‹ Recherches zoologiques et anatomiques sur les mollusques opistobranches du golfe de Marseille (volume 2)Chapitre 12 sur 56 · DERBÈS ALPHONSE · texte numérisé non relu

DERBÈS ALPHONSE

Né à Marseille le 8 mai 1808, mort dans la même ville le 27 janvier 1894.

CoNSERVATEUR AU MUSEUM DE 1880-1882

Nous avons tenu à Joindre aux notices biographiques des divers Directeurs du Museum, celle du professeur Derbès, moins à cause du poste de Conservateur qu'il a occupé dans cet établissement pendant deux ans (1880-1882), au début de la direction Marion, mais plutôt à cause du rôle important qu'il a rempli à Marseille dans le développement des études des sciences naturelles, en sa qualité de professeur à la Faculté des Sciences depuis la création de celle-ci (1854) jusqu'au moment où il a pris sa retraite (1877).

Alphonse Derbès est né à Marseille, le 8 mai 1808 ; après avoir terminé ses études au Lycée (1) de cette ville, il passe son baccalauréat ès lettres à Aix, en septembre 1825 et commence ensuite des études médicales.

En 1833, au moment de la création des cours communaux, il fut d’abord nommé préparateur de physique (janvier 1835), puis remplaça plus tard le professeur auprès duquel il se trouvait ; il continua ce cours jusqu'au 27 décembre 1854, date de la création de la Faculté des Sciences, ne recevant pour cet enseignement que le modique traitement de 1800 francs.

Cette rétribution assez minime donnée aux professeurs des cours communaux, mit plus tard Derbès, alors marié et chargé de famille, dans l'obligation de demander un poste de professeur de sciences physiques au Lycée. Il obtint en 1849 le poste de professeur-adjoint de physique, avec un traitement de 1.300 francs qui fut porté à 1.800 lorsqu'il fut promu de 1° classe en 1843 ; il conserva ces fonctions au Lycée de Marseille jusqu'en 1855.

Pendant la période de 1840 à 1854, Derbès tout en professant la physique, se mit à poursuivre des études de sciences naturelles ; après avoir passé sa licence à Grenoble, le 2 novembre 1846, il présenta à la Faculté des Sciences de Paris, deux thèses pour le Doctorat ès’ sciences qu'il soutint le 23 août 1847. Celles-ci avaient pour titres, l’une, de Botanique : Quelques observahons sur les

(1) A la fin de son année de Mathématiques Spéciales, Derbès obtint le prix d'honneur de cette classe (1825).

is principes employés jusqu’à ce jour comme base de la classification des Algues ; l’autre, de Zoologie : Observalions sur la formation de l'embryon de l'oursin comestible .

Ce travail de zoologie qui fut le premier poursuivi dans cette direction, avait une valeur considérable ; malgré les mémoires similaires publiés plus tard sur le mème sujet, celui de Derbès a conservé, par suite de l'exactitude des moindres détails, une notoriété telle qu'il a été consulté pendant longtemps avec fruit par tous les spécialistes.

Derbès publia ensuite les résultats de ses recherches sur « les organes reproducteurs et l'embryogénie du Cyanea chrysaora.

Simultanément avec ses travaux de zoologie, le professeur Derbès, de concert avec Solier (1), capitaine de génie en retraite, poursuivit un long travail sur le mode de reproduction des Algues.

Ce mémoire très important, qui a demandé à ses auteurs de longues et difhciles recherches pendant plusieurs années, obtint de l'Académie des Sciences en 1847, le grand prix des Sciences physiques et mérita l'honneur d’être publié dans un volume spécial, publié par l'Académie. Dans ce travail dont l'original (texte et planches) se trouve à la Bibliothèque de la Faculté des Sciences, les auteurs ont décrit les modes de reproduction de plus d’une cinquantaine d'espèces d'Algues, et chaque description est accompagnée de nombreuses figures montrant diverses phases de ce phénomène.

Ces travaux et quelques autres de moindre importance, désignèrent tout naturellement Derbès pour le poste de professeur d'Histoire Naturelle lorsque l'Etat se décida à créer à Marseille, en 1854, une Faculté des Sciences.

Derbès occupa le poste de professeur d'Histoire Naturelle avec l'obligation d'enseigner à la fois la Zoologie, la Botanique et la Géologie, jusqu'en 1861 date à laquelle le Ministère de l’Instruction publique créa une chaire de Géologie et de Minéralogie qui fut donnée à Coquand.

Le programme d'enseignement ainsi diminué, fut pour Derbès plus en rapport avec le genre de recherches poursuivies par lui.

Le développement pris par l'Enseignement Supérieur après nos désastres de 1870-1871, amena encore une fois le dédoublement de sa chaire ; en novembre 1872 il fut d’abord créé en faveur d'un de ses élèves, A.-F. Marion, un cours de Zoologie ce qui le déchargea de cette spécialité. Puis en

(1) La collaboration avec Solier ne dura pas longtemps, ce naturaliste étant mort le 27 novembre 1851 ; plus âgé que Derbès de seize ans, il s'était d'abord beaucoup occupé d'Entomologie et avait publié plusieurs Mémoires sur les animaux appartenant à cette division du règne animal (Essai sur les Colaptérides, 1843) avant d'entreprendre des études sur les Algues.

re décembre 187$ l'Etat rendit complet ce dédoublement, en créant une chaire de Zoologie et donna à celle occupée par Derbès le nom de chaire de Botanique.

Derbès continua à professer encore deux années, mais son grand âge le décida à demander sa mise à la retraite en août 1877, après 22 ans de service à la Faculté et 28 années de service universitaire, si nous Joignons les six années pendant lesquelles il a professé au Lycée.

Il se retira alors quelque temps à Aix avec sa famille mais retourna bientôt à Marseille.

Le 10 février 1880 Derbès fut adjoint à Marion pour diriger le Museum, en qualité de conservateur ; il occupa ce poste que la Mairie lui avait donné pour lui permettre d'obtenir une retraite municipale, jusqu’en février 1882.

A partir de cette époque il se retira tout à fait, alla s'établir presque à la campagne, entre Saint-Barnabé et la Blancarde, dans une propriété assez vaste dans laquelle il continua à s'intéresser aux choses de la nature, tout en jouissant au milieu des siens d’un repos bien mérité.

Il mourut le 27 janvier 1894 à l’âge de 806 ans, ayant conservé toutes ses facultés jusqu'au dernier jour.

D'une modestie excessive, malgré la valeur scientifique indiscutable de ses travaux il n’obtint pas, faute de les demander, les distinctions honorifiques qu'il méritait. Il a eu cependant la satisfaction de voir se développer cette Faculté des Sciences dont il avait été un des quatre fondateurs (1), et de laisser parmi les maîtres qui s'y trouvaient au moment de sa retraite, un de ses anciens élèves, Marion, malheureusement trop tôt enlevé à la science.

Les quelques années que j'ai passées auprès du professeur Derbès en qualité de préparateur (1873-1876) m'ont permis d'apprécier son extrème bonté et de recevoir, en dehors de son enseignement, maints conseils qui m'ont toujours été profitables.

Voici la liste de ses travaux de Zoologie :

1847. — Observations sur la formation de l'embryon de l’oursin comestible. A nnales des Sciences Naturelles, Zoologie, troisième série, tome VII, pages 80-95 et planche s.

1850. — Note sur les organes reproducteurs et l’'embryogénie du Cyanea chrysaora. Annales des Sciences Nalurelles, Zoologie, troisième série, tome XIII, pages 377-382, planche 1, fig. 1 à 12.

(1) Les quatre professeurs fondateurs de la Faculté des Sciences de Marseille furent : l'abbé Aoûst, professeur de Mathématiques ; Morren, professeur de Physique et doyen ; Favre, professeur de Chimie ; et Derbès, professeur d'Histoire Naturelle.

eo

1809. — Observations sur les Aphidiens qui font les galles des Pistachiers (genres Pemphigus et Tetranema). Annales des Sciences Naturelles, Zoologie, cinquième série, tome XI, pages 93-107, pl. 3 et 4.

1872. — Note sur les Aphidiens du Pistachier térébinthe. Annales des Sciences Naturelles, Zoologie, cinquième série, tome XV. pages 1-5. Planche 3, a.

1873. — Sur les Pemphigus du Pistacia térébinthus comparés au Phylloxera quercus. C. R. Académie des Sciences, tome 77, p. 1109-1110. 1881. — Troisième note sur le puceron du Térébinthe. Annales des Sciences Naturelles, Zoologie, sixième série, tome XII, pages 1-15. planches 13-14.

Liste de ses travaux de Botanique :

1847. — Quelques observations sur les principes employés jusqu’à ce jour comme

base de la classification des Algues, une brochure in-4° de 33 pages imprimée à Paris.

1847. — Mémoire sur quelques points de la physiologie des Algues (en collaboration avec A.-J.-J. Solier), couronné en 1647 par l'Académie des Sciences (grand prix des sciences physiques), mais imprimé seulement dans le supplément aux Comptes-Rendus de l'Académie, tome premier, pages 1-120, planches 1-23.

1851. — Sur les organes reproducteurs des Algues. (en collaboration avec Solier) Annales des Sciences Naturelles, Botanique, troisième série, Q tome XIV, pages 261-284.

1856. — Description d’une nouvelle espèce de Floridée devant former un

nouveau genre (Ricardia) et observations sur quelques Algues. Annales des Sciences Naturelles, Botanique, quatrième série, tome V, pages 209-221.

1859. — Sur la fructification de l'Haliseris polypodioides. Bulletin de la Société Botanique, tome VI, page 83.

1802. — Catalogue des Plantes..…., du Département des Bouches-du-Rhône par Castagne. Nouvelle édition revue par Derbès.— 1 volume in-12°, publié à Marseille.

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