‹ Récits d'un ménestrel de Reims au treizième siècleChapitre 43 sur 175 · Gallia chrisliana, tome VIII, p. 106 et · texte numérisé non relu

Gallia chrisliana, tome VIII, p. 106 et

2. L'histoire de ce commandant qui accumulait dans son trésor les économies faites sur la solde de ses troupes, et dont Saladin décide qu'on assouvira l'avarice en lui versant de l'or et de l'argent fondus dans la gorge, rappelle le malheureux calife de Bagdad qui, d'après la légende recueillie par Joinville, n'aurait pu se décider à sacrifier ses bijoux pour augmenter le nombre de ses gens d'armes : le roi des Tartares, après l'avoir condamné à jeûner pendant plusieurs jours, décida qu'on lui servirait, pour assouvir sa faim, un plateau couvert de pierres précieuses (Joinville, § 586 et 587).

iyj SOMMAIRE CRITIQUE.

mesure de clémence dont sa veuve aurait été l'objet. Tout ce que l'on peut affirmer, c'est que les preuves de la cruauté de Saladin ne sont pas rares, et que cependant les Historiens orientaux des croisades c^jntiennent^ quelques traits d'où l'on peut induire qu'il n'était pas toujours inaccessible à la pitié. Le baptême que Saladin se serait administré luimême avant de mourir (§ 212) est une anecdote indigne de toute créance. Il n'a pas été enterré en Acre (§ 213), mais à Damas, d'abord dans la citadelle, puis dans un mausolée qui fut bâti à son intention sur la grande place située devant la mosquée principale de la ville. M. de Slane, qui a bien voulu me communiquer ces détails, n'a rencontré aucune mention de la mère de Saladin. Il résulte d'ailleurs de ses savantes recherches, qu'aucune des prétendues aventures attribuées dans ce récit au célèbre sultan ne doit inspirer la moindre confiance ; mais les auditeurs du Ménestrel étaient avides de ces fictions, et les accueillaient comme des vérités.

XXII. — Comment le pape apjpela l'empereur à son aide contre ceux de Milan.

Frédéric II n'hérita pas de trois royaumes ; mais il possédait, comme roi de Sicile, le duché de Fouille et la principauté de Capoue. Ayant été élu roi d'Allemagne par l'influence d'Innocent III après l'excommunication d'Othon IV, il fut couronné en 1212, à Mayence, par l'archevêque de cette ville, et non à Aix-Ia-ChapeUe par l'archevêque de Trêves (§ 214). Ici commence un récit purement fabuleux, dans lequel les faits les plus connus de l'histoire sont entièrement dénaturés. Pour expliquer la discorde qui éclata entre le pape et l'emj^ereur, le Ménestrel imagine que les Milanais chassent leur archevêque, qui les avait excommuniés:

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