‹ Recherchess anatomiques et physiologiques sur les Diptères, accompagnées de considérations relatives a l'histoire naturelle de ces insectesChapitre 41 sur 84 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

APPAREIL DIGESTIF

La petitesse disproportionnée de cet appareil avec la taille de l'insecte, la finesse et la texture éminemment fragile des membranes digestives , témoignent assez du peu d'énergie de la nutrition dansles OEstrides. Ces circonstances rendent très-dificultueuse la dissection de cet organe, et Jose à peine avouer que J'ai i employé six heures consécutives à mettre en évidence le canal digestif d’un seul individu de Cephalemyia. Mais enfin j'ai atteint positivement mon but.

Jusqu'à présent je n'ai pu découvrir dans les OEstrides ailés soumis à mon scalpel aucune trace de l'existence des glandes salivaires, quoique je les aie rencontrées dans quelques-unes de leurs larves.

Le tube alimentaire du Cephalemyia a environ une fois et demie la longueur du corps du Diptère. La panse à un col aussi gros que le ventricule, et un réservoir simple oblong, que j'ai trouvé rempli d'une bouillie blanchätre. Cette dernière circonstance prouve, d’une part, que ce Diptère avale de la nourriture, qu'il a par conséquent une bouche, que tout le monde luirefuse, et de l'autre qu'il suce, non Je sang, mais sans doute les mucosités ou les humeurs exsudées des brebis.

Lé ventricule chylifique présente à son origme un renflement brusque, conoïde avec une sorte de bourrelet ébauché, puis il dégénère en un tube droit d’une finesse capillaire.

Les vaisseaux hépatiques, au nombre de quatre, à bouts flottants, sont remarquables par leur grosseur, qui surpasse de beaucoup celle du ventricule; par leurs varicosités et les festons de leurs bords. Ils sont semi-diaphanes, courts comparativement à ceux des insectes en général, s’abouchent par paire à deux canaux cholédoques bien prononcés. Un développement aussi considérable des

vaisseaux biliaires entraine, comme conséquence physiologique, une grande énergie de leurs fonctions. Ils semblent suppléer à lexiguité du ventricule.

L'intestin, d'un calibre bien supérieur à ce dernier, est filiforme et flexueux, Le rectum très-dilaté, presque rond, a des parois diaphanes et minces avec deux boutons charnus, arrondis ou subconoïdes. Ce rectum renferme une matière excrémentitielle, blanche eomme de lamidon. Loin de s'étrécir en arrière én un col, il s'applique au contraire largement contre la portion tégumentaire, à la surface externe de laquelle se voit l'anus. Celui-ci est bien distinct, dans la femelle, de la vulve qui l'avoisine, et qui est flanquée de deux tentacules vulvaires hérissés.

Le canal digestif de l'OŒstras est organisé sur le même plan général que le précédent, mais il est moins grêle; le plus souvent je l'ai trouvé diaphane et sans ingesta. La panse, si elle existe, m'a échappé, malgré plusieurs autopsies; le ventricule chylifique a aussi à son origime ce renflement turbiné que je viens de signaler dans le Rs il est variable pour son D et il n’est pas rare qu'il présente dans l'abdomen une dilatation; Les vaisseaux hépatiques, moins variqueux, s'unissent deux à deux en un canal cholédoque court; le rectum, atténué en un col, ne m'a pas offert de boutons charnus, et il renferme aussi une pulpe fécale blanchâtre, que j'ai distinctement vue expulsée par l'anus.

Le canal digestif de VOE. hæmorrhoïdalis et celui de l'Hypoderma bovis, disséqués par M. Joly, ont la plus parfaite analogie avec celui de VE. equi.

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