‹ Recherches zoologiques et anatomiques sur les mollusques opistobranches du golfe de Marseille (volume 2)Chapitre 31 sur 56 · BOEMCERANQUIDRIETINEATA NO" FR: MULLER · texte numérisé non relu

BOEMCERANQUIDRIETINEATA NO" FR: MULLER

Corps d'une coloration fondamentale blanche, présentant sur sa face dorsale et ses parties latérales plusieurs séries longitudinales de tubercules à sommet d'un Jaune vif ; le bord du voile frontal possède 4 tentacules à sommet également jaune de même que ceux des deux appendices digiliformes placés sur les côtés de la branchie. Celle même teinte d’un beau jaune s’observe aux extrémités des rhinophores et des 7 à 9 feuillets branchiaux, et sur le sommet de l’arête postérodorsale du pied. Entre les séries longitudinales des lubercules, les téguments

Ô 1 peuvent offrir chez cerlains individus de larges bandes grises, parfois presque noires.

Radula ayant pour formule 4, 2, o, 2, 4.

Dimensions. — Longueur de 20 à 35 millimètres. Largeur 5 à ; millimètres.

HaBiTaT. — Golfe de Marseille, côtes de Nice et rade de Villefranche,

partout très abondant sur les algues près des côtes.

De toutes les espèces de Polycéradés habitant notre littoral Méditerranéen, cette espèce est sans contredit la plus abondante ; on la trouve presque en toutes saisons au milieu des algues, le long de la côte à une petite profondeur, c'est par suite la plus côtière.

Pendant la belle saison, d'Avril en Septembre, on remarque sur ces algues de nombreux rubans nidamentaires appartenant à ce mollusque.

Le corps est toujours allongé, limaciforme, mais d'ordinaire assez renflé au niveau de la branchie mais se rétrécissant brusquement après pour former la partie extérieure du pied qui offre dorsalement une forte arête.

Les téguments sont assez délicats chez le Polycera quadrilineata, malgré la présence dans leur épaisseur de spicules calcaires hyalins, de forme allongée et à surface tuberculeuse, ou étoilée (fig. 15, PI. Il\ ; ces spicules sont ici beaucoup moins nombreux que ceux contenus dans l'épaisseur des téguments des Ægirus.

La coloration du corps de ce Polycera offre de nombreuses variations ; tantôt elle est d'un blanc un peu hyalin, rosé ou brunâtre suivant la coloration des organes placés au-dessous que l'on distingue par transparence ; tantôt grise ou presque noirâtre lorsque un revêtement pigmentaire de cette teinte a

recouvert la majeure partie des faces latérales et dorsale, mais dans ce dernier cas la face inférieure du pied est toujours d’un blanc hyalin.

Quelle que soit la coloration générale du corps, les taches d’un jaune vif existent toujours sur le sommet des tubercules, des tentacules et des feuillets branchiaux comme nous l'avons indiqué dans notre diagnose, formant la livrée caractéristique de cette espèce. la teinte seulement peut varier du jaune clair au rouge orangé.

Les figures de Alder et Hancock représentent bien ce mollusque qui est également très abondant le long des côtes de l'Angleterre.

Un individu de cette espèce que j'ai trouvé en Mars 1887 dans la rade de Villefranche et que j'ai représenté (fig. 8, PI. 11) n'offrait cependant pas de taches jaunes ; ses tubercules palléaux n'étaient pas développés bien que lindividu fût adulte. Les petits amas internes de spicules donnaient à la surface des téguments l'illusion de petites taches grisâtres, grâce à la grande transparence des tissus.

Chez le Polycera quadrilincata les rhinophores ne sont pas rétractiles ; aucune trace de gaîne ne se trouve à leur base. Ces organes sont cylindroconiques avec replis olfactifs disposés transversalement sur toute l'étendue de la portion en massue.

La houppe branchiale se compose de 7 à 9 feuillets pennés, larges mais assez courts, rétractiles dans une cavité palléale.

L'organisation de ce type ayant été décrite avec soin par plusieurs de nos prédécesseurs, surtout par Alder et Hancock, et par Bergh, nous renvoyons le lecteur aux travaux de ces naturalistes, nous contentant de donner ici quelques indications sur la structure des mâchoires, de la radula et du pénis.

Mächoires. — Sur les parties latérales de l'entrée de la:cavité buccale nous trouvons deux lames chitineuses triangulaires, peu résistantes, d’une coloration jaune ambré, se prolongeant latéralement et en arrière en portions moins dures qui vont se confondre avec le revêtement épithélial de cette cavité ; en dessus les deux mâchoires sont aussi réunies l’une à l’autre par une portion semimembraneuse, ce qui complète l'anneau chitineux de l'entrée de la bouche.

Nous n'avons représenté fig. 10 que la partie triangulaire de la mâchoire de droite, vue par sa face interne.

Radula. — La lame radulaire est deux fois plus longue que large ; elle offre une vingtaine de rangées de dents, ayant pour formule 4, 2, 0, 2, 4. — Le rachis est inerme et proportionnellement assez large ; les deux dents intermédiaires sont très grandes, surtout la deuxième, de telle sorte que chacune d'elles empiétant sur les suivantes, il est de prime abord assez difficile d’attri-

buer à telle ou telle demi-rangée les dents que l'on observe. Ainsi dans notre figure 11 il n'y a que les deux dents ; qui appartiennent à la demi-rangée inférieure, tandis que la dent ?’ représente la 2% dent intermédiaire de la demi-rangée placée au-dessus.

Ces dents intermédiaires forment chez le Polycera quadrilineala de grandes lames unciformes cornées-chitineuses, un peu recourbées. présentant leur face concave du côté de la ligne rachidienne (fig. 11 4, r”, fig. 12, 13 et 14). Ces lames assez épaisses ont leur extrémité postérieure terminée par un fort crochet recourbé en dedans, et en avant elles possèdent un second crochet plus petit, également recourbé vers le rachis. Les deuxièmes dents intermédiaires sont au moins deux fois plus grandes que les premières.

Quant aux 4 dents latérales ou marginales (m, fig. 11), ce sont des organes en voie d'atrophie dont la taille est beaucoup plus petite ; leur grosseur va même en diminuant de la plus interne à la plus externe, la dernière a à peine 1/10 de la taille de la première.

Organe copulateur. — Le pénis dans l’intérieur de la gaîne forme un corps cylindro-conique, assez court et inerme (fig. 9, PI. 11) ; en arrière de ce corps se trouve le canal déférent, très long, sinueux, offrant à une certaine distance un renflement allongé. C'est surtout dans cette portion du canal que se trouvent les nombreux crochets chitineux qui forment l’armature du sommet du pénis lorsque l'organe est complètement dévaginé.

Le ruban nidamentaire est assez semblable à celui du Palio Lessoni, il est seulement proportionnellement plus long, mais moins épais ; l'animal le dispose d'ordinaire en tours concentriques.

EUPLOCAMUS, Puicipri, 1836.

Corps assez allongé, arrondi ou légèrement déprimé ; face dorsale séparée des flancs par une sorle de bord caréné offrant un certain nombre de digitations dendriformes qui participent aux fonctions respiratoures. Bord du voile frontal garni d'appendices également arborescents. Tentacules labiaux légèrement auriculés.

Rlunophores rétractiles, courts, en forme de massue et perfolés.

Branchie constituée par 5 feuillets pennés, courts et larges.

Mächoires formées par de petits bâtonnels chilineux, grêles et très longs.

Radula assez large, à rachis nu, de chaque côlé duquel se trouvent de nombreuses dents latérales subdivisées, en 2 ou 3 fortes dents intermédiaires, el en dents marginales (de 5 à 35).

Pénis armé.

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