‹ Recherchess anatomiques et physiologiques sur les Diptères, accompagnées de considérations relatives a l'histoire naturelle de ces insectesChapitre 54 sur 84 · ONE · texte numérisé non relu

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Entre ces deux angles, il ÿ a une très-petite épine courbe; au milieu des bases du forceps, on voit deux pièces oblongues contiguës à la ligne médiane, analogues aux tentacules du vibrans. Comme dans cette dernière espèce, on trouve dans le lugens le fourreau de la verge enroulé hors du corps en ressort de montre, mais simplement bordé, d'abord, d'aiguillons triangulaires bien séparés, puis de piquants sétiformes allongés, susceptibles de se redresser et de s’'incliner; enfin, ce ruban élastique est inerme un peu avant son extrémité, qui est terminée en pointe mousse. Nous allons trouver dans l'armure copulatrice du Platystoma une recherche singulière de composition et de structure. Couchée dans le repos, dans lexcavation du bout de l'abdomen, elle consiste d’abord en deux pièces basilaires cornées, noires, glabres, placées l’une à la suite de l'autre, et qui ne semblent que des segments tégumentaires qui auraient changé de forme et un peu de texture; la première, qui est ovale, convexe, tronquée en arrière pour s'articuler à la suivante, est arrondie en avant, où elle reçoit le col du réservoir séminal; la seconde pièce, analogue à celle des Ortalis, est presque carrée, un peu échancrée en arrière. Après cette échancrure, se voit le forceps, dont les branches écartées, mais susceptibles de se rapprocher pour former la pince, sont composées de deux pièces unies par une articulation : l'une est roussâtre, renflée, située à la base; l’autre est un crochet à trois petites dents tronquées, dont la plus interne est noire et l'externe roussâtre. Par une compression expulsive, exercée avec

ménagement pendant la vie de l'insecte, on voit se présenter, entre les branches du forceps, une sorte d’étui assez grand, co-

riacé, membraneux, velu, qui ressemble au fourreau de la verge. Mais c’est dans l'étude du pénis que nous allons voir se mulüplier les prodiges de structure. De dessous et sur le côté de la seconde pièce basilaire, part, comme dans les Ortalis, un filet élastique-de couleur ambrée, d'une fmesse qui surpasse celle d'un cheveu, et assez long pour faire une grande circonvolution sur lui-même. Ce filet, qui ne s’enroule pas en ressort de montre,

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aboutit à un corps fort gros, comparativement à lui, ovale-oblong, étranglé en calebasse, corné, très-glabre, lisse et luisant. Un peu avant son bout, libre et sous celui-ci, ce corps émet un filet de même nature et de même nuance que celui fixé au bout opposé, mais trois ou quatre fois plus court, et bifide à son extrémité. La plus forte lentille du microscope laissé «p=rcevoir, à travers la tunique ambrée et semi-diaphane du plus long filet, un tube inclus, et à la première partie de la calebasse ime Mens pareillement incluse. L’invocation de la loi de l'analogie me porte à regarder ce filet comme un étui de la verge, ainsi que les grändes Thales nous l'ont démontré, tandis que le corps en calebasse doit être considéré comme un gland presque monstrueux. Il est permis de croire que ce gland est destiné à s'introduire, à se loger dans le vagin, à y demeurer tout le temps du coït. Il est probable que; pendant celui-ci, dont je n'ai pas été témoin, les deux sexes demeurent unis, attachés comme les chiens, et enfin qu'il se fait, durant cette union, plusieurs éjaculations.

L'armure des Sepsidées est, dans le repos, réfléchie et appliquée sous le bout de l'abdomen. Celle du Cheligaster a une circonscription ovalaire. Elle semble se réduire à une seule tenaille cornée ou forceps, laissant entre ses branches un grand vide, et suscepüble d’un jeu assez étendu. Mais en y regardant de plus près, on reconnaît presque vers le milieu de ces branches, une petite agticulation transversale, ce qui permet de distinguer, 1° une pièce basilaire cambrée, renflée, noire, luisante, un peu hérissée, unie en arrière à sa congénère par une fine articulation médiane, difficile à constater; 2° une pièce terminale, plus grêle, plus pâle, pareillement cornée, un peu sinueuse , inclinée vers sa congénère pour faire la pince. Elle représente le crochet arqué et mobile qui s'observe dans quelques armures de Diptères et notamment dans le Sargus, le Leptis, etc. Au milieu de Pouverture parabolique du forceps, se voit un étui oblong, corné, noir, glabre : c'est le fourreau de la verge; mais un fourreau, contre l’ordinaire, d’une seule pièce cornée, au mois vue par

sa région dorsale. L'extrémité de ce fourreau émet, par une compression expulsive, un appareil assez compliqué, où l'étude microscopiqué m'a permis de constater, d'abord, un stylet central en crochet, modérément arqué, corné quoique pâle, avec une très-petite saillie dentiforme vers sa base; puis, de chaque côté de cette dernière, une sorte de tubercule ou d’apophyse arrondie, veloutée, dont l’une, plus saillante, est armée à sa racme d’un ergot corné, dirigé vers la souche de Fappareil. Je laisse à de plus habiles le soin de nous fixer sur les attributions respectives des diverses pièces de ce singulier instrument copulatif. L'armure du Vemopoda ressemble à la précédente, mais elle est plus arrondie, et je n'ai point saisi l'articulation mitoyenne des branches du forceps. Le fourreau de la verge est ici velu,

échancré sur un côté. De son extrémité, sort un stylet allongé,

sinueux, hérissé. :

Le trait anatomiquesqui établit l'affinité générique de l'Ulidia avec l'Ortalis, est l'existence, en dehors de larmure copulatrice, d'un fourreau de la verge, sous la forme d’un filet enroulé comme un ressort de montre. J'ai décrit et figuré cette même disposition dans le Piophila petasionts.

L'armure du Drosophila fasciata ne manque pas non plus d'originalité. Elle a pour pièce basilaire un panneau ovalaire, de texture corlacée, couvert de longs poils et garni à son bord inférieur d’une série de dents cornées, brunes, dirigéesJes unes en avant, les autres en arrière. La plupart de ces dents, vues au microscope, ont leur pointe bifide. Au-dessous de ce panneau, est une plaque cornée, oblongue , subtriangulaire, finement dentelée à son bord tranchant. Cette plaque, quoique unique, remplacerait le forceps. Mais, ce qu'il ÿ a de bien curieux, c’est qu'à plusieurs reprises J'ai pu constater, sur un insecte aussi petit, la verge parfaitement saillante. Cette verge (ou peut-être ce fourreau) est capillaire, assez longue, blanchâtre, et son bout libre offre au microscope une sorte de gland avec un très-petit crochet de chaque côté.

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«SUR LES DIPTÈRES. 333 L'armure du Sphærocera est ovalaire et noire. La pièce basilaire est assez large, transversale, un peu arquée. Les branches du forceps sont pointues, médiocrement courbes, velues en dehors. Le fourreau se termine par deux stylets bruns sétiformes. L'armure du Phora pallipes consiste principalement en un Jorceps coriacéo-corné, à branches grosses et hérissées de soies roides à leur base, étrécies ensuite pour se terminer par un crochet en cuilleron arrondi, très-cilié en dehors. Le fourreau est glabre, cylindroïde, avec deux soies courbes à sa pointe. Ce dernier trait rappelle celui du Sphærocera. Le microscope m'a fait découvrir, à la base du fourreau, deux plaques ovalaires ciliées. appartenant peut-être à une voselle.

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APPAREIL GENITAL FEMELLE.

Mes investigations anatomiques sur cet appareil ne m'ont pas mis à même de croire que dans les Muscides acalyptérées il existàt des espèces vivipares, comme dans les calyptérées. Je n’y ai découvert aucun vestige de réservoirs ovo-larvigères. Les œufs à terme tombent dans le calice, quand il y en a, ou enfilent l’ovi ducte, pour séjourner, avant d’être pondus, dans un renflemen: de celui-ci, qui devient un réservoir ovigère, analogue à celui don les calyptérées nous ont fourni plusieurs exemples. Je me boruerai à choisir, dans le grand nombre d’ovaires que j'ai étudiés ceux dont les modifications, de forme ou de structure, peuven servir de types pour l'ensemble de la famille.

Les ovaires du Sepedon sphegeus et du Tetanocera shctica con sistent en deux grappes ovalaires-conoïdes de vingt-cinq à trenti gaines ovigères multiloculaires. Le calice est postérieur et plu: ou moins cupuliforme. Le col est fort court, et l’oviducte long et filiforme, sans réservoir ovigère. Les œufs à terme sont oblong: et blancs. Je n’ai su apercevoir, pour appareil sébifique et sémina

du Sepedon, que deux boyaux filiformes plus où moins boursouflés, d’une légère teinte roussâtre, renflés en arrière en une vésicule ovalaire qui s’insère par un petit col à l'extrémité de loviducte. Malgré des recherches réitérées, je n'ai pas découvert des orbicelles, comme dans d’autres Dolichocères, et je sens le besoin de reprendre ces autopsies.

Jai trouvé dans les Telanocera aratoria et stictica, trois orbicelles à centre noir, munis de cols éfférents capillaires. Dans la première de ces espèces, il existe aussi deux réservoirs utriculaires ovales atténués en col.

L'oviscapte des Dolichocères est nul ou presque mul, et c'est l'indice que ces Diptères n'introduisent pas, mais déposent leurs œufs. Les derniers segments dorsaux du Sepedon sont étroits, engainés de manière à se prêter, lors de la ponte, à des mouvements variés et à un certain allongement. Il y a deux tentacules vulvaires d’un seul article ovalaire velu.

Les ovaires du Loxocera ont la configuration de ceux des Dolichocères, mais ils n’ont chacun que dix à douze gaines ovigéres allongées, tri ou quadriloculaires, ce qui explique la rareté de ces Diptères comparativement aux Sepedons. L'oviducte présente, peu après son origne, un réservoir ovigère allongé , à parois épaises et consistantes. L'appareil sébifique et séminal ne m'a offert que deux orbicelles à centre roussâtre, subsessiles, et un seul réservoir ovoide pédicellé. L’oviscaple est petit, d’une seule pièce tubuleuse brune et grêle. Il insère sans doute les œufs dans quelque milieu résistant.

Ceux du Chyliza ont encore la forme des précédents, avec une quinzaine environ de gaines ovigères multiloculaires. L'oviducte a un réservoir ovigère, analogue à celui du Loxocera. Les œufs à terme sont allongés et blancs. L'oviscapte est formé aussi d’un seul tuyau rétractile, terminé par deux tentacules vulvaires, d'un seul article. Les réservoirs séminaux sont ovales, avec un long col.

Dans les Scatomyzides, les ovaires du Sapromyza ustulata ont

un, nombre indéterminable de gaines. ovigéres multiloculaires, et l'oviducte offre, comme les précédents, un réservoir ovigère. La glande sébifique a trois orbicelles ronds à centre noir, munis d’un très-long col ; le Sap. rorida n’en a que deux, mais l’un a deux taches noires, et l'Helomyza rufa a deux longs cols avec un double orbicelle à chacun.

Les ovaires du Platystoma, dans un état de fécondation avancée. sont gros, subglobuleux, blancs, hérissés dans tous les sens par une quantité innombrable (plusieurs centaines) de gaines ovigéres allongées, très-serrées, biloculaires, terminées par un ligament propre. Le calice, qui, dans les groupes précédents, était postérieur, est ici central; le col fort court, ainsi que loviducte, jusqu'à l'insertion de la glande sébifique, car après celle-ci il se prolonge pour suivre les mouvements de loviscapte. Remarquez qu'il n’y a pas de réservoir ovigère. Les œufs sont allongés, grèles, pointus par un bout.

Dans les individus vierges, les ovaires sont plats, triangulaires, et les cols s'insèrent à l'angle postérieur et interne du triangle.

L'appareil sébifique et séminal, situé à peu de distance de l’origme de loviducte, a trois orbicelles ronds à centre noir, qui paraissent sessiles dans la situation normale des organes, mais qui, dans le fait, ont un très-long col efférent capillaire. Ces orbicelles sont tellement enlacés dans un tissu adrpeux membraniforme , qu'il est fort difficile de les mettre en évidence. Les réservoirs séminaux sont deux boyaux allongés plus où moins renflés vers leur milieu, flexueux, remplis d’une matière trèsblanche. C'est surtout dans les individus non fécondés que les connexions de tous ces organes peuvent être bien saisies.

L'oviscaple est long et formé par deux tuyaux bruns, parcheminés, rentrant lun dans l'autre, et dont le postérieur, plus grêle, se termine par quelques poils. Je n'ai pas aperçu des tentacules vulvaires. L'oviscapte, dans Le repos, s'engage dans le cône tronqué noir, luisant, non rétractile, du bout de l'abdomen qui lui sert d’étui.

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