‹ Recit historiques sur l'ancien pays de LiègeChapitre 3 sur 28 · LÉGENDE DE SAINT LAMBERT · texte numérisé non relu

LÉGENDE DE SAINT LAMBERT

Au mois de juillet de l'an 559, Monulphe, évôque de Tongrres, visitait les diflférents manoirs de son diocèse. Après une journée fatigante^ il arriva dans un endroit qui lui était encore inconnu^ et d'où le plus mag-nitique spectacle frappa ses regrards. A ses pieds se déroulait une immense vallée, traversée dans toute sa longueur par un grand iieuve, et arrosée par de limpides ruisseaux serpentant au hasard et baignant d'épais massi& d'ormes et de hêtres séculaires. Dans le lointain, on apercevait de hautes collines ombrag-ées de chênes antiques, au milieu desquels se dressaient çà et là d'énormes rochers entièrement nus, dont les teintes

grisâtres contrastaient avec Taspect général du vallon.

Vivement ému à Taspect de ces beautés silencieuses et sublimes de la nature, Févèque ne put

s'empêcher de manifester tout haut son admiration, et s'adressant aux serviteurs qui l'accompagnaient : /' C'est ici la place que Dieu a choisie pour le salut d'un grand nombre de fidèles^ leur dit'il d'un ton prophétique ; ici fleurira un jour une cité riche et industrieuse^ dont ^importance ég'alera celle des villes les plus considérables de la Gaule; je veux y bâtir une chapelle *. «

L'évêque continua d'avancer; laissant à sa gauche quelques sites escarpés, il prit un chemin ofEhmt une pente douce et légère» qui le conduisit en peu de temps au bas de la montagne. H longea alors un ruisseau qu'on lui dit se nommer la Legia, et atteig-nit bientôt un petit groupe de cabanes d'un aspect pauvre et misérable. C'était LiÉos, Liège au sixième siècle de l'ère chrétienne.

Le prélat se trouvait sur Taucien territoire de ces fiers Êburons qui, venus de la Germanie, fixèrent leur demeure dans ces contrées sauvages, et furent des derniers à défendre leur liberté contre les armées romaines. Ambiorix, Cativolke» voilà nos grands hommes d'alors, de dignes rivaux de César. Mais que pouvaient ces braves contre les légions aguerries de la puissante reine des

* Nicolas, Getta S. Laimberii, apud CuriAOTiiLB, I, p. S99. — HAiHjn, ibid,, pp. 58 et 89.

nations? Mourir, en défendant leurs chaumières, leurs femmes, leurs enfants, et c'est ce qu'ils firent 1 Le grlaîve moissonna tous ces héros. Après des. efforts inouïs mais vains pour arrêter Borne, les deux chefs, restés seuls au milieu des débris sangrlants qui recouvraient le sol natal, ne purent survivre à la destruction de leur tribu : Cativolke s'empoisonna ; Ambiorix mourut quelque temps après dans Texil.

Les misérables restes desÉburons qui parvinrent à échapper au fer des Eomains, se dispersèrent dans les marais des Ménapiens. Dès lors leur nom n'apparaît plus dans l'histoire ; ils se confondirent, sans doute, avec les Tongrois, peuplade d'origine germanique aussi, qu'Auguste transplanta dans la partie orientale de la Belgique, et de leur existence passée, il ne nous reste plus aujourd'hui qu'un seul vestig*e, le village d'Embour, vieille enceinte qu'affectionnait Ambiorix, et où, en temps de guerre, les Éburons parquaient leur ; bétail et abritaient tout ce qu'ils avaient de plus précieux.

Ce fut au commencement du quatrième siècle que saint Materne apporta chez les Tongrois les premières lumières de l'Évangile. Ce qui s'y passa depuis lors jusqu'aux temps de saint Monulphe, il serait impossible aujourd'hui de le dire :« Qu'on ne me demande pas, écrivait déjà, au dixième siècle, le chroniqueur Hariger, qu'on ne me demande pas. en quel âge ni sous le règne de quels empereu|f ^ ou consuls les successeurs de saint Materne ont

parudansl^gliae^ ce qu'ils ont fût durant leur vie,

pendant combien d'années chacun d'eux a occupé le siège épiscopal; qu'on ne me prie pas d'indiquer les lieux où reposent leurs ossements, les invasions des Huns dans la Gaule ont à jamais anéanti le souvenir de tous ces saints hommes ^ «

Laissant donc & d'autres le soin de raconter les vieilles origrines de l'église de Tongres, voyons seulement ce qu'il advint de la prédiction de l'évôque Monulphe. Selon sa promesse, il avait construit sur les bords de la Legia une chapelle en rhonneur de saint Cosme et de saint Damien, et les nombreux fidèles qui venaient y prier eurent bientôt fait connaître cette charmante vallée. De nouveaux manoirs s'élevèrent, on bâtit d'autres chaumières, et quand saint Lambert, succédant à saint Théodart, monta sur le siège épiscopal de Tongres, au septième siècle, Liège formait dqjà • un petit bourg.

Le nouvel évêque était un prêtre d'un esprit vaste et ferme, un homme de foi et de civilisation chrétienne, capable d'imposer fortement aux barbares, et qui, par Tétendue de ses domaines, pouvait rivaliser avec les plus riches seigneurs de l'Austrasie; ce qui avait de l'importance à une époque où les besoins matériels de TÉglise étaient loin encore d'être assurés. Son père, comte de Wintershoven, et sa mère Hérispliude descendaient tous les deux des anciennes races germa-

1 Haricsa, apud CHApsivvaL£, I, p. 23.

niques qui s'étaient jadis établies dans la Gaule. Ck>nfié dans son bas âge à Févêque Théodart et à l'arcbîprôtre Landoald, le jeune seigneur frank avait embrassé le christianisme avec Tarcleur et l'entraînement qui caractérisaient les hommes de sa nation. Depuis lors, il s'était entièrement consacré à Dieu.

A peine sur le siège épiscopal, Lambert commença cette existence rude et pleine de périls qui fut le partage de sa vie entière. Il fallait tout le zèle d'un apôtre pour oser s'aventurer dans les forêts des bords de la Meuse» où le pag'anisme était loin d'avoir entièrement disparu. Mais, oublieux de ses fotigues comme un autre saint Paul, disent les anciens chroniqueurs, Lambert courait sans cesse d'un bout à l'autre de son diocèse, convertissant les barbares et soulageant les nombreuses infortunes qu'il rencontrait sur son chemin. Le bruit de ses vertus et de son dévoûment commençait à s'étendre au loin, et partout on le vénérait, quand la mort du roi Childeric et les troubles qui en furent la suite vinrent tout à coup l'arracher à ses travaux apostoliques

Chassé brutalement de son siège épiscopal par le célèbre Ébroïn, le saint prélat trouvaun asile à l'abbaye de Stavelot, fondée peu de temps auparavant par saint llemacle. Là, pendant sept ans, il vécut comme un simple moine, observant les prescrip,

• Voy. GoDEscHALK, Hariger , NICOLAS ct 168 aulfcs biographes de saint Lambert, dans Chapeau villi.

r.r^ .i les plus sévères de la règrle de saint Benoit, -acrant son temps an travail et à la prière^ et

nt le plus parfait modèle de soumission évang"eiique aux ordres de la Providence. La mort i'Ébroïu lui permit gbûjx de reprendre possession de son évêché.

Lorsque saint Lambert fdt remonté sur son siég-e, il crut ne pouvoir mieux en remercier Dieu qu'en recommençant la vie active qu'il menait auparavant. Son zèle ne s'étendit pas seulement aux habitants de son diocèse, il parcourut aussi la Campine, pays où les Eranks Salions avaient rédigé leurs premières lois^ et qui était toujours livré aux pratiques de l'idolâtrie. Lambert courut plus d'un danger dans ces contrées sauvag-es, et eut souvent à souffrir de la rigueur des saisons; mais, insensible à ces maux, il s'en allait^ couvert d'habits grossiers^ prêchant partout la parole du Christ, convertissant les barbares et méritant ainsi le surnom qu'on lui donna d'qpdtre de la Taxandrie *. Bientôt, ce courage et ce dévoûment de- 4 valent être soumis à de plus rudes épreuves encore, et valoir au saint évêque la couronne glo- ' rieuse du martyre.

A cette époque, les rois franks de la race méro* vingienne qui régnaient sur la Gaule, ne possédaient plus qu'un vain fantôme de royauté. Eetirés

^ La Taxandrie comprenait toute la Campine liégeoise et brabançonne, la mairie de Bois-le-Duc, le pays de Cuyck et la seigueuric de Bavesteyn.

dans une de ces métairies où ils aimaient à tenir leur cour, et qu^ils préféraient aux plus belles villes de leur royaume^ ils laissaient tout le soin

des affaires publiques à des oflSciers appelés maires du palais, dont Tun dominait eu Neustrie et Tautre en Austrasie. Ces maires accrurent peu à peu leur pouvoir à tel point qu'après la bataiUe de Testry, en 687, ils furent en réalité les souverains maîtres de la Gaule. Pendant soixante années encore^ on vit, il est vrai, les faibles successeurs de Clovis continuer de s'asseoir sur le trône ébranlé de leurs pères, mais ces rois fainéants devaient bientôt faire place aux fiers descendants de Charles Martel

Après la mort dnËbroïn, le plus puissant des seigneurs franks fut Pépin, maire du palais de Neustrie, et en même temps duc d'Austrasie. Dédaignant de se constituer g-ardien d'un roi qu'il ne craignait pas, et ne voulant point s'établir à Paris, ce chef avait fixé sa résidence à Cologne, au centre de ses domaines; mais le plus souvent il séjournait à Jupille.

Jupille, sur les bords de la Meuse, à une lieue de Liège, était alors couronné de vastes forets qui s'étendaient jusqu'à Aix-la-Chapelle. Cest là que Pépin venait d'ordinaire se livrer aux plaisirs de la chasse. Trouvant cet endroit à son gré, il y avait fait construire de grands bâtiments où il pouvait loger ses ofSciers et les chefs de bande qui s'étaient attachés à lui. Un pont élevé sur la Meuse, en face

' PiRTf, SUMn dei maiSret dmpoMê.

-iode cette demeure prindère, offirait des communications faciles avec Tautre rive du fleuve où étaient

les écuries, ce qui avait fait donner à cette localité

le nom de HeerHal, c'est-à-dire écuries du seigneur.

Parmi les officiers de Pépin, il y en avait un qu'il affectionnait plus que tout autre à cause de sa bravoure. C'était Dodo, comte d'Avroî, noble

Frank dont les vastes duiimines embrassaient tout le territoire situé au sud-ouest du vallon de la Legia. La sœur de ce chef avait inspiré un ardent amour au duc d'Austrasie. Celui-ci, pour satisfaire sa passion, profitant des mœurs et des usages barbares de son temps, qui semblaient autoriser chez les princes mérovingiens le divorce et la polygamie, répudia Plektrude qui lui avait déjà donné deux hls et contracta de nouveaux liens avec la belle Alpaïde.

Les évêques des contrées voisines apprirent bientôt ce qui se passait dans le palais du duc d'Austrasie ; mais tous, redoutant la vengeance de Pépin, devinrent, dit la chronique, comme des diiens muets qui ne savent plus aboyer \ Lamb^ seul ne transigea point avec son devoir ; il se rendit à Jupille, et fit à Pépin des remontrances sur le scandale qu'il donnait à la Gaule entière.

Troublé par le blâme de Tévôque, le duc d'Austrasie forma un instant le projet de renvoyer

' Nicolas, apud Çuapeauville, I, p. 396.

Alpaïde, mais sa passion remportant, il finit par s'y abandonner sans aucune réserve.

De son côté, le frère d'Alpaïde, informé des tentatives du prélat, jura d'en tirer vengeance. A cet effet, deux de ses neveux, Gall etBiold, se mirent en campagne et allèrent ravager les possessions de réglise de Tongres. Mais, en revenant de cette expédition, les maraudeurs tombèrent eux-mêmes dans une embuscade. Attaqués à Timproviste par les gens de Févêque, ils firent quelque temps résistance, puis s'enfuirent laissant Gall et Eiold parmi les morts *.

Quelques jours après, révêque de Tongres fut mandé au palais de Jupille, pour y prendre part à une délibération importante relative aux affaires de la Gaule. En levant la séance, Pépin, suivi de révêque et de ses fidèles, passa dans une grande salle où se trouvaient étalés des pains, des viandes cuites et de grosses pièces de venaison : car Fusag^e voulait que personne ne quittât la demeure du chef, après un conseil, sans s'être assis à sa table.

Avant de boire au banap que lui présentait Tun de ses officiers, le duc pria Févêque d'en bénir le contenu, et tous ses leudes sollicitèrent aussitôt la même faveur. Alpaîde elle-même, assise à côté de

Pépin, s'imaginant peut-être que la bénédiction du prélat passerait pour une approbation donnée à son

* GomcHAiK, apnd Acta ionetorum BelgH, YI, p. 187. *

NlGOIAB, apUd GBAnUDTILU.

union avec le puissant maire de Neustrie, mêla sa coupe à celles des autres convives. Mais Lambert^ devinant le motif qui la faisait agir, se leva in- * digné, et s'adressant à Fepin : // Seigneur, lui dît-il, voyez le piég-e que me tend cette femme, en présence de vos fidèles ! Eh bien, je veux que tous le sachent, il ne vous est point permis de la prendre pour épouse. «

£n achevant ces mots, Tevêque sortit, laissant les assistants tout surpris de son audace. Le due, furieux, s'était précipité sur les pas du prélat, et l'avait rejoint aux portes du palais : « Prêtre, lui cria-t-il, tu as outragé celle que j'ai reçue dans ma couche; si tu fais cas de la vie, tu vas, sur-lechamp, Tapaiser par ta soumission...

— Ducd^Austrasie, répliqua froidement Févêque, j'ai cherché par la douceur à te détourner d'un acte que réprouve l'Église ; mais le temps des ménagements est passé, et je ne veux plus dorénavant parallre excuser ta conduite par ma présence en ces lieux. Quant à la mort dont tu me menaces, sache que je la soufErirai volontiers pour une cause aussi sainte!... // Après ces paroles, prononcées d'un ton ferme, Lambert quitta Jupille, sans que Pépin fît mine de l'en empêcher *.

Afin de se livrer plus tranquillement à la prière et à d'autres exercices pieux, Tévêque se retirait souvent à Liège, dans une cellule adossée à la chapelle que saint Monulphe y avait fait construire,

* Nicous, apQd CsAmvfiuB» i»p. 401 et iOS.

— lâ —

et qui était continue k divers bâtiments où logeaient ses plus fidèles serviteurs. C'est là qu'il se rendit en quittant le palais du duc d'Austrasle.

Cependant Alpaide, outrée de Taffiront qu'elle avait reçu, manda aussitôt son frère, et lui apprît ce qui venait de se passer. A cette nouvelle. Dodo put à peine contenir sa rag'e. Les instincts de barbarie qui couvaient dans le cœur de ce Trank à demi civilisé^ se réveillèrent plus violents que jamais. Épiant d'ailleurs^ depuis la mort de ses neveux Gall et Riold, une occasion fevorable de se venger de Tevêque, il saisit avec empressement celle qui s'ofiFrait. Il prévient donc à la hâte ses gens^ et leur ordonne de se trouver après minuit dans les bois de Fublemont^ qui couvraient tout le versant occidental du vallon de la Legria : «r L'évêque de Tongres a outragé les miens, leur dit-il, il faut qu'avant le jour, il soit frappé du tranchant de nos épées, « ^

Arbeure convenue. Dodo était au lieu du rendezvous. Lorsque ceux qu'il attendait furent tous arrivés, il leur donna ses dernières instructions et se dirigea silencieusement avec eux vers Thabitation du prélat *.

Selon sa coutume, Lambert s'était levé au milieu de la nuit et priait dans la chapelle. Il y avait déjà passé quelque temps et se disposait à rentrer dans sa cellule, lorsque l'un de ses plus

^ Jban d'OotiimiosSi ChrorUqwrimée, — -Nicous, apudCiu-

mUTILLI.

. fidèles diflciples, Baldovée, qui veillait au dehors, crut entendre du bruit dans le lointain. Il prête

une oreille attentive, et pressentant du dangrer, il rentre précipitamment et court à l'évêque : « Maître, lui dit-il, il y a là-bas une troupe d^hommes armés qui s'avancent vers nous ; que faut-il faire?

— Défendre notre vie si les méchants osent l'attaquer, réplique le prélat, et Dieu, sans doute, n'abandonnera pas son humble serviteur, n

En achevant ces mots, l'évèque saisit une arme ; ses gens suivent son exemple» et se préparent à fedre une vigoureuse résistance. Mais bientôt, se rappelant qu'il ne doit point verser le sang de ses itères, il jette au loin son épée, et rentrant dans la chapelle, il s'y prosterne au pied de l'autel en murmurant : // Seigneur, Seigneur, que votre volonté soit faite ! //

En ce moment, le comte d'Avroi et ses complices arrivaient devant ]# demeure du prélat où tout semblait plongé dans le sommeil. Le chef donne aussitôt le sig^nal de Tattaque, et tous ces furieux se précipitent à la fois sur la faible barrière qui les sépare de leurs ennemis. Les gens de l'évèque, animés par le danger qui les menace, fondent à leur tour sur les assaillants surpris, et qui ne s'attendaient point à les trouver sur leurs gardes. Malheureusement, trop peu nombreux, ils sont bientôt forcés de reculer en désordre dans l'habitation. La lutte y recommence plus terrible et plus sanglante, mais, hélas, c'est pour moissonner un à un tous les serviteurs de Tévêque : Saint Lam-

heri! êomé Lambert! êoyesHMus en aide, s'éorîenirils

en tombant, et, pour la première fois, on entend ce noble cri qui devait plus tard être répété sur tant de champs de bataille et enfanter des héros.

Cependant, les assaillants, étonnés de ne point voir celui qu'ils voulaient immoler, le cherchaient partout^ lorsqu'une exclamation se fit entendre. A la lueur du crépuscule qui commençait à poindre, Fun d'eux, monté sur le toit, venait d'apercevoir le prélat prosterné dans la chapelle et absorbé dans la prière. Saisissant aussitôt un dard, il le lança d'une main sûre, et en frappa morteUement le malheureux évêque de Tongres *.

La légende assure que tous les assassins périrent misérablement dans Tannée. Elle ajoute que la vengeance divine s'appesantit sur Pépin qui laissa le crime impuni, et que peu de temps après, son fils ainé Grimoald, duc de Bourgogne, fût tué à la même place où saint Lambert avait souffert le martyre. Quant à Alpaïde, après la mort du maire de Neustrie, elle alla s'ensevelir dans un monastère qu'elle fonda près de Namur, .

' Nicolas, Renier, Godeschalk el les autres biographes de saint Lambert. — Jean s'Outauibusb.

IDRIEL Eï NOÏGER

OU

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