‹ Recherches zoologiques et anatomiques sur les mollusques opistobranches du golfe de MarseilleChapitre 38 sur 84 · BULLÉENS · texte numérisé non relu

BULLÉENS

A. Actæon 2.

a) Conformation extérieure et enveloppe générale du corps. — L'animal n’a été représenté, jusqu'ici, que contenu dans sa coquille : par Philippi 5 et par Forbes et Hanley #. De sorte que la tête et le pied en sont seul connus.

La coquille enlevée (fig. 1), le manteau présente cette particularité, qu'un cæcum glandulaire, très large à son origine, s’en détache dorsalement vers l’angle postérieur de son bord libre et s’enroule en spirale avec le tortillon viscéral (fig. 6, iv — dans la fig. 1, d’après un animal en alcool, ce cæcum

! J'ai réuni les diverses formes en groupes qui m'ont paru convenables pour subdiviser les Opisthobranches et qui se définissent par leurs noms mêmes : Bulléens, Aplysiens et Pleurobranchiens pour les Tectibranches; Tritoniens, Doridiens, Éolidiens et Élysiens (— Sacoglosses s. str.) pour les Nudibranches.

2? L'espèce étudiée est A. fornatilis Lam. ; provenance : Méditerranée.

3 Parupri, Zoologische Bemerkungen (Arcu. r. Narurcescn., 1841, pl. V, fig. 10.) — C'est cette figure qui est reproduite par Adams (The genera of recent Mollusca), Jeffreys (British Conchology), Bronn (Die Klassen und Ordnungen der Weïchthiere) et par les divers traités de conchyliogie.

+ Forges et Hanxzey, À History of the british Mollusca and their shells, pl. VV, fig. 7b.

est fort contracté). La cavité de ce cæcum, continue avec la chambre palléale, est incomplètement partagée par deux cloisons opposées faisant saillie dans son intérieur et dont l’arête est ciliée (fig. 5). La plus grande de ces deux cloisons (ventrale) se prolonge sur la face inférieure de la cavité palléale, jusque vers le bord extérieur.

Au plafond de la chambre palléale est une glande muqueuse, « hypobranchiale », semi-lunaire (déjà indiquée) !, entre la branche et le bord libre du manteau; sa structure est celle du même organe chez Bulla (voir plus loin). L'ouverture palléale est tout entière au côté droit de la ligne médiane antéro-postérieure (fig. 9). Le bord inférieur de cette ouverture est postérieurement limité par un lobe saillant et aigu (fig. 1, 15 4, 15 9, 1v), qui prend un développement plus considérable dans la plupart des autres Bulléens (fig. 16, 22, 33).

b) Système nerveux el organes des sens. — Le système nerveux esl caractérisé essentiellement par les trois faits suivants :

«) Torsion de la commissure viscérale (fig. 3 et 7);

6) Situation du « collier œæsophagien » en avant du bulbe buccal;

7) Fusion des ganglions pleuraux avec les cérébraux.

Les ganglions cérébraux sont éloignés lun de l’autre et unis par une commissure antérieure au bulbe et recouverte par les glandes buccales (fig. 7). Chacun d’eux est fusionné avec le pleural correspondant, comme le montrent la commissure viscérale (fig. 3, x11) naissant des masses cérébro-pleurales et les deux connectifs pédieux (fig. 3, nr et xix) qui en sortent de chaque côté. Une section longitudinale (fig. 2) fait voir les deux centres fusionnés encore assez distincts.

Les ganglions pédieux sont écartés et, comme les cérébraux , situés en avant du bulbe buccal. Outre la grosse commissure pédieuse proprement dite (fig. 3), ils en possèdent une seconde, plas mince (xvr), dont sort un filet nerveux, à gauche de la ligne médiane. Le ganglion de droite donne

l PELSENEER, Report on the Pteropoda (Anatomy) (Zoo1. CHALLENGER Exrenir., part LXVI, pl. 1, fig. 6, a).

RECHERCHES SUR DIVERS OPISTHOBRANCHES. i!

un gros nerf au pénis; du connectif pleuro-pédieux nait de chaque côté un petit tronc nerveux : celui de droite paraît contribuer à linnervation du pénis (fig. 3, 1v).

La commissure viscérale est tordue ; sa branche droite passe au-dessus du tube digestif (fig. 7, 1x), de droite à gauche : elle présente, peu après sa naissance, un petit renflement ganglionnaire allongé (fig. 3, vi), dont sort un nerf dorsal; elle arrive, plus en arrière et à gauche, au ganglion supraintestinal assez gros, qui occupe le point le plus à gauche de cette branche (fig. 3, vit; 7, x). De ce ganglion nait postérieurement un gros nerf branchial, avec un renflement (osphradial) dans le manteau à la base de l'axe branchial. Après le ganglion supra-intestinal, la commissure viscérale se continue en arrière, plus mince; à partir du côté gauche de ce centre, elle oblique légèrement à droite, toujours au-dessus de l’œsophage, puis passe à droite de celui-ci, où elle arrive à un ganglion placé sous le conduit génital (fig. 3, x1). À ce ganglion aboutit également la branche gauche de la commissure viscérale, qui part du ganglion cérébro-pleural gauche, passe sous le tube digestif, de gauche à droite, présente sur son parcours un ganglion très petit avec un nerf palléal (fig. 3, xv), puis arrive à un gros ganglion « infra-intestinal » donnant un nerf palléal à droite, et continue en arrière, à droite de l’æsophage, jusqu’au ganglion abdominal (fig. 3, x1), d’où part un long nerf génital (fig. 3, xu).

La commissure stomato-gastrique est allongée ; elle passe en arrière du bulbe , sous l’æsophage, et porte deux ganglions ovoïdes, écartés, situés en dehors des glandes salivaires (fig. 7, vi).

Les yeux, peu profonds, sont analogues à ceux de Bulla (fig. 1, v). Les olocystes se trouvent à la face postérieure des ganglions pédieux (fig. 3, xvir) et renferment des otoconies. Il n’y a pas de rhinophore différencié comme dans Bulla. Au plafond de la chambre palléale, à la base de l’axe branchial (moins prés du bord du manteau que chez les autres Bulléens), il y a sur le nerf branchial un ganglion osphradial (fig. 3, x1v).

©) Système digestif. — Le bulbe buccal est recouvert en avant et au côté dorsal par deux grosses glandes (fig. 7, 1; 14, vi), qui s'ouvrent de

chaque côté de la bouche. Chacune est formée de gros follicules débouchant dans un canal central (fig. 8, 11).

La cavité buccale est dépourvue de mandibules (comme chez Scaphander) ; mais elle possède une radule bien développée (fig. 7 : saillie postérieure du bulbe) et large !. Elle reçoit deux longues glandes salivaires, dont la moitié postérieure seule est un peu renflée et mamelonnée (fig. 10, 1) (partie sécrélante).

L'æsophage est long (fig. 11, v); vers son milieu il présente un léger renflement à parois minces. L’estomac est cylindroïdal, allongé; il s'étend Jusque dans la spire (fig. 6, 1); ses parois sont peu épaisses, sans plaques masticatrices (comme chez Amphisphyra).

L'intestin, assez court (fig. 11), nait à la partie antérieure de l'estomac, au côté droit, el présente intérieurement un repli longitudinal (typhlosolis) ; il débouche sur le plancher de la cavité palléale, à droite du conduit génital, en arrière de l’orifice femelle (fig. 9, v), à une certaine distance de l’ouverture palléale et plus en avant que dans les autres Bulléens.

d) Système circulatoire. — Le cœur est situé à la partie postérieure de la cavité palléale, dorsalement et à gauche, dans la cavité péricardique (fig. 6, vi). Son ventricule est en arrière de l'oreillette. Au commencement de l’aorte, à gauche du péricarde, se trouve une glande sanguine (fig. 6, vu), de structure compacte (fig. 12).

La branchie est bipectinée, dirigée en avant, libre sur tout le long de son bord externe et à l'extrémité antérieure de son bord axial (fig. 6, n). Le vaisseau efférent se trouve à gauche du rein (fig. 6, 1x), mais des lamelles branchiales s'étendent à droite de ce dernier organe, jusqu’au fond de la cavité palléale. Chaque peigne de la branchie se compose, comme chez les autres Bulléens, d’un assez petit nombre de lamelles plissées, renflées en leur milieu (fig. 6).

e) Système excréteur. — Le rein est situé au plafond de la chambre

1 Cette radule à déjà été représentée par Sars (Mollusca regionis arcticæ Norvegiæ, pl. XI, fig. 1).

palléale (fig. 6, 1) et s'étend entre le vaisseau branchial efférent et les lamelles branchiales récurrentes. Son orifice extérieur est situé vers le bord de droite, dans la partie antérieure (fig. 9, 1x) et a la forme d’une boutonnière transversale. L'orifice péricardique est à gauche et assez en arrière. L'intérieur du rein est plissé, à lamelles dirigées longitudinalement (fig. 15).

f) Système reproducteur. — La glande génitale hermaphrodite !- est placée dans le tortillon (fig. 13, vi); elle est constituée d’acini mâles et femelles distinets (fig. 14). Le conduit génital hermaphrodite assez large (fig. 13, v), arrivé au plancher de la cavité palléale, se divise en spermiducte et oviducte. Ce dernier présente, sur son parcours, des glandes accessoires, dont la partie postérieure est très pelotonnée (fig. 13, 1v), et une poche copulatrice (fig. 13, vit); cet oviducte paraît être à gauche du rectum : cela tient à ce que ce dernier passe au-dessus de lui. Le spermiducte chemine sous les téguments et va directement au pénis, situé à pelite distance de l’ouverture palléale (fig. 1, vi), tandis que l’ouverture femelle est cachée sous le manteau (fig. 9, r'). Il est à noter que le pénis est dépourvu de glande

« prostatique » el que, fait unique, je pense, chez les Opisthobranches, il n’est pas invaginable.

B. Scaphander ?.

a) Manteau. — K existe, comme dans Actæon, une glande dorso-postérieure, libre et enroulée dans la spire de la coquille (fig. 16, iv) et à cavité continue avec la chambre palléale. Elle est moins longue que dans ce dernier genre, et plus large, mais de structure analogue (fig. 17) : sa lumière est divisée transversalement par deux saillies à épithélium élevé et cilié; entre les deux saillies, lépithélium est très bas, sécrétant néanmoins une abondante mucosité; celte structure se conserve sans modification jusque dans l'extrémité distale du cæcum glandulaire.

4 Clark (A History of the british testaceous Mollusca, p. 387) représente Aciæon comme dioïque, 2 L'espèce étudiée est S. lignarius L.; provenance : océan Atlantique et Méditerranée.

b) Système nerveux. — Sa composition est déjà connue !. Ses rapports avec le tube digestif n’ont pas été indiqués ; ils sont intéressants en ce sens que :

«) Le collier œsophagien est en avant du bulbe buccal (fig. 48, 1v);

&) La branche droite de la commissure viscérale, avec son ganglion (fig. 18, v et vis) se trouve au dos du gésier : elle est donc « supra-intestinale »; la branche gauche de cette commissure (xn) est au-dessous du gésier, c'est-à-dire infra-intestinale. Néanmoins, la torsion de la commissure viscérale est moindre que dans Actæon (fig. 3 et 7).

L'œil existe, très enfoncé dans les téguments (fig. 48, 1) ?; bien que la rétine présente des caractères de régression, elle est portée sur un gros ganglion.

c) Système circulatoire. — Le cœur et la branchie (fig. 19, vi et x1) sont orientés presque transversalement.

d) Système excréteur. — Le rein est situé dans le manteau, entre le cœur et le rectum (fig. 19, 1x); il est conformé intérieurement comme celui de Actwon. Son orifice extérieur est en forme de fente, portée sur une petite saillie, à la partie tout à fait postérieure de l'organe (fig. 24, m1).

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