‹ Recherches zoologiques et anatomiques sur les mollusques opistobranches du golfe de MarseilleChapitre 47 sur 84 · ÉOLIDIENS · texte numérisé non relu

ÉOLIDIENS

A. Eolis 2.

a) Téguments. — La communication signalée par divers anciens auteurs (Souleyet, Frey et Leuckart, Hancock) chez les Æolis, entre les sacs à cnidocystes du sommet des papilles et les cæcums hépatiques de ces derniers,

1 Bencu, Beilrag zu einer Monographie der Polyceraden, WA, loc. cit., Bd. XXXIIE, p. 169. ? Espèces étudiées : Æ. papillosa L.; E. coronata Forbes; E. cingulata A. et H.; E. picta À et H.; provenance : Manche.

a été mise en doute plus récemment. Mais Herdman seul ! a examiné de nouveau la question et a confirmé l'existence de cette communication.

De mon côté, j'ai étudié des espèces différentes, et je suis arrivé au même résultat.

Le conduit qui fait communiquer le sac à enidocystes et le cæcum hépatique est très étroit (fig. 130, 132); même dans les animaux tués en extension, il est replié deux fois sur lui-même, de telle sorte que les coupes transversales font voir à la fois le cæcum, le conduit et le sac (fig. 130); la suite des coupes, de haut en bas, montre :

«) La coupe du sac et la communication du conduit avec le cæcum (fig. 129);

B) La coupe du cæcum, du conduit et du sac (fig. 130);

y) La coupe du eæcum, et la communication du conduit et du sac (fig. 134, mn).

Les coupes sagittales passent rarement (fig. 132) par l'axe des trois parties; elles montrent alors la continuité de lépithélium endodermique (foie) avec celui de l'ectoderme (sac).

Les cellules du sac à cnidocystes sont remarquables par les corps urticants qui naissent en nombre considérable dans le protoplasma de chacune d’elles

b) Système nerveux. — Bien que divers auteurs aient déjà étudié ce système, Hancock seul en a donné une figure détaillée ?. Or, plusieurs auteurs 5 se sont basés, sans contrôle aucun, sur un détail (7) de cette figure, pour décider d'un point important de morphologie (homologies des papilles dorsales). Cela m'a forcé à réexaminer le système nerveux de £olis, surtout à ce point de vue spécial.

1 HERDMAN, On the Structure and Functions of the Cerata or Dorsal Papillæ in some Nudibranchiate Mollusca (Quart. Journ. micr. sc., vol. XXXI).

2 Hancock et EmBLerox, On the Anatomy of Eolis, a genus of Mollusks of the order Nudibranchiate (ANN. Mac. NAT. misr., 2 série, t. HI, pl. V, fig. 1).

3 Hervwan et CLuzs, On the innervation of the Cerata of some Nudibranchiata (Quart. Jours. micr. se., vol. XXXIV, p. 551). — Mazzareuur, Ricerche sulla morfologia delle Oxynoeidæ (MEM. Soc. ITAL. D. SCIENZE, 9° série, t. IX, p. 27).

La figure 134 montre les centres de Eolis papillosa avec leurs principaux troncs, À la partie latérale, on voit, de chaque côté, trois gros nerfs voisins, se dirigeant parallèlement en arrière (1, im, 1v) : le plus axial sort de la commissure slomato-gastrique; l'intermédiaire, du ganglion pleural. Ces deux premiers troncs innervent les papilles dorsales : le premier, leur partie endodermique (foie) ! ; le second, leur partie tégumentaire.

Le plus extérieur de ces trois nerfs nait du ganglion pédieux. D’après Hancock et les auteurs qui le citent, ce tronc innerverait également la peau du dos et les papilles. J'ai constaté qu'il n’en est rien, et que ce nerf donne exclusivement des filets à la région pédieuse. Les seuls nerfs des papilles sont les deux premiers ?, L'erreur de Hancock s'explique cependant par le fait que les trois nerfs en question sont très voisins, paraissent naitre vers le même point et se rendre vers le même endroit.

La commissure viscérale (vin) présente le même caractère d’asymétrie que dans les autres Nudibranehes : un nerf viscéral principal (« génital », v) en sort du côté droit; il n'existe pas de nerf symétrique, 6, à gauche, représenté dans la figure de Hancock.

c) Système digestif. — La présence d’un crustacé copépode parasite (Splanchnotrophus) a produit dans un individu de Eolis coronata une modification considérable du tube digestif (fig. 128). Par suite de l'extension du parasite dans la région occupée par l'estomac chez les individus normaux, il n’y a plus trace de ce dernier organe ; et les parties qui devraient venir s’y ouvrir (æsophage, foie, intestin) débouchent à l'extérieur. L'wsophage est replié en avant et S'y ouvre au côté droit (fig. 426, v; 198, vu); le tronc hépatique postérieur principal débouche au dehors, dorsalement (fig. 128, v), ainsi que l'intestin (fig. 128, 11), qui forme ainsi un tube à deux ouvertures.

Dans les diverses espèces de £olis étudiées, la portion initiale de l'intestin

{ Comme dans les autres Éolidiens : Glaucus, etc.

? [n’y à pas de nerfs des papilles naissant de la commissure viscérale, bien qu'ils soient indiqués par von Jhering (Vergleichende Anatomie des Nervensystemes wul Phylogenie der Mollusken, p. 179, pl. I, fig. 4, 7, 8).

montre un « typhlosolis » constitué par une forte saillie longitudinale intérieure de sa paroi (exemple : Æ. cingulata, fig. 136).

d) Systèmes excréteur et reproducteur. — Le conduit réno-péricardique est fort court chez Eolis, le péricarde S’ouvrant directement dans le rein (fig. 137). Les cellules de la paroi rénale sont assez élevées, avec une vacuole d’excrétion liquide; le sac rénal ne présente pas de ramifications (Eolis cingulata, fig. 135).

La conformation connue de la glande génitale (acini mäles et femelles distincts) est toujours bien caractérisée (au plus haut point dans - Eolis { Tergipes| despecta). L'hermaphroditisme est protandrique : dans les individus jeunes, les différentes masses qui constituent la glande génitale produisent exclusivement des spermatozoïdes (fig. 138, in); il n'y a aucune trace, dans les parties avoisinantes, d'éléments qui donneront naissance à la portion femelle de la glande. Dans les individus plus âgés, c’est aux dépens de la paroi même des « sacs » à spermatozoïdes que se développent les acini femelles.

B. Janus !.

a) Système nerveux. — Il est moins condensé que dans les £olis actuels, et rappelle par certaines dispositions celui des Tritoniidæ, notamment par les centres cérébral et pleural d’un même côté encore distincts l’un de l'autre et par les nerfs optiques encore assez allongés.

Une particularité que j'ai rencontrée seulement dans ce genre est l'existence d’un ganglion à la base de chaque papille dorsale (fig. 142, vi; fig. 140, 1), ce qui est en rapport avec la sensibilité bien connue des papilles, chez Janus.

b) Système digestif. — Cet appareil, bien connu dans ses dispositions

{ Espèces étudiées : J. cristalus Delle Chiaje; J. hyalinus A. et H.; toutes deux de la Manche.

macroscopiques !, présente à l'extrémité rectale de l'intestin un épais manchon dont les rapports et la nature sont restés inconnus. Ce manchon est formé de glandes très ramifiées, qui débouchent dans le rectum par un petit nombre de conduits (fig. 139, 1); la structure de ces glandes montre une ressemblance assez éloignée avec celle du foie, les cellules en étant moins hautes et leurs noyaux, plus gros.

c) Système excréteur. — Le rein est excessivement ramifié; ses ramifications s'étendent entre les organes, dans tout le corps (fig. 141, nr; 142, v). La chambre urinaire principale s'ouvre au côté droit, vers le milieu (fig. 141, vu), donc à une distance très grande de l'anus, qui se trouve à la partie postérieure, sur la ligne médiane du dos (c’est le seul Nudibranche où lès deux ouvertures rénale et anale ne soient pas voisines).

d) Système reproducteur. — D’après Claus ?, l'ovaire et le testicule seraient séparés dans ce genre. Or, la glande génitale est formée, comme dans les Nudibranches précédents, de masses hermaphrodites dont chacune est constituée par une poche mâle centrale et des sacs ovariques périphériques (fig. 142, iv). La ponte, peu connue jusqu'ici, est déposée sous forme d'un cordon cylindrique enroulé, dans lequel les coques sont disposées en une seule série longitudinale, chaque coque renfermant un grand nombre d'œufs (de 80 à 100).

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