‹ Recherches zoologiques et anatomiques sur les mollusques opistobranches du golfe de Marseille (volume 2)Chapitre 6 sur 56 · DD · texte numérisé non relu

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Reboul, plus spécialement chargé des détails administratifs, s’occupait en dehors de ces fonctions, de l'arrangement des diverses collections dans les vitrines sous la direction du Directeur ; il le faisait avec une habileté que tout le monde appréciait.

Le personnel du Museum comprenait done en ce moment un Directeur, deux aide-naturalistes, un préparateur et deux surveillants (l'un des deux était attaché à l'établissement comme concierge).

A la mort du D' Reynès, après un intérim de trois mois confié à un des aides-naturalistes (Reboul;, la direction du Museum fut donnée le 1°" Juin 1877 à M. Ed. Heckel, professeur de Botanique à la Faculté des Sciences de Grenoble mais qui fut nommé en Novembre de la mème année professeur de cette même partie à la Faculté des Sciences de Marseille, en remplacement du professeur Derbès qui venait de prendre sa retraite.

Le professeur Heckel par ses voyages en Extrème-Orient, en qualité de pharmacien de la Marine, avait pu étudier et examiner sur place un grand nombre de types exotiques, aussi il développa beaucoup les collections des animaux de ces régions. Il fit don au Museum d'une partie de celles qu'il avait rapportées de la Nouvelle-Calédonie et de l'Archipel Malais.

Grâce aussi à son esprit d'initiative et par ses nombreuses relations dans le corps des officiers de la marine (Aubert, Thoulon, Marie,.….) il put augmenter les collections d'un grand nombre de types de nos colonies.

Sous sa direction le Museum reçut entr'autres dons : un Cheiromys ou Aye- Aye ® de Madagascar que M. Roux de Freycinet lui fit parvenir dans l'alcool ; un autre individu (à) de ce rarissime Mammifère fut donné en 1878 par la Société de Géographie de Marseille. Le prince de Schwartzenberg envoya en 1879, sur la demande de M. Heckel, une série complète d'échantillons de ses mines de graphite de la Bohème.

La bibliothèque du Musée s'enrichit de nombreux ouvrages (grands Voyages autour du Monde, publications de Grandidier, Gratiolet, Pouchet, Rivière, … ; diverses cartes,) qui lui furent donnés par les Ministères de l'Instruction Publique (livres envoyés le 4 mai 1878), des Travaux publics (11 livres, 3 atlas et 10 cartes géologiques, le 30 mai 1878), et de la Marine (;o volumes et 13 atlas, en 1879).

Ajoutons à cela quelques achats (squelettes d'Ornithorynque, d'Hippopotame, un Aptéryx..…) qui vinrent combler des lacunes importantes des collections.

M. Heckel aurait bien voulu décider la Ville à créer une publication dépendant du Musée (lettre du 3 Mai 1878), mais il ne put arriver là faire inscrire au budget de 1879, cette dépense qu'il estimait à 4000 francs par an.

C'est sous sa direction que fut créé, d’abord en Juillet 1878, un poste de

Conservateur, fonction alors intermédiaire entre celle du Directeur et celle des aides-naturalistes ; ce poste fut confié à M. Gandolfe, amateur naturaliste qui ne l’occupa que deux ans à peine (Juillet 1878 au 15 Janvier 1880). Un aide-préparateur, M. Aubert, fut donné au préparateur pour faciliter sa tâche.

Le budget du Museum, par suite de l'augmentation du personnel, se trouvait ètre en 1879 de 24 650 francs répartis de la manière suivante :

Directeurs siucobene TL Re MP Fr. 3.000 » (indemnité de logement)......... 1.000 CONS VALEURS MAMAN EE EURE Siren 3.000 2 Aides-Naturalistes à 1.500 francs ...... 3.000 PRÉIRIQUTE 6 5000006 de er RE ENT 1.500 Garden Eee te Re RE RS 1.200 CONCICRTE RC PER TES NEA An 1.100

13.000 Dépenses pour le nettoyage des salles. ..... Fr. 2.650 Paboraloite Aer DRE I ENS OS 1.500 AChatiponmeolections Per ARMES 3.000 ACTE CO NMTESS HOT es UE 2.600 @hautacere semer SAR SR à 300 Habillements du Gardien et du Concierge... 600

MOtal er RE COSO

Ce budget fut réduit en 1880 à 22.600 francs par suite d'une diminution de 4 à 500 francs sur l'entretien des salles et de 1.500 francs sur les achats de collections ou de livres.

Au commencement de janvier 1880 le personnel du Museum subissait des changements ; la direction était donnée au professeur Marion, M. Heckel ayant démissionné à la suite de sa nomination de professeur à l'École de Médecine, et quelques jours après Gandolfe, Conservateur, mourait et était remplacé par le professeur A. Derbès.

Sous l'impulsion donnée par son nouveau Directeur, qui était à la fois un zoologiste et un paléontologue très distingué, le Musée subit quelques transformations que nous allons faire connaître, surtout avec l’aide de nos souvenirs, vu leur date récente, plutôt que par l'examen des papiers administratifs ; ces derniers sont peu nombreux malgré la longue durée (20 ans) de la direction

Marion. Il est regrettable, comme je le disais plus haut au sujet de la gestion

= Pi —

Barthélemy, qu'un copie de lettres ne soit pas tenu, car c'est le seul moyen de se rendre compte dans la suite de la marche de certaines affaires (achats, sub- VEntiOns, 1).

Dès son arrivée au Museum le professeur Marion voulut surtout développer autant que possible les collections locales de toutes sortes, zoologiques et paléontologiques ; il commença donc à consacrer à celles-ci deux des salles latérales. La salle des Oiseaux de Provence, pourvue d'un certain nombre de vitrines, reçut tous les types d'Invertébrés que l'on possédait, et le nombre de ceux-ci s'accrut assez avec l’aide des ressources du Laboratoire de Zoologie Marine de la Faculté des Sciences, et aussi avec le concours de divers amateurs (Sollier, -Artuftel, A Denans, )e

La salle placée au-dessous (au 1° étage) fut destinée à recevoir les collections paléontologiques de la région provençale ; ces collections s'augmentèrent rapidement au moyen de dons nombreux de fossiles faits par Marion lui-même et par plusieurs de ses amis ou élèves, MM. Gabriel, Gourret, Guichard, Mazel, Penot, Roule,.....

Grâce à ses démarches et avec l'appui de son ami Félix Morges, adjoint des Beaux-Arts, il obtint de la Municipalité en 1882 le vote d'un crédit annuel de 4.000 francs destiné à la publication des Annales du Musée d'Histoire Naturelle de Marseille ; cette création lui permit de donner au Museum une importance scientifique comparable à celle que possèdent seuls les grands établissements de ce genre des capitales de l'Europe.

Par l'échange de cette publication avec celles des Museums, Universités ou Laboratoires français et étrangers, notre bibliothèque a pu s'enrichir d'un très grand nombre d'ouvrages périodiques ou non, dont l'achat nécessiterait un budget spécial d'une somme supérieure au crédit aflecté à l'impression des

Annales. ,

Pendant la direction Marion quelques achats et dons importants ont ëêté

faits

ΰ Achat de rombreux ossements fossiles, à M. Alfred Chateminois, d’Apt (Vaucluse), provenant des carrières Eocènes de Ladebruge. Ces couches situées près d'Apt représentent dans le Midi de la France les couches à Palæotherium de Montmartre étudiées par Cuvier. Un premier lot d'osse-

ments a été acheté en 1880 et un second en 188

DAT 2° Don des collections de Madrépores, d'Eponges et de Minéralogie, réunies par Alphonse Baux, et données au Museum par ses héritiers en Janvier

3° Achat en 1696 de la collection des coquilles marines et terrestres de la Provence, formée par Marius Sollier, collection snrtout très intéressante par son caractère essentiellement régional.

4" Don de belles collections conchyliologiques, fait au Museum par le Docteur Hagenmüller en 1897. Parmi ces collections la plus intéressante est celle des coquilles terrestres et fluviatiles de l'Europe méridionale et du Nord de l'Afrique. Ces coquilles recueillies en grande partie par Hagenmüller étaient destinées à être utilisées par ce naturaliste pour la publication d'un grand ouvrage sur la faune malacologique de ces régions.

5’ Don de la bibliothèque scientifique et de l’herbier de Gaston de Saporta. Cette donation faite par les héritiers du grand paléontologue est très précieuse pour le Museum dont les collections sont très riches en empreintes végétales encore indéterminées ; cette bibliothèque facilitera l'étude et la détermination de ces nombreux fossiles végétaux.

6° Divers dons faits par Marion lui-mème, à différentes époques (1880 à 1900), de nombreux objets préhistoriques recueillis par lui dans les environs de Marseille, et aussi d’une grande quantité de fossiles (empreintes végétales des argiles de Marseille, ossements divers, ..... ).

Nous devons signaler encore parmi les dons faits au Museum pendant cette période : :

Un lot assez important d'animaux et de coquilles de l'isthme de Panama, fait par M. Aiïllaud en 1886;

De nombreux fossiles de diverses localités donnés par MM. Gabriel et Gourret ;

Un squelette de Dinornis,fait par le Museum de Vienne en1889, fossile d'une grande valeur et d’une importance scientifique considérable.

Une collection de poissons fossiles de Monte-Bolca (couches marines éocènes) provenant d'un échange avec le Musée d'Histoire Naturelle de Nimes, fait line collection de 74 poissons des Canaries, donnée en avril 1894 par M. Armand Albert.

À la mort de Marion (23 janvier 1900), la direction du Musée a été divisée entre MM. Vasseur et Vayssière, professeurs à la Faculté des Sciences ; les sections de Géologie, de Minéralogie et d'Ostéologie ont été confiées à M. Vasseur ; celles de Zoologie générale, de Zoologie appliquée et d'Anatomie, à M. Vayssière.

Pour faciliter la marche du service, quelques modifications ont dû être apportées dans la répartition des différentes collections, modifications que j'indiquerai plus loin dans le rapport sur le fonctionnement de la section Zoologique du Museum, du 1° septembre 1900 au 1° août 1901.

Tels sont les renseignements que nous avons pu recueillir sur la création du Musée d'Histoire Naturelle, sur son développement et sur ses nombreuses transformations. Bien qu'incomplets, nous pensons avoir fait œuvre utile, car il nous a été possible dans cet Historique, de faire revivre les personnalités qui, à différentes époques, ont tâché de développer à Marseille le goût des Sciences Naturelles, en travaillant à l'augmentation de ce Museum qui, à juste titre, peut ètre considéré comme l'un des plus importants de la France.

Nous terminerons cette esquisse historique par la liste de tous les fonctionnaires qui ont collaboré au développement du Musée, puis nous donnerons les notices biographiques des trois premiers Directeurs (Polydore-Roux, Barthélemy-Lapommeraye et Reynès), et celle d'un conservateur (A. Derbès).

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