‹ Récit de ce qui s'est passé de plus remarquable á l'Armée de son Altesse Sérénissime Mgr le prince de Condé en 1791, 1792 et 1793Chapitre 1 sur 13 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

*fE rCentreprends point d'écrire Vldstolra

des campagnes que Monseigneur le prince

de Condé a faites açec des hraçes de toutes

les parties de la France^ de 1791 que sa

petite armée se forma ^jusqiC en 1801 qu'elle

fut licenciée. Je ne parlerai point de celle

de 1794, ni de celle de lygS, oii l'année

de Condé ) par de saluantes manœuvres et

d'habiles contre-marches , couvrit cons'

iamment l'armée de M, le maréchal de

TVurmser , et déjendit le passage du Rhiji*

Je ne parlerai pas non plus de la cani-^

pagne de 1796 qui eût été l'une des plus.

brillantes si elle rC avait pas été l'une des

plus meurtrières j et où. le Roi Louis xvill

se montra souvent.

Ce fut cette année 1796, qu'étant un

soir sur les dix heures , à l'une desfenétres

de son appartement, àDillingen en Bavière,

Sa Majesté reçut une balle au sommet de

la tête, et qu'elle dit à MM. les ducs de

Grammont et de Fleury qui étaient à ses

côtés saisis d'ejfroi y « tranquillisez-vous 3

tî

mes amîSf un coup qui ne fait pas tomher n'est rien. Ah! s'écria M. le ducd'Amray, voyant ruisseler le sang , 5/ le coup a^'ait

porté deux lignes plus bas hé bien , dit

Louis XV III , le Roi de France s appellerait Charles x.

Ce fut cette même année 1796, que le lioi se trourant sur la rii^e droite du Rhin et les Français étant sur la rive gauche , les aidant-postes n'étant séparés que par ce fleuve , Louis XVlli sut que des soldats français avaient dit à des Condéens, « Nous voudrions bienvoir votre V Roi. y> Sa Majesté , malgré de pressantes sollicitations de ne point s'exposer , monte un jour à cheval , escorté des officiers de son êtat^major , leur ordonne de rester en arrière , va au Rhin vers un avant-poste y avance dans l'eau jusqu'aiA ventre de soti cheval y pour se faire mieux entendre et dit :

« Mes enfanSf vous avez désiré de voir » votre Roi , hé bien , c'est moi qui suis ^ votre Roi , éesi moi qui suis votre v père. »

Pénétrés d'un profond sentiment d&

respect, les soldais du poste se décoiwrent. Louis XVIII apperçoit je ne sais quel mouvement, il craint que quelques soldais ne poussent un cri dangereux et leur dit : » Mes enfans , ne criez pas vii>e le Roi , i) cela pourrait vous compromettre ».

Louis^ XVIII se retire avec une tranquillité que contemplent des yeux frappés d'étonnement ; il rejoint , au pas , son cortège et laisse le poste stupéfait de ce qu'il a vu» Du côté des Français on ne croyait pas au Roi le courage de s'exposer ainsi, de sang froid, à Veau comme au Jeu.

Je n entreprends point , dis -je , d'être Thistorien de ce qui s'est passé de remarquable pendant dix années de gloire pour des Princes et pour de véritables Français. Ce serait au-dessus de mes moyens. Je me home au simple récit de ce qui s'est passé de plus mémorable pendant les trois premières \ ce sera comme une espèce d'introduction aux campagnes des valeureux Condéens qui , pendant dix ajinées , ns cessèrent point d'exposer leur santé , leur vie et tout ce qu'ils possédaient pour le triomphe des vertus politiques et sociales*

Il E C I T de ce qui s'est passé de plus remarquable à Tarmée de Monseigneur le Prince de Condé , en 1791 , 1792 et

Ce récit est divisé en deux parties,

La première comprend l'état oïl était la France en 1789, 1790 ^t \i^\ j les raisons qu'eurent les princes et des sujets fidèles de sortir de France j lajorniatlon des corps de Condé ^ les inarches de ces corps à la fin de cette année j Vétat deschoses en Europe en 1792 , relativement à la France ; les marches et les contre-marches des corps de Çondé en 1792 S enfin V esprit dont ces corps étaient animés»

La deuxième coinprend la campagns que les corps de Condé firent en 1793.

On ne verra point dans ce récit y d'inomhrables bataillons , accompagnés d'immenses parcs d'artillerie , porter lesfiéaux d^une guerre de destruction chez une malheureuse Nation amie et parente , si je puis m'exprimer ainsi , sous Vironique et ridicule prétexte de lui apportçr la liberté y la paix et le bonheur.

On verra d^anciens officiers généraux français faisant le service de capitaines ; d'anciens officiers supérieurs faisant celui de lieutenans et de sous-Iieutenans s d'an^ ciens officiers particuliers dans les rangs des simples soldats , des hommes titrés et des hommes décorés sen-'ant comme simples cavaliers. On verra ces braves y à la solde comme à la ration du fantassin et du cavalier j braver et sacrifier tout pour servir la cause de la religion et celle de Vétat, celle d'un Roi légitime et vertueux.

On verra , de Vautre côté , les souS' officiers des divers corps militaires fournir la très -grande partie des officiers particuliers y des officiers supérieurs et des officiers généraux des nouvelles armées.

On verra de part et d'autre des assauts de valeur^ de beaux faits d'armes et de brillants combats.

Des Français armés par la loyauté , l'honneur et la fidélité , pour tâcher de sauver un Roi plus malheureux encore que les Siuart , servaient sous le glorieux commandement de trois Coudé y le père ^ le fils et le petit-fils. Ces princes magna-

Tilmes TU'aTlsalent de zcle pour soutenir le monarque et la monarchie , la gloire de la nation , les intérêts de la patrie et l'honneur du nom Français. Leur but était la consen^ation des droits de chacun, le rétablissement de l'ordre , la défense des victimes et le maintien des pouvoirs dans les mains de la légitimité. Leur ambition était d'atteindre ce but noble et généreux comme leurs sentiniens.

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