CHAPITRE IT
APPAREIL GÉNITAL
ARTICLE EF
APPAREIL GÉNITAL MÂLE
Les testicules sont ovoides dans les Subula, Beris, Sargus, Ghrysomyia; allongés, cylindroïdes et courbés en hamecon dans l'Ephippium, lOdontomyia tigrina; filiformes dans l'Odontomyia furcata; en longue massue, plus ou moins fléchie, dans le S. sérigata; gros et pyriformes dans le S. chamæleon, sphéroiïdes dans le Vappo. Les conduits déférents sont tellement agglomérés dans le Beris que ses testicules paraissent sessiles. Ce n’est que par la macération qu'on parvient à les dérouler et à mettre en évidence leur ténuité capillaire et leur longueur, qui égale deux fois au moins celle du testicule. Ceux de l'Ephippium sont, au contraire, du double plus
courts que cet organe, capillaires et insérés à nu sur la vésicule séminale, à une distance assez grande de l'origine du canal éja-
culateur, tandis que, dans les autres Stratiomydes, cette insertion a lieu immédiatement avant cette origine. Ces conduits ont au F moins la longueur du testicule dans le Sfrigata et bien davantage
dansle Chamæleon. Ceux du Sargus, tout aussi longs, ont une teinte jaune; ils sont moins longs et un peu bulbeux à leur origine dans le Chrysomyia et le Vappo. Dans les Odontomyia les conduits déferents, aussi longs, aussi capillaires que dans le Beris, présentent une disposition toute particulière, dont je n'ai pas encore constaté d'autre exemple dans les Dipières : ils sont enroulés ensemble en une agolomération globuleuse et centrale, d'un jaune tomate dans le O. tigrina, d’un jaune plus pur dans le O. furcata, couleurs qui ne sont, comme dans beaucoup de testicules, qu'extérieures et dépendantes d’une tunique subadipeuse. Cette pelote est un véritable épididyme, qui a cette particularité de constituer une masse commune. Je suis parvenu à isoler les deux conduits et à mettre en évidence leurs insertions aux vésicules séminales correspondantes. Il ne faut pas confondre cette agglomération des conduits déférents avec celle des véritables testicules, qui s'observe dans quelques Asiliques, ni avec celle des vésicules séminales, dont les Bombyliers offrent des exemples.
= Les vésicules séminales, au nombre de deux, sont en général filiformes, flexueuses ou reployées, de médiocre longueur dans les Beris, Sargus, Chrysomyia; celles des Eplippium, Stratiomys, Odontomyia et Vappo sont très-longues et entrelacées.
Le canal ejaculateur est grèle, fort long et flexueux dans le Subula, médiocre dans le Beris et les Odontomyia, plus’ court dans l'Ephippium, assez long et atténué en arrière dans le Strigata, court et bulbeux à son origine dans le Chamæleon, très-court dans le Sargus, assez long et capillaire dans le Vappo.
L'armure copulatrice du Beris, considérée par sa région dorsale, met en évidence : 1° un demi-segment tégumentaire noirâtre, à peine échancré sur les côtés; 2° une lame presque carrée, glabre
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SUR LES DIPTÈRES. 237 d’un blond clair, légèrement échancrée en arrière avec les angles postérieurs obtus; 3° deux appendices ovalaires planes, noirs, velus, d’un seul article, insérés à ces angles; 4° une lame subtriangulaire pâle, à peine villeuse, apparaissant à lPéchancrure de la lame carrée; 5° de chaque côté, à la base de celle-ci et en dessous un fort crochet corné, arqué, päle, velu, formant les branches du forceps. Vue par sa région ventrale, cette armure présente une large pièce basilaire cornée, aux angles postérieurs de laquelle s’articulent les branches du forceps, et qui est armée au côté interne d’une dent aiguë. Le fourreau de la verge est formé de deux baguettes linéaires brunes, terminées chacune par une pointe allongée pâle; ce fourreau est bordé par une lame coriacée pâle, qui se continue jusqu’à l'endroit où Le canal éjaculateur pénètre dans l’armure.
Celle-ci, dans le Strigata, rappelle par sa composition celle des Hyménoptères : la pièce basilaire est en écusson convexe et arrondi; les branches du forceps, oblongues, grosses et comme sinueuses, sont presque bifurquées à leur extrémité; la dent la plus interne est aiguë, et l'autre obtuse; le fourreau de la verge, d’un brun pâle, est formé de deux baguettes adossées, terminées par un bouton ovalaire ? De dessous une lame sous-jacente au fourreau, on voit saillir deux soies roides roussâtres et la pointe obtuse des branches du forceps est débordée au côté externe par une pièce oblongue coriacée, velue en dehors, voilà ce qu’on aperçoit à la région dorsale. À Popposé, on voit une sorte de volselle formée de deux brañches obtuses brunes, à l'extrémité desquelles s’insère la pièce oblongue que j'ai dit déborder le bout du forceps; à la base de la mr se trouve enclavée une autre petite volselle. En dessous’, le fourreau de la verge se termine par un corps ovoïde pointu, ambré, enchässé en arrière dans une pièce qui se prolonge de chaque côté en un stylet sétiforme.
L'armure copulatrice du Sargus, fort petite et presque quadrilatère, est noirâtre et cornéo-coriacée: le Jorceps est court, terminé par un crochet velu en dehors, et garmi en dedans de
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quatre où cinq soies roides; entre les branches du forceps, il y a une lame cornée échancrée. Le fourreau de la verge sort de dessous l’'échancrure de cette lame; en renversant l’armure on aperçoit deux appendices allongés, velus, fixés à la base d’une pièce subtriangulaire.
ARTICLE II
APPAREIL GENITAL FEMELLE.
Les ovaires, ovales ou oblongs, sont, à proprement parler, des épis composés de gaines ovigères sessiles, innombrables, ovales ou globuleuses, uniloculaires dans l'Æphippium, les Odontomyia, le Sargus, biloculaires dans le Beris, à trois ou quatre locules dans le Vappo. Le calice est central, le col bien marqué, ainsi que lourducte; les œufs sont en général oblongs, atténués à un bout, subglobuleux dans les Odontomyia.
La glande sébifique du Beris et de lOdontomyia (tigrina) a trois orbicelles ovalaires à centre noir, contigus sur une même ligne, avec des conduits efférents capillaires, parfois fléchis tous trois au même point, et plus ou moins renflé$ avant leur insertion.
Les réservoirs séminaux sont filiformes, blancs; dans le Beris, ils m'ont paru confluents en arrière en un seul tronc fort court; les tentacules vulvaires sont biarticulés, velus.
Cette glande est très-différente dans l’Ephippium; organe sécreteur est ici représenté par deux corps de forme et de structure insolites : l'un esi un globe diaphane, d’une consistance comme calleuse, muni d’un conduit efférent assez court; l’autre est une grande anse épaisse, subcalleuse, ayant un vaisseau inclus blanc, et offrant avant son insertion à la paroi supérieure de l’oviducte, une espèce de bulbe de couleur jaunâtre, et d’une texture particulière. Par le bout opposé, elle dégénère en un vaisseau capillaure dont je n'ai pas bien vu la terminaison, et qui parfois m'a paru s'implanter -au point même d'insertion de l'anse. Les réser-
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voirs séminaux sont deux vaisseaux fort longs, blancs, très-fins, fragiles, entremêlés, ayant trois ou quatre fois la longueur de l'insecte; loviscapte se compose de trois tuyaux engaînés , légèrement velus, et se termine par deux fentacules vulvaires biarticulés, velus.
La glande sébifique du Sargus va nous présenter un de ces types de transition intéressants à constater : l'organe sécréteur est un paquet de trois longs filets tubuleux, simples, ployés d'avant en arrière et lächement entrelacés. Les réservoirs séminaux sont deux boyaux simples, grêles comme un fil.
Dans le Chrysomyia, ces trois filets sont terminés par une.vésicule oblongue.
La même glande se compose, dans le Vappo pallipennis, de trois vaisseaux sécréteurs simples, remarquables par une grosse vésicule ovale-globuleuse terminale, diaphane ; au centre de celleci on découvre, comme une sorte de caroncule, un tout peti! filet tubuleux terminé par un capitule. Les réservoirs sont aussi deux longs vaisseaux simples, d’une ténuité capillaire. L'oviscapte peut s’allonger au point de surpasser en longueur celle de son abdomen; il se compose de trois tuyaux grisâtres à peu près égaux, et de deux autres plus päles et d’une consistance molle; cette longueur et cette structure de l’oviscapte nous annoncent d'avance que les Vappo doivent enfoncer leurs œufs très-profondement dans une substance peu résistante : on sait, en effet, que les larves de ces Diptères vivent dans le bois pourri et décompose.
FAMILLE DES ASILIQUES.
Les Asiliques, tels que les comprenait Latreille, au beau temps de son Genera, constituent une des familles les plus naturelles, les plus légitimes de l'ordre, et ce mème auteur a violé ses propres principes en composant son étrange famille des Tanystomes avec des groupes si disparates; il suffit de nommer l’Asilus et le
910 RECHERCHES ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES Bombylius, pour prouver combien ils sont peu faits pour fraterniser.
Ils comptent dans leurs rangs les Diptères les plus grands,'les plus robustes, et en même temps les plus intrépides; ils sont chasseurs de profession : on les voit, au plus fort de l'été, se tenir en embuscade sur les chemins, les tertres, les troncs d'arbres, se placer en arrèt comme un chien couchant, s'élancer sur leur proie et l'emporter dans les airs, quoiqu'elle ait souvent plus de volume qu'eux; leurs pattes, armées de nombreux piquants, leur servent admirablement pour saisir et retenir les insectes.
Voici les espèces dont j'ai fait l'autopsie :
1. Laphria falva. Mer. 4. Dioctria nigritarsis. Nos. 2. Dasypogon teutonus. F. 5. Asilus crabroniformis. T. 3. —————— punclatus. T. 6. senex. ME1cG.