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sa base ou point d’insertion est constituée par une lame légèrement trapézoïde sur laquelle se trouvent plusieurs denticules (fig. 1, 4), placés symétriquement par rapport à un denticule médian peu développé. Ces divers denticules latéraux, au nombre de trois ou quatre de chaque côté, vont en diminuant de grosseur de la partie centrale vers les bords; ils sont d'ordinaire simples, mais on en observe aussi de bi et même trifurqués.
La dent intermédiaire (fig. 1 à) est moins large que la médiane, mais beaucoup plus longue et plus épaisse; sa coloration est d’un jaune d’ambre accentué. Elle est assez crochue et en même temps inclinée vers la dent médiane; sur chacun des deux côtés de son denticule terminal lancéolé, nous trouvons quatre denticules ayant leur pointe dirigée vers le sommet de la dent.
Enfin, les deux dents /atérales, de force très différente, semblent de prime abord être tout à fait dissemblables ; cependant, en examinant avec attention la deuxième dent latérale, on remarque bientôt dans cet organe atrophié, d’un jaune pâle, la forme générale de la première. Celle-ci (fig. 1. c), recourbée comme la dent intermédiaire et presque aussi grande qu’elle, présente l’aspect d’une crête de coq munie de sept à huit denticules; elle est d’une coloration jaune d’ambre assez foncé.
Comme on le voit, la structure de la radula de la Bulla s'éloigne considérablement de celle des Haminea et ne s’appuierait-on que sur ce seul caractère qu'il serait suffisant, selon nous, pour séparer les Haminea du genre Bulla.
Gésier. — Dans l’intérieur du gésier, nous trouvons trois grandes plaques cornées, fort épaisses et d’une teinte brun noirâtre à leur surface interne. Il est assez difficile de bien décrire leur forme; aussi nous renverrons le lecteur aux dessins de face et de profil, que nous en donnons, figures 4 et $, en nous contentant d’ajouter qu’elles sont enchâssées dans l'épaisseur des parois très musculaires de cet organe et disposées toutes trois parallèlement, de manière à occuper la majeure partie de l'étendue de la cavité stomacale.
Un peu au dessus de ces trois fortes plaques cornées et placées entre elles, nous distinguons six petites pièces de même nature, lamelleuses et disposées deux par deux. Dans notre figure 5, nous avons représenté deux de ces petites pièces dans leur position naturelle au dessus et entre deux des grosses plaques.
Coquille. — Nous n'avons rien à ajouter à la description de l’organe testacé que nous donnons plus haut dans notre diagnose spécifique; le plus souvent, les coquilles ramassées sur nos côtes étaient un peu roulées et certains de leurs caractères, les stries principalement, se trouvaient en partie effacés.
Si nous donnons cette espèce comme habitant les côtes méditerranéennes de la France, bien que nous ne l’ayons jamais prise vivante nous-même, c’est que plusieurs naturalistes ont signalé son existence en divers points (Vérany à Nice, Martin à Martigues) et que sa coquille se trouve assez fréquemment le long de tout le littoral.
La Bulla striata est plus spécialement abondante dans la partie méridionale de la Méditerranée et le long des côtes de l'Italie et de l'Espagne. Ainsi, Cantraine a signalé cette espèce comme très commune parmi les Algues près du môle de Livourne; Philippi (ouvrage de 1836) dit qu’elle est très fréquente sur les côtes de la Sicile, et dans son second ouvrage (1844) précise les localités de la Sicile où elle se trouve abondante (Catane, Panormi), et ajoute qu'elle est assez rare dans le golfe de Naples.
C’est dans cette dernière localité que les individus que M. le professeur Dorhn nous a envoyés, ont été pêchés.
On la rencontre près du port d'Alger où elle paraît être abondante et sur divers autres points du nord de l’Afrique (d’après Monterosato).
Son aire géographique paraît s'étendre bien au-delà de la Méditerranée ; cette espèce a été rencontrée dans presque toutes les mers (Océan Indien, Mer des Antilles, Océan Pacifique) et présente toujours aussi nettement les mêmes caractères externes et internes sans variations sensibles, comme nous avons pu nous en assurer sur des individus provenant du voyage de l’ÆAstrolabe (1827-1830). Aussi peut-on dire avec À. d’Orbigny (1), que la Bulla striata est cosmopolite.
BULLA UTRICULUS, Broccui.
Dans les fonds vaseux du golfe de Marseille, à plus de cent mètres de profondeur, il a été trouvé à deux reprises une coquille roulée appartenant à cette espèce.
La coquille, d’une teinte blanc jaunâtre, d’une forme analogue à celle de la Bulla striata, mais plus ovale et beaucoup plus petite (sept à huit millimètres de longueur), présente, comme chez cette dernière espèce, à ses deux extrémités, des stries transversales très marquées; en dehors de ces stries et constituant son caractère distinctif, se trouvent sur toute sa surface externe de nombreux petits trous analogues à ceux d’un dé à coudre. Ces trous, serrés les uns contre les autres, sont placés suivant des lignes transversales, parallèles aux stries des extrémités. Ce caractère est assez marqué, même sur des coquilles un peu roulées, pour permettre de reconnaître facilement cette espèce.
L'ouverture, de toute la longueur de la coquille, présente un bord externe très tranchant et une columelle lisse.
(1) A. »'Ormicny. Voyage dans l Amérique Méridionale, t. V, 3° partie : Mollusques, pag. 211.