 1869