CONSERVATEUR DE
Le successeur de Polydore Roux comme conservateur du Musée d'Histoire Naturelle était moins préparé que lui pour poursuivre des recherches scientifiques sur les animaux de la région, il était plutôt collectionneur, aussi le Museum s'augmenta-t-1l considérablement sous sa longue direction.
Barthélemy-Lapommeraye avait commencé sa carrière administrative dans les bureaux de la Préfecture. En 1815 il était attaché au cabinet du Préfet des Bouches-du-Rhône ; l’année suivante il entre à la Mairie en qualité de souschef de bureau et remplit, pendant quelques années, les fonctions de secrétaire particulier du Maire.
Dès que l’on eut connaissance du décès de Polydore Roux, le maire M. Consolat, charge Barthélemy-Lapommeraye de la direction du Musée {vers la fin de 1833) avec mission de rendre visibles au publie, les galeries qui n'avaient pu être visitées Jusqu'à ce jour que par les spécialistes. Le Museum se trouvait alors, depuis 1830, dans le local des Loges Maçonniques, au boulevard du Musée, immeuble qui porte actuellement le n° 40.
Vers la même époque, des cours communaux gratuits sont établis, et Barthélemy est chargé de professer la Zoologie pure et appliquée ; il enseigne aussi aux Jeunes gens qui suivent ses leçons, les principes de la taxidermie.
C'est gratuitement qu'il fit ce cours de Zoologie pendant 14 ans, collaborant ainsi à | Enseignement que donnaient déjà de La Souchère, A. Derbès, Rousset et quelques autres professeurs, enseignement qui devait amener en 1854 la création d'une Faculté des Sciences à Marseille.
Plus tard, Barthélemy-Lapommeraye fut chargé, sans indemnité, de la direction de la partie scientifique du Jardin Zoologique que l’on venait de créer ici. Il profita de cette situation pour faire des essais d’acclimatation en France de diverses espèces de Mammifères et d'Oiseaux. Les résultats de quelques-uns de ces essais ont été consignés par lui dans le Bullelïn de la Sociélé d'A cclimatalion de Paris.
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Malgré quelques agrandissements successifs, le local des Loges Maçonniques était loin de pouvoir contenir tous les objets d'Histoire Naturelle que le Museum recevait de tous les côtés, sur les démarches de Barthélemy-Lapommeraye auprès des armateurs, voyageurs où missionnaires.
Lorsque la construction du Palais de Longchamp fut décidée, Barthélemy eut à donner à Espérandieu, architecte de ce monument, de nombreuses indications en vue de l'installation du Museum dans l'aile droite du Palais. On ne peut que regretter qu'il n'ait pu arriver à obtenir des dispositions plus conformes aux besoins d'un établissement de ce genre. On a malheureusement un peu trop sacrifié au coup d'œil et à la décoration, et pas assez aux besoins réels des collections que l’on devait y mettre.
Dès 1865, Barthélemy fut obligé de faire transporter dans l’ancien couvent des Dames Carmélites toutes les collections dont l'entretien fut assez difficile dans ce local provisoire.
Il eut toutefois la satisfaction de les disposer lui-mème dans le Musée actuel et d'assister à l'inauguration du Palais. le 15 août 1869. Il ne devait pas malheureusement jouir longtemps du résultat obtenu, car il mourait le 1 octobre 1869 à l'âge de 74 ans.
Barthélemy-Lapommeraye avait acquis à Marseille une grande notoriété qui lui avait valu diverses distinctions honorifiques : Membre de l'Académie de Marseille (9 avril 1838), et de nombreuses sociétés scientifiques, chevalier de la Légion d'honneur (10 septembre 1860).
Les publications de Barthélemy-Lapommeraye n'ont pas le même caractère que celles de Polydore Roux ; à part son ouvrage Richesses Ormthologiques du Midi de la France publié en 1859 en collaboration avec le docteur Jaubert, les autres consistent surtout en notes parues dans divers recueils, se rapportant la plupart à des essais d'acclimatation en France d'animaux exotiques.
Liste de ces Mémoires Scientifiques :
1841. — Surla Foulque caronculée. Revue Zoologique de Guérin-Méneville, page 307.
1851. — Surle Carabe d'Agassiz, fossile des plâtrières d'Aix. Revue Zoologique de Guérin-Méneville, pages 203-204 (résumé d’une petite notice de 4 pages publiée à Marseille en 1850).
1852. — Parasite de l’Aigle, Ricinus falconis. Revue Zoologique de Guérin- Méneville, pages 494-496.
356. — Sur quelques animaux qui vivent présentement au Jardin Zoologique de Marseille. Bulletin de la Société d'A cclimatahon, première série,
O O tome 3, pages 360-387.
57. — Observations et expériences sur l'éducation du ver à soie et sur la conservation de la graine par les éducations d'automne. Revue Zoologique de Guérin-Méneville, pages 459-461.
359. — Richesses Ornithologiques du Midi de la France ; 1 vol. in-4° de SAT pages avec 21 planches, édité à Marseille en 1859 et publié en collaboration avec le D' Jaubert, de Gréoulx.
1802. — Sur un hydride de la tribu des Antilopes, du sous-genre Gazella.
Bulletin de la Sociélé d’Acclimatation, première série, tome 9 pages 407-472.
» Education du Hocco de la Guyane. Bulletin de la Société d'A cclimalation, première série, tome 9, pages 861-871. 1863. — Hybrides de perdrix gambra et de perdrix synaïca. Bulletin de la Sociélé d’Acclimatation, première série, tome 10, pages 1 à 8. 186$. — Introduction du Gourami en France, Bullelin de la Société d’Acclimalalion, deuxième série, tome 2, pages 195-203 avec une figure de ce type de poisson.
) Notice historique sur les Cétacés des mers d'Europe, Baleinoptère Rorqual. Mémoires de la Société d'Emulation de Provence, tome troisième, pages 413-433.
1600. — Métis de perdrix. Revue Zoologique, de Guérin-Méneville, pages
REVNES (Pierre, Bertrand-Marie)
Né à Versols-et-Lapeyre (Aveyron) le 6 avril 1829, décédé à Montpellier, le 8 mars 1877
Directeur DU Musée (1869-1877)
Le successeur de Barthélemy-Lapommeraye lui avait été adjoint en août 1808 pour l'aider à faire le transfert des collections de l’ancien couvent des Carmélites dans le nouveau local, aussi était-il mieux que personne en mesure de terminer cette installation. Mais avant d'indiquer ce que fut le Directeur du Museum, traçons brièvement les diverses étapes de sa vie.
Reynès naquit le 6 avril 1829 à Versols-et-Lapeyre, petite localité située au sud de Saint-Affrique (Aveyron).
Lorsqu'il eut terminé ses études classiques, il étudia en pharmacie et obtint le titre en septembre 1853 ; il entra ensuite au Val-de-Gràce et fit de 1855-1850 la campagne de Crimée en qualité de pharmacien aide-major, puis en rentrant en France, après un congé de convalescence, il démissionna.
Il se rendit alors à Montpellier pour poursuivre ses études médicales et prépara en mème temps, sous la direction de Paul Gervais, Moquin-Tandon et de Rouville, sa licence ès sciences naturelles. La même année :il subissait les épreuves de la licence (mars 1860) et soutenait (en mai) sa thèse de Doctorat en Médecine avec un travail ayant pour titre: Du Lait, étude très complète de ce liquide, des éléments qui le composent, des falsifications qu'on lui fait subir, de sa composition chimique suivant le type de Mammifères chez lequel on le prend, avec quelques indications anatomiques sur les glandes mammaires de l'homme et de quelques espèces de Mammifères.
J1 vient ensuite à Marseille où il fut chargé de l'inspection des denrées alimentaires sur nos marchés, et il créait un laboratoire particulier d’analyses chimiques qui fut justement apprécié par nos industriels.
Mais c’est surtout du côté des sciences naturelles que ses goûts personnels le portaient ; sous la direction de son maitre et ami le professeur de Rouville, il commença des recherches géologiques. Les premiers résultats de ces études furent publiés en 1858, avec la collaboration de Rouville, dans les À nnales de l’Académie de Montpellier (Géologie de l'arrondissement de Saint-Affrique).
Re En 1662 (31 mars) Reynès soutenait, devant la Faculté des Sciences de Marseille, sa thèse pour le Doctorat ès sciences, ayant pour titre Etude sur le synchronisme et la délimitation des terrains crélacés du sud-est de la France, travail important de stratigraphie qui fut publié dans le premier volume des Mémotres de la Société d’Emulation de Provence ; dans ce travail il étudie la distribution des terrains crétacés dans plus de 14 départements du sud-est de la France.
Le département de l'Aveyron lui offrait un vaste champ à ses études géologiques ; en dehors des liens de famille qui le ramenaient souvent dans cette région, il y faisait aussi de très longs séjours qui lui procurèrent de nombreux matériaux utilisés en 1868 dans la publication de son Essai de Géologie et de Paléontologie Aveyronnaises.
Une nouvelle étude sur les terrains crétacés, plus spécialement sur ceux des environs de Marseille, fut publiée par lui en 186$ dans le tome troisième des Mémoires de la Sociélé d'Emulation de Provence.
Ces différentes études sur les terrains du sud de la France, lui avaient permis de recueillir un très grand nombre de fossiles ; il s'était surtout attaché à la recherche des Ammonites et en collectionneur passionné était arrivé à réunir un ensemble considérable de ces fossiles. Il se mit alors à les étudier dans leurs moindres détails, les dessinant ou les faisant dessiner avec soin pour bien faire ressortir les caractères de chaque espèce. Dès 1867 il put commencer la publication de son grand travail sur les Ammonites, en faisant paraître la première partie de cette Monographie, comprenant un atlas in-4° de 58 planches qui donnent les figures en noir des Ammonites du Lias ; ce premier atlas devait être bientôt suivi de la publication d’un deuxième donnant les Ammonites du Jurassique. Malheureusement Reynès n'a pu terminer cette suite, et le texte des Ammonites du Lias qu'il n avait pas publié en 1867, voulant le joindre à celui du second atlas, n’a pu être livré à l'impression qu'après sa mort en 1877, grâce au concours de son ancien maître le professeur de Rouviile.
Il est bien regrettable que cette Monographie à la publication de laquelle Reynès a voué la dernière partie de sa vie, n'ait pu paraître en entier ; ce qui montre bien la faveur de cet ouvrage parmi les spécialistes, ce sont les demandes continuelles adressées à sa famille pour obtenir la cession des exemplaires qu'elle possède encore.
Le nombre considérable de fossiles, et surtout d'Ammonites, que Reynès avait recueilli de tous les côtés en vue de ses travaux, s’augmentant toujours, il fut amené à faire la cession de sa collection à la Ville, désirant qu’elle ne fût pas dispersée après sa mort. Par une lettre adressée au Maire de Marseille, M. Bernex, le 24 mars 1868, il offrit de la céder au Museum moyennant une pension viagère. Cette cession ayant été acceptée le 7 août 1868, Reynès put
présider lui-mème à l'installation de celle-ci dans le Palais de Longchamp. et lui donner le plus d'extension possible, en sa qualité de Directeur-adjoint, titre qui lui avait été accordé en même temps.
Cette nomination fut transformée en celle de Directeur du Museum à la mort de Barthélemy-Lapommeraye.
Pendant huit ans Reynès administra notre grand établissement scientifique avec les soins et la passion qu'un collectionneur possède seul. En dehors de la partie géologique qu'il développa beaucoup, par de nombreuses acquisitions et par des dons particuliers qu'il sut provoquer, il enrichit surtout les collections ornithologiques et conchyliologiques.
Lors de la transformation, en 1876, de l’École secondaire de Médecine et de Pharmacie de Marseille en Ecole de plein exercice, Reynès par ses différents titres de Docteur en Médecine et ès Sciences et de Pharmacien de 1" classe, était tout désigné pour les fonctions de professeur d'Histoire Naturelle ; malheureusement il ne jouit pas longtemps de ce poste, car il fut enlevé à la science et à l'affection de sa famille, le 8 mars 1877 à l'âge de 47 ans.
Ses consciencieux et importants travaux géologiques lui avaient valu plusieurs distinctions honorifiques ; il était membre de la Société Géologique de France (1860), membre correspondant de l’Institut Géologique de Vienne (1860), de la Société Linnéenne de Normandie, du Paléontological Society....., enfin membre de l'Académie de Marseille (1876).
Voici la liste de ses principales publications :
1858. — Géologie de l'Arrondissement de Saint-Afirique (se résumant surtout à une carte géologique dressée par Reynès, avec une étude synchronique des formations limitrophes du département de l'Hérault due surtout à de Rouville), parue dans les Annales de l’Académie des Siences et des Lettres de Montpellier, tome IV.
1860. — Du Lait (thèse présentée pour le Doctorat en Médecine).
1862. — Etudes sur le synchronisme et la délimitation des terrains crétacés du sud-est de la France (thèse présentée pour le Doctorat èssciences), parues dans les Mémoires de la Société d'Emulation de Provence, tome 1, pages $-115 avec une planche de coupes.
1862. — Sur la différence de sexe dans les Ammonites. Bulletin de la Société Géologique de France, tome XIX, page 1004.
1864. — Procès-verbal de la réunion extraordinaire de la Société géologique à Marseille, Bulletin de la Sociélé Géologique de France, tome XXI, BASSE Course aux Martigues, Bulletin de la Sociélé Géologique de France,
page 471.
186$. — De l'étage dans la formation crétacée, Mémoires de la Société d’Emulation de Provence, tome 111", pages 175-190.
1867. — Monographie des Ammonites, première partie. Lias Atlas in-4° de 5€
planches (so planches d'Ammonites du Lias inférieur et & planches d'Ammonites du Lias supérieur).
1868. — Essai de Géologie et de Paléontologie Aveyronnaises, un vol. in-8 Paris.
1872-73. Deux nouveaux minéraux de la mine du cap Garonne : la Fieldingite et la Grégite. Bulletin de la Société Scientifique Industrielle de Marseille, tome I, page 121.
» Sur quelques points de l’organisation des Ammonites. Bulletin de
la Société Scientifique Industrielle de Marseille, tome 1, p. 80-88.
1876. — Description de quelques Ammonites du Museum d'Histoire Naturelle de Marseille. Bulletin de la Société Scienhifique Industrielle de Marseille, tome IV, pages 90-108.
1879. — Monographie des Ammoniles (texte), vol. in-8° d'une centaine de
pages, imprimé en 1607, mais qui n'a paru qu'en 1679 avec une
introduction du professeur de Rouville.