LE HÉROS ET LE POÈTE
C'est la nuit du 12 septembre 1759 ; les vaisseaux anglais descendent du Cap Rouge à
l'Anse au Foulon, où les montagnards écossais gra\iront la falaise et gagneront les plaines d'Abraham.
Pendant deux heures la procession des bateaux, entraînés par le courant, défile silencieusement sur le Saint-Laurent. Les étoiles sont visibles, mais il n'y a pas de lune et la nuit est suffisamment sombre. Le général (Wolfe) était dans un des premiers bateaux et près de lui se tenait un jeune aspirant de marine, John Robison, plus tard professeur de philosophie à l'Université d'Edinbourg. Ce dernier racontait, sur la fm de sa vie, que Wolfe récitait, à voix basse, aux officiers qui l'entouraient, VElegy in a churchyard de Gray.
Il voulait sans doute, calmer la forte tension de son esprit. Parmi ces vers, il en est un que son destin devait bientôt lui faire illustrer : The path of glory lead but to the grave
«Messieurs, dit-il, en terminant, j'aimerais mieux avoir écrit ce poème que de prendre Québec » ! Il ne se trouva personne pour lui répondre que le héros est plus grand que le poète.
The Romance of Canadian History, edited from the Writings of Francis Parkman,
P. Edgard
Le général James Wolfe naquit en 1727. Il n'avait que trente-deux, lors de sa mort. Son corps fut transporté en Angleterre et il est enterré dans l'abbaye de Westminster. Sa ville natale Westerham, Angleterre, lui a élevé un monument au commencement de l'année