‹ Recherchess anatomiques et physiologiques sur les Diptères, accompagnées de considérations relatives a l'histoire naturelle de ces insectesChapitre 55 sur 84 · PL · texte numérisé non relu

PL

Les ovaires de l’Ortalis lugens ressemblent à ceux du Platytoma par leur configuration et le nombre des gaines ovigères. Mais celles-ci m'ont paru tri ou quadriloculaires, et loviducte, après a glande sébifique, présente un réservoir ovigère oblong, à parois épaisses, comme dans la plupart des groupes précédents, ce qui éveille un peu mes doutes sur son absence dans le P/atystoma.

Les ovaires des Sepsidées présentent, suivant leur état ou leur degré de fécondation, des différences insidieuses de forme et de structure apparentes. Aussi faut-il, pour ramener ces différences au type normal, multiplier à l'infini les autopsies aux diverses époques de la vie.

Dans le début de la gestation, les ovaires sont ovales ou ovalesoblongs, couverts de toutes parts de granulations arrondies, et au côté interne de chacun d’eux on remarque, tantôt plus, tantôt moins près de leur extrémité, un ligament comme fibreux ou strié, dirigé en avant. Dans cet état, les gaines ovigères sont tellement agglomérées et confondues, qu'il est impossible de saisir leur forme propre. Par les progrès de la gestation, la configuration sement considérable, une

sorte de métamorphose. Lorsque.lévolution complète de l'organe

elmême la structure éprouvent un chan

est arrivée, lorsque les œufs sont à terme dans leurs gaînes, l’ovaire forme une sorte de rondelle comparable à celle des Muscies. La tranche de la rondelle présente une série circulaire et serrée de gaines ovigères innombrables et uniloculaires, remplies d'œufs allongés, tandis que de son disque creux, excavé; part un faisceau pyramidal et eMilé, formé par les longs ligaments suspenseurs propres de ces gaines, et allant se fixer dans le thorax. J'ai donné la figure de ces deux états dans le Cheligaster.

Le calice de l'ovaire est postérieur, c’est-à-dire formée par l’évasement du col, du moins je lai constaté ainsi dans un Nemopoda qui avait peut-être déjà commencé sa ponte, ei où, par conséquent l'origine du col s'était dilatée pour recevoir les œufs à terme. Cette dilatation était nulle dans l'ovaire du Gheligaster que j'ai re-

présentée. Le col est court, loviducte grêle, filiforme, aussi long que l'ovaire. Cet oviducte se perd en arrière dans un corps allongé à parois résistantes qui est le réservoir ovigére. Les œufs sont allongés, grèles, obtus, blanchâtres.

L'appareil sébifique et séminal s'insère immédiatement avant le réservoir ovigère. [1 y a dans le Cheligaster trois orbicelles, dont deux à longs cols, et Pautre sessile. Ce dernier et l'un des autres ont un centre noir qui n'existe pas dans le troisième. Je n’ai pas aperçu les réservoirs séminaux, et je suis porté à croire qu'ils ont échappé à mes regards. Dans le. Nemopoda, où les trois orbicelles sont tous pédicellés, et où un seul d’entre eux a le centre noir, j'ai trouvé un réservoir séminal ovalaire, mais un seul, ce qui n’est pas ordinaire.

L'oviscapte du Cheligaster m'a paru formé d’un seul tuyau allongé et rétractile. J'ai vu sortir par son bout deux crochets noirâtres à peme arqués, destinés sans doute à saisir ou à diriger les œufs lors de la ponte. Ces crochets ne sont pas des tentacules vulvaires; ceux-ci existent de chaque côté du dernier segment de l'abdomen sous la%forme d’une fine et longue spatule.

Je n'ai étudié les ovaires des Leptopodites que dans le Calobata. Dans une gestation avancée, ils sont ovales, triangulaires, déprimés, mais plus ou moins fléchis sur eux-mêmes, pour se prêter à l'étroitesse de l'abdomen. Ils sont composés d’un nombre incalculable de gaines ovigères allongées, tri ou quadriloculaires, ce qui annonce que cette espèce doit pulluler beaucoup. La face inférieure de l'ovaire est dégarnie de gaines, excepté sur ses bords, en sorte que le calice est inférieur, le col est court, et l’oviducte aussi. Les œufs à terme sont allongés, pointus par un bout, blancs. Je n'ai constaté de la glande sébifique que deux orbicelles dépourvus de centre noir, mais avec de longs cols efférents.

Les ovaires de l'Ulidia ressemblent beaucoup à ceux de l'Ortalis, et surtout du Platystoma. Parvenus à leur dernière période de gestation , ils sont ovales, obtus, garnis d’une quantité prodigieuse (de centaines) de gaines ovigères, uni où biloculaires très-

serrées, paraissant alors globuleuses, parce que les bouts des œufs qu’elles contiennent sont sursallants. Le calice est postérieur, et le col fort court. L'oviducte est long et forme, bientôt après son origine, une double anse dilatée et d’une consistance calleuse. C'est un réservoir ovigère. Les œufs à terme sont ovales-oblongs, blancs.

L'appareil sébifique et séminal a, dans l'Ulidia, une COMpPOsition différente de celles que nous avons étudiées jusqu'à ce jour. Les orbicelles à centre noir sont au nombre de trois, avec de longs cols capillaires. Deux d'entre eux ont un pédicule commun, mais chacun d'eux a un col court. Le troisième conflue avec les deux autres pour former un conduit excréteur assez court, qui sinsère sous l'origine du renflement ovigère. Les réservoirs séminaux sont deux utricules pyriformes, avec un long canal excréteur capillaire.

Les ovaires de FOchtera, au temps d'une gestation avancée, sont volumineux et ovalaires. Les gaines ovigères, au nombre de quinze à vingt, sont allongées quadri ou quinqueloculaires. Les œufs à terme sont remarquables par leur couleur noirâtre, leur grandeur, leur forme oblongue, cambrée parfois, atténuée à un bout, et les fines stries lbgiadinalés de leur surface. Le microscope y révèle une enveloppe diaphane. Leur structure annonce quelque particularité dans leur destination.

Ovaires du Teichomyza et du Drosophila : ovales-conoïdes, composés chacun d’une vingtaine environ de gaines ovigères, allongées, quadriloculaires. Col assez court, oviducte filiforme, flexueux, plus long que l'ovaire.

L'appareil sébifique et séminal AE inséré, non à l'origine, mais à l'extrémité postérieure de l'oviducte. Orbicelles obiouk subdiaphanes, dépourvus de centre noir, de consistance un peu calleuse, munis d’un col capillaire à à peine de leur longueur. Reservoir séminal en étui oblong, subcoriacé, cylindroïde, tronqué au bout, avec son axe faiblement roussâtre, et un col grêle plus court que lui.

Fe COPT re

PCT DRE NON 5 a

Ovaires du Prophila petasionis : en rondelle subarrondie , comme hérissée, à sa paroi supérieure, d’une quarantaine de gaînes ovigères, courtes, subtriloculaires ; calice inférieur, col bien marqué. Oviducte gros, expansible, offrant un cul-de-sac latéral (bourse copulatrice d'Audouin), glande sébifique à un seul orbicelle à large centre noir, sessile; deux paires de réservoirs séminaux, l’une ovoide, pédicellée, lPautre en boyau allongé, courbé, inséré par un col capillaire. Oviscapte de trois tuyaux

Mag engainés.

Ovaires du Borborus : ovalaires composés d’une vingtaine environ de gaines ovigères bi ou triloculaires, courtes, grosses, insérées sur la paroi supérieure de l'organe; calice par conséquent inférieur, Col court, oviducte assez long et filiforme. Ce dernier se reploie d’abord en une circonvolution, puis il augmente un peu de diamètre et ses parois deviennent consistantes pour former un réservoir ovigère. OEufs ovales, obtus.

L'appareil sébifique et séminal s’insère au bout de l’oviducte après le réservoir ovigère, ce qui est insolite. Deux orbicelles à centre noir, ovalaires, à col plus court que de coutume, renflé à sa naissance: Autour de ces orbicelles, on voit les replis assez nombreux d'un ou peut-être de deux tubes blanchätres, capillaires, dont je n'ai pas constaté les connexions, et qui correspondent aux réservoirs.

Ovaires du Phora pallipes: dans une fécondation avancée, oblongs, obtus, composés de vingt à vingt-cinq gaines ovigères, uni ou peut-être biloculaires, peu serrées, affectant une disposition en séries longitudmales. Galice postérieur, col court, oviducte grêle , assez long. ŒEu/s à terme, ovales, obtus, blancs. Ovaires du Sordidipennis ayant Voriginalité anatomique des autres viscères. Quoique la femelle où je Les ai étudiés fût dans un état de grossesse à terme, et que le développement des ovaires eût envahi presque toute la cavité abdominale, chacun d’eux n’était composé que de cinq gaines ovigères subbiloculaires, ce qui prouve la rareté de cette espèce. Les œufs sont gros, ovales-arrondis, blancs. Col

bien marqué, ainsi que l'oviducte. L'appareil sébifique et séminal offre, relativement à son point d'insertion, une exception dont le Borborus nous a déjà fourni un exemple. Il s’insère à la partie postérieure de l’oviducte. Il n’y a pour organe sécréteur qu’une grosse vésicule ovoïde subdiaphane remplie d’un liquide roussâtre. Deux vaisseaux simples capillaires reployés, insérés aux côtés de la vésicule, représenteraient les réservoirs séminaux.

FAMILLE DES PUPIPARES.

Le fait original qui a donné son nom à cette famille, la dernière de l’ordre des Diptères, est acquis à la science depuis le beau mémoire que Réaumur consacra à illustration de lHippobosque!, et qui n’a laissé rien à apprendre sur le genre de vie et les métamorphoses de cet insecte.

Les Pupipares devaient aussi exciter un vif intérêt sous le rapport de leur anatomie, tous les méthodistes s'étant accordés à les reléguer au dernier degré de l'échelle diptérologique, 1l devenait curieux de constater cette décadence organique. En 1825, j'ai publié, sur l'Hippobosca equina, mes recherches anatomiques?. Je les ai renouvelées depuis, et je vais en donner un extrait en y ajoutant quelque chose sur le Melophagus.

Espèces disséquées :

Page 1