‹ Récifs au soleil, poèmesChapitre 19 sur 31 · ABSENCE · texte numérisé non relu

ABSENCE

La mer sous les étoiles dort, et l'on n'entend Que l'haleine du ciel aux herbes du rivage ; Une douce lueur à travers la nuit nage Et glisse sur les eaux son mirage flottant.

Je me suis détourné vers l'ombre. J'aime autant Que le calme des nuits dont la paix me soulage La fièvre qui tressaille à revoir ton visage, 0 Toi, vers qui l'orgueil de mon rêve s'étend !

L'aube naîtra bientôt. Je le sais. Mais qu'importe ? Toi seule es pour moi l'aurore et le jour, en sorte Que le soleil le plus glorieux sur la mer

Peut brûler triomphal de tous ses feux en fête Toute ténèbre sur moi s'amasse et s'entête, Le monde, où Tu n'es pas, est laid, triste, désert.

La Guimorais, juillet 1914.

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