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Réciprocité commerciale [microforme]

Je n’entends pas entrer dans toutes. ces longues discussions, qui ont été provoquées dans le passé par le Libre-échange et la protection. Nous n'avons pas à nous occuper de ces deux systèmes économiques qui ont trouvé des défenseurs aussi ardents qu'ils ont eu des adversaires déclarés. Non; nous avons la protection depuis 1879 : le tarife a créé des droits acquis que l’on ne saurait enlever subitement sans jeter une grande perturbation dans le commerce. Si les avocats de la protection étaient sincères, ils devraient adopter une politique saine ; ils devraient avoir pour but de contribuer à notre mouvement indus-

. triel en augmentant nos moyens de consommation.

Cette politique saine, elle nous est offerte si nous acceptons la proposition de l’hon député de South-Oxford. Il me semble que cette proposition que nous discutons ne devrait pas rencontrer d'opposition de la part des honorables députés qui donnent leur concours au gouvernement: cette proposition, en cffet, n’est que l'application de la théorie économique sur laqnelle repose toute la politique fiscale du présent ministère

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Pour faire accepter cette politique au pays, on a allégué deux raisons principales: la protection de l’industrie et la nécessité d'augmenter le revenu pour mettre fin aux déficits. Pour atteindre ce double but, on a élévé le tarife et les taxes de douanes qui étaient de $8.46 par tête en 1878, et ont atteint en 1886 le chiffre de $4.49 Ce qui fait une augmentation de 29.76 pour 100. Comme la classe agricole représente bien près de la moitié de la population totale du pays, il est facile de constater le surcrott de taxes que représente pour elle cette élévation du tarife. De 1878 à 1886 les taxes de douane ontaugmenté de $6,652- 430. 53, ce qui donne environ $3,326,215.26 pour l’augmentation de ces taxes à la charge de la population agricole.

Pour faire accepter cette augmentationde taxes aux cultivateurs, on leur a assuré que la valeur des produits de leur industrie augmenterait dane la même proportion, et même plus. Malheureusement, ces assurances, ces belles promesses ne se sont pas accomplies, et au lieu d'augmenter, la valeur de la plupart des produits agricoles a diminué, et même d’une manière sensible, dans plusieurs cas.

On comprend facilemeut que placée, par la politique fiscale du gouvernement, dans une situation aussi anormale, aussi ruineuse pour elle, la population agricole songe à se protéger et qu’elle demande l’application du principe dont on a fait si largement bénificier l’industrie manufacturiére.

C’est précisément ce que comporte la proposition de l'honorable député de South-Oxford qui a pour but de stimuler toutes nos industries indigènes,en leur assurant des débouchés plus étendus et par conséqnent des prix

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plus rémunérateurs pour leurs produits. Outre les avantages qu'elle pourrait trouver sur le marché des Etats- Unis, notre industrie manufacturière en retirerait oussi de considérables sur le marché du pays,si nous avions la réciprocité commerciale, au moins pour les produits naturels, avec l’union américaine, puisque l'abolition des taxes que ces produits paient à la frontière, en éleverait le prix d'autant et angmenterait considérablement la valeur des produits de toutes nos industries extractives, principalement celle des produits agricoles.

Sur ce point, je me permettrai de citer une autorité qui devra être aceeptée sans conteste par les amis du zouvernement,je veux dire l’honorablePremier-ministre. Dans son adresse aux électeurs de Kingston, en 1861, cet honoble monsieur a réuni tous les principaux discours qu'il avait prononcés jusque-là sur les questions les plus importantes de notre politique. Dans un de ces discours, je lis ce qui suit :

‘ S'il est une mesure de date récente qui bénéficie ‘ plus que toute autre au pays, c'est asscrément le traité ‘de Réciprocité négocié sans doute par le ministère ‘ Hinks-Morin, mais qui a été mis en opération par Sir “ Allan. Vous n’ignorez pas que le blé qui avait à payer ‘20% le minot pour traverser la frontière américaine, ‘ peut maintenant y entrer en franchise et de cette façon ‘ chaque cultival eur se trouve à être vingt centins de ‘ plus riche par chaque minot qu'il a à vendre, grâce à ‘ cette mesure. Au lieu d’être écarté des E.-U,., et forcé ‘ d'aller vendre ses produits à Montréal, il a maintenant “ deux marchés, deux cordes à son arc. Il n’y a plus ‘ maintenant de douanier entre lui et le manufacturier ‘* américain, ni entre lui et le consommateur anglais.”

L'hon. Premier-Ministre pose donc en principe,

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