APPAREIL DIGESTIF EN GÉNÉRAL
Les Diptères, par la structure de leur bouche, sont destinés à pomper, à sucer, à lécher un aliment liquide ou pulvérulent. Quelques-uns d’entre eux, comme Asilus, Scatophaga, ete. peuvent | saisir une proie vivante , la déchirer, la broyer, soit avec leurs griffes, soit avec quelques parties de leur bouche, et la disposer aimsi à être sucée ou avalée. On appelle suçoir où trompe leur bouche. Ce suçoir a des formes une composition qui varient de-
- puis celle du Bombylius, qui, toujours en évidence et inoffensive,
a la longueur du corps, jusqu’à celle du Tabanus, qui est un ins-
. SUR LES DIPTÈRES. 195 trument vulnérant, et à celle du Musca, propre à lécher, rétractile et mvisible dans le repos.
L'appareil de la digestion se compose des glandes salivaires et du tube alimentaire avec ses annexes.
Les glandes salivaires existent dans tous les Diptères et sont toujours simples, c'est-à-dire formées pour chaque côté par un seul vaisseau ou boyau blanchâtre où diaphane, suivant le degré d'élaboration de la salive, tantôt plus ou moins long et capillaire, flexueux, reployé ou pelotonné, tantôt en bourse ovalaire ou oblongue. Ces vaisseaux sont sécréleurs par leurs parois, réservoirs par leur cavité. Ils aboutissent en avant à un col efférent, et les deux cols se confondent dans la tête en un seul conduit excréteur capillaire, qui verse dans la bouche le produit de la sécrétion. Cette composition, cette explication, sont communes à tout l’ordre.
Le tube alimentaire présente, relativement à son étendue, de curieuses différences depuis le Culex, où il n’a que la longueur du corps jusqu’à l'Hippobosca, où cette longueur a huit à neuf fois celle de linsecte. Cette progression croissanie à mesure que lorganisation est moins élevée est un fait aussi piquant que ripoureusement établi. Les contenta de ce tube peuvent per er sur le genre de nourriture des insectes.
Cet organe se compose, en suivant l'ordre de leur position, de lœsophage, de la panse, du ventricule chylifique, des vaisseaux hépatiques et de Pintestin. Dans quelques espèces, il est aussi le siége d’une glande odorifique (Sepsidées).
L'œsophage est, en général fort court et d’une grande ténuité. Je me dispenserai de le mentionner désormais dans l'histoire des familles, à moins qu'il ne présente quelque particularité.
La panse, qui, à quelques exceptions près (Asilus, Pupipares), ne manque jamais dans les Diptères, est constamment placée au côté gauche du tube digestif , l'insecte étant posé, quant à l'œil de l'observateur, dans l'attitude de la marche en avant. On distingue à cet organe : 1° un col tubuleux et grêle, inséré à la
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terminaison de l’œsophage; 2° un réservoir, le plus souvent logé à la base de la cavité abdominale, dont la configuration est tantôt simplement ovoide, tantôt , et c'est le plus ordinaire, bilobée ou en bissac. Cet organe, ainsi que le prouve son insertion avant l’origine du ventricule chylifique, est le premier réceptacle de laliment et parait favorable à la rumimation.
Le ventricule chylifique forme la plus grande longueur du canal alimentaire, et c’est lui qui se reploie en circonvolutions. C’est dans cet organe-que laliment mélangé, combiné avec la bile, recoit les conditions qui le rendent propre à l'assimilation. Son orifice a, dans les grandes divisions de l’ordre, une configuration et une structure fort différentes. Ainsi, il est simple dans quelques Tipulaires et dans les derniers genres des Diptères. Il s’accompagne dans les Tabaniens, Asiliques, Stratiomydes, Bombyliers, Rhagionides, Dolichopodes, Scénopiens, de deux bourses ventriculaires simples. Ces bourses ne sont que des prolongements latéraux, des boursouflures régulières et permanentes des parois de l'organe ; elles sont destinées au séjour, à l'élaboration de la bouillie alimentaire : elles sont doubles ou appendiculées dans tous les Syrphides. L’orifice du ventricule est formé d’un godet ou bourrelet orbiculaire et ombiliqué, dans les Conopsaires et les deux fariles des Muscides.
Les vaisseaux hépatiques ou biliaires, presque toujours au nombre de quatre, rarement de cinq (Culex), ont leurs extrémités floitantes, excepté dans les grandes Tipulaires, où ils forment deux anses très-reployées, mais à quatre insertions. Ils ne s'insèrent jamais au rectum, en sorte que leurs fonctions ne sauraient être ambiguës ; mais à l'extrémité postérieure du ventricule chylifique, quelquefois par quatre points isolés, le plus souvent par deux canaux cholédoques, dont chacun est laboutissant de deux vaisseaux, rarement par un seul canal commun aux quatre vaisseaux (Stratiomydes).
L’intestin, distinct du ventricule chylifique par une valvule qui correspond à l'iléo-cæcale des grands animaux, est d’abord grêle et filiforme. Avant de se terminer à l'anus, il se renfle en un rec-
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tum ovale ou oblong où se voient ordinairement quatre boutons charnus ou orbiculaires ou conoïdes. Ces boutons, au moins dans plusieurs Diptères (les Pupipares surtout), sont des muscles papilliformes, dont la base est fixée aux parois de l'organe et visible à l'extérieur, tandis que le reste est comme cd dans la cavité du rectum; ils ne sont pas étrangers à la défécation.