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DORIOPSILLA, BErRGH, 1880.
Mêmes caractères que les Doriopsis, sauf que le manteau est ici assez rigide par suile de la présence dans son épaisseur d'un réseau serré de spicules calcaires ; surface palléale externe très granuleuse.
Pied moitié moins large et un peu moins long que le manleau. Rhinophores perfoliés ; Branchie constituée par 5 feuillets ramifiés pennés. Ganglions buccaux situés dans la région antérieure du bulbe buccal.
DORIOPSILLA AREOLATA, BERGH.
Manteau très grand, granuleux, peu bombé, marqué d'un réseau de lignes grèles ramufiées et reliées entre elles.
Coloration fondamentale d'un jaune-orangé, ou orangé-rouge, ou rose-chair, teinte qui est particulièrement très marquée à la face dorsale du manteau. A la sur face de celui-ct se trouvent un réseau de lignes blanc laiteux et des granulations de cette même teinte qui paraissent en relief mais qui en réalité circonscrivent les pelites verrucosités du manteau; on observe souvent chez cerlains individus quelques taches irrégulières et plus ou moins étendues, d’une coloration grisâtre.
Les rhinophores et la branchie sont d'une teinte orangée plus pâle.
Dimensions. — Longueur : de 14 à 27 millimètres. Largeur : 10 à 20 millimètres.
Hauteur : 2 à 4 millimètres.
Hagrrar. — Golfe de Marseille, rade de Villefranche, Port-Vendre (sur les zostères ou les algues par 10 à 30 mètres de fond).
Cette petite espèce de Doridé est surtout remarquable par la faible épaisseur de son corps et le développement considérable des spicules calcaires contenus dans ses téguments.
Les Doriopsilla areolala se rencontrent fréquemment dans les anfractuosités des pierres ramenées des fonds de Zostères, on les trouve aussi intimement appliqués à la surface des feuilles de Zostères et on les prendrait alors pour certaines espèces de Planaires si ce n’était la présence de leur houppe branchiale.
Ces mollusques ont leurs téguments d’une couleur fondamentale jaune rosé ou jaune orangé, mais toute la face dorsale de leur manteau est parsemée de taches blanches (blanc opaque, ou mieux blanc neigeux comparable à du blanc d'œuf battu), de forme et de dimensions très variables ; quelques fois ces taches cons-
tituent un revêtement presque continu, d’autres fois elles sont clair-semées et forment alors des taches assez grandes (1/2 millimètre de diamètre), équidistantes et avec une petite tache rosée à leur centre. Ces taches augmentent toujours l'aspect très grenu du manteau. (PI. I).
La face inférieure de celui-ci ainsi que les parties latérales du corps et toute la superficie du pied n'offrent aucune trace de taches blanches et ces surfaces sont toujours lisses.
Les téguments palléaux très étendus recouvrent totalement le reste du corps ; bien étalés ils donnent à l'animal une forme ellipsoïdale assez régulière dans laquelle le diamètre transversal est environ les 2/3 du diamètre longitudinal. Les bords du manteau sont très larges et continus, mais souvent ce mollusque en se contractant pendant la marche les replie et leur donne un aspect onduleux.
Ces téguments palléaux possèdent des granulations ou verrucosités assez fortes et assez éloignées entr’elles ; dans leur épaisseur l’on trouve de nombreux et forts spicules calcaires simples ou à 3 branches (fig. 20), les plus gros sont disposés en faisceaux et forment un rèseau à mailles dont les dimensions vont en diminuant du centre vers la périphérie ; ce réseau se distingue facilement par transparence (fig. 23. PI. III). Malgré la présence de ces spicules dans les téguments palléaux ainsi que dans ceux du pied, ces tissus se déchirent au moindre effort.
Le pied à peine à moitié moins large que le manteau lorsque celui-ci est bien étalé, ne dépasse jamais en arrière ; il est ellipsoïdal, tronqué, arrondi et bilabié en avant, un peu en pointe postérieurement ; sa lèvre supérieure est fendue en son milieu.
Les Rhinophores, en forme de massue et perfoliés, sont relativement petits, rétractiles, disposés assez en avant et rapprochés l’un de l’autre.
La houppe branchiale est constituée par $ feuillets branchiaux, chacun d'eux se ramifie en deux ou trois branches pennées ; ces organes sont complètement rétractiles.
Système nerveux. — Le collier œsophagien, très étroit, offre dans son ensemble une grande similitude avec celui du Doriopsis limbata.
Les divers centres sont très rapprochés les uns des autres, les deux cérébropalléaux sont cependant bien distincts, ils ont une forme un peu quadrangulaire, chacun avec fort renflement palléal surplombant et cachant la partie supérieure de chaque pédieux ; quant aux g. pédieux ils sont ovoïdes. Les commissures sous-æsophagiennes sont larges et très courtes.
Les yeux sont volumineux, ovoïdes allongés et reposent presque sur le cerveau.
SA
Les otocystes sphériques, insérés sur la partie supéro-postérieure des ganglions pédieux près des connectifs cérébro-pédieux, contiennent chacun une centaine d'otolithes de forme et de grosseur un peu variables.
Appareil digestif. — Dès que l’on a mis à nu la masse viscérale en fendant les téguments palléaux et en les rejetant sur les côtés, l’on aperçoit le canal digestif. En avant du collier œsophagien, contournant un peu la partie gauche de celui-ci, nous avons la portion proboscido-buccale, longue mais pas très large, à parois épaisses et d'un jaune-grisâtre ; sur sa partie postérieure renflée se trouvent insérées plusieurs bandelettes musculaires (2 à 4) servant à faire rentrer la trompe. Un tube d'un diamètre plus faible fait suite et forme l'œsophage : il décrit un cercle complet en avant du collier nerveux, puis traverse celui-ci et après un parcours presque aussi long que l'étendue du cercle, se termine par un renflement sphérique. Cette poche à parois épaisses, d'une coloration jaunenacré, constitue un premier estomac placé en avant et au-dessus de la masse hépatique ; un second renflement, mais alors fusiforme, à parois moins épaisses, pénètre dans le foie et adhère assez fortement à lui.
L'intestin, relativement court, à parois peu épaisses, analogues à celles de l'estomac fusiforme, remonte vers la surface dorsale du foie, formant une boucle dirigée un peu en avant, l'intestin revient ensuite en arrière et va se terminer à l'orifice anal placé au centre de la houppe branchiale.
La masse hépatique, comme toujours très volumineuse et assez compacte, occupe toute la moitié postérieure de la cavité générale du corps, en s’avançant un peu plus à gauche qu'à droite.
Appareil génital. — Ces organes offrent avec ceux du Doriopsis limbata un certain nombre de caractères différentiels que nous allons faire ressortir en faisant la description de l’ensemble de cet appareil (fig. 8, PI. VII).
Nous avons la glande hermaphrodite multilobée, enchâssée en partie dans le foie ; de cette glande part le conduit génital commun, d’abord d’un faible calibre, il se renfle ensuite, puis diminue ; ce canal se dirige vers la face antéro-inférieure de la masse glandulaire formée par les glandes de la glaire et de l’albumine et va s'ouvrir dans la région utérine assez près de l’orifice génital.
Quelques millimètres au-dessus se détache le canal déférent e, d’abord très étroit mais qui se renfle un peu, pénètre dans la prostate, glande allongée, d’un beau jaune rosé, peu épaisse à acinis granuleux bien distincts ; sorti de l’autre extrémité de la prostate le canal déférent cd, reprend sa course en avant avec un calibre plus fort, puis décrit une ou deux sinuosités dirigées en arrière et à droite, et près d’arriver à l'ouverture externe de la reproduction, se renfle un peu plus pour former la gaîne du pénis.