‹ Recherches zoologiques et anatomiques sur les mollusques opistobranches du golfe de MarseilleChapitre 42 sur 84 · PLEUROBRANCHIENS · texte numérisé non relu

PLEUROBRANCHIENS

A. Æylodina !.

La tête est conformée comme celle des Pleurobranches, c’est-à-dire qu’elle a deux paires de tentacules, dont les antérieurs sont réunis par leur base en formant une sorte de voile antérieur.

Le système nerveux de Tylodina a, parmi les Pleurobranchiens, un caractère archaïque, en ce sens que sa commissure viscérale présente encore trois ganglions distinets ? : infra-intestinal, abdominal (innervant essentiellement les organes génitaux) et supra-intestinal (dont sort le nerf branchial). Alors que dans les Umbrella et Pleurobranchidæ existe, à la base du tentacule postérieur ou rhinophore, un gros ganglion tentaculaire ou olfaetif, il n'y a, chez Tylodina, rien de pareil; mais, par contre, Tylodina est le seul Pleurobranchien qui possède encore un ganglion osphradial et un osphradium (fig. 82, 1) sur le nerf branchial, au bord droit du manteau, en avant de la branchie 5.

Les yeux sont superficiels, et plus semblables par leur structure à ceux des Bulléens (exemple : fig. 27, Acera) qu'à ceux des Pleurobranches (fig. 94).

1 Espèce étudiée : Tylodina citrina Joannis; provenance : Méditerranée.

2 Vayssière, Recherches zoologiques et anatomiques sur les Mollusques Opistobranches du golfe de Marseille, loc. eit., pl. V, fig. 155.

3 A part ce fait de l'existence d’un ganglion osphradial, qui n’était pas connu, je renvoie pour le système nerveux, à la description détaillée donnée par Vaissière (loc. cit., p. 158).

L'estomac est musculeux (à enveloppe formée de muscles circulaires), à plis longitudinaux (sous lesquels existent des fibres musculaires longitudinales); sur les plis se trouvent des épaississements chitineux (fig. 82, vi) cuticulaires.

Le cœur est situé tout à fait à droite, comme dans les Pleurobranchidæ, el non au milieu du dos, comme chez Umbrella. Une glande sanguine existe, comme chez les Pleurobranches : elle se trouve sous le péricarde, au-dessus des glandes génitales accessoires. La branchie ne se prolonge pas au-dessus de la nuque, comme chez Umbrella, mais est tout entière au côté droit, ainsi qu’elle est dans les Pleurobranches.

Les organes génitaux sont plus semblables à ceux des Pleurobranches que des Umbrelles, notamment par les orifices mâle et femelle contigus, placés au côté droit, en avant. La glande hermaphrodite est composée d’acini males et femelles séparés; chez Umbrella, les acini eux-mêmes sont tous hermaphrodites.

B. Pleurobranchus !.

a) Système nerveux. — La composition du système nerveux de ce genre est connue (par les travaux de Lacaze-Duthiers ? et von Jhering 5). Aussi me bornerai-je à indiquer quelques points de nature à compléter ou rectifier les données de ces auteurs.

Les centres pleuraux et cérébraux ne sont pas fusionnés au point de n'être pas distincts l’un de l’autre, comme l’a décrit et représenté Lacaze- Duthiers #, Il existe une commissure sub-cérébrale (comme dans Pleurobranchæa, Voir ci-après), mais il est impossible de la représenter sur une

! Les espèces étudiées sont P. plumula Montagu; P. Meckeli d. Chiaje; P. testudinarius Cantraine; provenant toutes trois de la Méditerranée.

? Lacaze-Duruiers, Histoire anatomique et physiologique du Pleurobranche orange (AN. D. sc. NAT., 4e série, t. XI,. pp. 275 et suiv.).

3 von JHERING, Vergleichende Anatomie des Nervensystemes und Phylogenie der Mollusken, p- 267, fig. 8.

# Lacaze-Duruiers, loc. eit., pl. XI, XIE

figure à l'échelle réelle. Il n°v a pas de connectif entre la commissure viscérale et les centres pédieux, contrairement à ce que dit Lacaze-Duthiers ! ; mais sur les coupes, on reconnait l'existence de fibres connectives allant des centres pédieux aux ganglions pleuraux distincts des cérébraux (fig. 83, n); ceux-ci sont accolés aux pédieux, contrairement à ce que représente Lacaze. Ces ganglions pleuraux sont formés de cellules particulièrement grosses et faisant individuellement saillie.

Le pénis est innervé par un nerf pédieux de droite (fig. 83, mn!) qui porte un pelit ganglion allongé, vers son extrémité.

La commissure viscérale présente, dans sa moitié droite, un petit ganglion dont sortent les nerfs branchial et génital et deux autres petits nerfs viscéraux (fig. 83); ce ganglion est également formé de grosses cellules (les deux « moitiés » qu'y signale von Jhering ?, sont deux cellules); mais la configuration n'en est pas constante d’un individu à un autre (P. Meckeli) (fig. 83, 1v).

L'otocyste n'est pas situé entièrement sur le ganglion pédieux (Lacaze- Duthiers 5), ni entièrement sur le pleural (von Jhering #), mais entre les centres cérébral et pédieux (fig. 84, 11), recevant ses fibres du premier.

b) Système excréleur. — Le rein s'étend en arrière sur toute la partie dorsale du corps et même sur les côtés latéraux (fig. 85, 1x); il est fort peu ramifié et constitue un sac aplati. Sa communication avec le péricarde, qui n'était pas connue, est effectuée par un assez long conduit (x) (comme dans Pleurobranchwa, Voir ci-après), situé au côté droit, contre la paroi supérieure du rein, et allant d'avant en arrière.

c) Système reproducteur. — La glande génitale, contrairement à ce que dit Lacaze-Duthiers *, est composée d’acini exclusivement mâles ou femelles (fig. 85, v, vi), comme chez Pleurobrancheæu.

{ Lacaze-Durniers, loc. eit., pl. XL, fig. 2; pl. XIE, fig. 1. 2 von JHEriNe, loc. cil., p. 267.

3 Lacaze-Duriers, loc. cit., pl. XIE, fig. 3.

# von JHERING, loc. cit., pl. IF, fig. 8.

5 Lacaze-Duraiers, loc. cit., p. 264: « Les éléments d’un sexe sont produits à côté de

ceux d’un autre sexe. C’est dans le même grain que se développent les œufs et le sperme. »

RECHERCHES SUR DIVERS OPISTHOBRANCHES. ol

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