DORIDIENS
A. Polycera à.
a) Système nerveux. — Le ganglion pleural est extérieurement indistinet du cérébral (fig. 418, x11); les centres cérébraux sont réunis sous l'æsophage par une commissure subcérébrale,
1 La même chose s’observe dans d’autres Tritoniens : par exemple Dendronotus, où Herdman et Clubb l’ont signalée, concluant de ce fait que des fibres pédieuses passent dans le nerf innervant les papilles dorsales (On the innervation of the Cerata of some Nudibranchiata [Quarr. Jourx. micr. sc., vol. XXXIV, pl. XXXIV, fig. 27). Or je me suis assuré que chez Dendronotus, comme chez Phyllirhoe, il y a simple juxtaposition locale des deux nerfs.
2 Müccer et GEGENBAUR, Ueber Phyllirhoe bucephalum (Zerrscur. r. wiss. Zooc., Bd. V, p- 367, pl. XIX, fig. 8).
3 Espèces étudiées : P. ocellata À. et AÀ.; provenance : Manche; P. quadrilineata Müller ; provenance : Méditerranée. Le premier est un des Nudibranches les plus contractiles que je connaisse. Je n’ai réussi à le tuer en extension qu'après l'avoir insensibilisé dans une solution de chorhydrate de cocaïne au 20e (dans l’eau de mer).
Les ganglions pédieux sont éloignés, alors qu’ils sont, au contraire, accolés chez Ancula; celui de droite donne le nerf pénial (fig. 116; 418, 1v), qui présente un ganglion sur son parcours comme dans les Pleurobranches (fig. 90).
La commissure viscérale est plus courte que dans Euplocamus et Triopa, où les centres cérébraux et pleuraux sont encore distincts. Cette commissure offre un gros ganglion abdominal (fig. 118, v) et, outre ce dernier, un second petit centre, formé de deux cellules seulement, à la naissance des nerfs réno-cardiaques !. Sur le côté gauche de la commissure viscérale est encore une cellule ganglionnaire (P. quadrilineata); mais je n'ai pas vu de nerf sortir en ce point, bien que Hancock en représente un ?,
Les otocystes ne sont pas placés à la face dorsale des ganglions cérébropleuraux, mais sous les connectifs cérébro-pédieux (fig. 417, 1v).
b) Système digestif. — Contrairement à l’assertion de Frey et Leuckart 5, ce genre possède des glandes salivaires bien développées (fig. 121, 1v), dans les deux espèces étudiées.
A la partie antérieure de l’estomac, à côté de l'origine de l'intestin, débouche à gauche, comme dans la généralité des Doridiens, un cæcum (fig. 120, 11) qu'on a appelé « pancréas ». Comme Hancock l’a vu chez Doris *, l’intérieur de ce cæcum est plissé en long; mais sa structure, par l’épithélium à cellules élevées, granuleuses, sans cils ni cuticule, ressemble plus à celle du foie qu’à celle de l'intestin ou de l'estomac (fig. 119). Il est done naturel d'y voir l’homologue du foie droit des Tritoniens et des larves d'Éolidiens, situé au même endroit.
ec) Système circulatoire et excréteur. — On sait que dans les Doridiens
1 Cette disposition diffère un peu de celle représentée par Bergh (Beitrag zu einer Monographie der Polyceraden, 1 [VERHANDL. K. K. Z00L. BOT. GESELLSCH. WIEN, Bd. XXIX, pl. X, fig. 8]).
2 ALpek et Hancock, loc. cit., fam. 4, pl. XVIL fig. 12, 16.
3 Frey et Leucxart, Beilräge zur Kenntniss der wirbellosen Thiere. 1847, p. 68.
# Hancock et EmgLeron, On the anatomy of Doris (Pur. Trans. Roy. Soc. Lonpon, 1852, pl. XVII, fig. 5).
en général, une partie du sang qui revient à l'oreillette n'arrive pas de Ja branchie, mais des sinus palléaux. Cette disposition, qui est très nette dans Polycera, prouve que la totalité du manteau agit comme organe respiratoire.
La glande sanguine des différents Polyceratidæ (Triopa, Polycera, Ancula, Goniodoris) m'a montré très clairement ses rapports avec l’aorte, la cavité de celle-ci se continuant dans l'intérieur de la masse de la glande (Polycera, fig. 121, 1x).
Le rein qui, d’après Gegenbaur !, serait sans ramifications, présente, chez les deux espèces étudiées, des ramifications bien développées (fig. 120, vu). L'entonnoir réno-péricardique (c'est-à-dire la partie initiale et ciliée du conduit réno-péricardique) est remarquable par la position des noyaux à -la partie superficielle des cellules.
B. Goniodoris ?.
a) Système légumentaire. — Les spicules enchevétrés des téguments des Doridiens se montrent très bien développés dans ce genre (exemple : G. castanea, Üg. 125, vi), à l'intérieur de cellules conjonctives (« plasmaliques » ) sous-cutanées qu'ils remplissent entièrement, au point que celles-ci
deviennent invisibles, leur place étant simplement marquée par les spicules.
b) Système nerveux. -— Les ganglions cérébral et pleural de chaque côté sont fusionnés. Il existe une commissure subcérébrale (fig. 122, vin).
La commissure viscérale présente, au côté droit, un gros ganglion bifide (Goniodoris no losa, fig. 122), dont la moitié droite donne le nerf génital et la moitié gauche, les nerfs réno-cardiaques. Le nerf pénial nait du centre pédieux de droite (et non du cérébro-pleural, comme le représente Hancock 5); il porte un gros ganglion (fig. 122, 1v), comme chez Polycera (fig. 118).
L'otocyste se trouve situé à la face dorsale des centres cérébro-pleuraux,
1 GEGENBAUR, in CaRuS, Jcones Zootomicæ, pl. XXI, fig. 9.
2? Espèces étudiées : G. nodosa Montagu, et G. castanea À. et H., toutes deux de Ja Manche.
3 ALoer et Hancock, loc. cit., fam. 4, pl. XVIL, fig. 4, 47).
CEA
en arrière de l'œil, où il a été pris pour un ganglion par Hancock ; il renferme (au moins chez G. caslanea) un otolithe et de nombreux otoconies.
c) Système circulatoire. — D’après Bergh !, ce genre manquerait de glande sanguine. Celle-ci existe cependant dans les deux espèces que j'ai étudiées : chez Goniodoris nodosa vivant, elle est même visible extérieurement, grâce à sa couleur rouge. Cette « glande » se trouve située sur le trajet de l'aorte antérieure (fig. 123, m1; 125, vii), du côté droit; elle a la même forme et la même structure que dans Polycera.
d) Système excréleur. — Le conduit réno-péricardique s'ouvre à droite dans le péricarde; de là, il se dirige en avant, s’incurve à gauche, puis de nouveau en avant en passant sous le rein (fig. 124, 1v) où il débouche enfin. Il n’est pas cilié, sauf à sa partie initiale (orifice péricardique), et sa paroi est à peine plissée, sans aucune arborescence.
e) Système reproducteur. — Comme chez les autres Doridiens, la glande génitale est formée d’acini femelles s’ouvrant dans des poches centrales produisant des spermatozoïdes. Dans les glandes accessoires femelles, on voit nettement (G. nodosa) l'alternance des cellules glandulaires et des cellules ciliées à corps superficiel (disposition qui se rencontre d’ailleurs chez d’autres Doridiens et chez les Nudibranches en général).