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FAMILLE DES ACTÆONIDÆ
Mollusques rétractiles dans leur coquille ; disque céphalique sans tentacules, parapodies nulles, pied développé et muni en arrière d’un opercule pouvant fermer l’ouverture de la coquille. Radula multisériée, sans dent centrale, dents latérales nombreuses et toutes semblables.
Coquille externe, enroulée, conoïde à spire déprimée ou saillante, tours assez nombreux.
GENRE ACTÆON, MonTroRT, 1810.
Synonymes : TorNATELLA, Lamarck, 1812.
Dacryzus, Schum MoxoprycMa, Léa.
SPeo, Risso, 1826.
ANIMAL peu coloré. Tête tronquée et légèrement échancrée en avant, munie a'un disque céphalique qui se bifurque postérieurement et dont les lobes ainsi formés sont libres et vont en divergeant ; vers la base de ces lobes se trouvent les yeux. — Manteau rudimentaire, caché par la coquille. — Pied oblong operculigère ; parapodies (ou lobes latéraux) légèrement réfléchies sur la coquille.
Radula (1) membraneuse, large, n'offrant pas de dent médiane, mais seulement de très nombreuses petites dents latérales, de même forme et de même grosseur.
Coquizee solide, oblongue, avec sillons spiraux ; l'ouverture, longue et étroite, est arrondie en avant ; columelle avec un pli tortueux très prononcé.
L’opercule corné, étroit, lamelleux avec une petite spire terminale.
ACTÆON TORNATILIS, Linwé.
Synonymes : VocurTa Tornarizis, Linné-Gmelin. TorNaTELLA Fascrara, Lamarck, 1812.
Speo Brrascrara, Risso, 1826.
Je ne puis rien ajouter à la diagnose générique de l’animal, attendu que je (1) C’est, d’après l’ouvrage de O. Sars, Mollusca regionis artice Norvegiæ, que nous donnons
la description de la radu/a de l'Actæon. Cet animal ne doit pas posséder de w4choires, car M. Sars ne signale pas leur présence.
n’ai jamais eu à ma disposition que des coquilles vides et souvent roulées, prises sur divers points de notre littoral.
La coquille est cylindrique, conique supérieurement, complètement opaque et assez solide; elle présente de 6 à 7 tours de spire, mais le trou inférieur constitue à lui seul plus des quatre-cinquièmes de la longueur totale.
Sa coloration générale est rosée pâle, avec une ou deux bandes transversales plus claires; chez certains individus, la teinte est plus foncée et tire sur le brun.
Toute la surface de la coquille est sillonnée de stries transversales nombreuses et assez marquées, paraissant être régulières, mais qu’un examen à la loupe montre sinueuses et fréquemment interrompues par les stries longitudinales d’accroissement. Les tours de spire sont en outre séparés par un sillon bien marqué.
L'ouverture de la coquille est grande et occupe presque toute la largeur du dernier tour, ce qui fait près des trois quarts de la longueur totale de la coquille; cette ouverture est longue, un peu pyriforme, arrondie en avant. La columelle présente un seul pli tortueux très prononcé.
On recueille ces coquilles dans la rade de Fos, près des Martigues, soit sur la plage après les mauvais temps, soit en draguant sur les fonds sableux.
Nous ne l'avons jamais rencontré dans le golfe de Marseille, ni dans la rade de Villefranche; cependant plusieurs collections présentent des exemplaires péchés vivants ou morts sur notre littoral. (Collection de M. Artuffel à Marseille ; Musée d'Histoire Naturelle de Nice.)
FAMILLE DES BULLIDÆ
Mollusques à disque céphalique sans tentacules et à parapodies dév eloppées. Radula multisériée dent centrale trapézoïde, dent intermédiaire recourbée à bords pectinés, dents latérales plus ou moins nombreuses falciformes et à bords simples.
Coquille externe, globuleuse, à spire déprimée ou peu saïllante.
Genre BULLA, KzEiw, 1753, et LINNÉ, 1759.
ANIMAL rétractile dans sa coquille. Disque céphalique échancré en avant, bifurqué en arrière ; sous les parties postéro-latérales des bords du disque existent de chaque côté une dizaine de lamelles olfactives simples. Yeux distincts.
Manteau recouvert par la coquille, rudimentaire si ce n'est en arrière où il forme un bourrelet très charnu qui, passant sous le corps de l'animal, s'avance sur près de la moitié de sa longueur. — Pied peu étendu, maïs très musculaire, formant presque un carré dont le bord antérieur serait légèrement arrondi: celui de derrière irait un peu en pointe du côté droit de l'animal et les bords latéraux relevés constituent deux par apodies peu étendues, mais épaisses.
Branchie placée sous le rebord droit du manteau, dans une sorte de cavité; en arrière de son point d'insertion se trouve l'anus, en avant et un peu au dessous l'ouverture génitale ; celle-ci est reliée par un sillon à l'orifice du pénis situé sur le côté droit de la tête.
Mächoires composées de deux lames placées sur les côtés de l'entrée de la cavité buccale et constituées par de petits bâtonnefs chitineux.
Radula lamelleuse ayant pour formule 2, 1, 1, 1, 2. Gésier armé de trois grosses plaques cornées, épaisses et allongées, en avant et dans l'intervalle desquelles se trouvent six petites lames cornées disposées par paire.
CoouiLce de nature calcaire, solide et opaque; de forme ovale et plus ou moins globuleuse enroulée. Spire concave et ombiliquée assez profondément. Ouverture de la longueur de la coquille, bord externe tranchant, columelle lisse.
BULLA STRIATA, BRUGuIÈRE.
ANIMAL d'une coloration noir violacé ou gris foncé, due à la présence d'une multitude de ponctuations ou de petites taches noirätres disséminées sur un fond général jaune paille.
Mächoires constituées par de petits bâtonnets chitineux prismatiques à 5 ou 6 faces.
Radula longue et étroite composée d'une trentaine de rangées de dents; la formule est 2,1,1,1,2; la dernière dent latérale de chaque côté est toujours atrophiée.
CoquiLe calcaire et très solide; extérieurement d’ane teinte gris brundätre avec de nombreuses marbrures très foncées, intérieurement blanche ou légèrement grise. De forme ovale-globuleuse, enroulée; son dernier tour étranglé en son milieu rend le bord externe un peu sinueux. Stries d'accroissement assez sensibles. Près du sommet de la coquille (ou partie postérieure) et surtout près de son extrémité antérieure, nous voyons un certain nombre de stries ou rainures transversales, concentriques et plus ou moins accentuées qui ont valu à cette espèce sa dénomination de striata. 4 sa surface externe se trouve souvent un épiderme, d'une teinte jaune de rouille, intimement uni au test.
N'ayant pu recueillir aucun individu vivant sur nos côtes, nous nous sommes adressé à M. le professeur Dorhn, directeur de la station zoologique de Naples, pour en avoir quelques exemplaires. Cet éminent naturaliste a bien voulu nous en adresser dans l'alcool six individus pêchés dans le golfe de Naples. Nous le prions de bien vouloir agréer tous nos remercîments pour son obligeance qui ne nous a jamais fait défaut dans maintes occasions.
Notre désir de disséquer quelques individus de cette espèce tenait à ce que nous voulions montrer que les caractères génériques des Bu/la différaient notablement de ceux des Hamine a, comme nous avions pu le constater dans de précédentes recherches. Jusqu'à ce jour, les espèces de ces deux types étaient placées dans le même genre ou bien on faisait des Haminea un sous-genre dépendant des Bulla. Nous croyons qu’il faut les séparer complètement, tout en laissant ces deux genres dans le voisinage l’un de l’autre.
Concernant la description générale du corps, nous n’avons rien à ajouter aux diagnoses données plus haut, si ce n’est sur la forme de leur organe respiratoire.
La branchie, enfermée dans une grande cavité sous-palléale, est composée de 20 à 25 paires de houppes branchiales disposées de chaque côté d’une membrane falciforme; cette membrane étant retenue aux téguments dorso-latéraux
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de droite sur près de ses deux tiers postérieurs, l'organe respiratoire ne se trouve donc libre que dans son tiers antérieur qui est toujours un peu recourbé en dehors. [1 résulte de cette disposition que la branchie n’est jamais visible à l'extérieur, si ce n’est à son extrémité libre qui peut arriver à dépasser parfois le rebord droit du manteau.
Nous avons voulu nous assurer de la forme du pénis et de la glande qui l'accompagne. Le pénis est inerme ; il consiste en une masse charnue, cylindrique, arrondie à son extrémité et placée au fond de la cavité ou gaîne péniale dont elle occupe à peine le quart de l’espace. Son extrémité, dépourvue de toutes traces de crochets chitineux, présente un orifice qui se prolonge postérieurement sous la forme d’une rainure longitudinale. Au fond de la gaîne, par suite en arrière du pénis, nous avons la prostate ; cette glande offre extérieurement l'aspect d'un corps cylindro-conique sinueux, terminé en un cœcum d’un diamètre sensiblement moindre que celui de la partie antérieure; cette extrémité est rattachée aux parois latérales de droite de la cavité générale du corps par deux ou trois fortes bandes musculaires.
Nous avons donné (fig. 3), le dessin d’un des organes olfactifs; ces organes, constitués par 8 à 10 lamelles assez épaisses, placées sous les bords latéraux du disque céphalique, sont moins développés que chez les Haminea.
Méchoires. — Les mâchoires forment sur les parties latérales de l’entrée de la cavité buccale deux lames triangulaires, ou mieux en forme de croissants, assez écartées l’une de l’autre, aussi bien à la face supérieure qu’à la face inférieure.
Ces lames, d’une teinte jaune d’ambre très foncé, sont constituées par de petits bâtonnets chitineux prismatiques à cinq ou plus souvent six faces; ces corps, très serrés les uns contre les autres, donnent à la surface interne des mâchoires un aspect de mosaïque composée d’hexagones ou de pentagones.
En examinant sous un assez fort grossissement ces bâtonnets, on remarque qu'ils sont formés de fibrilles longitudinales, un peu sinueuses.
Radula. — Si Von étale complètement la radula, on constate qu’elle forme un ruban près de trois fois plus long que large, composé d’une trentaine de rangées de dents.
Chaque rangée présente une dent médiane où rachidienne, de chaque côté de laquelle nous trouvons trois dents latérales qui peuvent se décomposer en une dent intermédiaire et en deux dents latérales proprement dites. La formule dentaire doit donc être écrite 2, 1, 1,1,2 et non 1,2, 1, 2, I. comme on la présente d'ordinaire.
La dent wédiane, d’une teinte jaune d’ambre clair, est courte et très large;