XXII
Nous TaTons déjà dit, personne ne regrettait TAssemblée ; on s'occupait encore moins du Conseil d'État, devenu une succursale des intngues parlementaires. Le pays tout entier était appelé à prononcer librement sur ses destinées; on sentait qu'on ne serait plus escamoté par des* comités d'intrigants, et que la France allait se soustraire à la domination égoïste des partis. . On lut ensuite cet admirable protlamatioA à Tarmée, devenue la garantie des lois et la sauvegarde de la société :
Soldats!
comi
ter ^
suis le légitime représentait'
Depuis longtemps vôup souffriez comme moi des obstacles qui s'opposaient et au bien qufe je voulais vous faire, et aux démonstrations de votre sympathie en ma faveur. Ces obstacles sont brisés. L'Assemblée a essayé d'attenter à l'autorité que je 'tiens de la nation entière; elle a cessé d'exister,.
Je fais un loyal appel au Peuple et à Tannée, et je leur dis : ou donnez-moi les moyens d'assurer votre prospérité, pu choisissez un autre à m'a place. T
En 1830 comme en^848, on vous a traités en vaincus. Anrèi avoir flétri votI^c désintéressement héroïque^ on a dédaigné de consulter vos sympathies et vos vœux, et cependant vous^êtesTé- Ute de la nation. Aujourd'hui, en ce momentaolennel, je veux que l'armée fasse entendre sa voix. . .
Votez donc librement comme citoyens^ mais coKU»e soldats, n'oubliez pas que l'obéissance passive aux ordres du chef du gouvernement est le devoir rigoureux de l'année, depuis le général
jusqu'au soldaC C'est à moi, responsable de mes actions derant le Peuple et devant la postérité, de prendre les mesures qui me semblent indispensables pour le bien public.
Quant à tous,- restez inébranlables dtos les règles de la âisci-
fline et de l'honneur. Aidez, par votre attitude imposante, le pavs manifester sa volonté dans le calme et la réflexion. Soyez picts k réprimer toute tentative contre le libreexercice de la souyerameté dUàPeuple.
Soldats^ j^ ne vous parle pas des souvenirs que mon nom rap-
Î^elle. Ils sont gravée oans vos cœurs. Nous sommes unis par oes i^ns indissoltables. Votre histoire est la mienne. H Y a entre nous dans le passé communauté de gloire et de malheur, il y aura dans l'avenir communauté de sentiments et de résolutions pour le repos et la grandeur de la France. ,
Fait au palais de l'Elysée, le 2 décembre 1851 . -
Signé i Lauis-NAPOLÉON Bonjupabtiu
Un si noble langage devait infailliblement être entendu de Farmée, car le Président de la République se bornait à lui demander de faire respecter la libre expression de la voloirtéumverselle.
Enfin Lopis-Mapoléon s'adressait & la nation entière, et lui demandait, dans les tentes suivants, àe déclarer si elle voulait, oui ou non, être sauvée, par l'établissement d'un régime sérieux et pratique, de l'anju^t^e et du pillage. ^ .
FftANCAB !
La situation actuelle ne peut durer plus longtemps. CSiaque Jiour qui s'écoule aggrave les dangers du pays. L'Assen^lée, qui devait être le pkis ferme appui de l'ordre, est devenue un foyer de com- « plots Le patriotisme de trois cents de ses membres n'a pu arrêter ses fatales tendances. Au lieu de faire des lok dans l'int^ géné^ rai, elle forge des armes pour la guerre civile j elle attente AupooiK)ir que je tiens directement du Peupie; elle encourage toutes 1#9 Hiauvaises passions ; elle compromet le repos deU France : je fti dissouie, et je rends^é Peuple entier juge entre elle et moi.
La Constitution, vous le savez, avait été faite dans le bot d*af-
faiblir d'avance le pouvoir que vous alliez me coaOep. Six millions de suQ'raçes furent une éclatante [ii'oteslalion contre elle, et cependant je l'ai fidèlement observée. Les provocations, les calomnies, les outrages m'ont trouvé impassible. Afaîs aujourd'hui que le pacte fondamental n'est plus respecté de ceux-là même qui l'invoquent sans cesse, et que les hommes qui ont déjà perdu deux monarchies veulent me lier les mains, ann de renverser la République, nfon devoir est de déjouer leurs perfides projeta, de maintenir la République, et de sauver le pays, en invoquant le jugement tolonnel du seul souverain que je reconnaisse eu France : le Peuple 1
Je ffiis donc un appel loyal à la nation tout entière, cl je vous dis : Si vous voulez continuer cet état de malaise qui nous dégrade et compromet noire avenir, choisissez un autre à ma place, car je ne veux plus d'un pouvoir qui est impuissant à faire le bien, me rend reeponsible d'actes que je ne puis empêcLer, el m'enchaîne au gouvernail quandje vois le vaisseau courir vers l'abîme.
Si, au contraire, vous avez encore confiance en moi, donnezmoi les moyens d'accomplir la grande mission que je liens de