CHAPITRE Il
APPAREIL GENITAL.
ARTICLE I
APPAREIL GENITAL MÂLE.
Les testicules sont fauves à l'extérieur, comme ceux du plus grand nombre des Muscides; mais ils ont une structure fort rare dans les Diptères, où cependant les Asiles et les Conops nous en ont fourni des exemples assez analogues. Ils consistent chacun en une agglomération des nombreux replis d'un vaisseau spermifique simple, subcapillaire, qui, déroulé, a quatre ou cinq fois la longueur du corps de linsecte. Parmi les Coléoptères, les Carabiques ont de semblables testicules. Ceux du Drosophila fasciata, Dipière de la famille des Muscides acalyptérées, en approchent pour la longueur du vaisseau spermifique, mais non pour sa disposition. Le conduit déférent n’est que la continuation du testicule Il y a une paire de vésicules séminales capillaires, mais chacune d'elles, peu avant son insertion, se divise en deux branches simples. Le canal éjaculateur est fort gros, comparativement aux autres parties. Il est conoïde, et s'atténue en arrière pour devenir fili-
SUR LES DIPTERES. » 345 forme; à peu près droit dans le mélophage et l'ornithomyie; reployé dans l'hippobosque. L'armure copulatrice a un forceps à deux lames droites contiguës dans le repos. Le fourreau de la verge se termine par deux petits tentacules.
ARTICLE Il.
APPAREIL GÉNITAL FEMELLE
Les Pupipares n’accouchent n1 d'œufs ni de larves, mais d'une chrysalide ou pupe sous la forme apparente d’un œuf démesurément grand. Ce mode de parturition exigeait une organisation exceptionnelle de l'appareil générateur, et dans l'immense nation des insectes, il n'existe aucun autre exemple d’un semblable fait. Cet appareil se compose des ovaires, de loviducte, d'une matrice, d’une glande sébifique et de réservoirs séminaux.
Les ovaires ne sont plus, comme dans les autres insectes, deux faisceaux de gaines ovigères uni ou pluriloculaires. Chacun d'eux est une capsule simple, monosperme, ovoide. L’un est constam- . ment plus petit que l'autre, parce qu'ils ne sont pas fécondables en même temps. Arrondis à leur bout hibre, ils s'atténuent én un col pour s’aboucher à loviduete. Dans mes nombreuses autopsies, je n'y ai jamais rencontré un véritable œuf. J'y ai vu un embryon qui ne tarde pas à revêtir Pébauche de la pupe elle-même. Mais cet embryon, à l’époque de sa maturité, loin de se détacher comme un œuf pour tomber dans loviducte, tient encore à l'ovaire par un cordon ombilical qui le lie anatomiquement et physiologiquement avec le corps de la mère.
La matrice est un organe creux ovalaire, blanc, érinemment contractile et expansible, s’abouchant, d’une part, à l'oviducte, de l'autre sessilement à la vulve. Elle est destinée à recevoir le produit de la conception. Celui-ci est toujours unique, et mérite le nom de fœtus. Dans les premiers temps de la gestation, il demeure encore suspendu au cordon ombilical. Par le progrès de son développement, il rompt ses liens avec sa mère, et acquiert une vie
sl RECHERCHS ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES
privée, individuelle. Celle-ci s'établit, se maintient par l'emprunt à la matrice d’un appareil circulatoire trachéen, d’un système vasculaire nutritif que le fœtus s'approprie définitivement pour vivre de sa vie propre et mdépendante. Il est déjà à cette époque pupe, et à quelque phase de la fécondation que j'aie étudié cet insecte, jamais je nai pu y constater ni un œuf ni une larve. Ainsi la pupe ou chrysalide semble exister « conceptu. C'est là un fait unique en entomologie, et inédit jusqu'à ce jour. Je développera, dans un mémoire spécial dont je coordonne les matériaux, l'anatomie et la physiologie de ce piquant organisme.
Le produit de la parturition ou la pupe offre, dans les divers Pupipares, des différences de forme et de structure dont je réserve l'exposition pour le mémoire dont je viens de parler.
La glande sébifique a pour son organe pair de sécrétion un arbuscule rameux à tronc distinct, à cime plus ou moins aggloméree. Les deux troncs, avant leur insertion à l’oviducte, confluent en une souche commune fort courte. Les rameaux et les ramuscules de cette curieuse glande ont un filet tubuleux inclus, mais leur enveloppe est peu ou point contractile, tandis que le tronc et les canaux qui vont y verser le produit de la sécrétion, ont, et une tunique extérieure musculaire et un tube axal strié en travers ou mieux annelé.
Les réservoirs séminaux, pareillement doubles, sont insérés un peu en avant de la glande sébifique. Dans le mélophage, c'est une bourse simple et oblongue, dans lhippobosque, un tube rameux à rameaux courts, inégaux et rares,
L3 SUR LES DIPTÈRES. 345 EXPLICATION DES FIGURES, né ë TOUTES CONSIDÉRABLEMENT GROSSIES, \ - Fig. Fig. # » ré Ta + | nn 1. Système nerveux de Tipula oleracea. faire voir les trachées de sa face aa. Hémisphères cérébraux étalés et rélinéenne. ds.
rétines oculaires. :
bb. Optiques et rétines ocellaires.
c.. Portion du tube digestif avec l'œsophage engagé dans le collier æsophagien.
d. Ganglions thoraciques soudés.
ce. Ganglions abdominaux et paires de nerfs qui en naissent.