‹ Recherches zoologiques et anatomiques sur les mollusques opistobranches du golfe de MarseilleChapitre 9 sur 84 · APPAREIL DIGESTIF · texte numérisé non relu

APPAREIL DIGESTIF

Chez le Notarchus punctatus, le tube digestif présente les mêmes divisions que chez les Aplysia vraies. Nous avons une trompe assez courte, suivie du bulbe buccal; puis, l’æsophage, renflé à sa partie inférieure, formant ainsi un premier estomac, sorte de jabot, qui précède le gésier ; enfin, le tube digestif se termine par l'intestin, qui vient aboutir à l’anus, après avoir décrit quelques circonvolutions à la surface de la masse hépatico-hermaphrodite.

Nous allons étudier en détail ces diverses parties.

Trompe et bulbe buccal. — La trompe est relativement courte chez le Notarchus; lorsque l’animal porte en avant son mamelon radulaire pour saisir une proie, on observe qu’elle forme autour de l’orifice buccal un bourrelet peu prononcé, d’une coloration jaune brune.

Le bulbe buccal offre, à sa surface extérieure, le même aspect que celui des autres Aplysiadés. A son intérieur, nous trouvons en avant les mâchoires qui forment, en ce point, un anneau chitineux, peu large, interrompu en haut et en bas, et d’une coloration d’ambre foncé. Nous avons représenté (fig. 91), ces deux plaques dans leur position respective, l’une par rapport à l’autre, à un grossissement de 5 fois en diamètre.

Ces mâchoires sont constituées par une multitude de petits bâtonnets chitineux, prismatiques (à 4 faces), plus ou moins réguliers et de longueur différente, suivant leur position, les plus longs (qui sont aussi les plus anciens) étant en avant; ces bâtonnets sont intimement accolés les uns aux autres, et la surface externe de chacun constitue un des mille petits carrés que présentent les mâchoires lorsqu'on les examine sous le microscope.

Au fond dela cavité buccale, nous avons un mamelon charnu, de forme un peu triangulaire (triangle isocèle dont l’angle du sommet serait dirigé vers l'orifice

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externe du bulbe), sur lequel vient s’étaler la partie antérieure de la radula, tandis que le reste de l'organe demeure enfermé dans le fourreau radulaire ; ce dernier, placé dans le fond de la bouche, forme une proéminence un peu conique à la face externe postéro-inférieure du bulbe. C’est à la base du fourreau que prennent naissance les rangées de dents ; celles-ci sont d’abord incolores et peu résistantes ; mais, en se rapprochant de la partie étalée de la langue, elles acquièrent de la dureté et une belle coloration jaune d’ambre.

La radula, complètement étalée, présente l’aspect de celle de lÆp/ysiella Weebbii ; c'est un quadrilatère dont le côté antérieur convexe forme un angle en son milieu tandis que ses trois autres côtés sont un peu concaves. Elle se compose d'ordinaire de 22 à 25 rangées de dents offrant chacune 40 dents latérales placées de chaque côté de l’unique dent médiane, ce qui nous donne par conséquent pour formule dentaire 40, 1, 40.

Ilest assez difficile de bien décrire ces organes (dent médiane et dents latérales) ; nous allons essayer cependant de donner quelques indications générales sur leur configuration et nous renvoyons le lecteur à nos figures pour mieux juger de leurs formes sous divers aspects.

La dent médiane ou rachidienne offre assez de ressemblance avec celle de l’Aplysiella ; elle a la forme d’un trapèze chitineux dont la base inférieure serait concave, tandis que la base supérieure convexe se recourbe au dessus en formant un prolongement de même nature, dirigé en arrière et terminé par un fort denticule ; sur chaque côté de ce dernier, on aperçoit deux ou trois denticules plus petits et très pointus (fig. 83).

Les dents latérales présentent toutes la même forme générale ; nous avons toujours une région basilaire à la partie antérieure de laquelle nous trouvons une lame assez large, recourbée vers le fond du pharynx et dentée sur ses deux côtés. Nous avons vu précédemment que chez l’Aplysiella (fig. 75) il n'existe de denticules que sur le bord externe de la lame, le bord interne (celui qui regarde le rachis) en étant toujours dépourvu ; chez le Notarchus les deux bords en offrent toujours, seulement les denticules du bord interne sont moiïns forts et moins nombreux que ceux de l’autre bord ; ainsi, tandis que ce dernier en présente de 5 à 7, le premier n’en a que 4 à 6 ; toutefois chez les 10 dernières dents latérales les denticules du bord externe s’atrophient et disparaissent même chez les deux ou trois dernières. Quant au denticule qui termine la lame, il est toujours un peu arrondi.

On remarque aussi que, chez les premières dents latérales, la lame est fortement recourbée sur la partie basilaire de l'organe et ne dépasse pas celle-ci en longueur ; mais, chez les suivantes, on la voit peu à peu se relever etacquérir une longueur double et même triple.

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Nous avons représenté, fig. 83, à un grossissement de 130 fois en diamètre, une dent médiane avec la première dent latérale de droite dans sa position normale ; puis, fig. 84 (toujours au même grossissement), la vingtième dent de la même rangée, mais VUE un peu par côté ; enfin, fig. 85, une des dernières dents, toujours de la même rangée, dont le côté interne est vu complètement de profil.

Il nous reste encore à signaler l’existence dans la cavité buccale du Notarchus d’autres organes chitineux, d’un jaune pâle. On observe comme chez l’Æpiysiella Weebbii, en arrière des mâchoires, des dents ou crochets assez forts implantés sur les parois supérieures de la bouche même au dessus de la radula. Ces dents sont plus acérées chez le Notarchus (fig. 90) et surtout plus nombreuses, car elles occupent la majeure partie de la voûte pharyngienne. Quant à leur rôle, il est évident qu’il doit consister à rendre plus facile la trituration des aliments.

L’armature buccale est, comme on le voit, beaucoup plus complète que chez les autres Aplysiadés et d’une manière générale que chez tous les autres Opistobranches.

En dehors de l’armature, la cavité buccale n'offre rien à signaler, si ce n’est l'existence d’un épithélium, d’un jaune grisâtre, qui tapisse tout son intérieur. Quant aux parois musculaires du bulbe, elles sont d’une épaisseur assez variable suivant les points que l’on considère ; très fortes inférieurement et sur les côtés, elles offrent au dessus de la radula une assez grande ténuité ; ces différences sont assez accentuées pour qu’on puisse s’en rendre compte par la simple observation extérieure du bulbe.

Œ sophage. — L'œsophage prend naissance à la partie supéro-postérieure du bulbe buccal; il conserve le même calibre sur presque les deuxtiers de sa longueur ; mais, dans sa dernière partie, il se renfle et forme une espèce de premier estomac dans lequel les aliments viennent s’accumuler avant de passer dans le gésier.

Les parois de l’œsophage sont assez délicates sur toute leur étendue ; leur coloration, lorsque l'organe est vide, est jaune clair brunâtre avec une certaine hyalinité qui est plus accentuée dans la région stomacale.

Cette première partie du tube digestif se trouve placée sur le flanc gauche de l'animal, et décrit dans son parcours une ou deux sinuosités, après avoir traversé le collier œsophagien.

Gésier ou estomac armé.— Cette portion de l'appareil digestif, située aussi sur le côté gauche du corps, s'aperçoit facilement dès que l’on a fendu les téguments; on peut même la distinguer par transparence à travers le manteau qui, comme nous l'avons déjà dit plus haut, est très mince de ce côté.

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Les parois du gésier sont assez épaisses et offrent extérieurement une teinte irisée-orangée dont l’irisation est due à la présence de fortes bandes musculaires transverses. Ce sont ces muscles joints à quelques muscles longitudinaux placés plus profondément qui font mouvoir les pièces cornées de cet organe.

Ces pièces par leur forme, leur nombre et leur disposition rappellent tout-àfait celles qui tapissent les parois du gésier des Æplysia (Aplysia fasciata...).

Ainsi nous trouvons chez le Norarchus punctatus une dizaine de grosses dents cornées, en forme de pyramide à 4 ou $ faces latérales plus ou moins nettes ; puis un grand nombre de petites pièces coniques ou un peu crochues, placées en avant, entre et surtout après les dix grosses dents. Quelques-unes de ces pièces coniques peuvent même se rencontrer au commencement de l'intestin.

Les aliments qui ont été déchirés par l’action simultanée de la radula et des dents palatines, après avoir séjourné quelque temps dans la partie inférieure de l’æsophage et avoir subi en ce point un commencement de digestion, sont triturés par les pièces cornées du gésier et de là entraînés dans l'intestin où se complète le travail digestif.

L'intestin constitue la plus longue partie de l'appareil, mais c’est aussi celle dont les parois sont les plus délicates. À peine sorti du gésier, l'intestin décrit autour de la masse hépatico-hermaphrodite et un peu enfoncé dans les tissus de celle-ci, de nombreuses circonvolutions; contournant d’abord la partie postérieure de cette amas glandulaire, il passe au dessus et de là continue sa course en avant et un peu vers la droite; de ce point il descend sous la masse viscérale et vient sortir en arrière et un peu au dessus de celle-ci. C’est à ce moment qu'il traverse les téguments palléaux, pour venir former un petit tube flottant en arrière de la partie terminale du bord charnu du manteau.

L’anus se trouve naturellement à l'extrémité de ce petit tube; cet orifice est entouré d’une espèce de collerette dentelée que l’on peut voir sur notre figure 86.

L'intestin, à l’état de vacuité, présente une coloration brune uniforme qui tranche sur la teinte brune pointillée de jaune de la glande hépatique.

Glandes annexes. — Les glandes salivaires, au nombre de deux comme chez les autres Aplysiadés, prennent naissance de chaque côté de l’œsophage au point de départ de celui-ci; elles sont formées chacune par un tube terminé en cœcum, qui, d’abord cylindrique, se renfle ensuite et s’aplatit sur plus des trois quarts de sa longueur, tout en prenant un aspect mamelonné. C’est cette région qui constitue la partie réellement glandulaire de ces organes.

Ces glandes, qui sont assez longues suivent l’œsophage dans ses contours, sans

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adhérer à ses parois ; puis à leur extrémité, elles se soudent assez intimement à la partie antérieure du gésier.

Le foie. — Ce second organe glandulaire constitue. une masse volumineuse, d'une coloration brune pointillée de jaune.

Les lobules hépathiques ne s’enchevêtrent pas avec ceux de la glande hermaphrodite, l’un et l’autre organes formant deux masses séparées, simplement accolées et que l’on distingue facilement par suite de la différence de coloration qui existe entre elles.

Le foie, qui occupe la majeure partie de la cavité viscérale, est placé en avant de la glande hermaphrodite et un peu sur la gauche; il verse ses produits dans le commencement de l'intestin par plusieurs conduits excréteurs disposés les uns à côté des autres.

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