‹ Recherches zoologiques et anatomiques sur les mollusques opistobranches du golfe de Marseille (volume 2)Chapitre 32 sur 56 · EME TE · texte numérisé non relu

EME TE

EUPLOCAMUS CROCEUS, PHiLiPpi, 1836.

Aspect du corps rappelant assez celui d'un Tritonia.

Coloration générale d’un jaune-safran, par fois un peu rosé, plus accentué sur le dos que sur les parties latérales et que sous le pied ; quelques ponclualions d'un jaune-safran plus foncé ainsi que des points blancs s'observent sur toute l'étendue de la face dorsale, sur les branches anales et latérales et sur les rhinophores. Ces derniers organes ont une lente jaune-rougeâtre plus vive que le dos.

Le bord antérieur arrondi du voile frontal porte 7 digitations arborescentes peu développées ; les bords laléraux du manteau en ont d'ordinaire 5 de chaque côlé, plus longues et assez ramu fiées.

Radula ayant pour formule 25, 3, 0, 3, 25.

Dimensions. — 28 à 40 millimètres de longueur. 11 à 15 millimètres de largeur.

et 8 à o millimètres de hauteur.

Hagirar. — Golfe de Marseille (fonds vaseux par 60 à 100 mètres de profondeur).

La capture de cette espèce d’'Euplocamus est assez peu fréquente par suite de la profondeur à laquelle elle vit, à peine si dans ces vingt dernières années, il nous a été possible d’en avoir 4 à $ individus, la plupart morts et plus ou moins endommagés.

Avant 1878, lorsqu'il y avait à Marseille plusieurs bateaux faisant la pêche à la vaco, nous pouvions de temps en temps nous procurer quelques corbeilles de détritus ramassés dans des fonds vaseux de 60 mètres et au-dessous, et au milieu de ces débris nous trouvions fréquemment des Euplocamus croceus associés à des Scaphander lignarius, des Philine aperta, des Gasteropteron Meckel,.… de nombreux Ophiotrix, Antedon, Pennatula, Veretillum, Alcyonium,... Mais depuis cette époque ce genre de pêche ne se faisant plus dans le golfe, ce n'est que de loin en loin que nous obtenons quelqu'un de ces Mollusques.

Les derniers exemplaires reçus étaient en si mauvais état de conservation que nous n'avons pu, comme nous en avions l'intention, faire un dessin colorié de l'un d'eux ; nous aurions cependant beaucoup tenu à donner une figure de ce mollusque avec ses couleurs, car la représentation coloriée donnée par Philippi en 1836 (loc. cit. PI. VII, fig. 1) laisse beaucoup à désirer ; quant à l'Idala ramosa, qui n’est autre qu’un Euplocamus croceus, dont il donne en 1844 (loc. cit. PI. XIX, fig. 3) un dessin colorié, tout en étant meilleur, laisse encore à désirer au point de vue du coloris et de la forme.

Nous aurons peu de choses à ajouter à la description du coloris de cet animal. La teinte générale jaune-safran est quelquefois très accentuée, surtout à la face dorsale et autour de la bouche ; assez souvent on observe de nombreux points orangé-rouge sur toute l'étendue du dos, et ces points occupent d'ordinaire le sommet de nombreuses petites verrucosités que l’on constate sur la surface du dos et des flancs.

A la face inférieure du pied, grâce à la transparence des tissus l’on distingue quelque peu la masse viscérale, ce qui donne à cette partie du corps une teinte jaune-verdâtre.

La forme générale de l'Euplocamus croceus rappelle assez celle d'un jeune Tritonia dont le milieu du dos serait un peu plus bombé, et qui, en dehors de ses branchies dendriformes latérales, serait muni d'une houppe branchiale périanale comme les Doridés (fig. 1, PI. V).

La face dorsale par suite de la présence des branchies latérales, se trouve nettement séparée des flancs ; il existe même un rebord caréné qui, en se prolongeant en avant constitue le voile frontal. Celui-ci un peu en demi-cercle porte également sur son pourtour, 7 digitations dendriformes, beaucoup moins longues et plus massives que les latérales. Ces dernières sont at nombre de ; de 38 millimètres de

chaque côté chez les individus de taille moyenne {de 25 longueur) maïs il n'y en a que 3 à 4 chez les jeunes et 6 chez les plus gros exemplaires.

Les tentacules dorsaux ou rhinophores rétractiles sont relativement courts, assez massifs et perfoliés dans toute leur portion renflée; les lamelles olfactives sont nombreuses mais peu proéminentes.

La houppe branchiale se compose de cinq feuillets pennés, courts et massifs, reliés entr'eux sur une certaine longueur, ce qui donne l'impression d'une collerette péri-anale à cinq dentelures, ouverte postérieurement. Les tissus de ces organes, d'une teinte jaune orangé plus claire que les téguments voisins, sont un peu translucides ; sur les sommets des pinnules, on constate la présence de nombreux petits points, rouge-orangés et blancs. — La branchie peut complètement se rétracter à l'intérieur de la cavité palléale destinée à la protéger.

Appareil digestif. — Cet appareil se compose d'une trompe assez courte, suivie d’un bulbe buccal large mais peu allongé auquel fait suite l'œsophage ; celui-ci a des parois assez minces et offre un diamètre allant progressivement en augmentant de son début au renflement stomacal, de telle sorte que cette dernière cavité est peu distincte. L'estomac disposé transversalement est placé sur la masse hépatico-hermaphrodite, à la partie antérieure de celle-ci ; il forme une grande poche légèrement fusiforme, à parois peu résistantes. L’intestin est

court, il longe d'abord la masse hépatico-hermaphrodite du côté droit, puis passant au-dessus de celle-ci va aboutir à l'orifice anal.

Dans l'intérieur de l'estomac de l'Euplocamus croceus on trouve surtout des débris de Bryozoaires (Bugula, Retepora...) abondants dans les fonds vaseux du golfe de Marseille, ainsi que des soies de diverses Annélides.

Le foie est presque complètement entouré par les acinis de la glande hermaphrodite, ce n’est que dans la concavité où se trouve l'estomac qu'il est à nu, ainsi que en certains points de cette masse glandulaire. Les tissus hépatiques sont jaune-grisâtre ; le liquide gluant très brun sécrété par le foie est amené par plusieurs canaux excréteurs dans la partie postéro-inférieure de la cavité stomacale.

Les glandes salivaires sont formées par deux bandelettes blanchâtres, d’aspect grenu, dont les deux extrémités postérieures sont le plus souvent accolées l'une à l’autre au-dessous de l'œsophage ; leurs conduits excréteurs débouchent dans la cavité buccale, un de chaque côté du point d'insertion de l’œsophage.

Appareil génital. — Les organes de la reproduction (fig. 11, PI. VIT) sont constitués de la manière suivantes :

1° La glande hermaphrodite dont les nombreux acinis jaune-orangé forment une couche épaisse, mais à peu près continue autour du foie.

2° Le conduit génital commun, assez long mais tortueux, d'un diamètre assez fort surtout en son milieu, est d'une coloration rose chair fanée. Il va directement de la face antérieure de la masse hépatico-hermaphrodite vers l’'amas des glandes de la glaire et de l'albumine en passant au-dessus de lui ; ce conduit se trifurque en ce point pour former. à

3° Par son prolongement direct, un court mais large canal dans lequel se déversent les produits des glandes de la glaire et de l’albumine, canal qui constitue l'oviducte et qui va déboucher dans le cloaque génital.

4° Du bord antérieur du conduit génital commun part un tube très étroit qui traverse aussitôt une glande sphérique, la prostate, à surface très rugueuse et d'une coloration jaune ambrée. Ce tube qui n’est autre que le canal déférent cd se renfle d’abord, puis diminue et décrit une double courbe assez longue avant d'aboutir à la gaîne du pénis. Le canal déférent a des parois assez épaisses, d’un blanc jaunâtre, à aspect luisant.

Entré dans la poche péniale, il se termine par un organe copulateur assez long, très étroit, armé de nombreux petits crochets chitineux insérés sur toute sa surface externe lorsqu'il est complètement dévaginé. L’orifice par lequel il sort est placé à côté et un peu en avant de l'ouverture femelle.

5’ Près du point où le canal déférent prend naissance, part un autre conduit assez grèle, luisant, blanchâtre qui en se continuant sur une certaine longueur, va aboutir à la base de la grande poche copulatrice ; sur le milieu de son parcours se trouve un petit renflement dans lequel vient déboucher le canal d'une petite poche pyriforme allongée qui forme une seconde poche copulatrice.

6° Enfin de la base de la grande poche copulatrice, près de j'insertion du canal précédent, part un autre conduit assez long, à parois blanchâtres, mettant en rapport direct cette poche avec le cloaque génital.

Telle est la disposition générale de cet appareil que nous avons représenté en totalité sauf la glande hermaphrodite dans notre VII" planche ; mais en dehors de ce dessin d'ensemble nous donnons séparément fig. 12 le pénis aux 3/4 dévaginé avec sa garniture de crochets chitineux. Ces crochets n'ont pas tous la même forme, près de sa base ils sont petits, massifs et très crochus, tandis que vers son extrémité ils sont plus longs (fig. 13), plus grêles et peu recourbés.

Système nerveux.— Le collier œsophagien (fig. 2, PI.V) de l'E. croceus est constitué par deux paires de ganglions, une paire de cérébro-palléaux et une paire de pédieux. Ces ganglions sont accolés les uns aux autres et réunis au-dessous de l'œsophage par des commissures près de trois fois plus longues que le diamètre transversal des quatre centres nerveux réunis.

Les centres cérébro-palléaux (ou cérébro-viscéraux) constituent chacun un ganglion cubiforme allongé, à angles arrondis ; supérieurement dans leur région cérébroïdale ces centres sont un peu moins larges qu'inférieurement dans leur partie palléale ; cette dernière n'est pas, selon moi, séparée de la région cérébroïdale par un étranglement suffisant pour permettre de le regarder, à l'exemple de Bergh, comme un ganglion distinct.

Les g. pédieux sont sphériques, un peu pyriformes, presque moitié moins volumineux que les précédents ; de ces ganglions partent les deux commissures pédieuses sous-æsophagiennes, l’interne plus forte que l'externe. Quant à la commissure cérébroïdale sous-œæsophagienne, je n'ai pu arriver à la voir suffsamment pour pouvoir la figurer.

Les ganglions buccaux sont oviformes, accolés l’un à l’autre et réunis aux cérébroïdes par deux longs connectifs.

Les nerfs tentaculaires offrent chacun un renflement à ieur base.

Les yeux sont presque sessiles, insérés sur un petit mamelon placé près du point d'insertion des connectifs cérébro-pédieux ; les otocystes sont situés un peu au-dessous des points de sortie des nerfs optiques, ils sont lenticulaires et contiennent de nombreux otolithes en forme de grains de mil.

Mächoires. — (PI. V, fig, set6). — Ces organes placés à l'entrée de la cavité buccale sont constitués par deux lames triangulaires (triangles rectangles) jaunâtres, reposant sur un revêtement de nature conjonctive, résistant mais très hyalin qui se prolonge en avant dans la région proboscidienne, et en arrière dans la cavité buccale.

Ces deux mâchoires sont formées par une multitude de petits bâtonnets chitineux, longs, cylindriques, très étroits et striés transversalement, qu'il est difficile de dissocier sans les briser.

Radula (PI. V, fig. 3 et 4). — La langue complètement étalée forme chez l'Eupl. croceus une lame de nature conjonctive, hyaline et à peu près carrée, portant de 22 à 28 rangées transversales de dents. Chaque rangée a pour formule 20, 3,0, 3, 20, à 25,3, 0,3, 25.

L'intervalle rachidien inerme est ici très large. il a environ le tiers de la largeur totale de l'organe ; dans toute son étendue sa surface très finement granuleuse présente des rainures transversales correspondant aux limites de séparation de chaque rangée.

Les dents intermédiaires au nombre de trois de chaque côté du rachis, sont à peu près de même taille et assez semblables entre elles. La première : forme une lame recourbée, se terminant supérieurement par un fort crochet dirigé du côté interne et vers le fond de la bouche ; vers le milieu du bord externe concave de cette lame on trouve un très fort denticule crochu ayant la même direction que le crochet terminal. Chez la seconde ” et la troisième 1” la forme générale est la même, seulement le denticule latéral est plus bas, surtout chez la dernière où il est presque à l'extrémité de ce bord.

Les dents latérales ou marginales sont représentées chez ce mollusque par de petits corps chitineux, ayant la forme d'un carré long, pas très épaisses, sans trace de denticules ; chez les premières (7. 2, 3, 4..,) la longueur est à peu près le double de la largeur, mais chez les dernières (78, 19, 20, 27.) la largeur est à peine le tiers de la longueur. La grosseur va aussi en diminuant progressivement de la 1° vers les dernières qui sont d'ordinaire bien atrophiées.

LRRPPITI IIS TS TS EST ST STD EDS D TT Te

Corps ovale plus ou moins déprimé, à limbe palléal proéminent, ou bien limaciforme avec bord dorsal muni d'appendices simples ou légèrement rami fiés.

Rhinophores en forme de massue perfoliée, rétractiles ou non dans une gaine.

Branchie constituée d'ordinaire par plusieurs feuillels pennés, rarement fripennée, disposée en fer à cheval.

Tentacules labiaux petits et lobiformes.

Pied large, très rarement étroit, tronqué arrondi en avant.

Bulbe buccal muni d’un diverticulum dorsal aspirateur ; orifice recouvert d'une simple cuticule ou armé d'un anneau ou de lames mandibulaires ; radula plus ou moins étroite, rachis nu ou garnt de denis, dents lalérales en forme de crochets.

Pénis armé de plusieurs séries de petits crochets.

Les téguments de ces mollusques présentent toujours dans leur épaisseur des spicules calcaires, simples, fusiformes (fig. 7, PI. II), rarement bifurqués ou étoilés ; ces spicules disséminés dans les téguments sont réunis en masse Sur certains points offrant plus de consistance (bords du manteau, tubercules,.…).

L'appareil digestif se compose chez tous ces mollusques d’une région proboscidienne courte, suivie du bulbe buccal ; celui-ci peut se diviser en trois parties (fig. 17 et 27 bis, PI. IV): une antérieure en forme de tronc de cône à surface arrondie, relativement courte ; une dorsale et postérieure c formant un prolongement cœcal chez l'[dalia, droit ou recourbé en arrière chez les Goriodoris, d'un diamètre presque égal à celui du commencement du bulbe ; enfin une région postéro-inférieure constituant un renflement plus ou moins accentué du milieu duquel part un petit cœcum représentant l'extrémité du fourreau radulaire.

Les téguments de ces diverses régions offrent quelques différences ; ceux du cœcum dorsal ou cœcum aspirateur sont assez hyalins avec lignes opaques subdivisant cette surface en bandes transversales plus ou moins marquées suivant

le type chez lequel l'on étudie cet organe ; les parois des deux autres régions sont plus opaques surtout celles du re fe ient inférieur .

A l'intérieur de la cavité buccale (fig. 18) l'on observe chez les data même à l'entrée, un anneau mandibulaire continu, très étroit, constitué par un grand nombre de denticules ou crochets chitineux un peu espacés (fig. 19) au lieu de s'emboîter pour former des plaques.

Sur le mamelon radulaire repose une partie de la langue qui chez ces mollusques constitue un ruban assez long et étroit; la formule radulaire est toujours 1,1, O, I, 1, quelque soit le type de Goniodoridés que l’on examine. Les dents marginales ou latérales externes,bien conformées chez certaines espèces,semblent tout à fait en voie d’atrophie chez d'autres ; les dents intermédiaires sont toujours de s à 12 fois plus étendues que les précédentes, et sont toutes crochues et lamelleuses.

Le rachis inerme constitue un sillon bien marqué.

La surface de l’intérieur du cœcum aspirateur (fig. 18, c) n'offre qu'un simple revêtement épithélial en continuité avec celui de la cavité buccale.

Entre le cœcum aspirateur et le renflement postéro-inférieur prend naissance l'œsophage ; celui-ci forme un tube long et assez étroit, à parois assez minces, plissées longitudinalement à l'intérieur, lisses à l'extérieur. Au moment d'atteindre la masse hépatico-hermaphrodite, l'œsophage se renfle pour former une sorte de jabot (fig. 17) qui pénètre dans l’amas glandulaire. Un second renflement E à peu près sphérique constitue le véritable estomac ; il est suivi, sortant du foie, surtout chez les Idalia, d'une nouvelle dilatation, E’, allongée, allant en se rétrécissant. Cette deuxième poche stomacale offre à sa surface des plissements assez serrés qui lui donnent un aspect tout particulier ; cette disposition est surtout très accentuée chez l’Idalia elegans, moins chez le Goniodoris Barroisi. L'intestin proprement dit forme un tube assez étroit qui longe le côté gauche du foie et remonte ensuite sur celui-ci pour aboutir à l'orifice anal placé au centre de la houppe branchiale.

Les organes de la reproduction offrent assez de similitude avec ceux des Polycéradés et des Doriopsidés.

Les lobules de la glande hermaphrodite entourent en partie le foie, surtout en avant et du côté droit ; ils présentent une coloration orangée et un aspect granuleux. Du bord antérieur droit part le conduit génital commun cg (fig. 24. PI. IV) lequel a un calibre plus ou moins fort suivant le type de Goniodoridé que l’on étudie. Le canal vient aboutir à une glande prostatique pyriforme pr, allongée, à surface légèrement mamelonnée. De la prostate part le canal déférent cd, tube très grêle, à surface luisante, qui décrit plusieurs circonvolutions et se termine par le pénis ; celui-ci p complètement dévaginé présente toujours une surface garnie d'un grand nombre de crochets chitineux (fig. 25).

Au moment d'arriver à la prostate le canal génital donne une ramification qui après un certain parcours se bifurque : en ce point chezl'Idalia elegans (fig. 24) il forme une petite poche. L'une de ces branches 0» accolée puis enfoncée dans l'amas glandulaire de la glaire et de l’albumine, constitue l’oviducte ; il se renfle vers sa base et débouche en O, dans le cloaque génital en arrière de l’orifice mâle. L'autre branche se dirige vers la grande poche copulatrice pc sphérique et à parois minces, dans ce parcours elle offre une seconde poche pc’ placée à côté de la précédente, puis de là continuant sa course elle se dirige vers le cloaque génital, se renfle un peu avant de l’atteindre, et s'ouvre enfin en ce point (c) entre les orifices mâle et femelle.

Système nerveux. — Le collier œsophagien est constitué chez ces mollusques par deux paires de centres nerveux,reliés au-dessus et au-dessous de l'œsophage par des commissures très courtes (fig. 30, PI. IV). Les ganglions cérébropalléaux, volumineux et de forme à peu près sphériques, ne laissent pas voir de divisions entre la partie cérébroïdale et la partie palléale ; ils sont presque accolés l’un à l’autre. Les pédieux sont d’un bon tiers moins volumineux et complètement sphériques ; intimement accolés aux cérébroïdes, ces centres sont reliés audessous de l’œsophage par deux commissures assez courtes, mais de grosseurs différentes, la supérieure était trois à quatre fois plus épaisse que l’autre.

On distingue également une commissure cérébroïdale sous-œsophagienne assez délicate, puis sur la face antérieure du collier un petit ganglion viscéral fusiforme, », rattaché aux deux cérébroïdes par un court connectif de chaque côté ; aux deux extrémités de ce ganglion part un nerf qui se dirige vers les organes de la circulation et vers la glande hermaphrodite.

Deux connectifs cérébro-buccaux b., b. assez longs rattachent aux g. cérébroïdes les g. buccaux ; ceux-ci accolés l’un à l’autre sont ovoïdes et offrent peu après le point de sortie des nerfs œsophagiens un petit ganglion arrondi. Inférieurement, un peu avant d'arriver à l'estomac nous trouvons un autre petit renflement ganglionnaire 7 de renforcement qui est le point de départ des nerfs de l’estomac et de l'intestin (fig. 17).

GONIODORIS, Forges.

Corps ovale allongé, peu déprimé ; manteau couvert de tubercules ou de granulations, ou bien présentant par fois une double lame ou carène passant au-devant des rhinophores el se prolongeant sur les côlés du corps pour se réunir en arrière de la branche.

Voile frontal à bords externes anguleux el très développés.

re Rhuinophores cylndro-coniques perfoliés, rétractiles. Branche subdivisée en sept feuillets pennés longs et très découpés. Mächoires constituées par de pelits crochels chitineux. Radula étroite, à rachis nu, de chaque côlé duquel l'on trouve une très forte dent intermédiaire crochue, survie d’une petite dent marginale lamelleuse un peu crochue. Pénis armé de nombreux petits crochets chitineux.

GONIODORIS CASTANEA, ALDER ET HANCOCK, 1845.

Synonymes : Doris p1 PARETO, Verany, 1846.

Coloration générale d'un brun-rougeâtre châtaigne avec peltes taches Jaunes disséminées sur toute l'élendue du manteau et des parles lalérales du corps ; une large bande transversale d'un jaune clair divise le manteau en deux portions inégales, l’antérieure moins grande que la postérieure.

Digitations branchiales d'un brun-rougeâtre ainsi que les lamelles des rhinophores.

Face inférieure du pied d'un brun-jaunâtre clair.

Deux carènes palléales bordant le manteau et allant se réunir en arrière de la branchie ; carène médiane interrompue au niveau de la bande jaune.

Parties latérales du corps très rugueuses.

Voile frontal étendu, trapézoïde, le bord le plus large en avant avec une légère échancrure en son milieu.

Dents radulaires intermédiaires ayant le repll de leur face postérieure légèrement dentelé sur les 2/3 de sa longueur ; dents latérales lamelleuses presque atrophiées. 5

Dimensions. — 7 millimètres de longueur sur 3 millimètres de largeur.

HABITAT. — Golfe de Marseille (au milieu des algues par 1 à 20

mètres de profondeur).

Nous n'avons trouvé que deux fois cette petite espèce dans le golfe de Marseille, le premier individu au quai aux soufres en 1881, l’autre en janvier 1886 dans des fonds de zostères, près du Canoubier, par 20 mètres de profondeur.

Sa petite taille (4 à 7 millim. de long sur 1,5 à 3 millim. de large) fait qu'il est assez difficile de le découvrir au milieu des algues ou des Zostères que l’on ramène du fond de la mer.

Le manteau présente sur son pourtour un rebord assez marqué, sorte de

Liqs bourrelet (fig. 9, PI. I) d'une coloration brun-rougeâtre avec de nombreuses taches transversales jaune ou jaune pâle. Le manteau est lisse, mais présente en son milieu une forte crète longitudinale interrompue au niveau de la bande jaune pâle que nous avons signalée dans notre diagnose ; cette crête est brune à sa base, brun-jaunâtre supérieurement.

La houppe branchiale est subdivisée en sept feuillets, chacun d'eux penné, mais dont les pinnules sont très découpées et parfois bi ou trifurquées.

Le voile frontal est très grand, ses angles externes très prononcés constituent presque des prolongements tentaculaires ; sa surface est lisse, sa teinte est d’un brun un peu plus clair que celle du manteau, avec de grandes taches d’un ocre brun très pâle. Près de sa base d'insertion, presque sous le rebord antérieur du manteau, se trouve une crête jaunâtre de peu de longueur.

Les parties latérales du corps sont très rugueuses et d’une teinte ocre brun assez accentué.

Le pied, très large chez ce mollusque, offre une teinte blanc-jaunâtre ; il est tronqué en avant avec angles légèrement arrondis ; latéralement ses bords d'abord parallèles deviennent un peu convexes puis se rapprochent progressivement pour former l'extrémité postérieure en pointe de cet organe.

Si l'on examine au microscope un débris quelconque des téguments, l'on trouve dans son épaisseur un grand nombre de longs et forts spicules calcaires, plus ou moins fusiformes, à surface mamelonnée, semblables à celles du Goniodoris Barroist que nous avons représentées PI. IT, fig. 5.

Au sujet des mâchoires, nous n'avons rien à ajouter à ce que nous en avons déjà dit dans la diagnose générique ; ces organes sont représentés ici par un anneau de petits crochets chitineux situé à l'entrée de la cavité buccale.

Radula. — Elle est constituée chez le Gomiodoris castanea, par une lame près de deux fois plus longue que large, offrant en son milieu un rachis inerme qui forme un sillon d’une largeur égale à 1/6 de la largeur de la radula. Elle se compose de 20 à 24 rangées transversales ayant pour formule 1,1,0,1,1.

De chaque côté du rachis, nous trouvons une forte dent lamelleuse, crochue, dont le sommet est tourné en dehors et vers le fond de la bouche ; cette dent intermédiaire : que nous avons représentée (fig. 29, PI. IV) offre une base lamelleuse très large et haute, formant un quadrilatère allongé à angles arrondis ; sur le bord interne de cette lame se trouve le crochet, également lamelleux, assez long, pas trop recourbé, ayant sur sa face postérieure un repli longitudinal très finement dentelé sur ses deux tiers supérieurs.

Au point de jonction du crochet proprement dit et de sa base lamelleuse, nous avons à l'angle interne inférieur une forte échancrure angulaire.

Quant aux dents latérales marginales elles sont représentées aux extrémités de chaque rangée par une petite plaque chitineuse très mince {m).

Organe copulateur. — La partie armée du pénis n'était presque pas dévaginée chez nos spécimens, cependant par transparence on peut se rendre compte que lorsque la dévagination est complète, cet organe doit avoir chez le Goniodoris castanea la longueur de celui de l'Idalia elegans. Nous donnons (fig. 28, PI. IV) un dessin grossi du pénis tel que nous avons pu l’étudier ; les crochets chitineux qui forment son armature sont plus recourbés dans la portion basilaire que dans la partie terminale, disposition analogue à celle que nous avons déjà constatée pour le pénis de l'Euplocamus croceus.

GONIODORIS BARROISI, nov. sp.

Coloration générale d'un jaune pâle avec poncluations blanches ; extrémités des rhinophores, rebord du manteau et sommels des folioles branchiales d'une teinte Jaune marquée.

Corps limaciforme, un peu comprimé à la face dorsale ; manteau petit ovale, bordé d’un repli assez large, irrégulièrement dentelé : une crête longitudinale va de l'intervalle compris entre les rhinophores, à la base de la houppe branchiale.

Voile frontal trapéziforme, pas très grand.

Rhinophores perfoliés, en massue et peu rélrackles. De petits tubercules sont disséminés à la face dorsale du manteau et sur les parlies latérales du corps.

Pied lisse très large, tronqué en avant, lernuiné en pointe aiguë en arrière.

Radula ayant pour formule 7, 1, O, I, r ; dents intermédiaires pourvues à leur face postéro-interne d’un repli longitudinal dentelé sur toute son étendue ; dents marginales petites, lamelleuses, munies d'un crochet réduit et très aigu.

Dimensions. — Longueur 20 millimètres.

Largeur 7 millimètres.

HaBirar. — Rade de Villefranche, côtes de Nice, (au milieu des algues le long des côtes).

Ce petit mollusque nous a été remis en 188$ par M. J. Barrois qui l'avait pris dans la rade de Villefranche au milieu des algues ; envoyé dans l'alcool où il n’a séjourné que quelques jours, nous n'avons pu noter que d’une manière incomplète sa coloration. Malgré cela les différences qui séparent ce type des espèces connues nous décident à créer pour lui une nouvelle espèce que nous

Te sommes heureux de pouvoir dédier à notre excellent ami, Jules Barrois, Directeur de la Station Zoologique de Villefranche.

Le facies général de ce mollusque que nous donnons fig. $, PI. II, permettra à l'aide de notre diagnose de la distinguer des espèces voisines.

La houppe branchiale se subdivise en 7 feuillets un peu moins moins distincts que ceux de la houppe du G. caslanea ; tous ces feuillets sont pennés, à pinnules allongées.

Dans l'épaisseur des téguments, surtout le long des rebords palléaux, sous les petits tubercules..…. se trouvaient de nombreux spicules calcaires allongés, fusiformes, à surface mamelonnée (fig. 7). sumblables à des spicules d’Alcyonium.

Les mâchoires étaient représentées par un anneau de très petits crochets chitineux, placé à l'entrée de la cavité buccale.

La radula près de trois fois plus longue que large, constituée par 23 rangées transversales de dents ayant pour formule tr, I, O, I, 1. Le rachis est nu et large ; les dents intermédiaires très fortes, lamelleuses, formées chacune par une portion basilaire très étendue et un prolongement interne crochu (fig 6,0, 4, PI. I) ; sur la face postéro-interne du crochet on observe un fort repli longitudinal médian garni de petites dentelures sur toute son étendue.

Les dents marginales m, sont très petites, lamelleuses, surmontées d'un petit crochet très aigu et assez recourbé.

Les dents intermédiaires possédaient une belle coloration jaune ambrée, les marginales jaune pâle.

Dans la collection malacologique formée par J.-B. Verany, collection qui se trouve au Musée d'Histoire Naturelle de Nice, j'ai pu étudier en 1689, grâce à l'obligeance de l'abbé Vérany, alors directeur de ce Musée, quelques individus très semblables à notre Goniodoris Barroisi. Ces mollusques étaient dans un bocal sans étiquette, et devaient représenter un de ces types créés par Vérany, non encore décrits, pris par lui le long des côtes de Nice.

Voici les quelques différences que nous avons constatées entre ces mollusques et notre G. Barroisi :

Les crêtes latérales montraient, surtout en arrière, quelques dentelures digitiformes allongées.

Le repli du crochet des dents intermédiaires ne présentait que quelques denticules à peine sensibles vers le milieu de sa longueur. à

Les dimensions de notre individu étaient de 20 millimètres de long sur 7 de large.

IDALIA, K. S. LEUCKART, 1828.

Forme du corps allongé, assez renflé, assez élevé, flancs obliques presque en continuté avec les bords du pied.

Manteau assez ablati, garni de longs cirres disihiformes dont les points d'insertion forment un ovale dans lequel se trouvent enfermés les rhinophores et la branche.

Rhinophores longs, cylindriques, perfoliés transversalement et non rétrac- Ules.

Branche formée par la réunion d'un certain nombre de feuillets simplement pennés, disposés en rond autour de l'anus.

Tentacules labiaux anguleux, peu proéminents.

Un anneau mandibulaire résistant à l'entrée de la bouche, constitué par de nombreux petits crochets clutineux ; parois du bulbe très épaisses, plus ou moins translucides avec cœcum supéro-postérieur droit.

Radula étroite, à rachis nu, avec fortes dents intermédiaires crochues, et petites dents marginales, également un peu crochues ; formule radulaire

El OI

IDALIA ELEGANS, LEuckaART.

Synonymes : IbaLIA Laciniosa, Philippi, 1841 et 1844.

Coloration générale ocre-rougeâtre, plus accentuée à la face dorsale que sur les parties latérales et surtout ventrales du corps; extrénutés des feuillets branchiaux ocre-grisâtre. l

Sur la partie médiane du manteau une rangée longitudinale de cirres ramifiés, plus ou moins longs assez semblables à ceux qui sont insérés sur les bords de l’ovale du manteau ; sommets de tous ces cirres ainsi que des rhunophores d'une teinte jaune un peu orangée.

Radula avec dents intermédiaires lamelleuses crochues munies d'un denticule sur la face postéro-interne de la base du crochet ; dents marginales petites,

lamelleuses, avec crochet large, très acéré et peu recourbé.

Dimensions. — Longueur 20 à 25 millimètres.

Largeur 10 millimètres.

Hauteur 8 à 9 millimètres.

HaBitar. — Banyuls; Cette. (Dans les fonds carraligenes et vaseux).

Le dessin que nous donnons (fig. 16, PI. IV) représente un individu appartenant à cette espèce, très contracté par un séjour de quatre semaines dans l'alcool ; cette figure donne une bien faible idée de l'aspect que présente cet animal, comme on peut le constater en examinant les belles figures de Alder et Hancock (Loc. cit. Fam. I, PI. 27), mais nous pensons qu'il est bon de représenter quelquefois l'aspect des Nudibranches conservés dans l'alcool, cela peut faciliter la dénomination de ces êtres.

Les deux individus que nous avons eus à notre disposition, nous étant tous les deux parvenus après un séjour d'un mois environ dans l’alcoo!, nous ne pouvons donner de plus amples détails sur l’aspect extérieur de l’animal en vie que ceux de notre diagnose ; celle-ci a même été établie en partie avec l'aide des figures des naturalistes anglais.

Toute la surfacé du corps est lisse, aucune trace de tubercules, en dehors des digitations qui limitent les bords de la face dorsale et celles de la crête médiane.

Le pied est très large, mais chez nos deux exemplaires ses bords étaient relevés contre les flancs.

Le voile frontal, trapézoïde, était très contracté ; chez l'animal vivant tout en étant de dimensions restreintes, il doit être beaucoup plus étendu.

La houppe branchiale était composée chez l'individu de Banyuls de 14 feuillets pennés, tandis que celui que M. Koœhler nous a envoyé de Cette en offrait 17. |

Nous ne reviendrons pas sur la description de l'ensemble de l'appareil digestif ayant indiqué ci-dessus (p. 72) la disposition générale de celui-ci, chez les divers types de la famille des Goniodoridés, nous nous contenterons de donner ici quelques détails sur le bulbe buccal et les organes qui y sont contenus.

Le bulbe buccal, en forme de tronc de cône arrondi en avant, offre dans sa partie postéro-dorsale un cœ cum © droit, volumineux, dirigé obliquement, à la naissance duquel se trouve le point de départ de l'œsophage ; au-dessous et en arrière, le bulbe se renfle et montre un prolongement cœcal f qui n’est autre que l'extrémité du fourreau radulaire (fig. 17, PI. IV).

Si l'on ouvre le bulbe sur un de ses côtés (fig. 18), on observe à son entrée l'anneau mandibulaire m, en arrière à gauche le mamelon radulaire 7, l'œsophage æ au milieu, et à droite le cœcum dorsal c ouvert.

Mächoires. — Ces organes constituent chez l'Idalia elegans, un anneau jaunâtre continu, étroit, formé par de petits denticules ou crochets chitineux, serrés les uns contre les autres, sans être accolés, par conséquent non disposés en plaques comme chez la plupart des Doridés. Ces denticules (fig. 19 et 20)

sont assez longs, étroits, unciformes mais peu recourbés, leur extrémité en pointe dirigée vers le fond de la cavité buccale. La coloration de ces petites pièces est jaune d’ambre.

Radula. — Cet organe repose sur un mamelon charnu, ovoïde, assez allongé (fig. 18, r) ; une partie de la radula est étalée à la surface du mamelon, le reste replié en deux est enfermé au milieu de la masse charnue et se prolonge dans le cœæcum du fourreau radulaire .

Si l’on dégage en entier la radula et qu'on l'étale, on a alors une lame assez étroite mais longue, lame de nature conjonctive sur laquelle se trouvent insérées une quarantaine de rangées transversales de dents.

La formule dentaire est 1, I, O, L, .

Le rachis est inerme, assez étroit tout en étant bien distinct.

Les dents intermédiaires : (fig. 21 et 22), d'une belle coloration ambrée, surtout dans leur partie basilaire, sont grandes, lamelleuses et crochues : leur base, très étendue, montre sur la face postérieure un peu concave un denticule ; la portion crochue, courte relativement aux dimensions de la base, montre à sa face postérieure un repli lisse dans toute son étendue ; la face antérieure de ces dents est entièrement lisse et convexe. A l'extrémité basilaire, côté externe (fig. 22), se trouve un petit prolongement en pointe qui va buter contre un épaississement de la face postérieure de la dent marginale contiguë.

Les dents latérales ou marginales sont six fois plus petites que les intermédiaires ; elles sont lamelleuses comme ces dernières et bien constituées, leur coloration est d’un jaune pâle.

Ces dents marginales / (fig. 22 et 23) offrent une base étroite, surmontée d’une partie unciforme large et peu recourbée ; convexes antérieurement, elles présentent à leur face postérieure un peu concave un fort repli chitineux près de leur bord externe, repli qui sert de point d'arrêt au bord externe de la dent intermédiaire correspondante.

Organe copulateur.— Le pénis (fig. 25, PI. IV) à peu près dévaginé, est long, cylindrique, un peu renflé à son extrémité libre, ce qui est dû à la présence dans son intérieur d'une portion encore invaginée. Toute la surface de cet organe esi recouverte d'un grand nombre de petits crochets chitineux, disposés en une quinzaine de séries longitudinales.

Ces crochets (fig. 26), d’une teinte jaune ambrée, sont cylindro-coniques et plus ou moins recourbés.

—)Sye—

Le Doris Parelit de Vérany a quelque analogie avec l’Idalia elegans, la diagnose assez courte donnée en 1846 par le naturaliste niçois ne nous suffit pas cependant pour identifier ces deux espèces.

Cet espèce d’Idalia paraît avoir dans la Méditerranée une aire assez étendue ; en dehors de Banyuls et de Cette, si nous ne l'avons pas trouvée dans le golfe de Marseille, M. Tiberi dans son catalogue 7 Molluschi Nudibranchi del Medilerraneo, 1880, signale son existence dans le golfe de Naples et Bergh à Naples ; on l'a prise également à Trieste (Station Zoologique).

= fn —

TETHYMÉLIBIDÉS

Forme du corps semblable à celle des Æolicidés, papilles dorsales seulement très grosses, sans bourses cnidogènes, têle grande et en forme de capuchon ;

tentacules labiaux nuls. Rhinophores en massue, courts et perfoliés, rétractiles dans de très volumineuses gaïînes, ou bien très réduits et portés sur le bord subéro-antérieur de grandes gaînes en forme d'oreille (Tethys).

Bulbe buccal rudimentarre, radula el mandibules nulles.

Foie médian, compact, envoyant quelques ramifications grêles, ne pénétrant pas ou très peu dans les papilles dorsales.

Pénis inerme.

MEMAMS 0), LINNÉ, 1758.

Corps assez déprimé ; pelites branchies véritables, dendriformes, au nombre de deux (une en avant et une en arrière) à la base de chaque papille.

Capuchon buccal frangé sur tout son pourtour ; rhinophores constitués par deux grandes gaines, aplaties, formant deux grandes lames charnues, légèrement frangées et portant chacune sur son bord supéro-interne, entouré par une sorte de collerette, un petit tentacule perfolié rudimentaire.

Pied large. — Bulbe buccal dépourvu de radula et de mâchoires.

TETHYS FIMBRIA®), BonascatT, DELLE CHIAIE.

Synonymes : TETHYS-LEPORINA, Linné, Cuvier.

Téguments dorsaux et ialéraux jJaunâtres ou jaune-grisâtres, saupoudrés de petites laches ou ponclualions blanches, disposées en petites bandes sinueuses ; jaunâtres seulement à la face ventrale sans traces de taches. — Le grand voile ou capuchon buccal est bordé d’une bande notre assez large, ou de taches noires grandes et espacées, d'une coloration plus foncée à la face inférieure qu'à la face supérieure où celle bande prend une coloration gris foncé.

Papilles dorsales très caduques, volumineuses, pyriformes, très comprimées,

(1) Etymologie : Tnûus, déesse de la mer.

(2) Ou Tethys fimbriata.

EE

parfois bifurquées à leur exlrémuté en pointe, au nombre de six à huit de chaque côté du dos ; la face inférieure de ces papilles est d'un blanc très hyaln, la face supérieure d'un blanc-grisâtre avec nombreuses laches d'un beau noir velouté, de forme et de dimensions très différentes ; leur extrémité libre est d’une belle coloration rouge (rouge-chair).

Dimensions. — Longueur : de 16 à 21 centimètres. Largeur maximum du voile : 10 à 14 centimètres. Largeur maximum du pied : de 4,5 à 8 centimètres. Largeur de la face dorsale : 2 à 4 centimètres.

Hagirar. — Golfe de Marseille, côtes de Nice et rade de Villefranche, côtes de Banyuls.

Nous avions assez fréquemment des Tethys fimbria (ou fimbriata), lorsque la pèche à la vaco se pratiquait au large du golfe de Marseille, cet animal habitant les fonds vaseux par $o à 80 mètres de profondeur.

Nous n'avons cependant jamais pu l'obtenir avec ses appendices dorsaux encore attenant au corps, ceux-ci étaient toujours détachés et mélangés aux débris de toutes sortes ramenés par les filets.

A Villefranche nous en avons vu un individu bien vivant avec tous ses appendices.

Grâce à l'obligeance de M. le professeur C. Viguier, Directeur de la Station Zoologique d'Alger, nous en avons reçu un exemplaire avec ses appendices, pris le long de cette côte ; M. Viguier nous a fait parvenir également une photographie de cet animal en train de nager, photographie faite dans son laboratoire.

L'organisation de ce type est assez bien connue grâce aux travaux de Delle- Chiaje, Jhering, Bergh,... aussi sera-t-il inutile de la faire connaître en détail, je me contenterai d'indiquer à grands traits l'ensemble de cette organisation.

Système nerveux. — Le collier œæsophagien de la Tethys a pour principal caractère une excessive concentration des centres nerveux ; tous les ganglions (cérébroïdes, palléaux et pédieux) se sont réunis en une seule masse elliptique comprimée, ne présentant d'ordinaire aucune trace de division. Les cellules nerveuses de ce centre nerveux unique sont très grosses, certaines peuvent atteindre 1 millimètre de diamètre, aussi donnent-elles à cette masse nerveuse un aspect moriforme lorsqu'on a eu le soin d'enlever la membrane conjonctive qui l'entoure (fig. 14, PI. VII).

Deux petits ganglions buccaux assez éloignés l'un de l’autre, sont accolés aux parois du commencement de l’œæsophage.

Les yeux ainsi que les otocystes sont insérés à la face postéro-supérieure du ganglion nerveux, dans la région cérébro-palléale. Les yeux presque atrophiés

sont portés par un nerf optique très court ; les otocystes placés un peu audessous des yeux, sont ovoïdes et possèdent chacun un grand nombre de petits otolithes ellipsoïdaux. ;

Appareil digestif (fig. 14, PI. VIT). — Le tube digestif offre dans sa portion antérieure une certaine simplicité due à l'absence complète du bulbe buccal.

La bouche placée à la partie postéro-inférieure du grand voile buccal de la Tethys, donne directement accès dans le tube œsophagien, ou mieux dans la région proboscidienne fr., portion protractile, avançant un peu au fond de l’entonnoir formé par le voile céphalique ; c'est au moyen de ce tube flottant que l'animal, d'après Bergh, aspire les débris divers qu'il veut faire pénétrer dans son tube digestif.

Immédiatement après avoir traversé le collier nerveux. l'œsophage se renfle et forme une première cavité très vaste, en forme de sac, sorte de jabot, sur les côtés de laquelle se trouvent accolées deux masses glandulaires ramifiées, sortes de glandes salivaires ; cette région J offre à sa surface extérieure un anneau musculaire, auquel correspond intérieurement un anneau de plis longitudinaux, presque tendineux, que l’on peut considérer comme un G6rgane masticateur.

Le tube digestif se continue sur la partie postéro-latérale droite de cette cavité par un tube étranglé sur lequel se trouve insérée une assez grande poche triangulaire E, à parois d’un blanc-jaunâtre, puis le tube se renfle brusquement pour constituer une dernière cavité stomacale E’ dont le calibre diminue progressivement et qui finit par se confondre avec l'intestin. Ce dernier est très court, il longe d’abord la moitié antérieure du bord droit de la masse hépatico-hermaphrodite, puis se dirige au-dessus de celle-ci et va aboutir à l’orifice anal placé chez la Tethys à la face dorsale, entre le troisième et le quatrième groupe branchial de ce côté.

La masse hépatique intimement unie à la glande hermaphrodite qui l'entoure complètement, forme un tout volumineux très compact qui occupe près des deux tiers postérieurs de la cavité viscérale ; sur les parties latérales l'on observe parfois quelques prolongements hépatiques sinueux d, d, assez délicats, qui vont se perdre dans les téguments près des bases d'insertion des papilles dorsaux, montrant bien par cela même que ces derniers organes sont réellement des appendices que l’on peut identifier aux cirres dorsaux des Æolididés. Parona en 1891 a pu observer la reproduction de ces cirres chez une Tethys qui en avait perdu une partie. {Zool. Anzeig. XIV° année, p. 293).

Dans l’intérieur du premier renflement stomacal (jabot), je trouvais d'ordinaire une grande quantité de filaments fibreux de zostères : ces mollusques doivent en aspirant avec leur trompe, absorber des débris de ces végétaux et dissocier leurs fibres par les contractions répétées des parois musculaires de cette poche.

Au milieu de ces débris, ils trouvent de petits crustacés (Entomostracés, Amphipodes, Isopodes, jeunes Décapodes brachyures) et autres petits Inver-

tébrés, circulant parmi les Zostères, qui doivent former la base de leur nourriture.

Organes de: la rebroduchon. — La glande hermaphrodite H, H (fig. 14, PI. VII) enveloppe complètement le foie comme nous l'avons déjà dit ; les différents canalicules chargés de transporter les produits sexuels, se réunissent à la partie antérieure droite de la masse hépatico-hermaphrodite, pour former le canal génital commun. Celui-ci, assez grêle, se dirige d’abord en avant, puis à droite pour atteindre les organes annexes de la génération ; arrivé en ce point il devient plus fort, tortueux et décrit de nombreuses sinuosités superposées et formant un amas contre ces organes annexes (fig. 15, cg, cg).

Ce canal se bifurque ensuite : l'une des branches, la plus grêle, pénètre aussitôt dans la prostate pr, corps sphérique un peu comprimé, d’une coloration jaunâtre et d’un aspect granuleux ; sortie du côté opposé, cette bifurcation forme alors un tube grêle, d’une coloration jaune paille irisé, à parois musculaires épaisses mais cassantes. C’est le canal déférent qui, après avoir décrit de nombreuses circonvolutions, la plupart accolées à la prostate, se dirige à la base du pénis. Presque au point où le canal déférent pénètre dans l'organe copulateur, l’on observe un corps en forme de bonnet phrygien allongé pp; c'est un diverticulum qui sert de poche protectrice au pénis p lorsque celui-ci est complètement rétracté dans l'intérieur du corps.

L'organe copulateur complètement développé est cylindro-conique ; il offre à sa base une expansion semi-membraneuse, sorte de crête épaisse, qui lui donne un aspect assez différent de celui des types voisins. A l'extrémité effilée de cet organe aucune trace de crochets ou piquants chitineux.

L'autre branche qui possède presque le calibre du conduit génital commun, constitue l'oviducte o» ; elle n’est pas très longue, décrit deux ou trois circonvolutions à la surface des giandes de la glaire et de l’albumine, puis pénètre dans leur masse pour aller se réunir à leur conduit excréteur ; l’on a alors un canal d'un fort diamètre, à parois charnues épaisses, d’une coloration jaune rosée, se dirigeant vers l'orifice externe femelle qu'il atteint après un trajet assez court. Il reçoit sur le milieu de sa longueur un tube très court le faisant communiquer avec une poche copulatrice pc sphérique-pyriforme, placée entre lui et les téguments du corps.

Autour des deux orifices sexuels qui sont placés côte à côte, se trouve un repli membraneux tégumentaire qui les entoure tous les deux, formant une sorte de collerette que l'animal rétracte en partie lorsqu'il rentre complètement son pénis.

DORE Le

N'ayant jamais eu d'individus bien intacts, il ne nous a pas été possible de les conserver vivants assez longtemps pour obtenir des pontes. D'après les observations de Bergh, Viguier,.… qui plus heureux que nous ont pu garder en vie ces mollusques pendant plusieurs jours et les voir pondre, le ruban nidamentaire est blanchâtre, large avec nombreux replis sur lui-mème.

M. Viguier dans son étude sur le développement de la Tethys fimbriata (Archives de Zoologie Expérimentale, 3"° série, tome VI, 1893) donne, PI. VII, fig. 1, un dessin moitié grandeur naturelle d’une ponte de fortes dimensions. Cette ponte qui était suspendue dans l’eau par ses filaments terminaux, offrait l'aspect d’un corps tubulaire très large qui, affaissé sur lui-même, aurait subi des torsions ou courbes en spirale, autour de son axe ; chaque courbe ainsi constituée, formait une espèce de chambre ou loge dans laquelle on observait une certaine quantité d'œufs engagés dans une substance glaireuse abondante et très hyaline.

LOMANOTIDES

Forme du corps allongé, limaciforme. — Tentacules buccaux nuls, mais le voile frontal muni de papilles simples le long de son bord.

Rhinophores claviformes, perfoliés, rétractiles dans des gaînes élevées, calyciformes, à bords unis ou lobés. — Bords du manteau proéminents, ondulés ou lobés.

Anus el orifices génitaux placés le long du flanc droit.

Pied à bord antérieur anguleux sur les côtés; partie caudale courte et très-pointue.

Bulbe pharyngien presque comme celui des Æolididés ; mandibules bombées, à processus masticaleur plus ou moins long avec son bord très finement mamelonné ; radula présentant de nombreuses dents médianes rudimentaires, dents latérales crochues et dentelées de chaque côté.

Glande hermaphrodite grande, longue, reposant sur la partie postérieure du foie. — Pénis inerme.

LOMANOTUS(® VÉRANY, 1846.

Synonyme : EuMÉNnis, Alder et Hancock, 1854

(Même diagnose que celle de la Famille).

LAMANOTUS GENÉËI, VÉRANY. 1846

Corps allongé assez haut, peu convexe dorsalement. — Bords latéraux du manteau mulhlobés

Coloration générale laque ou rouge-brun, avec nombreuses petites taches ou ponctualtions irrégulières d'un blanc-jaunâtre; les sommels des lobes sont blancs ; rhinophores d'une teinte rouge foncé.

Face inférieure du pied d'un jaune-paille.

(1) Étymologie : Joux, bord ; yw<05. dos

Mandibules courtes el larges, très bombées. — Radula large ayant pour formule 35,1, 35: la den! médiane, crochue, petite, en partie atrophiée ; premières dents latérales très espacées, pelites et peu développées, les autres crochues et plus fortes, mais toules à bords fortement dentelés.

Dimensions. — Longueur : de 35 à 60 millimètres. Largeur maximum : de 11 à 18 millimètre.

HAB1iTAT. — Golfe de Marseille, côtes de Nice, Banyuls.

Nous n'avons trouvé que deux fois cette espèce dans le golfe de Marseille, dans les fonds vaseux, par 6o à 80 mètres de profondeur; nous en avons également reçu un exemplaire, conservé dans l'alcool, pris sur les côtes de Nice par notre ami J. Barrois. Cette espèce a été également pêchée le long des côtes près de Banyuls. |

Les deux individus trouvés dans le golfe de Marseille, l'un en avril 1877 par des fonds vaseux en face du cap Méjean, l’autre en mars 1886 dans les mêmes lieux, avaient tous les deux ure belle coloration rouge-laque, avec de nombreuses petites taches blanches (blanc-jaunâtre), très irrégulières comme forme et comme dimensions.

Ces deux exemplaires ayant été pris par les ganguis des tartanes et traînés quelque temps avec toutes sortes de débris, nous ont été remis morts avec leurs téguments abîmés ; aussi est-ce avec peine que l’on pouvait reconnaître chez eux les caractères extérieurs du Lomanotus Génei de Vérany, c'est surtout par les caractères internes (radula, mandibules,..….) qu’il nous a été possible d'acquérir la certitude que nous avions bien affaire à cette espèce.

Dans le milieu de la cavité générale du corps du premier exemplaire, entre les viscères et les téguments, nous avons trouvé sept petits crustacés parasites (six à droite et un à gauche) appartenant au groupe des Lernéens (Ismaïla).….. que nous décrirons à la fin de ce travail.

Système nerveux. — Le collier œsophagien est constitué par quatre ganglions placés sur les parties dorsale et latérales de l'œsophage, et réunis au-dessous de cet organe par de courtes commissures. Les ganglions cérébroïdes N, fig. 20, PI. V, sont bien nettement bilobés en une portion antéro-supérieure, véritable région cérébroïde, et une portion postéro-inférieure, région palléale ; quant aux pédieux, presque accolés aux précédents, ils sont pyriformes.

Les ganglions buccaux, ovoïdes, assez rapprochés l’un de l’autre et réunis aux cérébroïdes par deux connectifs assez longs, donnent naissance à tous les nerfs du bulbe buccal et à ceux du reste de l'appareil digestif. Laissant de côté l'innervation du bulbe je veux seulement décrire avec quelque détail la marche

des deux troncs nerveux qui accompagnent l'æsophage et qui constituent le stomato-gastrique de ce Mollusque.

Ces troncs nerveux (fig. 21, PI. V) offrent chez le Lomanotus Génei, sur toute leur longueur, de nombreux petits renflements ganglionnaires fusiformes, renflements qui sont sur le point de départ des nerfs qui vont en se ramifiant se perdre à la suriace ou dans l'épaisseur des parois de l'œsophage et de l'estomac ; arrivés vers la partie postérieure de l'estomac les deux troncs nerveux sont réunis l’un à l’autre par un nerf transversal également moniliforme.

La richesse d'innervation de cette région moyenne du tube digestif est, comme on peut le constater sur notre dessin, poussée beaucoup plus loin que chez la majeure partie des Nudibranches. Nous trouverons une disposition analogue chez le Marionia-Blainvillea ; nous en avons aussi fait connaître, Bergh etmoi,une semblable chezles Glaueus ; mais c'est surtout chez les Tectibranches, dont l'estomac est muni de pièces masticatrices plus ou moins puissantes que l'innervation de cette partie du tube digestif arrive à son maximum de développement, comme l'ont décrit et figuré divers naturalistes. M. de Lacaze Duthiers, dans son dernier et important Mémoire sur Les Ganglions dits palléaux el le stomalo-gastrique de quelques Gastéropodes, publié dans les Archives de Zoologie Expérimentale (troisième série, T. VI, 1898). a décrit en détail cet appareil nerveux chez plusieurs types de Tectibranches.

Les otocystes ovoïdes de ces mollusques contiennent de nombreux petits otolithes.

Organes de la Reproduction. — Ces organes, par l'ensemblede leur structure, offrent beaucoup d’analogie avec l'appareil génital des Pleurophyllidia.

La glande hermaphrodite, d'aspect multilobé et d'une teinte orangée, repose sur la partie postérieure du foie ; le conduit génital commun, d'abord étroit, forme bientôt un renflement large et assez long qui est disposé transversalement sur la partie moyenne droite du foie, puis le contournant latéralement va se réunir à la masse des organes annexes de la reproduction. — Après ce renflement, ce conduit reprend son calibre primitif et ne tarde pas à se bifurquer.

L'une des branches, le canal déférent, augmente un peu de diamètre, décrit plusieurs circonvolutions en partie enchässées dans la glande à mucus, puis lorsqu'elle s’en détache, présente un calibre bien moindre, devient sinueuse et va aboutir à une poche fusiforme qui constitue la gaîne du pénis. L’organe copulateur complètement développé, est étroit, assez long et cylindrique sauf à son extrémité terminale qui est conique.

L'autre branche du conduit génital commun forme l'oviducte ; elle se renfle presque aussitôt pour constituer un canal d'un calibre assez fort qui décrit

quelques sinuosités, dans la masse des glandes de la glaire et de l'albumine et va se terminer à l'orifice vulvaire placé immédiatement en arrière de l’orifice mâle.

Quant à la poche copulatrice nous n'avons pu constater sa présence, vu le mauvais état de ces organes chez les individus que nous avons disséqués.

Appareil digeshif. — Ce système organique présente une disposition intermédiaire entre celui des Tritoniadés et celui des Æolididés.

Nous avons un bulbe buccal B globuleux, assez volumineux dont la masse musculaire est soutenue et protégée en avant et inférieurement par deux plaques mandibulaires très convexes ; de la partie supéro-postérieure du bulbe part un œsophage æ assez étroit et court, renflant bientôt pour former une très vaste cavité stomacale E qui se prolonge en pointe jusque vers l'extrémité du corps en donnant naissance sur ses côtés à des diverticulums ; la majeure partie de l'estomac, surtout en arrière, ainsi que ses prolongements latéraux sont entourés par du tissu de la glande hépatique. Nous avons essayé de représenter cet aspect dans notre figure (PI. V, fig. 20) d'ensemble, assez incomplète que nous avions faite en 1877 et qui, malgré ses imperfections, pourra servir quelque peu de guide pour des recherches ultérieures.

Le tube intestinal assez court, prend naissance sur le côté droit de la partie antérieure de l'estomac et va déboucher sur le flanc de l'animal, bien en arrière des orifices de la reproduction.

Mandibules. — Nous donnons figure 22 (PI.V) un dessin des deux mandibules placées côte à côte et vues par leur face interne ou concave. Ces organes sont courts, proportionnellement très larges et très bombés ; leur processus masticateur descend presque sur les trois quarts de leur longueur et le bord interne de celui-ci n'offre pas de denticules, mais de petits mamelons très peu élevés, en forme de petits carreaux.

La coloration de ces pièces était d'un beau jaune d'ambre.

Radula. — La langue du Lomanotus Genei, complètement étalée forme une lame quadrangulaire portant au moins une trentaine de rangées de dents; chaque rangée offre cela de particulier, que tandis que les dents des parties latérales sont assez fortes, nombreuses et très serrées, celles de la partie centrale de la radula sont petites et très espacées (fig. 23) ; ces dernières sontmême pour la plupart comme atrophiées, aussi est-il bien difficile de dire si la dent qui occupe même la ligne médiane longitudinale, est une dent rachidienne ou non. Par sa forme recourbée qui difière de celle des petites dents occupant sa

droite ou sa gauche, je crois que c'est bien réellement une dent rachidienne (mr, fig. 23, PI. V) et la formule radulaire doit donc s'écrire 35, 1, 3$ et non 32, 0, 32, comme Alder et Hancock l'ont indiqué à propos du dessin de la radula de cette même espèce qu'il donne (PI. 47. fig. 1). Cette dent médiane ou rachidienne (nm, fig. 24) est asymétrique, et c'est sans doute pour cette raison que les naturalistes anglais l'ont considérée comme une première dent latérale, mais alors ce serait une dent intermédiaire qui devrait exister de chaque côté de la ligne médiane, ce qui n'est pas. Cette dent a son bord de gauche assez fortement denté tandis que le bord de droite est lisse ; son crochet n'est pas très fort et se trouve dirigé vers le fond de la cavité buccale.

Les 7 à 8 premières dents latérales de chaque côté ne sont pas ou presque pas crochues, ce sont plutôt des lames chitineuses triangulaires {triangle isocèle) dont le sommet est très aigu et dont les bords sont fortement mais irrégulièrement dentés (fig. 24, / et l’, et fig. 26). Mais à partir de la dixième, les dents toujours triangulaires sont crochues et leurs bords dentelés se rapprochent l’un de l’autre du côté concave (fig. 24, !”, l” et fig. 25) ; la partie basilaire de ces pièces s'élargit à mesure que celles-ci augmentent de volume, ces dents arrivent à leur maximum de grosseur vers la vingtième et conservent ces dimensions jusqu’à la trentième puis vont un peu en diminuant. Le rapport de grosseur entre les dents médianes (rachidiennes et premières latérales) et les plus fortes dents latérales est de i à 7 environ.

Toutes ces pièces dentaires offraient une belle coloration jaune ambrée.

Nous ne pouvons rien dire sur la ponte du Lomanotus Genei, n'ayant pu avoir des exemplaires.

SCYLL ŒIDÉS

Corps oblong, comprimé latéralement ; voile frontal simple ; pas de tenlacules labiaux ; rhinophores grands, comprimés, auriformes, avec un prolongement clamforme perfolé au milieu de la cavité en calice. Dos assez élroit, portant de chaque côté deux larges prolongements fohacés munis à leur face interne de ramificalions dendritiques branchiales ; la parlie postérieure du corps offre une crête caudale médiane également branchifère sur ses côlés.

Pied droit, arrondi en avant, en pointe très aiguë en arrière.

Mandibules lamelleuses ayant leur long rebord maslicateur luberculeux.

Radula large. Dent rachidienne dentelée de chaque côlé ; dents latérales nombreuses ayant les deux côtés de leur cuspide plus ou moins inégalement dentelés.

Eslomac armé de pièces cornées nombreuses, en forme de lames de couteau.

Glande hermaphrodite subdivisée en un à trois lobes ; pénis inerme.

Collier œæsophagien peu étendu, constitué par les deux ganglions cérébropalléaux volumineux, accolés l'un à l’autre, et les deux ganglions pédieux pyriformes allongés, venant presque se réunir l’un à l’autre à la face inférieure de l’æsophage. Les deux ganglions buccaux sphériques, sont proportionnellement volumineux, accolés l'un à l'autre et réunis aux centres cérébroïdes par des connectifs assez courts ; ce développement assez considérable des g. buccaux est en rapport avec celw de l'appareil digeshf .

SCNELCŒA NS IEINNÉ 1768:

(Mème diagnose que celle de la Famille).

SCMPLCŒANPELAGICAS ÆINNE.

Synonymes : LEPUS PELAGICA, L.

ZOOPTERYGIUS PELAGICUS, Osbeck.

SCYLLŒA PELAGICA, L.

» » Cuvier.

(1) Etymologie : sxyAAaïtos, écueil de Sicile.

Mandibules ayant les bords internes de leur processus masticateurs avec petiis tuber-

cules. — Dents radulaires latérales déprimées, avec peu de denticules sur leurs bords.

Dimensions. — Longueur : 20 à 26 millimètres,

Largeur du corps : 6 à 7 millimetres.

Largeur du corps avec les expansions: 21 à 24 millimètres.

Hauteur : 7 à 8 millimètres.

HABITAT. — Océan Atlantique (Mér des Sargasses) ; Méditerranée ?

Nous n'avons jamais rencontré ce type le long de nos côtes méditerranéennes, mais par suite de son genre de vie un peu pélagique, il peut être entraîné par les courants qui s’établissent entre l'Océan Atlantique et la Méditerranée, et il n’est pas impossible de le rencontrer le long des côtes orientales de l'Espagne, de même que sur le littoral de l'Algérie.

M. Tiberi dans son mémoire : { Molluschi Nudibranchi del Mediterraneo, publié dans le Bulletino della Sociela Malacologia Italiana, vol. VI, 1880, indique p. 222 et 223 que cette espèce d’après Forbes se trouve dans la mer Egée à Milo, ce qui viendrait à l'appui de l'opinion que nous venons d'émettre.

PHYLLIROIDÉS

Corps très comprimé, haut, présentant en avant une région cébhalique, en forme de

lête de bœuf, et en arrière une région caudale tronquée ou atténuée graduellement. La têle est surmontée de deux longs rhinophores allongés, simples,

peu rétractiles dans une gaïne rudimentaire ; tentacules labiaux nuls. — Pas de branches.

Anus et pore rénal latéraux. — Pied nul.

Bulbe buccal volumineux, semblable à celui des Pleurophylididés ; mandibules lamelleuses, oblongues et fortes, ayant leur bord ou processus masticateur armé de très petits denticules pectinés ; mamelon radulaire haut et libre supportant une radula constituée par de nombreuses rangées de dents, chaque rangée ayant des dents médianes avec cuspide allongée, denticulée de chaque côté, el quelques dents marginales faiblement denhculées.

Organe rénal médian, sacciforme et non ramu fié.

Plusieurs glandules génitaux hermaphrodites (d'ordinaire trois) ; pérus formant un organe conique armé.

Collier æsophagien conshtué par les deux ganglions cérébro-palléaux sphériques, un peu comprimés el accolés l’un à l'autre, et par les deux ganglions pédieux, plus pelits, légèrement pyriformes, accolés aux précédents et réunis l’un à l’autre par de longues commissures sous-æsophagiennes ; les ganglions buccaux sont aussi sbhériques et accolés l'un à l’autre.

Yeux sessiles reposant sur les bords externes des centres ‘cérébro-palléaux ; olocystes volumineux, placés sur les ganglions pédieux près des connechfs cérébro-pédieux.

PHYLLIROE ®, PÉRON et LESUEUR, 1810.

Synonymes : PsiLosomaTA, Blainviile, 1825.

Eurypice, Eschscholtz, 1825.

PHYLIRINE, Mencke, 1844.

Région caudale tronquée ; sac rénal très vaste ; yeux très distincts par transparence

à travers les téguments.

(Pour tout le reste même diagnose que celle de la Famille).

(1) Paul Fischer écrit ainsi l’ortographe de ce nom « Phyllirhoe » ; son étymologie est : zukhoy, feuille, et poñ, fluide.

PEMPÉLIROENBUCEREMAIEA

Corps très transparent, d’une coloration générale jaune pâle, avec grandes taches brunes, dues à la présence des masses viscérales. Sacs hépatiques postérieurs réunis entre eux vers le milieu ; glandules hermaphrodites blanchätres inférieurement.

DiMENSIONS. — 18 à 20 millimètres de longueur. sur 7 à 11 millimètres de hauteur.

et 2 à 3 millimètres d'épaisseur maximum.

Hagirar. — Côtes de Nice et rade de Villefranche.

Ces mollusques de forme si bizarre ont été placés tour à tour dans divers groupes du Règne Animal. Rang en faisait des Tuniciers, Péron et Lesueur les mettaient dans l’ancienne classe des Ptéropodes, et Lamarck dans celle des Hétéropodes. à

Souleyet qui vers 1850 a publié sur eux une étude assez complète dans la relation zoologique du Voyage de la Bonite, est le premier qui ait reconnu leurs véritables affinités et qui en ait fait des Nudibranches.

Bergh en 1873 a complété nos connaissances anatomiques sur ces Mollusques dans son grand ouvrage sur ce groupe, publié dans la « Reisen in Archipel der Philippinen von C. Semper », et aussi en 1884 dans Île « Report on the Nudibranchiala » du voyage du Challenger.

H. von Jhering a donné une étude assez complète du système nerveux de cet animal dans la « Phylogènie et Anat. der Nervensyst. d. Mollusquen » en 1877.

N'ayant jamais pu recueillir ces animaux dans le golfe de Marseille, je n'ai pu faire sur des individus frais aucune recherche anatomique. Les deux seuls individus qu’il m'a été possible de me procurer viennent de la rade de Villefranche et m'ont été donnés en 1879 par le professeur Ulianine qui poursuivait à cette époque une étude sur la petite Méduse parasite de ce Mollusque et que Ray-Lankester a nommé Mnestra.

C'est donc aux mémoires précédemment cités de Souleyet, Bergh et Jhering que je renverrai le lecteur pour l'étude de l’organisation des Phylliroës.

TRITONIADÉS

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