‹ Recherchess anatomiques et physiologiques sur les Diptères, accompagnées de considérations relatives a l'histoire naturelle de ces insectesChapitre 15 sur 84 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

L APPAREIL DIGESTIF

à F4 On ne nous dit pas quelle est l'espèce de nourriture des Tipu- ” laires; mais la forme et la structure de leur bouche indiquent è A s assez que celle-ci n’est propre qu'à lécher, qu'à humer un ali- # . ment liquide ou très-pulvérulent, et mes dissections ne n'ont N° à jamais fait découvrir dans leur canal digestif qu'une liqueur peu jà : abondante, incolore ou avec une teinte verdâtre.

Fidèle à la maxime de suum cuique, je dois dire que Ramdohr? a publié, il y a environ trente ans, la figure et la descrip-

tion du canal alimentaire des T'p. lunata et oleracea. C’est le seul auteur à ma connaissance qui ait porté le scalpel dans les entrailles des Tipulaires, etil s’est exclusivement borné à l'organe digestif. + J'exposerai aussi, à la fin du chapitre, mes recherches sur l'ana- tomie de leurs larves. | Là Les glandes salivaires ont dans les T'ipula et les Bibio la forme d’une utricule ovoïde oblongue avec un col capillaire; elles sont -grèles dans les Ctenophora;w#Pachyrhina , Rhyphus, bien plus longues dans le Macrocera, où elles pénètrent bien avant dans la cavité abdominale, presque gapillaises dans le Mycetophilu. Les dissecpion les plus attentives ne ie ‘ont pas permis de constater leur

? Recherch. anat. et phys. sur les Orthopt. Hymén. Névropt. (Mém. de l'Instit. 1841, p. 352.)

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existence dans les Psychoda; la petitesse et l'extrême fragilité de ces insectes les auront vraisemblablement dérobées à ma vue.

Le tube alimentaire est à peu près de la longueur du corps dans les espèces du genre Tipula de Geoffroy; il est un peu plus long dans les Macrocera, Mycetophila, Ceroplatus, Rhyphus. Celui du Sciophila et du Bibio, genre qui semble faire le passage des Némocères aux Brachocères de M. Macquart, a près de deux fois la longueur de linsecte : dans le premier, c’est le ventricule chylifique, et dans le second les flexuosités de l'intestin qui forment ce surcroit d'étendue comparative. Le réservoir de la panse a une configuration qui varie et suivant les espèces et suivant quelques conditions digestives : dans les Tipula il est ou oblong ou avec un étranglement plus ou moins ridé ou boursouflé; il est grêle et courbé en hameçon dans les Ctenophora et les Sciophila, tandis que dans le Xyphura il est oblong et droit, ainsi que dans les Pachyrhina, CGeroplatus et Sciara ; celui des Macrocera et Mycetophila est grêle et droit; :l est au contraire large et bilobé dans le Rhyphus, ovoide dans le Psychodes. Le ventricule chylifique est séparé de l’'æsophage par une valvule intérieure analogue au cardia des grands animaux; dans la plupart des Tipulaires, il est simple et arrondi à son origine. Celle-ci, dans le Ceroplatus, a deux bourses ventriculaires conoïdes, et elle est échancrée, presque bilobée, dans le Rhyphus.

Les vaisseaux hépatiques présentent de notables différences suivant quelques genres. Dans les Tipula, Ctenophora, les Pachyrhina, Anisomera, ils sont capillaires plus longs que tout le canal digestif, très-flexueux, d’un jaune sale ou parfois brunâtres, implantés par quatre insertions isolées, et au lieu d’avoir des bouts flottants, ils constituent deux grandes anses reployées comme ceux des carabiques dans les Coléoptères; ils sont moins longs et avec quatre bouts libres et borgnes dans la plupart des autres genres. Ceux des Psychoda se renflent à leur origine en une sorte de vésicule biliaire ovale ou oblongue, qui rappelle celle que J'ai décrite dans quelques Cimex. Dans plusieurs autopsies de ces frêles Dip-

tères, j'ai constaté l'existence de cinq vaisseaux hépatiques, comme dans les cousins, presque aussi souvent que celle de quatre, que je regarde comme le nombre normal. Dans le Rhyphus et le Bibio, ls sont plus gros dans une bonne étendue de leur partie moyenne et ils renferment une bile brune ou violacée.

L'intestin présente dès son origine dans les Tipulu, Anisomera, Pachyrhina, Rhyphus et Bibio, un renflement plus ou moins prononcé, dont la texture semble plus serrée. Le rectum à quatre boutons charnus oblongs; il y en a cinq ou six dans le Bibio, et ils sont presque nuls dans les Ceroplatus, Rhyphus, Psychoda.

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