APPAREIL GÉNITAL EN GÉNÉRAL
Appareil génital mäle. — I se compose, comme dans les insectes des autres ordres, et même comme dans les animaux en général, de testicules, de conduits déférents, de vésicules séminales , du canal éjaculateur et de la verge, qui est renfermée dans l'armure copulatrice.
Les testicules, placés vers la fin de la cavité abdominale, sont des organes binaires, et chacun d’eux est toujours simple, c’est-àdire unicapsulaire; ils sont libres, indépendants l’un de l’autre, excepté dans quelques Asiliques, où les deux sont renfermés dans une enveloppe commune accessoire, un véritable scrotum. Leur configuration varie à l'infini depuis l’ovalaire ou l’oblongue jusqu’à la filiforme, plus ou moins enroulée ou agglomérée; leur couleur est blanchâtre dans les Tipulaires, Tabäniens, etc. d’un brun plus ou moins intense à l'extérieur dans les Asiliques, Muscides, etc.
Les conduits déférents, le plus souvent grèles comme un fil, ont une longueur différente suivant les genres ; quelquefois, on ne les distingue pas du testicule, dont ils ne semblent que la continuation. Ils sont parfois d'une extrême brièveté et presque nuls. Ce n'est que fort rarement qu'on leur trouve des renflements ou des replis particuliers qui simulent un épididyme.
J n'existe ordinairement qu’une seule paire de vésicules séminales. Les conduits déférents s’y insèrent immédiatement avant qu’elles confluent pour la formation du canal éjaculateur. Dans
quelques Muscides acalyptérées, ces vésicules sont doubles de chaque côté, et dans plusieurs genres des calyptérées (Musca, Curtonevra, etc.) elles n'existent pas du tout. Leur forme se diversifie suivant les familles, depuis celle d’un réservoir ovalaire jusqu'à celle d’un filet tubuleux, dont la longueur, tantôt égale à peine celle du testicule, et tantôt se reploie en agglomérations inextricables; quelquefois, il existe une de ces vésicules rmpaire.
Le canal éjaculaleur, ou le tronc commun de tout l'appareil sécréteur et conservateur du sperme, a aussi ses diversités de formes. Il est parfois excessivement court (Culicides), et dans d’autres familles, fort long et reployé. Dans les Syrphides, iloffre, comme un trait propre à cette famille, un réservoir spermatique. Dans les espèces où les vésicules séminales manquent ( Musca, elc.), sa longueur et ses flexuosités les remplacent.
L'armure copulatrice, réceptacle de la verge, est une machine des plus compliquées, destinée à se porter hors du corps lors de l'union des sexes. Les nombreuses pièces plus ou moins symeiriques, cornées ou coriacées qui la composent, combinent leur acuon, soit entre elles, soit avec les organes externes de la femelle pour consommer l'acte de la fécondation. Elle varie suivant les espèces et constitue, par sa configuration comme par sa structure, la garantie de l'inviolabilité des types spécifiques.
2° Appareil génital femelle. — Les organes qui entrent dans sa composition sont : les ovaires, l’oviducte, la glande sébifique avec les réservoirs séminaux, les œufs et l'oviscapte.
Les ovaires sont constitués chacun par un faisceau de gaines ovigères courtes ou longues, en nombre déterminable ou innombrable, uni ou pluriloculaires; leur étude peut déjà décider de l'abondance de la progéniture. L'ovaire a un calice ou central, ou mférieur ou postérieur, où les œufs à terme peuvent s’accumuler pour être au besoin transmis par un col à l’oviducte. Dans les Diptères vivipares, les œufs passent des ovaires dans des réservoirs particuliers où ils subissent une incubation et une éclosion, de manière que ces réservoirs peuvent renfermer à la fois et des
SUR LES DIPTÈRES. 19ù œufs et des larves : je les ai appelés pour cela ovo-larvigéres. I est aussi des Diptères qui ne mettent au monde ni œufs ni larves, mais des chrysalides ou pupes : ce sont les Pupipares. Dans ce mode singulier de parturition, la mère ne donne le jour qu’à une seule chrysalide.
L’oviducte est le tronc commun des ovaires, comme le canal éjaculateur est celui des organes spermifiques ; il présente de nombreuses modifications de longueur et de structure. Dans les Muscides vivipares, 1l se développe pour devenir le réceptacle des œufs et des larves; son orifice extérieur est la vulve, et s'accompagne le plus souvent de deux appendices unis où biarticulés que j'appelle les tentacules vulvaires. Is ont pour fonction ou de servir de grandes lèvres lors du coït, ou de diriger, de colloquer les œufs au moment de la ponte.
Mais l’oviducte ne sert pas seulement à l'acte copulateur comme un vagin et à éconduire le produit de la gestation. Les œufs à terme , c’est-à-dire parvenus au dernier degré de leur croissance, n’ont pas encore reçu dans leurs gaines ovigères l’imprégnation prolifique, quoïqu'ils aient sans doute été mis en éveil par la commotion coitale. À leur trajet dans l’oviducte, ils doivent recevoir d’un ensemble d'organes inséré sur celui-ci l’ablution séminale et un enduit conservateur. Depuis plus de vingt ans, j'avais donné le nom de glande sébifique à cet ensemble d'organes, dont les uns sont évidemment sécréteurs et les autres simplement réservoirs. Aujourd'hui, qu'une étude plus approfondie de cet appareil complexe et que les découvertes importantes de Von Siebold et M. Loew sont venues, sinon déchirer, du moins soulever le voile de ses attributions physiologiques , il convient de modifier une dénomination dont la signification est trop restreinte et trop parüelle. Celle d’appendices de l'oviducte de M. Loew me semble peu physiologique, et j'adopterai, au moins provisoirement, la double désignation de réservoir séminal et de glande sébifique.
Ces deux organes ont une forme, une composition fort variables, suivant les familles, et je réserve pour l'étude anatomique de ces
si
familles l'exposition de ces curieuses différences; je me bornerai actuellement à indiquer les fonctions respectives et la nomenclature des diverses parties de cet appareil. Quoique les auteurs précités aient diminué les incertitudes physiologiques sur ces organes, ils sont loin d’avoir entièrement dissipé les miennes, ainsi qu'on le verra dans l'anatomie des familles.
Les organes dont il est question ont, pour la plupart, leur insertion à la paroi supérieure de l’oviducte et à la moitié antérieure de ce conduit. Le réservoir séminal précède presque tou-
jours la glande sébifique, et cette position respective est consé-
quente aux attributions physiologiques de ces deux organes. S'il est vrai, comme je le crois, que les œufs, au moment d’être pondus, sont enduits par un vernis conservateur fourni par la glande sébifique, il est de toute rigueur qu'auparavant ils soient fécondés par le baptème prolifique du réservoir séminal.
Maïs il existe entre mes dénominations techniques et celles de M. Loew une grave et singulière dissemblance, qui tient à la manière d'envisager les fonctions des organes. Ce savant appelle glande du mucus mon réservoir séminal, et receptaculum seminis ma glande sébifique. I est tombé, je crois, dans un véritable quiproquo physiologique, et c'est en renversant les rôles qu’on arrive au vrai. !
Quoi qu'il en soit, Je désigne sous le nom de réservoir séminal un organe presque toujours binaire ou pair, composé de deux bourses semblables, de configuration très-diverse, inséré en avant de la glande sébifique, et quelquefois muni d’un col commun fort court.
La glande sébifique consiste, dans le plus grand nombre des Diptères, en trois vésicules suborbiculaires à centre plus ou moins noir, éminemment sécrétoires, que je nomme orbicelles et M. Loew capsules glanduliformes; ces orbicelles sont, en général, munis d'un conduit cférent subcapillaire, droit ou fléchi, ou
flexueux ou roulé sur Iui-même. Je ne comprends pas comment
M. Loew, après avoir reconnu dans cet organe tous les traits
propres à un appareil sécréteur, à une glande, a pu se laisser entrainer à la dénomination si insignificative du receptaculum seminis.
Les œufs des Diptères sont ou ovales, ou oblongs ou allongés et parfois hémisphériques; la plupart sont blancs où jaunâtres, mais il y en a de noirs comme du charbon (Tipules).
L’oviscapte est un organe destiné à introduire, lors de la ponte, les œufs dans un milieu plus ou moins résistant; 1l varie singulièrement suivant les familles ; quelquefois, il consiste en un instrument corné et à deux lames, toujours en évidence au bout de l'abdomen (Tipulaires); dans un très-grand nombre de Diptères, il se compose de plusieurs tubes rentrant les uns dans les autres, comme les tuyaux d'une lunette d'approche, et leur ensemble est rétractile au gré de l’insecte.