‹ Recherches zoologiques et anatomiques sur les mollusques opistobranches du golfe de Marseille (volume 2)Chapitre 29 sur 56 · APE · texte numérisé non relu

APE

Entre le point de départ du canal déférent et le point d'insertion du conduit génital commun dans l'utérus se détache un autre canal (c') qui poursuit sa course vers la poche copulatrice pe, se renfle un peu avant d'y arriver et se dirige en avant vers un organe pyriforme pc’.

Un peu au-dessus du petit renflement, on remarque un court canal reliant ce dernier à la poche copulatrice ; et du renflement lui-même part un conduit à parois plus épaisses que celles des précédents canaux, conduit augmentant progressivement de diamètre et allant enfin s'ouvrir dans le cloaque génital à côté des deux orifices mâle et femelle.

L'on constatera que chez le Dortopsilla areolata la deuxième poche copulatrice pc’, (ou corps grandulaire), se trouve être indépendante, au lieu d’êtresituée sur le parcours du canal qui relie l'oviducte à la poche copulatrice.

Le pénis est armé comme chez les Doriopsis, seulement les crochets chitineux (fig. 10) plus ou moins recourbés qui sont insérés à sa surface lorsque l'organe est projeté au dehors, ne recouvrent ici qu'une portion de sa surface. Notre figure 9, PI. VIT, représente l'organe copulateur au moment où il commence à se dévaginer.

POLYCÉRADÉS

Corps plus ou moins allongé et limaciforme ; bords du dos à peine distincts ou proëminents ; voile frontal plus ou moins élendu, arrondi ou orné d’appendices simples ou ramifiés.

Tentacules labiaux petits, en forme de lobes pliés ou auriculés.

Branchie vers le milieu de la partie postéro-dorsale du dos, isolée ou accompagnée de plusieurs appbendices latéraux simples ou ramifié ; la branchie est constituée par un petit nombre de feuillets subdivisés chacun en folioles.

Rhinophores rétractiles ou non dans une gaïne en forme de massue perfoliée.

Pied étroit, arrondi en avant, très en pointe en arrière.

Bulbe buccal simple ; dans la cavité buccale existe le plus souvent des lames mandibulaires composées de nombreux petits bâlonnets chitineux. Rachis radulaire presque toujours nu ; nombreuses dents latéraies pouvant se subdiviser en intermédiaires plus grandes el crochues, el en marginales plus petiles.

Pénis armé de nombreux rangs de petils crochets chitineux.

ÆGIRUS, Love, 1845.

Corps limaciforme, fort, assez rigide, avec nombreux tubercules disposés la plupart en séries longitudinales ; voile frontal arrondi, à bords un peu lobés ; manteau luberculeux, à bords à peine accusés. Tentacules labiaux petits, lobiformes. Rhinophores cylindriques, lisses, rélractiles dans des gaînes proëminentes à ouverture lobée.

Houppe branchiale constituée par trois feuillets pennés, prolégée par de forts tubercules dorsaux.

Armalure buccale conslituée par trois pièces : une mandibule supérieure formée par une grande lame chitineuse pentagonale, et deux latérales qui sont le résultat de la réunion de petits bâlonnets chitineux accolés les uns aux autres. Radula large, à rachis nu, nombreuses dents lalérales loules uniformément crochues.

Pénis armé de nombreux petits crochets chitineux.

ÆGIRUS LEUCKARTI, VERANY

Corps petit, oblong, allongé, oblus arrondi en avant, en pointe en arrière. Manteau se confondant avec les léguments latéraux, sauf en avant ou il forme un voile frontal, arrondi, légèrement échancré en son milieu ; sur toute cette surface dorsale quelques forts tubercules disposés avec symétrie, trois d’entre eux recourbés en arrière servant d’abri à la houppe branchiale.

Pied presque aussi large que le manteau, tronqué en avant. Coloration générale blanc-jaunâtre, avec les sommets des tubercules d'une teinte ocre-jaune accentué el des taches noires de forme et de dimensions très irrégulières répandues à la surface dorsale, ainsi que quelques taches d’un blanc mat; quelques taches d’un jaune brunâtre à la face supérieure des bords du pied.

Radula ayant pour formule 20, 0, 20 ; dents crochues assez larges.

DIMENSIONS. — Longueur de 5 à 8 millimètres.

Largeur de 1, 3 à 2 millimètres.

HaBirarT. - Golfe de Marseille (fonds de Zostères, par 30 mètres de profondeur environ).

Nous avons pris à plusieurs reprises, toujours dans le golfe de Marseille, cette petite espèce créée par Vérany ; elle se trouve au milieu des Zostères.

Les 7 à 8 individus que nous avons observés de 1881 à 189$ n'avaient pas tous la même coloration, c'est pour cette raison que nous en donnons deux dessins (fig. 10 et 11) dans notre première planche.

Généralement l'ensemble des téguments ont une coloration ocre-jaune, pâle chez les uns, accentuée chez d’autres, abstraction faite de leur taille ; elle est cependant plus colorée chez les gros individus. En dehors de cette teinte générale, ces mollusques lorsqu'ils sont adultes, offrent le plus souvent des taches noires à contours très découpés et de dimensions variables, ainsi que de nombreux points blancs opaques répandus sur toute la surface du corps.

La face inférieure du pied est d’une coloration jaune grisâtre pâle.

La forme générale du corps de l'Ægirus Leuckarli varie assez suivant que l’animal est en marche ou au repos, elle est assez allongée, plus ou moins bombée à la face dorsale surtout vers le milieu, plate à sa face inférieure ; le corps à sa partie antérieure forme une sorte de voile céphalique, arrondi et légèrement échancré en son milieu, en arrière il se termine en pointe.

Les tubercules coniques, de grosseur variable, générablement forts, que l’on observe à la surface du dos et des parties latérales, sont disposés en quelques séries longitudinales ; chez les jeunes individus (fig. 10), ces tubercules

sont moins nombreux et paraissent proportionnellement plus forts, mais plus tard entre ceux-ci apparaîtront des tubercules plus petits qui viendront quelque peu combler les vides.

Si l’on examine au microscope l’un de ces tubercules pris sur un animal vivant, l'on constate dans son intérieur un grand nombre de fort spicules, hyalins, de nature calcaire qui lui servent de soutien ; les pointes de plusieurs de ces spicules se montrent à la surface (fig. 11, PI. IV).

Sur toute l'étendue du corps, mais plus spécialement à la surface des tubercules coniques, l’on observe de petits mamelons charnus, cylindriques, à sommet arrondi pourvu d’une houppe de longs cils vibratiles (fig. 11 et 12) ; ces mamelons me semblent présenter, à leur intérieur‘ une sorte de canal qui viendrait s'ouvrir au centre du bouquet de cils. Le nombre restreint d'individus que jai eu à ma disposition ne m'a pas permis de pousser plus loin mes investigations pour arriver à me rendre compte du rôle joué par ces nombreux petits organes.

Ce n'est pas seulement dans l'épaisseur des tubercules que l’on trouve des spicules calcaires, les moindres parcelles des téguments en offrent de forme allongée, étoilée,.… et en si grand nombre que la masse protoplasmique a l'air de ne jouer ici qu’un rôle secondaire, celui de ciment destiné à relier tous ces spicules. Dans la fig. 14 (PI. IV) quelques uns de ces corps ont été représentés à un grossissement d'environ 200 fois en diamètre.

Les rhinophores sont lisses, cylindriques, assez allongés, arrondis à leur extrémité ; ces organes sont rétractiles à l'intérieur de deux gaînes charnues, proéminentes, à surface tuberculeuse et dont les bords des orifices sont ondulés.

La houppe branchiale est constituée par trois plumes ou feuillets principaux très ramifiés, et peut être aussi par deux autres plumes rudimentaires en partie cachées par les gros tubercules palléaux qui surplombent l'organe respiratoire. Bien étalées ces branchies sont assez hyalines et possèdent une teinte ocre-jaune pâle avec taches brun-olivacé et des points blanc opaque.

Appareil digestif. — Ce système organique se compose d’une trompe assez courte dont l'orifice externe est placé sous le voile buccal dans l’enfoncement compris entre celui-ci et le rebord antérieur tronqué du pied. A cette trompe fait suite un volumineux bulbe buccal dont la portion dorsale est d’un beau violet chez l'animal frais, tandis que la musculature des parties latérales et internes est d’un blanc irisé.

L'œsophage d'un calibre assez fort, est court et aboutit à une vaste poche stomacale ovoïde, en partie enchâssée dans la masse hépatique.

L'intestin, aussi d’un diamètre assez fort, après s'être dirigé un peu d'arrière en avant, décrit une courbe sur lui-même et va se terminer postérieurement au centre de la houppe branchiale.

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Mächoires. -— Dans le bulbe buccal, nous trouvons trois pièces masticatrices et la radula ; nous avons essayé de représenter (fig. 1, PL. IV) l'ensemble de ces organes en place dans l'intérieur de la cavité buccale, tels qu'on les voit quand on examine au microscope par transparence un bulbe frais, un peu comprimé.

En avant se trouvent les trois mâchoires ; l’une impaire, placée en partie dans l'épaisseur des téguments de la partie dorsale, est constituée par une grande lame pentagonale, un peu concave du côté interne (fig. 4 a), striée longitudinalement, fortes stries onduleuses ; les deux autres (fig. 4 b b) placées sur les côtés sont chacune formée par un grand nombre de longs bâtonnets chitineux, relativement peu nombreux, serrés les uns contre les autres. Ces bâtonnets sont un peu renflés à leur sommet (fig. s).

Radula. — Cet organe forme chez l'Ægirus Leuckarti une lame une fois et demie plus longue que large (fig. 0), dont la moitié antérieure est seule étalée à la surface du mamelon radulaire, le reste étant enfermé dans le fourreau. On compte dans toute l'étendue de la radula de 20 à 25 rangées transversales de dents ayant pour formule 15,0, 15 à 20, 0,20 suivant la taille de l'individu examiné.

Le rachis est toujours très étroit et inerme ; les dents latérales, d’une coloration jaune ambré plus ou moins vive suivant leur situation, sont toutes unciformes (fig. 10) et offrent peu de différences entre elles dans leur forme généerale et leur grosseur ; cependant les plus voisines du rachis sont un peu plus petites.

Organe copulateur. — I] ne m'a pas été possible d'étudier l’ensemble de l'appareil génital, j'ai dû me contenter de l'examen de l'organe copulateur.

Avant d’arriver au fond de la poche péniale, le canal déférent traverse un corps volumineux blanchätre, très renflé, avec un étranglement en son milieu, sorte de vaste poche à parois glandulaires que je considère comme étant la prostate (fig. 6, pr) ; puis le canal déférent cd poursuit sa course et ne tarde pas à atteindre le fond de la gaîne du pénis.

Dans cette figure 6, j'ai représenté le pénis au commencement de la dévagination, et dans la figure 7 lorsque celle-ci est plus prononcée ; comme chez beaucoup d’autres types de Doridés, les parois de la gaîne contribuent, avec l'extrémité du canal déférent, à former le pénis en érection.

L'organe copulateur complètement développé offre à son extrémité de nombreux petits crochets chitineux, très serrés les uns contre les autres, crochets

unciformes, assez recourbés (fig. 8), dont les pointes sont dirigées en arrière,

et tous d'une belle teinte ambrée ; vers la base du pénis, on observe au contraire des papilles molles, celles que l’on peut voir par transparence dans notre fig. 6 et qui tapissent les parois internes de la gaîne dans l'invagination.

Système nerveux. — Le collier œsophagien est la seule partie de cet appareil que j'ai pu étudier ; il est formé chez ce mollusque par quatre ganglions nerveux, presque accolés les uns aux autres et tous placés au-dessus de l’æœsophage. Les deux du milieu forment les ganglions cérébro-palléaux ; ces centres sont volumineux (fig. 2, C, C), oblongs tronqués en avant, arrondis inférieurement ; une courte et étroite commissure les relie l’un à l’autre. De chaque côté se trouvent les g. pédieux, de forme sphérique et trois fois plus petits ; de ces derniers partent les deux commissures sous-œæsophagiennes, commissures assez courtes, ayant à peu près la moitié de la longueur totale du collier, quant à la commissure inter-cérébroïdale sous-æsophagienne je n’ai pu la voir.

Dans le dessin du collier, je n’ai représenté que les principaux nerfs sortant de ces ganglions ; à la base des nerfs tentaculaires 4, l’on observe toujours un assez fort renflement sphérique.

Les yeux de petite taille chez l'Ægirus Leuckarli sont presque sessiles ; les nerfs optiques qui sortent près du point de départ des connectifs cérébropédieux sont courts et très grèles.

A côté des nerfs optiques l’on observe les deux otocystes ; ces organes forment chacun une vésicule lenticulaire (fig. 3), à parois assez épaisses, contenant à son intérieur un gros otolithe sphérique et une vingtaine de petits en forme de navettes, tous mis en mouvement dans le liquide ambiant par les cils vibratiles des cellules qui tapissent la cavité de l’otocyste.

ÆGIRUS PUNCTIUCENS oiOrrenr

Corps pelit ramassé, oblus arrondi en avant, pointu en arrière, couvert de nombreux el forls tubercules tronqués disposés en séries longitudinales sur le dos et les flancs ; houbpe branchiale protégée en avant par 3 tubercules plus forts et un peu ramifés.

Coloration générale ocre-jaune avec taches ocre-brun, ou marron, présentant en leur mieu un gros point violet ou bleu-violet. Radula ayant pour formule 16, o, 16 ; dents crochues assez allongées.

Dimensions. — Longueur : de 3 à 5 millimètres. Largeur : de 1/2 à 1 millimètre.

HaBiTar. — Golfe de Marseille ‘fonds de Zostères par 10 à 30 mètres de profondeur).

Se —

Nous n'avons trouvé de cette jolie espèce que deux individus, l’un en janvier 1875 et l’autre en mars 1886, tous deux pris entre la côte et les îles qui se trouvent à l'entrée du golfe.

Ces deux mollusques ressemblaient beaucoup au type figuré par Alder et Hancock (Fam. I, PI. 21) ; la coloration générale des nôtres était cependant plus pâle, donnant plutôt sur l'ocre-jaune que sur le brun-rougeitre.

Ce qui caractérise surtout cette espèce, c'est la présence d’un gros point bleu-violacé ou violet au centre des taches brunes répandues à la surface des téguments dorsaux et latéraux, entre les nombreux et forts tubercules tronqués d'un jaune pâle.

La face inférieure du pied est lisse, d'une teinte jaune-brunâtre plus pâle et sans tache.

Les deux rhinophores sont cylindriques et peuvent se rétracter dans des gaines tuberculeuses proéminentes ; leur coloration est d’un jaune-grisâtre clair avec nombreux points blancs.

La houppe branchiale est composée de 3 feuillets ramifiés pennés, d'une couleur ocre-jaune hyalin avec ponctuations blanches.

Au sujet des pièces chitineuses de la cavité buccale je n’ai constaté que des différences à peine sensibles entr'elles et celles de l'Æ. Leuckarti ; les dents radulaires seraient un peu moins nombreuses (16, o, 16) et toutes proportions gardées plus allongées et plus crochues.

Le pénis offre une armature de petits crochets chitineux semblables à ceux de l’organe copulateur de l'espèce précédente.

PALIO; GRAV, 667:

Corps limaciforme, lisse ou luberculeux ; voile frontal peu prononcé ; lentacules labiaux courts et lobiformes ; rhunophores claniformes , perfoliés, peu rétractiles.

Branchie composée de cinq feuillets pennés.

Mandibules lamelleuses simples. Radula étroite, à rachis nu, dents latérales se subadivisant en 2 dents intermédiaires grandes et crochues, et en nombreuses peliles dents marginales pyramidiformes.

Prostate volumineuse ; Pénis armé.

Une seule espèce se trouve représentée le long de nos côtes méditerranéennes, c'est le P. Lessoni.

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PALIO LESSONI, D'ORBIGNY, 1837.

Synonymes : POLYCERA OGELLATA, Alder et Hancock. PoLycERA HoLBOLLII, Moller. PorycerA pubiIcA, Loven.

PoLycErA DuBIA, M. Sars.

Face dorsale assez bombée offrant plusieurs séries longiludinales de petits tubercules coniques, comprimés laléralement ; sur chaque côté du dos se trouve une lame festonnée, assez proéminenle, allant de la partie médiane du lobe frontal et se dirigeant vers l'ortfice anal en conlournant en dehors le rhinophore placé de son côté.

Coloration générale d'un vert-olive très foncé ; les lubercules ainsi que les deux lames festonnées sont d'une teinte jaune clair un peu verdätre. Rhinophores colorés en vert-jaunâlre foncé, et les feuillets branchiaux en vert-jaunâtre clair, un peu hyalin.

Radula ayant pour formule 5, 2, o, 2, 5.

DimMENSIONS. — 9 millimètres de longueur sur 3 millimètres de largeur.

HaBirar. — Golfe de Marseille (au milieu des algues, contre la jetée

à l'entrée des ports neuls).

Cette espèce se trouve peu fréquemment, ainsi il ne nous a été possible d’en avoir que 4 exemplaires de 1875 à 1899. |

Le dessin colorié que nous avons fait de l’un d’eux (fig. 8, PI. I), montre bien la grande similitude qui existe entre notre type méditerranéen et ceux que Alder et Hancock ont trouvés le long des côtes de l'Irlande ; mais les deux espèces admises par ces naturalistes (P. Lessont, d'Orb. et P. ocellata, À. et H.) ne me semblent être que des variétés de la même, plus ou moins colorées, c'est donc sous la dénomination la plus ancienne que nous les désignerons, à l'exemple de Bergh.

Notre type méditerranéen avec sa teinte générale vert-olive très foncé ressemblerait davantage à la variété ocellata qui cependant à une couleur moins sombre que les nôtres et dont certains tubercules ont une nuance jaune-rougeûtre ; le Polycera Lessoni: représenté par Alder et Hancock est d’un vert assez clair, teinte que je n'ai jamais observée même chez le plus petit de mes exemplaires.

La collerette multilobée que forme de chaque côté du dos un repli très proéminent, allant se réunir en avant et en arrière à celui du côté opposé, offrait chez nos individus une coloration jaune assez accentuée ; les dentelures arron-

er

dies ou lobes de celle-ci augmentent de dimensions sur les côtés de la houppe branchiale.

Abstraction faite de cette collerette, le corps de ce mollusque est limaciforme, relativement court, assez renflé sur les côtés et sur le milieu du dos. Le voile buccal est grand, légèrement fendu en son milieu.

Les rhinophores en forme de massue sont rétractiles ; leur partie supérieure rentlée présente de chaque côté une dizaine de lamelles olfactives, obliques, disposées symétriquement et venant se rencontrer presque en avant et en arrière sur les bords de deux sillons longitudinaux très étroits.

La houppe branchiale se compose de cinq feuillets ramifiés pressés ; les deux feuillets postérieurs plus petits que les précédents semblent de prime abord n'être que des dépendances des latéraux, et c'est pour cette raison que certains auteurs n'attribuent que trois feuillets branchiaux à l'appareil respiratoire de ce type.

L'un de nos individus que nous avons gardé une quinzaine de jours dans un petit aquarium a pondu un ruban nidamentaire que nous représentons fig. 7, PI. V. Ce ruban n'avait pas été disposé en spirale comme celui du Polycera ocellata, représenté par Alder et Hancock ; nous pensons que la forme donnée à son ruban par notre individu est accidentelle, due seulement à la difficulté que l'animal a eue pour le fixer sur le bord d'une ulve.

Ce ruban est étroit, assez épais, à bords parallèles, formé par une masse de substance glaireuse dans l'épaisseur de laquelle ont été disposés les œufs en une spirale continue à tours très rapprochés. Par suite du grand nombre de tours et de la petitesse des œufs, la quantité de ceux-ci est très considérable et doit se chiffrer par plusieurs mille à chaque ponte.

Nous avons représenté à côté du ruban nidamentaire, deux des corpuseules (fig. 10) à double enveloppe, qui s'échappent de l'épaisseur des digitations de la collerette lorsqu'on vient à la comprimer ; ces corpuscules {a) dont l'enveloppe externe peut se fendre et laisser sortir un prolongement, sorte de boyau, rappellent assez les vésicules qui sortent des cirres dorsaux des Dotos et que nous avons représentés dans la deuxième partie de nos recherches sur les Opistobranches. Quel,est le rôle chez le P. Lessoni de ces corpuscules, ont-ils quelque analogie de fonction défensive avec les nématocystes des Æolidiadés ? je n'ose l’affirmer, n'ayant pu constater chez des individus vivants le rejet naturel de ces corpuscules.

Mächoires. — En ouvrant le bulbe buccal, on aperçoit même à l'entrée de la cavité, en arrière d'un repli annulaire transversal, deux grandes lames chitineuses, peu résistantes, d’un jaune d’ambre. Ces organes (fig. o) deux fois plus

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