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Recherchess anatomiques et physiologiques sur les Diptères, accompagnées de considérations relatives a l'histoire naturelle de ces insectes

Ps - RECHERCHES ANATOMIQUES.T; » : +, © 6 7 Dore 7 e ' . + ee ER ET PHYSIOLOGIQUES j di »- +» . oi F tr ë à . Es # | * æ ‘ - ..., SUR LES DIPTERES, a.à ; Lu D Fe P3 e Fr ; à ACCOMPAGNÉES > ‘Hot DE GONSIDÉRATIONS RELATIVES A L'HISTOIRE NATURELLE DE CES INSECTES ” | ‘ 4 ; ee A 4 + r LI À Er ; k HART ‘4h { 7” PAR M. LEON DUFOUR, i ' fée : LA "ne sŸ DOCTEUR MÉDECIN, | : + bi » … CORRESPONDANT DE L'INSTITUT (ACADÉMIE DES SCIENCES). Es "4 x ” v, a TU «{n his tam parvis atque tam nullis que ratio! quanta L © "4 | # inestriebili TE ù * ES . .» LI 1 cvis! quam inextricabilis perfectio (Pure) s #3 + \ ‘ US M: à MM AT 2 à > x % Lo > 3e w L « & ! ' | 16 +! : INTRODUCTION. | | :

4 à | LE air | A Dans ce siècle d'argent et d'esprit, qui est loin d’être l'âge d'or, $ qui daignera laisser tomber un regard, même de simple curiosité, + sur le cerveau d'une mouche, les organes génitaux d’un cousin, $ les entrailles d’un ver de la viande? À ces mots, l’homme du sh monde hausse les épaules et sourit de pitié; mais les hommes é à 4 de science écoutent, se recueillent et comprennent que dans rl À Tr cette échelle zoologique, où tous les organismes s’enchaïînent, "1 n # © s'anastomosent , la mouche, le cousin, le ver, ont un rang assi- R . 4 gné, et que celui qui consacre ses veilles à mettre en évidence ps ” Sr 4 : : ; ES ” * “0 les affinités et les dissemblances organiques qu'ont ces petits êtres Ab ” « # s » e 22° , ds ” n!

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“éntre eux*et avec les autres animaux, avec l’homme lui-même,

a quelques droits à une attention sérieuse.

C'est une nouvelle histoire des insectes que celle qui embrasse les études simultanées et parallèles des formes extérieures cet de l'organisation intérieure. Déduire rationnellement les habitudes et le genre de vie de la structure et de la combinaison des organes renfermés dans les cavités du corps, et préjuger de l’existence de ces organes par les actes de l'animal, c’est là, incontestablement, une science de haute philosophie. Depuis vingt- cinq

ans, j'envisage l'étude de lentomologie dans cet esprit, après

m'être adonné pendant longtemps à a connaissance des genres

“et des espèces. J'ai successivement publié l'anatomie des Coléop-

tères, des Labidoures, des Hémiptères, des Orthoptères, des Hyménoptères et Névroptères; je viens présenter aujourd'hui, au jugement de l'Académie des sciences, celle des Diptères. Il ne me restera plus à disséquer que les Lépidoptères pour avoir sounns aux recherches de mon scalpel les huit ordres qui composent l’entomologie pro prement dite, c'est-à-dire les insectes hexapodes. Dans cinq ou six ans j'aurai, je l'espère, rempli cette tâche.

O sagesse infime! en jetant avec profusion sur notre planète

«ce peuple immense des Diptères, qui pour le vulgaire se rédui-

sent aux mouches; en assignant à chaque famille, à chaque groupe. sa nourriture, son genre de vie et son mode de propagation; en les dotant d’une organisation conséquente à ce triple but, tu n'as pas dédaigné de les faire concourir aux sublimes harmonies qui régissent l'univers. Laissons donc tant d'hommes qui ne sont pas appelés à te comprendre s'épuiser en plaintes inutiles, décrier des œuvres qu'ils ne veulent ou ne peuvent pas connaître; laissons-les avec leur éternel cui bono, dont l'immortel Linné a si bien fait justice, et poursuivons avec gravité l’étude de tes plus minimes productions, parce que c’est précisément là que ton génie nous révèle tes plus sublimes conceptions.

Considérés sous le point de vue du nombre des espèces et des

individus, les Diptères sont, de toute la zoologie, l’ordre d’animaux le plus répandu sur le globe. Leurs larves pullulent dans toutes les matières animales eu végétales en décomposition, ainsi que dans les corps organisés vivants eux-mêmes, et il n'est pas de conditions de sol et de température qui ne soient peuplées de leurs cohortes ailées. La Providence leur a confié, n’en doutons point, une grande, une importante mission, et lorsque Linne disait qu'un lion ne dévorait pas plus vite un cadavre que ne le feraient trois mouches de l'espèce de celles qui mettent au monde des milliers de vers vivants, son assertion n’était pas aussi hyperbolique qu'on pourrait le croire.

Voyez comme la puissance créatrice a tout calculé, tout prévu, dans un but général de conservation et d'harmonie! comme elle sait rapprocher d’un mal inévitable un remède nécessaire! Ce vaste marais qui répand au loin ses miasmes délétères a pour correctif la production incessante de loxygène par les saules, les roseaux de sa rive, par les typha, les scirpus, les nymphæa de ses eaux; mais par le fait même de l'envahissementi de l'élément liquide par ces végétaux, il en résulte une plus grande stagnation de l’eau, une macération de leurs dépouilles, une décomposition organique; un foyer de nouveaux dégagements méphitiques et aussi un berceau de nouveaux êtres organisés : le correcüf est encore là. Ces myriades de mouches, à habitudes sédentaires, s'occupent à rendre à la vie ces atomes décomposés. à les passer à l’alambic de leurs organes digestifs, à les transformer en éléments nutritifs, à diminuer ainsi la somme de matière putréfiable. Admirons donc, si nous ne savons pas le comprendre, ce cercle éternel de circonstances où la vie et la mort, toujours aux prises, amènent en définitive la conservation de l'existence et le maintien des harmonies.

Les exigences scientifiques de l'époque m'ont fait attacher la même importance à l’autopsie d’un moucheron qu’à celle d'un quadrupède : la taille ne fait rien au sujet, Dans l'anatomie de chaque famille des Diptères, je ne me suis pas borné à une sèche

exposition matérielle des organes ; j'ai cherché à rattacher le nombre, la structure et la combinaison de ceux-ci à la classihication établie ou à établir; j'ai fait aussi marcher de front les considérations physiologiques toutes les fois que la connaissance des formes ou des actes extérieurs se prêtait à leur application.

“Cette conformité des viscères avec le genre de vie est surtout

Pobjet de mes investigations. Il est beau de rencontrer dans ces mouches un plan d'organisation qui les rattache si admirablement aux animaux considérés comme les plus parfaits que, pour la description de leurs appareils de la vie, on peut leur adapter la nomenclature anatomique consacrée depuis des siècles. Geux-là seuls dont le scalpel s’est voué avec une patience imperturbable à cette microlomie qui m'est devenue familière, se feront une juste idée des vives jouissances que procurent et la découverte des faits de concordance dont je viens de parler, et celte marche succesive de la nature dans ses créations.

Dans l’exposition de mes recherches anatomiques j'ai suivi, quant à la série des genres, l'ouvrage de M. Macquart, intitulé : Histoire naturelle des insectes diptéres'. C'est le tableau le plus complet de la classification des insectes de cet ordre. Je n’ai pas cru devoir adopter toutes les réductions que cet auteur, trop inspiré peut-être par les derniers ouvrages de Latreille, a fait subir aux familles primitivement établies par celui-ci ou par le célèbre diptérologiste Meigen?. Sans commettre la moindre infraction à la série si naturelle des groupes nombreux fondés par M. Macquart, je me suis permis de restituer à quelques-uns d’entre eux les noms de familles consacrés déjà dans Pimmortel Genera de Latreille et adoptés par plusieurs entomologistes.

Je n'ai pas manqué non plus de consulter le travail de M. Robineau-Desvoidy sur les Myodaires®. Ce livre, effrayant au pre mier abord par l'excessive multiplication des genres et les signa-

1? Deux vol. in-6°, librairie de Roret, 1835. 2 Dipt. curop. sept vol. avec pl. 1818-1838.

? Essai sur les Myoduires, Mémoires de 1 Institut, 1830.

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