CHAPITRE IL
APPAREIL GÉNITAL
La configuration bizarre de l'abdomen des Conops devait faire supposer des manœuvres singulières pendant l'acte copulateur. J'ai été assez heureux pour être témoin oculaire, en juillet 1838 de l’'accouplement du Conops rafipes, dont j'avais renfermé dans un bocal de verre plusieurs individus pour mes dissections. Le mâle monte sur le dos de la femelle, qu'il tient embrassée par le corselet. Il lexcite par des attouchements, par de petits coups répétés de ses pattes. En même temps il fait glisser en se reculant, son abdomen sur celui de la femelle, il le recourbe en bas en agitant alors et la trompe et les palpes, et en faisant frémir ses balanciers. La femelle, d’abord assez froide, finit par répondre à ce prélude de caresses et se met à l'unisson de l'orgasme sexuel. Elle déroule son abdomen, de manière qu’au lieu d’être courbé en dessous il se relève en dessus pour s'unir et s’emboiter étroitement avec celui du mâle. I} se fait aussitôt une rétroversion du mäle comme fontles chiens, et les deux abdomens sur une même ligne semblent n’en former qu'un seul. J'ai représenté cette union des deux abdomens. Le couple demeura ainsi attaché pendant un quart d'heure.
Il parait que plusieurs assauts ou plusieurs copulations doivent avoir lieu pour une complète fécondation, ou qu'il y a des pontes successives, car, en disséquant une femelle qui venait de s’accoupler sous mes yeux, J'ai trouvé les gaînes ovigères et même les cols des ovaires avec des œufs à terme. Cette femelle était certainement à même de pondre.
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APPAREIL GENITAL MÂLE.
Les testicules des Conops (lacera), placés à la partie postérieure de la cavité abdominale, sont formés chacun par les circonvolutions agglomérées d’un seul vaisseau spermilique filiforme, brun (roussätre dans le: rufipes), plus long, quand il est déroulé, que le corps du Diptère. Ces organes s’insèrent directement aux points de confluence des vésicules séminales; ainsi, 1l n’y a pas de conduit déférent proprement dit, et on ne peut considérer comme tel que la partie postérieure du vaisseau testiculaire. Les vésicules séminales, fliformes comme ce dernier, mais moins longues, sont subdiaphanes et reployées. Le canal éjaculateur encore plus fin, mais du double plus court, semble un peu bulbeux à son origine.
L’armure copulatrice du C. lacera est logée sous la voûte du bout de l'abdomen. Le forceps est noir, velu, court, épais, avec l’extrémité des branches très-obtuse. Dans l'intervalle de celles-ci, on voit saillir un petit bouton, comme pédicellé, qui parait s'ouvrir dans son milieu, et que je soupçonne être une volselle. Une compression expulsive détermine l’exsertion au delà du forceps d’une pièce oblongue brune, hérissée, au microscope, de piquants trèscourts, et sur un de ses côtés une petite écaille oblongue appliquée sur sa base. C’est peut-être là un fourreau de la verge g une structure insolite.
Les testicules du Stachynia sont aussi filiformes, reployés en deux ou trois boucles, roussâtres, moins longs et plus épais que ceux des Conops, manquant pareillement de conduits déférents. Les vésicules séminales sont allongées, plus ou mois boursouflées et ployées sur elles-mêmes. Le canal éjaculateur ne diffère pas de celui du Conops.
Ces organes ont la même forme, la même structure dans le
. Myopa; seulement, les testicules, avant leur insertion aux vésicules
séminales, sont adhérents entre eux, comme dans quelques Svrphides.
L’armure copulatrice du Stachynia offre une particularité remarquable de structure. Le forceps en fer à cheval, très-courbe et presque rond , est noir, velu. Entre ses branches est une masse oblongue, blanchâtre, charnue, dont l'axe intérieur paraît être une tige cornée, manifestée au-dehors par un trait médian noirâtre, longitudinal. Sa base est flanquée à droite et à gauche par un filet brun recourbé, et de son extrémité sort une lame longue et élastique, plus ou moins reployée, bordée d'un filet corné noirâtre, rappelant la langue des Apiaires, et finement velue en dessous. Cette lame, qui est vraisemblablement un fourreau de la verge analogue à celui des grandes Tipulaires et aussi à celui de quelques Muscides acalypiérées, égale en longueur la moitié du corps de linsecte. De son bout on voit saillir par une compression expulsive une sorte de boyau charnu, qui est peutêtre le pénis.
ARTICLE II
APPAREIL GENITAL FEMELLE.
Les ovaires des Conopsides diffèrent de ceux des familles precédentes surtout par le nombre déterminé de gaines ovigères et par l'absence de calice propre; ceux du Myopa sont deux faisceaux conico-turbinés, d’une douzaine seulement de gaines ovigères allongées, multilocutaires, assez lâches, convergentes au ligament suspenseur. Le col est tubuleux, aussi long que l'ovaire et peut renfermer trois ou quatre œufs à terme, ce qui supplée le calice. L'oviducte est tout aussi grêle; mais plus court. Les œufs sont allongés, blancs.
La glande sébifique a cela de particulier qu'il y a quatre orbicelles à centre noir rapprochés ettontigus par paires. Chacune de cellesci a un seul col efférent capillaire. Les réservoirs consistent,
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comme à l'ordinaire, en deux filets tubuleux, plus ou moins boursouflés. Le dernier segment de labdomen est grand, brun, ovale, velu, suivi d’une pièce étroite, débordée au milieu par deux tentacules vulvaires uni-articulés, oblongs, terminés par un pinceau de poils.
Les ovaires et la glande sébifique du Conops rufipes ressemblent en tout à ceux du Myopa.
FAMILLE DES OESTRIDES !.:
Les OEstrides, Diptères qui attaquent nos bestiaux, et dont les larves vivent dans leurs viscères ou dans leurs divers tissus, excitaient paissamment mon intérêt et ma curiosité; mais la difficulté de-se procurer pour les dissections des individus aïlés vivants m'a forcé à laisser dans l’exposition de mes recherches anatomiques quelques lacunes ; je ne désespère pas de les combler dans le courant de la campagne actuelle.
L'existence d’un seul ganglion rachidien et de deux ballons trachéens à l'abdomen place irrévocablement les OEstrides dans cette nation sans bornes des Athéricères de Latraille, et en particulier à la tête de cette première division que M. Robineau Desvoidy a appelée les Myodaires calyptérées. N'estl pas bien cOnsolant de voir que, par un accord sublime des caractères anatomiques intérieurs avec les traits fournis par l'étude de la configuration et de la structure extérieures, ces Diptères doivent conserver le poste qu'ils occupent dans la série générique de la plupart des méthodes entomologiques ? Mais, à l'époque où en est la science, on ne saurait se borner à les considérer, ni comme des genres de la famille des Muscides, ni comme une tribu des Athéricères. Ils doivent
! Depuis que mes recherches anatomiques sur les OEstrides ont été déposées au secrétariat de l'Académie des sciences, et pendant l'intervalle septennal qui s'est écoulé jusqu’à leur publication, la science n’est pas demeurée stationnaire. Un mémoire fort remarquable de M. le professeur Joly, de la Faculté des sciences de Toulouse, a été livré au monde savant en 1846. Pendant la correction de ces épreuves (novembre 1846), je mettrai à profit les faits fournis par l'habile scalpel de ce professeur.
SUR LES DIPTÈRES,; 283 constituer une famille à part, ainsi que Font bien jugé Meigen, Leach, Stephens, etc.
Les OEstrides ailés dont j'ai fait la dissection sont précisément du nombre de ceux auxquels les entomologistes , tant anciens que modernes, ont refusé une bouche, par conséquent la faculté d’avaler des aliments et de se nourrir, par conséquent un canal digestif et forcément un anus. Mais, grâce à Dieu, cette sentence n’est pas sans appel, non plus que celle qui avait condamné le Fourmilion a ne pouvoir pas expulser le résidu de la digestion !, non plus que l'assertion de Ramdohr, qui dénie à plusieurs insectes un tube alimentaire que j'ai trouvé parfaitement organisé. D'un autre côté, tout en disant que les œstres avaient une vie éphémère, et l'induction était de rigueur avec une diète absolue, on leur reconnaissait un genre de vie très-actif, un bourdonnement aigu; on accordait la faculté d’engendrer à ces étalons qui, par un privilége physiologique inoui, devaient sécréter du sperme, se livrer à de vigoureux ébats, sans prendre un seul picotin, sans avaler un atome de nourriture. À tant faire que de les déshériter si imjustement d’un appareil digestif, pourquoi ne pas refuser au moins aux mâles des organes reproducteurs? pourquoi ne pas déclarer les femelles à fécondité transmissible de génération en génération depuis le commencement du monde, ou fécondables par le simple contact de leurs maris impuissants? Sachez done que les OEstrides ont un organe de la digestion, comme je le prouverai tout à l'heure.
Les espèces disséquées sont :
Le Cephalemyia ovis. MacQ.