‹ Recherches zoologiques et anatomiques sur les mollusques opistobranches du golfe de Marseille (volume 2)Chapitre 36 sur 56 · HO · texte numérisé non relu

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Les otocystes of, of sont situés sur la face postérieure des centres nerveux du coîlier œsophagien ; ils sont intimement accolés aux enveloppes conjonctives des ganglions, mème au-dessous des connectifs cérébro-pédieux. Ces organes vésiculeux sont un peu elliptiques ; dans l'intérieur de chacun d’eux on voit s'agiter une trentaine d’otolithes ovoïdes dont la taille varie du simple au triple.

Appareil digeshf. — La région proboscidienne est très courte ; le bulbe buccal qui lui fait suite, assez volumineux et ovoïde, a sa partie la plus renflée dirigée en arrière.

Si l’on ouvre le bulbe par sa face dorsale on trouve une cavité assez vaste, offrant un revêtement épithélial violacé sombre ; à la partie antérieure de cette cavité se trouvent les mandibules ou mâchoires, et sur le milieu, occupant presque tout le plancher nous avons le mamelon charnu sur lequel s'étale une partie de la radula.

Les Mandibules (fig. 6, PI. VI) chez ce type de Tritoniadés sont proportionnellement assez grandes ; elles forment deux pièces cornées, d’une coloration jaune ambré, reliées l'une à l’autre par de nombreuses attaches fibreuses qui ne leur permettent qu'un certain écartement dans leur partie médiane. Ces deux pièces forment un organe protecteur pour toute la région antérieure du bulbe, qui se trouve logée en quelque sorte dans sa concavité. La face externe ou antérieure des mandibules est un peu bombée, supérieurement elle présente un repli accentué se dirigeant en arrière et sur la surface duquel une partie de la musculature du bulbe vient s'insérer fortement.

Les processus masticateurs sont peu larges mais longs, ils occupent environ les 5/6 de la longueur totale des mandibules ; leur bord interne (fig. 6 bis) est lisse, mais très près de ce bord, du côté de la face concave, se trouvent trois ou quatre rangées de tubercules coniques, courts et massifs; et en dedans des tubercules polygonaux aplatis.

Radula. — Cet organe complètement étalé forme une lame un peu plus longue que large, terminée en pointe arrondie en avant, tronquée sur toute la largeur en arrière.

Sur cette lame se trouvent de 2$ à 40 rangées transversales de dents, chaque rangée transversale complète ayant une formule radulaire variant de 20, 1, 1,1, 20 à 30, 30,1, 1,1, 30 Suivant la taille de l'individu. Par suite de la forme en pointe du mamelon radulaire les cinq à huit premières rangées sont incomplètes, leurs dents latérales étant tombées par le fait du frottement de l'organe contre les bords des processus masticateurs ; c'est ce qui explique la forme en pointe de la radula lorsqu'on étale complètement celle-ci.

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Plus de la moitié postérieure de cette lame, repliée sur elle-même, forme le fourreau radulaire qui est enfoncé dans la masse musculaire du mamelon lingual sans faire bien hernie à la face postéro-inférieure du bulbe.

La dent rachidienne où médiane m (fig. 7, PI. VI) est trilobée, ses prolongements dirigés vers le fond de la bouche ; elle est une fois et demie plus large que longue. Sa base d'insertion forme une lame quadrangulaire du bord postérieur de laquelle partent les trois lobes, et du côté opposé se trouve une échancrure qui se prolonge dans la masse chitineuse. Le lobe médian représentant la cuspide est une pointe conique, massive et courte, dont le sommet va se loger dans l'échancrure de la dent suivante ; les bords de cette pointe offrent de chaque côté une expansion lamelleuse, un peu sinueuse, presque irrégulièrement dentelée. Les lobes latéraux sont massifs, plus courts que la cuspide et un peu divergents ; ils sont terminés par un bord arrondi, ayant en son milieu un petit tubercule représentant une pointe avortée ; les bords internes de ces lobes sont également lamelleux et un peu sinueux.

Les deux dents intermédiaires : en forme de crochet court et massif, tournées vers la dent médiane, possèdent sur leur bord interne ou concave des expansions lamelleuses qui compliquent la forme de ces pièces.

Les dents latérales sont assez allongées, relativement grêles, unciformes, de grandeur variant avec le rang qu'elles occupent, la première étant près de la moitié moins longue que celles qui occupent le milieu de la demi-rangée.

Toutes ces pièces sont chez le M. Blainrillea d'un beau jaune ambré, sauf les dernières, celles qui occupent l'extrémité cœcale du fourreau qui sont d’une teinte plus ou moins pâle suivant l'époque de leur formation, les plus pâles étant celles de date plus récente.

Sur les parties latéro-dorsales du bulbe viennent déboucher les deux glandes salivaires ; ces organes forment sur les côtés de l’œsophage deux corps blanchâtres, assez allongés, aplatis, à bords très sinueux, adhérant aux parois œsophagiennes par l'intermédiaire de fibrilles conjonctives qui se brisent à la moindre traction (fig. 4).

L'œsophage en quittant le bulbe, se dirige en arrière et un peu à gauche jusqu’au moment d'arriver à la masse hépatico-hermaphrodite ; lisses à l'extérieur, ses parois offrent intérieurement de nombreux plis longitudinaux qui permettent à ce tube lorsqu'il est plein de débris alimentaires de prendre, inférieurement surtout, un calibre deux ou trois fois plus considérable pour former une sorte de jabot. Les tissus du début de l'œsophage sont opaques et d'une belle teinte jaune orangée due à la présence, dans leur épaisseur, de nombreux petits corpuscules de cette couleur (fig. 9), qui sont ensuite plus rares et disparaissent mème ; les parois deviennent alors assez hyalines et prennent une coloration jaune pâle.

Le tube digestif, arrivé contre la face antérieure, un peu concave, de la masse hépatico-hermaphrodite, décrit une courbe qui passe au-dessus de l’œæsophage, puis se dirige à droite et en arrière, longeant les parois du corps jusqu'au moment d'atteindre l’orifice anal (voir le dessin de la page 108).

Au début de la courbe un tube de très fort calibre, espèce de diverticulum stomacal, sortant de la masse hépatique, vient s'ouvrir dans cette région ; c'est dans ce tube que débouchent les conduits biliaires de cette portion du foie, quant au conduit excréteur du petit lobe hépatique placé en avant, il s'ouvre directement dans le fond du jabot, au-dessus du gésier.

Ce dernier (G, p. 108) n’est guère plus large que les parties voisines, mais ses parois offrent extérieurement une enveloppe de muscles annulaires destinés à faire mouvoir les pièces internes. En fendant longitudinalement ces parois et après les avoir étalées, on met ainsi à découvert une quarantaine de plaques cultriformes (fig. 5", a), disposées parallèlement dans le sens de la longueur du tube digestif ; ces plaques, presque toutes de même dimension, sont implantées sur les parois internes de cette région, assez serrées les unes contre les autres, chaque plaque complètement développée occupant toute la longueur du gésier ; entre elles, surtout vers les bords postérieurs, un certain nombre de petites plaques viennent combler les vides. Ces plaques sont de nature cornéechitineuse, d'une coloration ambrée très sombre, souvent noire à leur partie supérieure.

Si la consistance et la nature de ces pièces stomacales sont ici semblables à celles des Aplysia et des Scyllæa, il n’en est pas ainsi de leur forme comme on peut le constater sur nos dessins de la figure 5°" qui en représentent une vue de face et en coupe transversale, et de la figure 5 qui en offre une plus petite et incurvée ; ce sont des corps lamelleux, un peu plus larges à leur base, aplatis d'ordinaire à leur sommet, offrant des plis longitudinaux et de fines stries transversales d’accroissement à leur surface ; les petites plaques ont leur sommet tranchant et sont d’une coloration ambrée plus pâle.

L'intestin offre souvent un calibre presque aussi fort que celui du gésier, sauf même à son extrémité qui est rétrécie. À l'intérieur, cette région présente dans sa partie moyenne un fort repli (fig. 3) flottant dans la cavité intestinale, repli nommé typhosolis, constituant une sorte de valvule légèrement en spirale, pourvue d’un sillon longitudinal, destinée à ralentir la marche des aliments pour en faciliter la digestion. Cette disposition anatomique assez curieuse ne se trouve que chez un petit nombre d'espèces de Nudibranches appartenant à la famille des Tritoniadés.

Le foie chez le Marionia Blainvillea est divisé en deux lobes très inégaux, disposition assez semblable à celles des Scyllœa ; l’un des lobes, très volumineux, de forme conique, est à peu près complètement entouré par les

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