‹ Recherches zoologiques et anatomiques sur les mollusques opistobranches du golfe de MarseilleChapitre 49 sur 84 · ÉLYSIENS · texte numérisé non relu

ÉLYSIENS

A. Cyerce !.

Le pied présente ici une disposition particulière : cet organe est divisé

par un sillon transversal et la moitié antérieure s'étend en partie sous la postérieure (fig. 146).

{ Espèce étudiée : C. Jheringi Pels.; provenance : Méditerranée.

a) Système nerveux (fig. B, dans le texte). — Chaque ganglion cérébral est fusionné avec le pleural correspondant. Les deux centres pédieux sont assez voisins lun de lautre, sous l’œsophage. La commissure viscérale porte trois ganglions presque juxtaposés : le plus gros est le médian (ou abdominal), le plus petit, le gauche (ou infra-intestinal). Le nerf tentaculaire possède, à son extrémité, un ganglion rhinophorique (IX).

Les ganglions stomato-gastriques sont juxtaposés

et placés sous l’æsophage, en arrière de la masse

buccale ; les ganglions « gastro-æsophagiens », très Fi6- B.— Cyerce Jheringi, sys- ® sw tème nerveux central, vu de gros, sont fort distants des stomato-gastriques et se dos, x 20.1,œil; 11, ganglion = , 3 ù infra-intestinal; 11, ganglion trouvent de part et d'autre de la jonction du eæcum Pédieux; 1v, ganglion abdo- ‘ S . minal; V, ganglion gastroœsophagien (« jabot ») avec l'æsophage. œæsophagien: VI, ganglion ë 4 2 stomato gastrique; VII, ganglion supra-intestinal; Vi, ganglion cérébro-pleural; 1x,

b) Système digestif. — La masse du foie est Sanéliontentaculaire.

entièrement contenue dans le corps (fig. 150, 1v), sans qu'aucune portion s’en étende dans les papilles (fig. 147) !.

c) Système excréteur. — Le rein est bien développé *; il s'étend sous le péricarde, et partiellement au-dessus (fig. 148, 149). Son conduit péricardique est assez court, dirigé d'avant en arrière, de gauche à droite, s'ouvrant à la face ventrale du péricarde, sous l'oreillette (fig. 148, v).

d) Système reproducteur. — NW est constitué comme dans fermœæa dendriticu (voir plus loin) : le conduit femelle y est divisé, vers sa terminaison, en oviducte et vagin (fig. 1514, v, vi), ce dernier portant une poche

1 Bergh (Malakologische Untersuchungen, p. 162) dit que le foie de Cyerce est disposé comme celui de Phyllobranchus : or, chez ce dernier, il s'étend dans les papilles.

2 I] n’a pas été vu par Bergh, qui dit (Loc. cit., p. 162), en parlant du rein : «ein Organ der bei den Phyllobranchen und Cvercen ganz zu fehlen scheint ».

copulatrice (1) avec un col court (fig. C, dans le texte). Les deux orifices

femelles (vaginal et oviducal) sont assez voisins, le vaginal (vu, fig. C) étant le plus antérieur. L’orifice du pénis en est assez distant, plus en avant.

La glande albuminipare ne s'étend pas dans les papilles dorsales, comme chez Hermæa dendritica (fig. 165); ces papilles sont exclusivement tégumentaires, chez Cyerce (fig. 147).

B. Hermæa !.

RD Re a) Téguments et aspect extérieur. — Outre la paire de

ringi, schéma des : Q A » \ A té here tentacules, la tête porte de chaque côté de la bouche un palpe

1, poche copula- aille rides mn, spermi. assez Saillant (fig. 155, m1).

een Les glandes pédieuses sont excessivement développées

8 ie ; : , er à , :

ele (fig. 457, v; 158, vir) et constituées, comme dans tous les

Auetes vu orifee Opisthobranches, par des follicules dont chaque cellule a oviducal; VII, ori- :

fie vaginal; 1x, SON Conduit propre.

pénis.

b) Système nerveux. — Il est essentiellement constitué (voir fig. 458 et 460) comme celui de Cyerce décrit ci-dessus. La fusion des centres cérébral et pleural y est formellement démontrée par la présence de deux connectifs pédieux de chaque côté : le premier, três antérieur, est le cérébro-pédieux, l'autre, le pleuro-pédieux.

L'aorte passe au dos de la commissure pédieuse (fig. 158) et de la com-

missure viscérale,

1 Les espèces étudiées sont : /1. bifida Montagu ; provenance : Manche; AH. dendritica A. et H.; provenance : Méditerranée. Comme on le verra, il existe des différences d’organisation très sensibles entre les deux formes, pour lesquelles les systématistes créeront peutêtre deux genres différents. L'organisation de Physopneumon carneum Costa, que j'ai également étudiée, est la même que celle de H. bifida : ces deux formes sont donc identiques ou très voisines, et le nom générique Physopneumon pourra être appliqué à JT. bifida.

c) Système digestif. — À la partie antérieure du bulbe buccal se trouve un épais manchon glandulaire (fig. 156, 1v).

L’appendice æsophagien (fig. 160, m1) a une structure assez semblable à celle des cæcums hépatiques papillaires. Il n’y a pas de partie du tube digestif spécialisée en estomac; des courants alternatifs continus et rapides font cireuler le contenu de ce tube dans les cæcums hépatiques (comme dans les canaux hépatiques de Elysia).

d) Système excréteur. — Dans Æ. bifida, le rein est situé ventralement au péricarde (fig. 463, v), surtout à droite. Son ouverture extérieure est au côté droit, en arrière de l’anus (fig. 161, x1). La poche rénale, chez H. bifida, est peu ramifiée (fig. 163, v).

Le conduit cilié réno-péricardique, qui n’a encore été décrit ni figuré dans aucun « Sacoglosse », est fort court, et se trouve à la partie dorsale du rein, perçant la face venelé du péricarde, à gauche de l'oreillette (fig. 163, nr).

Dans A. dendritica (fig. 16%, xvu), le rein est en grande partie au dos du péricarde (il a été pris autrefois pour celui-ci, par Trinchese, qui considérait la glande « de l’albumine » comme les ramifications du rein ‘. Quoiqu'un peu ramifié, il est tout entier situé dans la saillie péricardique (fig. 153, 1) et s'ouvre au dehors, auprès de l'anus, du côté droit (fig. 164). Contrairement à ce que dit Bergh ?, il possède un orifice réno-péricardique cilié (« nierenspritze ») bien caractérisé et unique, situé à la partie postérieure du rein, au plafond du péricarde et à gauche de l'extrémité postérieure de l'oreillette (done morphologiquement placé comme dans #. bifida),.

Sous le nom de « rein diffus », Trinchese a signalé 3 l'existence de nombreuses cellules « excrétrices », sur toute la surface du corps de divers

4 TriNcHESE, Anatomia della Hermæa dendritica (MEM. Accan. BoLocna, 3° série, t. VII, p. 456).

2" Bercu, Beilräge zur Kenniniss der Æolidiaden, VUL (VERHANDL. Z00L.-BOT. GESELLSCH. Wien, Bd. XXXV, p. 8: « an der oberen Seite derselben |pericardium]| scheinen vorne und hinten mehrere feine Oeffnungen vorzukommen, dagegen keine Nierenspritze.)

3 TRINCHESE, /nlorno ad un vero reno diffuso (ReNpt conro R. Accac. D. SC. FIS. E MAT. DI Napout, giugno 1883).

Hermæidæ où le rein serait réduit (exemple : Caliphylla). Dans A. bifida, où le rein parait aussi relativement peu développé, je dois noter la présence sous les téguments, au dos des deux longs conduits hépatiques, d’une épaisseur de cellules conjonctives plasmatiques, de grande taille (fig. 160, x; 161); chez AH. dendritica existent les mèmes cellules, groupées en masse. Ne les ayant découvertes qu'après le temps où j'étais à même d’avoir des individus vivants, je D'ai pu m'assurer, par des expériences physiologiques, qu’elles prenaient part à la fonction excrétrice. Leur structure, analogue à celle indiquée chez Helix, par Cuénot !, porte cependant à le croire; elles ne sont pas homologues aux chloragogènes des Annélides, si même celles-ci sont excrétrices (Kowalevsky, Grobben, etc.)

e) Système reproducteur. — La glande génitale occupe une très grande étendue et est formée d’acini hermaphrodites globuleux (fig. 159, vr). Le conduit hermaphrodite est renflé en avant en une sorte de « vésicule séminale » pelotonnée (fig. 159, vin, et fig. Æ, 1v) ; il se divise en une branche mâle et une femelle :

z) La branche mâle reçoit aussitôt le conduit de la prostate (ix) (qui, dans Æ. bifidu, est ovoïde, fig. 164, v, et non bifide), puis arrive au pénis, dépourvu de stylet (fig. 157, vu; 459, 1) (qui existe dans 4. dendritica);

&) La branche femelle est différemment conformée dans les deux espèces :

* chez A. bifida, elle reçoit aussitôt les conduits de deux poches copulalrices : une grosse, antérieure (fig. 159, x; 460, x1), prise par Herdman pour l'estomac, chez 4. dendritica ?, el une petite, postérieure (fig. 159, 1v); ensuile elle se dirige en arrière, où elle se joint (au point où elle devient vagin) à la glande « tubuleuse » ou albuminipare (fig. 159, vu; 1614, 1); cetle glande n'est pas « lubuleuse », mais formée de renflements non ramifiés, ovoides, situés au dos des acini de la glande hermaphrodite (fig. 159), sur toute la longueur de la glande génitale, et exclusivement

{ Cuénor, L'excrétion chez les Gastéropodes Pulmonés (Comptes RENDUS, t. CXV, p. 256). 2 Henpuanx et CLups, On the innervation of the Cerata of some Nudibranchia !Quarr. Jourx. micr. sc., vol. XXXIV, pl. XXXII, fig. 20).

contenus dans le corps [alors que dans Æ. dendritica, elle est tubuleuse, ramifiée (fig. Æ£, m1) et s'étend dans les papilles (fig. 16%, x; 165, 1), les papilles de Æ. bifida ne renferment que les cæcums hépatiques (fig. 162) |; la partie antérieure du vagin reçoit (fig. 159, n1) la sécrétion d’une grosse glande muqueuse (fig. 159, v) dont les cellules sont groupées en follicules, mais débouchent chacune isolément dans le conduit ovidueal (fig. 464, vi).

Les orifices génitaux ne sont que deux, le conduit femelle ne se bifurquant pas (fig. 159,1, 3 156,1, vi), l'orifice mâle étant l’antérieur.

"* Chez AH. dendritica y a, comme l’a représenté Bergh !, deux orifices femelles, contrairement à ce qu'indiquent Trinchese el von Jhering ?, qui n'en mentionnent qu'un seul.

Le troisième orilice est peu visible du dehors (fig. 153), parce qu'il est

situé en dessous de la saillie latérale (1, fig. D,

dans le texte), plus en arrière que les deux ouver- s D tures péniale et oviducale (nt et nr). 4

/ = Auéun auteur n'ayant réussi a voir complète- os ment les conduits génitaux si compliqués de |7 AS

H. dendritica, j'en donne ici une représentation 44 p. mermeu dendritica,

ASIA spouillé d illes et vu d détaillée (fig. £ dans le texte). A Loi LAS

il, orifice oviducal; 11, ouverture mâle: 1v, bouche; v, tentacule;

x A ‘a , : : » vi, œil; vit, papille anale ; vu, sail- Lôt après s'être séparée (au point 1, fig. £) du Ke pérrcardique; 1x, receptaculum

canal mâle, se divise à son tour en deux (au “7

La branche femelle du conduit génital, aussi-

point x11) : la première branche s’élargit en forme d’utérus (ni), l'autre (oviducte proprement dit) passe par la glande muqueuse (vir) et arrive à l’orifice ovidueal (xvi, fig. £; 18, fig. D).

L' « utérus » se recourbe postérieurement, et arrive, par un vagin étroit (x, fig. Æ), au troisième orifice génital (x, fig. £ ; 1, fig. D), immédiatement avant lequel il ÿ a un long receptaculum seminis (vin, fig. Æ), superficiel, visible du dehors (fig. D, 1x). ;

! Bercu, Beiträge zur Kenntniss der Æolidiaden, V'AL (VERHANDL. Z00L.-B0T. GESELLSCH Waen, Bd. XXXV, pl. I, fig. 3, p. 9).

? von Janine, Morphologie und Systematik des Genitalayparates von Helix (ZetTsCHR. Fr. wiss. Zoor., Bd. LIV, pp. ü11 et 519).

La branche « utérine » du conduit femelle reçoit :

1° Le conduit de la glande albuminipare (in), bifurqué et débouchant d'abord dans le conduit femelle indivis (en x1), puis dans l'utérus (en 1x);

2° Le col de la poche copulatrice (xix, xv), lequel est en continuité de courbure avec le vagin (x) et l'utérus (11).

XxvIN

xIx SEA

Loan

lic £. — Hermæa dendrilica, organes génitaux, vus dorsalement, x 30. 1, biturcation du spermoviducte; 11, utérus, 11, glande albuminipare (portion de la moitié droite); IV, renflement du spermoviducte; v, acini de la glande génitale (partie antérieure de la moitié droite de celle-ci); vi, racines du spermoviducte; vi, glande de la glaire; vin, receptaculum seminis; 1x, première jonction de la glande albuminipare au conduit femelle; x, vagin; x1, seconde jonction de la glande albuminipare au conduit femelle; xu, point où la poche copulatrice débouche dans la jonction de l’oviducte et du vagin; x, orifice vaginal; XIV, jonction de la prostate au spermiducte; xv, orifice par lequel le canal de la poche copulatrice s'ouvre dans cette dernière; XVI, orifice oviducal ; XYII, pénis; XVI, ouverture mâle; xIx, poche copulatrice; XX, prostate.

Les œufs (H. bifida) se développent rapidement et sont très transparents; les deux premières sphères de segmentation présentent souvent une notable

inégalité,

RECHERCHES SUR DIVERS OPISTHOBRANCHES. ù7

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