‹ Recherches zoologiques et anatomiques sur les mollusques opistobranches du golfe de Marseille (volume 2)Chapitre 33 sur 56 · ALDER ET HANCOCK · texte numérisé non relu

ALDER ET HANCOCK

Corps allongé, un peu quadrilatère. Voile frontal assez grand, plus ou moins échancré en son milieu et garni de papulles.

Rhinophores rétractiles dans des gaïnes contractles, à bords réfléchis et plus ou moins découpées ; l’axe de chaque rhinophore est cylindrique, en son nulieu s’insèrent des digitalions très ramifiées, dirigées en haut et qui rendent sa parke supérieure claviforme.

Digitations des bords du manteau inégales, disposées de chaque côté en série simple, assez nombreuses, courtement pédonculées, plus ou moins ramifiées suivant leur taille.

Orifices anal et de la reproduction placés sur le flanc droit, l'anus assez en arrière, les orifices reproducleurs en avant.

Bulbe buccal volumineux ; mandibules lamelleuses, fortes, incurvées, plus ou moins allongées avec leur portion cardinale assez épaisse et leur processus maslicaleur plus ou moins développé, garni de plusieurs séries longitudinales de denticules.

Radula large ; rachis avec dent médiane déprimée peu longue mais large, ou bien longue et pyramidale ; dents latérales subdivisées en une dent intermédiaire lamelleuse crochue, et en nombreuses dents marginales unciformes.

Foie non ramifié. — Pénis allongé, cylindro-conique et inerme.

TRITONIA, Cuvier 1798.

Ventricule inerme ; bord du voile frontal garni de papilles ramufiées ; radula possédant de nombreuses dents marginales.

Ce genre n'est représenté sur nos côtes méditerranéennes que par une seule

espèce.

TRITONIA HOMBERGI, Cuvier

Mollusque de dimensions assez considérables, à surface dorsale tuberculeuse, avec les bords palléaux munis de 10 à 14 paires de houppes branchiales ramui fiées,

assez grosses mais courtes ; bord du voile céphalique garni de nombreuses digitations.

Coloration d'un gris bleuté assez foncé sur toute l'étendue du dos et d’un gris plus clair sur les parties latérales et antérieure du corps ; face plantaire d’un blanc légèrement jaunâtre. Le sommet des tubercules dorsaux offre souvent une tache blanchätre.

Les branchies et les rhinophores sont d'un blanc hyalin, un peu gris-bleuté.

Mâchoires conslituées par deux fortes lames chilineuses, près de trois fois plus longues que larges, d'un beau jaune d’ambre.

Radula ayant pour formule 140, 1,:7, 1, 140 ; denis massives ; dent rachidienne très large, courte, trilobée avec cuspide arrondie : dents intermédiaires quadrangulaires avec crochetrudimentaire dirigé vers le rachis ; dents latérales

unciformes.

Dimensions. — Longueur de 30 à 80 millimètres. Largeur de 12 à 27 millimètres.

Hauteur de 10 à 20 millimètres.

HaBirar. — Golfe de Marseille, rade de Villefranche.

Nous avons pu avoir sept à huit exemplaires de cette espèce, exemplaires de dimensions très variables puisque notre plus petit n'avait que 30 millimètres de long et notre plus long 80 environ.

Le corps de ce mollusque est proportionnellement plus massif que celui de toutes les autres espèces de Tritoniadés que nous avons étudiées, ses mouvements sont aussi plus lents.

Les individus pris dans le golfe de Marseille ont tous été pèchés dans les fonds de Zostères par 18 à 25 mètres de profondeur.

Quelle que soit sa taille, l'aspect fortement tuberculeux de sa face dorsale et la coloration gris-bleuté sombre de celle-ci, ne permettent pas de le confondre avec aucune autre espèce de cette famille.

Les rhinophores situës très en avant, près des bords du voile frontal, sont constitués par un axe cylindro-conique assez court, présentant insérées au milieu de sa hauteur un amas de courtes et délicates digitations un peu plus abondantes du côté externe. Ces tentacules sont rétractiles dans de vastes gaînes à bords dentelés.

Chacune des houppes branchiales, au nombre de 10 à 14 paires, forme un bouquet de nombreuses et courtes digitations dendritiques, finement découpées

et d’une coloration gris-bleuté très pâle.

Les orifices génitaux sont placés sur le flanc droit, plus près du dos que du pied, au niveau de la 4"* houppe branchiale ; l’orifice femelle est situé audessus de l’orifice mâle.

MS

L'anus est du même côté, mais encore plus près de la face dorsale, entre la 7": et la 8° houppes branchiales.

Mâchoires. — (PI. V, fig. 15 et 18). — Ces organes que nous avons représentés dans leur position naturelle, vus par leur face interne très concave, laissent entre eux dans leur partie moyenne un certain écartement ; chaque lame mandibulaire est près de 3 fois plus longue que large. Les bords internes de ces lames montrent dans leur moitié inférieure des denticules proéminents, volumineux comme on peut le constater sur notre dessin (fig. 18) qui en représente quelques-uns très grossis.

La coloration de ces pièces est d'un beau jaune ambré.

Radula. — Chez le Tritonia Hombergi la radula forme, lorsqu'elle est complètement étalée, une lame presque quadrangulaire, dont le bord antérieur est en pointe arrondie par suite de la forme du mamelon radulaire qui protège davantage les dents centrales que les dents marginales, lesquelles tombent facilement sous l'action du frottement de cet organe contre les bords des mâchoires.

Le nombres des rangées transversales de dents varie de 46 à 80 suivant la taille ; il en est de même aussi pour le nombre des dents latérales bien que les variations soient moins considérables ; ainsi la formule dentaire la plus forte que nous ayons obtenue, est celle de la radula d’un de nos plus gros individus, elle était 145, 1, 1, 1,145, mais chez les jeunes elle descendait à 120, 1, 1, 1,

Les dents rachidiennes -ou médianes sont courtes mais très larges (fig. 16, PI. V), épaisses, massives dans leur ensemble ; chacune d’elles peut se diviser en trois parties ou lobes se détachant un peu de la portion basilaire et se dirigeant vers le fond de la cavité buccale. Le lobe médian représentant la cuspide n'est jamais en pointe quelle que soit la rangée occupée par la dent que l’on examine, mais elle offre un bord libre très arrondi, presque droit ; les lobes latéraux donnent chacun un prolongement dirigé vers le milieu de la dent.

Les dents intermédiaires /, : constituent de petites masses chitineuses cubiques, offrant à leur face supérieure ou externe une portion lamelleuse, presque carrée, se dirigeant du bord antérieur vers le fond de la bouche ; l'angle postéro-interne de cette lame se prolonge vers la ligne médiane de la radula formant ainsi une sorte de crochet rudimentaire.

Quant aux dents latérales, toutes plus ou moins unciformes, elles ne diffèrent entre elles que par leur taille et la largeur plus ou moins considérable de leur base : leur crochet est toujours bien conformé, massif, court et très recourbé

ho chez les premières dents (/), il s'allonge progressivement et se relève chez les suivantes.

Vers le milieu de chaque demi-rangée, les dents latérales arrivent à être près de 3 fois plus longues (fig. 17) que les premières, et ces dimensions se conservent jusque vers la cent-dixième, puis elles diminuent insensiblement pour arriver vers la cent-quarantième à être moitié moindres ; les cinq à six dernières dents sont toujours déformées et en voie d’atrophie.

CANDIELLA, Gray, 1857.

Corps élancé, relativement grêle, prolongé en pointe très aiguë en arrière ; bord du voile frontal digilé. Radula avec dents marginales peu nombreuses. Eslomac (ventricule) inerme.

Ces Mollusques sont toujours de très petite taille, les plus gros que nous ayons étudiés n’arrivaient pas à un centimètre de longueur.

Le système nerveux se compose d’un collier œæsophagien assez semblable à celui des Tritonia et des Marionia, comme on peut le constater par l'examen comparatif du système nerveux central de ce dernier et celui du Candiella moesta (fig. 12 PI. V.) L'on trouve toujours deux ganglions cérébro-palléaux, trapéziformes, accolés l’un à l’autre, et sur les côtés externes de ceux-ci, les g. pédieux de forme sphérique ; des commissures assez courtes relient entre eux ces divers centres nerveux sous l'œsophage.

Une paire de ganglions buccaux ovoïdes, proportionnellement volumineux, réunis l’un à l’autre par une petite commissure, forme le point de départ du stomato-gastrique de ces Mollusques.

Les otocystes un peu lenticulaires, reposent sur les pédieux, presque au point d’accolement de ceux-ci avec les cérébroïdes ; chacun d’eux contient une vingtaine de petits otolithes en forme de grains de mil.

L'organe copulateur chez les deux espèces que nous avons étudiées avait la mème forme ; complètement développé il était cylindro-conique (fig. 13), pas très long, droit ou un peu recourbé et toujours inerme,

CANDIELLA MOESTA, BERGH.

Synonymes ? : TRITONIA LiINEATA, Alder et Hancock.

Voule frontal muni de quatre prolongements tentacularres.

Coloration générale d'un blanc chamois avec de nombreuses petites taches noir-violacé, répandues à la surface du dos et des flancs de l'animal ; ces taches se réunissent d'ordinaire entre elles pour former en avant des rhinophores deux grandes taches, en arrière une immense tache couvrant presque tout le dos, et sur les flancs une tache allongée, loules à bords très irréguliers. Chez les Jeunes individus, ces taches peuvent manquer ou êlre remplacées par une bande noire médiane dorsale qui se bifurque en avant des rhinophores, pour venir se perdre dans les parties latérales du corps.

La face plantaire est toujours blanchätre.

Mächorres présentant un peu en dedans de leur bord intérne de nombreux denticules. A

Radula ayant pour formule 13, 1, 1, I, 13.

Dimensions. — Longueur 5 à 8 millimètres.

Largeur 2 à 3 millimètres.

HaBirat, — Golfe de Marseille et Carry-le-Rouet.

Dans ces vingt dernières années nous n'avons pu nous procurer que six individus appartenant à cette espèce, individus dont la taille variait de trois à huit millimètres ; les plus petits étaient d'une teinte blanche hyaline à peine jaunâtre, avec ou sans taches ou bandes noires (fig. 11, PI. V); les autres (les adultes de cinq à huit millimètres de longueur) avaient une coloration générale blanc-jaune chamois pâle avec de grandes taches-d'un noir-violacé d'intensité variable, plus ou moins réunies entre elles (fig. 19, PI. I).

Les téguments dans les parties blanchâtres étaient assez transparents pour permettre de distinguer à travers la coloration rose-chair de la masse viscérale.

Les rhinophores portent ie long de leur axe cylindro-conique un certain nombre de digitations ramifiées assez grèles et peu nombreuses ; les gaînes sont cylindriques et assez proéminentes.

Les houppes branchiales sont au nombre de trois à quatre paires ; chaque houppe d’un blanc hyalin est constituée par queiques digitations dendritiques peu ramifiées.

Le voile frontal n'offre chez cette espèce que quatre prolongements angulaires longs, grêles et espacés.

Nous donnons (fig. 12, PI. V) un‘dessin du collier œsophagien vu par sa face

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